‹ Le monastèreChapitre 73 sur 247 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

La porte qui résiste à son extravagance

Un astre qui brillait naguère on ta faveur

A, détournant son cours, perJu son influence :

Une opiniâtre valeur Peut seule désormais te laisser une chance.

J'ai été un indolent et un paresseux, belle dame, répondit le jeune Glendinning; tu trouveras manitenaut que je veux avancer avec une double ardeur. Dans ce court intervalle de temps, d'autres pensées ont occupé mon esprit ; d'autres pensées ont enjjajjé mon cœur; mais, de par le ciel, désormais mon temps sera consacré à d'autres occupations; cejour-ci est pour moi la vie de plusieurs années, .le suis venu ici enfant, je veux m'en retourner hoinme, liomme en état de converser, non seulement, avec les autres hommes, mais avec tousles êtres que Dieu permet de lui rendre visibles. Je veux étudier le contenu de ce volume mystérieux; je veux savoir pourcjuoi la dame d'Avenel l'aimait tant ; pourquoi les prêtres le redoutaient et auraient voulu s'en emparer; ])ourqiioi tu l'as deux fois retiré de leurs mains. Quel mystère est renfermé dans ce livre? Parle, je t'en conjure.» La dame blanche prit un air singidlèrement triste et solennel; penchant la tête, elle croisa les bras sur sa poitrine et répliqua :

Dans ce volume redoutalile , Des mystères , pour les humains , Gît le mystère impénétrable.

Heureux à qui dans ses desseins Dieu permet de lire, de craindre, D'espérer, de prier sans feindre , De lever le loquet, en forçant de ses mains L'obstacle au but qu'il veut atteindre!

Mais mieux vaudrait qu'il ne fût jamais né. Le mortel qui lisant garde un doute obstiné.

Ou qui ne lit qu'afin de mieux dépeindre Le mépris où son cceur semble déterminé.

«Donne-moi le volume, belle dame, dit le jeune Glendinning. On dit que je suis paresseux, que je suis stupide; mais dans cetle étude l'amour du travail ne me manquera pas, ni , avec l'aide de Dieu, mon intelligence. Donne-moi le volume.»

L'apparition répliqua de nouveau :

Dans nne sombre profondeur.

Ami, j'ai déjiosé oe livre de prière.

De feux aériens rétcrncUe olialeui-

Autour de lui compose une rouge b<irrière ;

Une musique incessamment

Près de ce don des cicux résonne;

Chaque être sous le firmament

D'un respect sacré l'envii-onne.

Excepté l'homme à qui les cieux l'avaient donné.

Prends ma main , tu verras des choses Qui n'ont brillé jamais wir le monde étonné, Et dont l'esprit jamais ne saisira les causes.

Halbert Glendinuing tendit hardiment la main à la dame hiauche.

«Crains-tu de venir avec moi?»dlt-elle, sentant que la main tremblait dans la sienne qui était douce, mais glacée;

Crains-tu de venir avec moi?

Maintenant libre encore à toi De rester habitant rustique; Tu pourras au toit domestique Végéter, ou, bravant la loi.

Chasser encor le daim du roi; Mais alors loin de moi fuis vite, Et n'approcLo jamais du vallon que j'habite.

«Si ce que tu dis est vrai, répondit l'intrépide jeune homme, j'ai une plus haute destinée que la tienne. Il n'y a ni fontaine ni forêt que je n'ose visiter *. Aucune crainte, .soit naturelle, soit surnaturelle, n'arrêtera mon passage à travers la vallée dans laquelle j'ai reçu le jour. »

A peine avait-il prononcé ces paroles qu'ils descendirent tous deux, en traversant la terre, avec une rapidité qui coupa la respiration à Halbert, et le priva de tout sentiment autre que celui de l'extrême vélocité avec laquelle il était entrahié. A la fin, la course se termina par un choc si subit, que ce voyageur mortel dans ces régions inconnues n'aurait pu éviter d'être renversé avec violence, s'il n'eût été soutenu par sa compagne surnaturelle.

Ce ne fut que plus d'une minute après, que, jetant ses regards autour de lui, il vit une grotte, ou caverne naturelle, tapissée de spaths et de cristaux les plus resplendlssans , qui réfléchissaient, sous toutes les nuances prismatiques, la lumière d'une flamme éclatante s'élevant du milieu d'un autel d'albâtre. Cet autel formait le point central de la grotte,

• Omis par M. Dcfauconpret , page i5f), depuis «si ce que tu dis. » \. m.

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