CHAPITRE XXXVI
a«v yeux d'un homme franc aussi bien que le plus {jrauci coquin du nord. Je ne suis pas de force avec lui en paroles ; et quanl aux coups nous en avons assez. Poursuivant, nous acceptons la conférence, et vou«,écuyer(s'adressant au jeune Glendinning), allez avec vos soldats rejoindre votre armée; parlez, suivez le trompette du comte. Stawartli Bolton, mettez votre troupe en ranjjs et soyez prêt à accourir au moindre signe de mon doigt. Allez donc rejoindre vos amis, sire écuyer, et ne restez pas ici.»
Malgré cet ordre positif, Halbert Glendinning ne put s'empêcher de s'arrêter pour jeter un regard sur l'infortunée Catherine qui restait insensible au danger, et au bruit des chevaux qui étaient autour d'elle , mais un second regard lui fit connaître qu'ell-e était muette à tous et pour toujours. Glendinning se réjouit ])resque lorsqu'il vit que sa vie misérable était terminée, et que les pieds des chevaux ])armi lesquels il était obligé de la laisser ne pouvaient que fouler et meurtrir un corps inanimé. Il tira l'enfant d'entre ses bras, à moitié honteux des éclats de rire qui s'élevèrent de tous côtés à la vue d'un homme armé qui , dans un tel moment, se chargeait d'un fardeau si extraordinaire et si incommode.
((Ap])uyez votre enfant sur votre épaule, s'écria un arquebusier... Portez donc votre enfant, dit un piquier '... Paix, brutes (pie vous êtes, dit Stawarth Bolton, et respectez dans les autres l'humanité si vous n'en avez ])as vous-mêmes, .le pardonne à ce jeune homme d'avoir fait quelque honte à mes cheveux gris , en le voyant prendre soin de celle pauvre créature que vous auriez foulée aux pieds comme si des louves et non des femmes vous eussent enfantés '-.»
Tandis que cela se passait, les chefs des deux côtés se rencontraient dans l'espace neutre entre leurs forces respectives, et le comte aborda le général Anglais. « Est-ce bien se conduire, est-ce se conduire honnêtement, sir John , et pour qui
' Ces deuxphr.isps sont d;\us le style inilit.nire : •■ Porte/, votre enfant: » oorunic i>n dit : «< Portez arme! » Je ne sais pourquoi M. Dcfar.conpret traduit, p. .\53, jiour your infant, par « lui donncre/.-vous de la bouillie?» — ^ Coutrc-scns dr AI. Defauconpret : >< Que vous auriez foulée au pied coinuic si c'était uu louvct''au ; ■■ le texte dit ; as ij je had been litlf red of hitch-wolves , not lorn ofwnmen.
nous prenez -vous, le comte de Morton et moi, de venir en Ecosse bannière déployée, combattre, massacrer et faire des prisonniers selon votre bon plaisir ? Est-ce bien agir, pensezvous, de ravager nos terres , et de répandre notre sang après les nombreuses preuves que nous avons données à votre maîtresse de notre dévoùment à ses volontés , sauf toutefois la fidélité due à notre propre souveraine?»
«Comte de Murray, répondit Foster, tout le monde sait que vous êtes un homme d'un grand esprit et d'une sagesse profonde, et depuis plusieurs semaines vous m'avez toujours leurré de belles promesses, en m'assurant que vous arrêteriez un rebelle ennemi de ma maîtresse , ce Piercy Shafton de Wilverton, et vous n'avez pas tenu votre parole, alléguant des troubles dans l'ouest, et je ne sais quels autres contes d'empêchement. Maintenant, puisqu'il a eu l'insolence de revenir ici, et de vivre ouvertement à dix milles de l'Angleterre, je n'ai pu, dans mon devoir envers ma maîtresse et reine, m'arrêter plus long-temps à vos délais successifs, et en consé- (|uence j'ai usé de ses forces pour m'emparer du rebelle de vive force là où je pourrai le trouver. »
«Et sir Piercy Schafton est donc entre vos mains? dit le comte de Murray; soyez sûr alors, que je ne puis, sans me couvrir de honte, souffrir que vous l'enleviez de ces lieux sans vous livrer bataille. »
«Voudriez-vous, lord comte, après tous les avantages que vous avez reçus des mains de la reine d'Angleterre, livrer bataille en faveur d'un rebelle à son pouvoir?» dit John Foster.
«Non, sir John , répondit le comte, mais je combattrai jusqu'à la mort pour défendre les droits et la liberté du royaume d'Ecosse.»
«Par ma foi, dit sir John Foster, je suis bien content, mon épée n'est pas encore émoussée, malgré tout ce qu'elle a fait aujourd'hui. »
«Par mon honneur, sir Foster, dit sir Georges Heron de Chipsase, nous n'avons pas de grands motifs pour combattre contre ces lords écossais, même à présent, car je suis de l'opinion du vieux Stavvarth Bolton, et je pense que le prisonnier là bas n'est pas plus Piercy Shafton que le comte de Northumberland, et vous ne seriez qu'un mal avisé de rompre la