‹ Le monastèreChapitre 210 sur 247 · CHAPITRE XXXin · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXin

lenienf, adoptées, et se sentant, comme cela devait être, une plus grande confiance dans sa cause , était enthousiaste , chaud et ardent à les propager. Le prêtre se serait contenté de la défendre, mais le predicant aspirait à la conquête; et naturellement rim|)uIsion, par laquelle le dernier était gouverné, était plus active et décisive. Ils ne purent cependant se séparer sans se serrer une seconde fois la main; et chacun d'eux en disant adieu à son vieux camarade, lui jeta un regard où se peignait vivement le chagrin , l'affection et la pitié. Le père Eustache alors informa en peu de mots dame Glendinning que cette personne serait son hôte pendant quelques jours, et il la menaça, elle et toute sa maison, des écritures spirituelles dans toute leur sévérité si elle avait avec lui quelque entretien sur des sujets de religion, mais lui commandant de fournir pour les autres choses à tous ses besoins.

«Oue Notre-Dame me pardonne, révérend j)ère , dit dame Glendinning un peu épouvantée de ce qu'elle venait d'entendre; mais je dois nécessairement vous dire que la grande quantité d'hôtes a causé la ruine de plus d'une maison , et j'ai peur qu'il n'en soit de même pour Glendearg. D'abord est venue lady Avenel ( que son ame soit en repos : elle n'avait pas de mauvaise intention), mais elle a apporté avec elle tous ces esprits et toutes ces fées qui ont causé tant d'inquiétudedans notre maison, que notre vie avait l'air d'être un songe. Et ensuite ce chevalier anglais, s'il plaît à votre révérence; et s'il n'a pas tué mon fils, il l'a fait sortir de la maison, et il se ])assera peut-être long-temps avant que je le revoie; et je ne parle pas du dommage fait à la porte intérieure et à la ])orte extérieure. Et maintenant voici que votre révérence me donne la charge d'nn hérétique qui, comme il est probable, nous amènera ici le grand diable coriiu lui-même; et on dit qu'il n'y a ni porte ni fenêtre qui puissent l'arrêter, et qu'il em|)orlera les murs de la vieille (our avec lui. Néanmoins, révérend père, nous suivrons certainement votre bon plaisir de tout notre pouvoir.»

«Femme, dit le sous-prieur, envoyez chercher des ouvriers au village, et dites-leur que la dépense des ré|)aralions est pour le compte de la communauté; je donnerai au trésorier un ordre pour les payer. De plus, eu réglant vos redevances

pour voire fermage et votre fief, on vous fera une remise pour le dérangement qu'on vous a causé et les charges qu'où vous impose maintenant, et je prendrai soin que de strictes recherches soient faites pour retrouver votre fils.

La dame fit une très humhle révérence à chacune des paroles favorables du sous-j)rieur, et, lorsqu'il eut fini de parler, elle ajouta qu'elle espérait beaucoup que le sous-prieur voudrait bien dire quelques mots à son compère le meunier touchant la conduite de sa fille, et de lui faire entendre que dans toul ce qui était arrivé il n'y avait eu aucune négligence de sa part.

«Je doute fort, mon père, dit-elle, que Mysie se hâte de revenir sur ses pas pour retourner au moulin. Mais tout cela est la faute de son père, qui la laissait courir comme une vagabonde le pays, montant à poil les chevaux, et elle ne s'occupait jamais de rien à la maison , si ce n'est à préparer par gloutonnerie des friandises pour son repas!»

«Vous me rappelez, dame Elspeth , une autre affaire pressante, dit lepèreEustache, etDieu sait combien j'en suis chargé maintenant. Il faut qu'on cherche ce chevalier anglais, et qu'on lui donne une explication de ces étranges événemens. Il faut aussi qu'on retrouve cette jeune étourdie. Si sa réputation souffre de cette malheureuse méprise, je ne me regarderai point comme à l'abri de la honte. Mais comment les trouver? je n'en sais rien.»

«Si cela vous convient, dit Christie de Clinthill, je veux bien leur donner la chasse, et je vous les amènerai ici degré ou de force. Car, quoique vous m'ayez toujours trouvé noir comme la nuit, toutes les fois que nous nous sommes rencontrés, je n'ai pourtant pas oublié que sans vous mon cou aurait supporté tout le poids de mes quatre quartiers. Si un homme peut suivre leur trace, et je le dirais en face de ceux du comté de Mers et du Teviotdale, et j'y joindrai de la force ; et qui plus est, je suis cet homme. Mais d'abord j'ai des affaires à traiter pour le compte de mon maître , si vous me permettez de descendre à cheval avec vous la vallée.»

«Non, mon ami, dit le sous-prieur; tu dois te rap|)eler que je n'ai pas de grands motifs pour me confier à un compagnon tel que toi dans un lieu si solitaire.»

«Fi! fi donc! dit le maraudeur; ne craignez rien de moi, j'ai

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