CHAPITRE XXXVll et dernier
Cf Dcnoûmntt.
«Ils sont allés se marier, ils soiU allés jurer la paix. » Shjlkspbake. Le roi Jean.
La nouvelle de la perte de la bataille, portée promptement parles fuyards dans le village et au couvent, avait répandu l'alarme la plus grande parmi les habitans. Le sacristain et d'autres moines conseillaient de prendre la fuite; le trésorier disait qu'il faudrait gagner l'officier anglais en lui offrant en présent les vases de l'église. L'abbé seul était sans crainte et sans terreur.
«Mes frères, leur dit-il, puisque Dieu n'a pas donne à nos soldats la victoire dans le combat, c'est qu'il nous ordonne à nous ses soldats spirituels de livrer le combat du martyre, un combat dans lequel rien , excepté la lâcheté de notre cœur-, ne peut nous empêcher de remporter la victoire. Revêtissonsnous donc de l'armure de la foi, et préparons-nous, si cela est nécessaire, à mourir sous les débris de ces autels, au service desquels nous nous sommes consacrés. No is participerons tous au même honneur dans cet appel fait à no-e foi, depuis notre cher frère Nicolas, dont les cheveux gris ont été conservés pour être ceints de sa couronne du martyr, jusqu'à mon fils bien-aimé Edouard qui, arrivant à la dernière Ifeure du jour à la vigne, est encore admis à partager les peines avec ceux qui ont travaillé depuis le matin. Ayez donc bon courage, mes enfans. Je n'ose point, comme mes saints»prédécesseurs , vous promettre que vous serez sauvés par un miracle; vous et moi sommes Indignes de cette spéciale protection, qui dans les premiers temps tournait l'épée sacrilège