‹ Le monastèreChapitre 79 sur 247 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

reuse jument, portant sur un coussinet, derrière lui, la gentille Mysie, avec ses joues rouges comme des pivoines, s» dame Gleudinning en avait jamais vu ^ ; elle avait l'esprit tout occupé de sa coquetterie rustique , et sa tète couverte d'une profu^on de cheveux noirs comme l'ébène. Le beau idéal que dame Gleudinning avait enfanté dans son imagination vint d'une manière inespérée à se réaliser, en lui offrant la figure enjouée de Mysie Happer, que, dans l'espace d'une demi-heure-, elle considéra comme la fille quidevait fixer le rustre et pétulant Halbert. Il est vrai que Mysie, ainsi que le vit bientôt la dame, aimait tout autant danser autour d'un mai, que de veiller aux soins domestiques, et qu'Halbert préférait casser des lèles à moudre des sacs de blé. Mais alors un meunier pouvait toujours être robuste, comme il a été dépeint depuis Chaucer et James P, et en vérité capable de surpasser, dans les exercices athlétiques, tous les suckcns de la banalité, pour nous servir encore une fois de cette expression barbare. C'était un moyen de ramasser plus aisément ce qui lui était dû, et que l'on aurait pu disputer à un moins formidable champion. Enfin, quant au manque de soin de la femme du meunier, la dame était d'avis qu'il pourrait le remplacer par l'activité de la belle mère. « Je tiendrai moi-même la maison des jeunes gens, caria tour est devenue bien solitaire^, pensa la dame Gleudinning, et vivre près de l'église sera fort agréable dans ma vieillesse^; alors Edouard s'arrangera avec son frère pour le fief, plus spécialement lors- ([u'il sera le favori du sous-prieur, et ensuite il demeurera

' Phrase omise par M. Defaiiconpref. — =* Circonstances omises par le même. — 3 « Les vers, que nous avons, dit l'auteur, choisis pour épigraphe, sont tirés d'un poème attribué à James I""', roi d'Ecosse. Quant au meunier qui figure parmi les pèlerins de Cantorbéry, outre son épée et son bouclier, ajoute Walter Scottt il se vante d'autres attributs; tous, mais particulièrement le dernier, montrent qu'il se fie plus à sa force physique qu'à sa force morale. » M. Defauconpret , ■ page 167, n'a traduit que les deux premières lignes de cette note, en omettant aussi de rendre les vers dont voici le sens : «Le meunier était un vigoureux compère pour des nonnes; il était d'une chair très rausculcuse, et avait des os athléliques, lesquels, n'importe où il allait, pouvaient lui faire espérer de gagner le prix dti bélier à la lutte à bras le corps; il avait de larges épaules ramassées, et c'était un vigoureux gaillard: il n'existait pas de porte dont il n'eût fait sauter la barre ou qu'il n'eût enfoncée d'un seul choc de sa tète. — 4 Omis par M. Uefïuconpret, page 167.— ^Omis par le même. a. m.

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