CHAPITRE XXXV
la relue, ee qui a eausé la iiiorl d'un jjtaïul uoinhre d'entr'eux, de l'i'aiids désaslies, et ce qui peut prohahleuieut hiiser les liens d'amitié avec l'Angleterre.»
uLupus in fabula^ dit l'abbé avec dédain. Le loup accusait la brebis de troubler le ruisseau lors(|u'il buvait au dessus d'elle, mais c'était un prétexte pour la dévorer. Convocjuer les sujets delà reine? Mais je l'ai fait pour défendre le royaume de la reine contre les étrangers, .le n'ai fait que mon devoir; et je rcyrelte de n'avoir pas eu les moyens de le faire plus efficacement. »
«Et était-ce aussi dans vos devoirs de recevoir et de cacher un tiaitre rebelle à la reine d'Angleterre, et d'exciter une guerre entre l'Anjjleterre et l'Ecosse ?» dit Murray.
«Dans ma jeunesse j ré[)ondit l'abbé avec la même intrépidité, une guerre avec l'Angleterre n'était pas une chose si effrayante , et non seulement un abbé milré forcé par ses règles à donner l'hospitalité et à ouvrir le sancutaire à tout le monde, mais le plus pauvre paysan écossais aurait été honteux d'alléguer la crainte de l'Angleterre comme un motif pour fermer sa porte à un exilé poursuivi. Mais dans ces vieux jours, les Anglais voyaient rarement la figure d'un gentilhomme écossais excepté à travers la grille de sa visière.»
«Moine, dit le comte Morton d'un ton sévère, cette insolence ne te servira pas beaucoup ; les jours sont passés où les ])rêtres de l'Eglise de Uome se permettaient de braver impunément les braves gentilshonnnes. Livre- nous Piercy Shafton, ou par les armes de mon |)èrc, je livre ton abbaye aux flammes.»
«Et si tu le fais, lord Morton, les ruines retomberont sur les tombeaux de tes ancêtres. Ou'll en arrive ce(|u'il plaira à Dieu, l'abbé de Sainte - Marie ne livrera jamais quel([u'un qu'il a promis de protéger. »
«Abbé, dit ftlurray, réfléchis avant <|ue nous soyons réduits à employer la force; les mains de ces honunes , dit-il en montrant ses soldats, feront du ravage dans les cellules et les reliquaires si nous sonnnes forcés de chercher cet Anglais. »
Vous n'en aurez pas la nécessité, dit \n\c voix dans la foule. Et s'avançant d'une manière gracieuse devant les comtes , l'euphuislc rejeta le manteau dans le<|uel il était envoI(»p|)é, Sous le nuage qui ombrageait Shafton! dit-il, voici milords.
490 LE MOiNASTERE.
le chevalier de Wilverloii qui vous épargne de vous souiller
de violence et de sacrilège.»
«Je proleste devant Dieu et les hommes contre toute infraction aux privilèges de cette maison , dit l'abbé en arrêtant ce noble chevalier! s'il y a encore quelque fermeté dans le parlement d'Ecosse , vous entendrez parler de cela, milords! »
«Fais-nous grace de tes menaces, dit Murray, il se peut faire que mes desseins touchant sir Piercy Shafton ne soient pas tels que tu les supposes, poursuivant, veillez sur lui il est notre prisonnier secouru et non secouru.»
«J'y consens, ditl'euphuiste, me réservant le droit de défiei' milord Murray et milord Morton en duel comme un gentilhomme peut demander la satisfaction à un autre.»
«Vous ne manquerez pas, sire chevalier, de trouver des champions, dit lord Morton, qui répondront à votre défi sans aspirera des hommes d'un rang au dessus du vôtre.»
«Et où trouverais-je ces champions si relevés, dit le chevalier anglais, dans les veines desquels coule un sang plus pur que celui de Piercy Shafton.
«Il y a une flèche pour vous, milord,» dit Murray.
«Et aussi bonne, qu'une oie puisse la fournir ,dit Stawarlh Botlon, qui s'était approché au premier rang.»
«Qui a osé dire cette parole ? dit l'Euphuiste, dont la figure devenait rouge de rage '.»
«Ah! dit Bolton, en mettant tout pour le mieux, le père de ta mère n'était qu'un tailleur, le vieux Overstitch de Holderness. Eh bien, quoi! parce que tu es un oiseau d'un orgueil déplacé, que tu méprises la famille dont tu sors, que tu fais le beau avec des habits de soie et de velours qui ne sont pas payés, que tu es toujours dans la compagnie de braves et de sabreurs, devons -nous perdre la mémoire pour cela 2 ? Ta mère, Moll Cross-Stitch , était la plus jolie fille de cet endroit : elle fut épousée par Wild Shafton de Wilvertou' qui, comme on dit, était parent des Piercy , du mauvais côté de la couverture.»
«Donnez au chevalier quelque eau spiritueuse, dit Morton; ',1 vient de faire une telle chute, qu'il est tout étourdi.»
En effet, sir Piercy, Shafton avait l'air d'un homme
' Trois alinéas passés dans lu traduction de M. Defaueonpret , page 4"4- ~ * Détails omis par le même. a. m.