CHAPITRE XXXVI. /^Go
«Alors, jette donc ton épée et rends-toi,» lui dit l'Anglais.
«Pas à moins d'y être forcé,» dit Halbert d'une voix et d'un air aussi modéré que la première fois.
«Es-tu ton maître, l'ami , ou qui sers-tu ?» répliqua le capi- <aine anglais.
«Le noble comte de Murray !»* .
«Alors tu sers, dit l'Anglais, le gentilhomme le plus déloyal <jui existe, traître à l'Angleterre et à l'Ecosse.»
«Tu mens,» s'écria Glendinning sans s'inquiéter des conséquences.
«Ah ! tu es bien chaud maintenant, et tu étais si froid il n'y a qu'une minute? Ah ! je mens? Voudrals-tu te battre contre mol pour soutenir cette insulte?»
« L'n contre un, un contre deux, ou deux contre cln(j , comme vous voudrez, dit Halbert Glendinning; accordez-moi seulement un combat loyal.»
«Tu l'auras de nous, camarade, dit le brave Anglais. Si je tombe, respecte-le' et laisse-le se retirer en sûreté avec sa suite.»
«Longue vie au capitaine,» s'écrièrent les soldats aussi impatiens de voir le duel que si c'eût été un combat entre un chien et un taureau -.
«Il ne vivra pas long-temps, dit le sergent, si à soixante ans, tout comme il est, il va se battre pour la moindre raison aucune avec chaque homme qu'il rencontre, et surtout avec <le jeunes gens dont il pourrait être le père. Voici venir l'armée; elle va voir le combat. »
En effet, sir John Foster arriva, à la tête d'un corps nombreux de sa cavalerie, juste au moment où son capitaine, que l'âge rendait trop inférieur dans un combat avec un jeune homme aussi vigoureux et aussi alerte que Halbert Gleudintiing, était désarmé.
«Ramasse ton épée; peux-tu te battre, vieux Stawart Bol- Jon? dit le général anglais. Et toi, jeune homme, dis-moi: qui es-tu?»
«Ecuyer du comte de Murray. J'apportais sa volonté à votre honneur, répondit Glendinning. Mais le voici (jui vient pour
'L'anglais dit j^ive liiin fair jdajr , doniiC7.-lpiir l)cau jeu. — ' Phrase entière' tuent uinise i)ar M. Defaneonprtt , page !\Si. a. m.
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vous la communiquer lui-même; j'aperçois son avant-garde au haut de la colline.»
«En rangs, mes maîtres , dit sir John Foster à sa suite , (jue ceux qui ont brisé leurs lances tirent leurs épées. Nous sommes un peu pris à l'improviste pour ce second combat, mais si ce nuage noir que nous voyons là-bas sur le sommet de ta montagne nous apporte du mauvais temps, nous devons le supporter aussi bravement que nous pourrons le faire avec nos manteaux déchirés. En attendant, Stawarth , nous avons le daim que nous chassions. Voici Piercy Shafton bien lié entre deux s'oldats.»
«Qui, cet enfant? dit Bolton; ce n'est pas plus Piercy Shaftoft que je le suis moi-même. Il porte bien, il est vrai, son habit élégant; mais Piercy Shafton a une douzaine d'années de ])lus que ce petit coquin. Je le connais depuis qu'il était haut comme cela. Ne l'avez-vous jamais vu dans les joutes et à fa cour ? »
«Au diable toutes ces futilités! dit sir John Foster, et quand aurais-je donc eu le loisir pour m'y livrer ou à d'autres quelconques. Tout le temps de ma vie ne m'a-t-il pas employé à l'office de bourreau, poursuivant les voleurs aujourd'hui, les traîtres demain, craignant tous les jours pour ma vie ; la fame jamais en repos dans mon château , les pieds jamais hors des étriers , la selle toujours sur le dos de mon cheval ; et maintenant, parce que j'ai commis une méprise dans la personne d'un homme que je n'ai jamais vu , je suis sur que les premières lettres que je vais recevoir du conseil - privé vont me traiter comme si j'étais un chien. Pour un homme ia mort vaudrait mieux qu'une telle fatigue et un tel esclavage. »
l'a trompette interrompit les plaintes de Foster, et un poursuivant d'armes écossais qui l'accompagnait annonça que le noble comte de Murray désirait , en tout honneur et sûreté, une conférence personnelle avec sir John Foster, à moitié chemin entre les armées, avec six compagnons chacun , et dix minutes de trêve pour aller et venir.
«Et maintenant, dit l'Anglais, voici un autre malheur. lî faut que j'aille parler avec ce faux Ecossais qui est là-bas, il connaît l'art d'inventer des fourberies et de jeter de la poudre