‹ Le monastèreChapitre 224 sur 247 · CHAPITRE XXXV. 45i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV. 45i

braves, grand et généreux, habile à traiter les affaires les |)lus embarrassantes et les plus dlFficiies, à s'aKacher ceux qui étaient méfians et soupçonneux, à déconcerter et à terrasser, par la promptitude et l'intrépidité de ses entreprises, ceux qui étaient le plus déterminés à lui résister, il atteignit au but où son mérite personnel lui permettait certainement de parvenir, et il obtint la première place du royaume. Mais maîtrisé par linfluencc d'une tentative coupable, il abusa des occasions que lui offraient les malheurs et les imprudences de sa sœur Marie. Il supplanta en pouvoir sa souveraine et sa bienfaitrice ; et l'histoire de sa vie présente un de ces caractères mixtes susceptibles de sacrifier souvent les principes à la politique , vice qui nous force à condamner l'homme d'état, tout en accordant de la pitié et des regrets à l'individu. Plusieurs particularités de sa vie prouvent qu'il visa à la couronne; et il n'est que trop vrai qu'il contribua de tout son pouvoir à établir une influence étrangère et hostile , celle de l'Angleterre, dans le conseil d'Ecosse. Sa mort peut être regardée comme une expiation de ses fautes, et ])eut servir à convaincre que le rôle d'un vrai patriote est bien plus noble et bien plus sûr que celui d'un chef de faction, qui est toujours responsable des fautes du moindre de ses partisans.

Lorsque Murray s'approcha, le jeune villageois fut naturellement interdit de la dignité de son maintien. Sa taille imposante, l'air de gravité que l'habitude des pensées importantes et élevées donnait à sa contenance, et ses traits qui offraient une ressemblance frappante avec une longue suite de rois, tout paraissait calculé pour imprimer la crainte et le respect. Son costume le distinguait fort peu des seigneurs et des hauts barons (jui l'enlouraienl. In liabil de bufHe richement brodé et galonné en sole lui tenait lieu d'armure, et une chaîne d'or massif à laquelle était suspendu un médaillon était passée autour de son cou. Son bonnet de velours noir était orné d'un rang de grosses perles d'une grande beauté, et d'une plume courte et touffue. Une longue et pesante épée était passée dans sa ceinture, et paraissait là comme sa compagne hal)iluelle, comme son ornement le })lus cher; il portait en outre des éperons dorés qui complétaient toute sa parure.

«Cette lettre, dit-il, est du saint prédicateur de la parole

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divine, Henri Warden, n'est-ce pas, jeune homme?» Halber( répondit par l'affirmative. «D'après ce qu'il nous écrit, il paraît être dans quelque embarras , et il nous renvoie à vous pour des explications détaillées. Faites-nous donc savoir, je vous prie, dans quel état sont maintenant les choses relativement à lui.»

Bien que troublé, Halbert Glendinning fit le récit exact des circonstances qui avaient accompagné l'emprisonnement du prédicateur. Lorsqu'il en vint au terrible engagement^, il fut tout à coup frappé du sombre mécontentement qui parut sur le front du comte; et, contre toute prudence et toute politique, s'apercevanl qu'il avait dit quelque chose de mal , il s'arrêta court au milieu de sa narration.

« Qu'arriva-t-il à ce fou? demanda le comte en fronçant ses sourcils noirs, tandis qu'une vive rougeur vint colorer son front. N'as -tu pas encore appris à conter une histoire véritable sans balbutier?»

«Ne vous en déplaise, répondit adroitement Halbert, c'est la première fois que je parle en présence d'un homme de votre rang.»

«Ce jeune homme paraît modeste, reprit Murray en se tournant vers ceux qui l'entouraient, et cependant il a l'air d'un homme qui, dans une bonne cause, ne craindrait ni ami ni ennemi. Parle, ami, et parle librement.»

Halbert raconta alors la querelle survenue entre Julien Avenel et le prédicateur: et le comte, tout en mordant ses lèvres , s'efforça de l'écouter avec l'air de l'indifférence ; 11 parut même dans le premier moment prendre le parti du baron.

« Henri Warden , dit-il , met trop d'ardeur dans son zèle. Ni la loi de Dieu, ni celle des hommes, ne condamnent certaines alliances , quoiqu'elles ne soient pas strictement dans les règles, et les enfans nés de telles unions sont habiles à succéder. »

Cette déclaration fut accompagnée d'un coup d'oeil rapide qu'il jeta sur le petit nombre de seigneurs qui étaient présens à cette entrevue ^. Rien de si vrai que cela , s'écrièrent la plupart d'entre eux. Les autres baissèrent les yeux et gardè-

' Discussion relative au concubinage de Julien Avenel et de Catherine de Newport; mention un peu scabreuse à faire en présence d'un bâtard. '^ l'assagp

omis par M. Dcfanconpret. a. m.

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