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CHAPITRE XXXIV. iil

(jiie MOUS, qui avons une proioiide eslime pour lui , nous ne chercherons pas à nous en assurer davaulaj^e.

L'abbé ébi prit toutefois une contenance plus imposante qu'à l'ordinaire lorsqu'il donna les ordres que les circonstances présentes rendaient nécessaires ; ceux qui l'approchèrent [)urent reconnaître un éclat extraordinaire dans son re^^ard d'aigle, et une rougeur inaccoutumée sur ses joues pâles et flétries. Il écrivit et dicta avec précision et clarté diverses lettres à plusieurs barons pour les informer de l'invasion méditée par les Anglais, et les solliciter d'accorder leur a|)pui et de prendre part à la cause commune. Les propositions de récompenses et d'avantages furent faites à ceux qu'il jugeait le moins susceptibles d'être excités par le sentiment de l'honneur , et il s'efforça de réveiller dans toutes les âmes l'amour de la patrie et le souvenir de l'ancienne haine des Ecossais j)our les vVnglais. Le temps n'était plus où de tellesf exhortations auraient été inutiles. Mais l'appui d'Elisabeth était si essentiel pour le parti réformé en Ecosse, et ce parti était si considérable presque partout, qu'il y avait beaucoup de raison pour craindre <[u'un grand nombre de barons ne gardassent la neutralité dans celte occurrence, en supposant qu'ils n'allassent pas se joindre aux Anglais contre les catholiques.

Lorsque le père Eustache examina le nombre des vassaux de l'Eglise auxquels il pouvait légitimement commander, son cœur s'attrista à la pensée de les ranger sous la bannière d'un chef aussi cruel et aussi dissolu que Julien Avencl.

«Si je savais où trouver ce jeune enthousiaste Halbert (ileu- (linning, pensa le père Eustache, je risquerais de lui confier le commandement de l'armée , quehpic jeune qu'il soit , et j'oserais compter davantage sur la j>rotection de Dieu. Mais le bailli est maintenant tro|) aeca])lé des infirmités de la vieillesse, et je ne coruiais aucun chef sur lequel je puisse me reposer plus sûrement dans cette circonstance importante , que ce Julien Avenel. » Il agita une sonnette (pii était sur la table , il ordonna que Christie de Clinthill fût amené en sa présence.

(( Tu me dois la vie, lui dit- il lorsqu'il entra, et je puis le rendre de nouveaux services si tu veux être sincère avec

Christie avait déjà vidé deux flacons de vin qui , en toute autre occasion, n'auraient pas manqué d'augmenter l'insolence de sa familiarité ; mais il y avait en ce moment quelque chose dans la dignité du maintien du père Eustache qui était plus remarquable qu'à l'ordinaire et qui lui en imposait. Ses réponses se ressentirent ce[)endant de l'audace naturelle à sou caractère; et il l'assura d'abord qu'il était disposé à répondre avec sincérité à toutes ses questions.

«Le baron d'Avenel a-t-il quelques relations d'amitié avec sir John Foster, garde des frontières occidentales de l'Angleterre ? »

« Une amitié semblable à celle qui existe entre le chat sauvage et le furet ,» répondit le cavalier.

«Ton maître combattra-t-il contre lui s'ils se rencontrent?»

«Aussi sûrement que coq s'est jamais battu la veille du carnaval,» répondit Christie.»

«Combatlrait-il avec Foster jiour la cause de l'Eglise ?»

«Pour toute cause quelconque, et même sans aucune cause,» répondit le jackmann.

«Nous lui écrirons donc pour lui faire connaître que si, à l'occasion de l'incursion redoutée de la part de sir John Foster, il consent à joindre ses forces aux nôtres, il aura le commandement de nos vassaux, et recevra pour récompense une entière satisfaction à ses désirs. Encore un mot : Tu m'as dit que tu pourrais découvrir le chevalier sir Piercy Shafton.»

«Je le puis, et je me charge de le ramener de gré ou de force, comme cela conviendra à votre révérence.»

« 11 n'est nullement nécessaire d'employer la force contre lui . combien te faut-il de temps pour le découvrir?»

«Trente heures, s'il n'a pas déjà traversé le Lothian. Si cela vous fait ])laisir, je partirai immédiatement et je le poursuivrai avec autant d'adresse qu'un chien lévrier suit à la trace le lièvre, répondit Christie.»

«Amène-le donc ici, et tu recevras de nos mains la récompense que tu auras méritée.»

«Mille graces à voire révérence, je mets toute ma confiance en elle. Nous autres, qui ne connaissons que la lance et la bride » (lous traversons la vie, la ])lupart du temps, d'une manière assez irrégulière; mais, quand bien même un homme serait

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