‹ Le monastèreChapitre 83 sur 247 · CHAPITRE XIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIL

di elles eussent été veuves; mais ce n'était pas de même avec nous, et quant à mon fils Halbert,, il n'y a rien à craindre pour lui , car s'il était assez malheureux pour se trouver dans le même cas , il a la meilleure paire de talons de l'abbaye, et il pourrait presque courir aussi vite que que votre jument elle-même. »

«Est-ce lui, voisine?» demanda le meunier en voyant arriver un jeune homme.

«Non, répliqua la mère ; c'est mon plus jeune fils , Edouard, qui lit et écrit comme le seif»;neur abbé lui-même, si ce n'était pas uu péché de ])arler de la sorte. »

«Fort bien, dit le meunier; est-ce le jeune clerc dont le sous-prieur parle si avantageusement? on dit qu'il l'era son chemin ; qui sait s'il ne deviendra pas sous-prieur lui-même , comme un vaisseau brisé ])eut arriver à terre*? n

«Pour être j)rieur, voisin le meunier, dit Edouard, on doit d'abord être prêlre , et j)Our cet état je me seiis l'orl peu de vocation. »

«Il restera à la charrue, voisin, dit la bonne dame; et Halbert fera de même, je l'espère. Je voudrais que vous vissiez Halbert. Edouard, où est v<»tre frère?»

«A lâchasse, je pense, répondit Edouard; au moins il nous a quittés ce matin pour joindre le laird de Hunter's hope et sa meute. J'ai entendu les chiens aboyer dans la vallée toute la journée.»

«Et si j'avais entendu cette musique, dit le meunier, cela m'aurait mis la joie au cœur, oui , et m'aurait dérangé de mon chemin au moins de deux ou trois milles. Quand j'étais garçon de moulin de Morebattie, j'ai suivi les cbiens d'Eckford au pied de Hounam-Law , je les ai suivis à pied, dame Glendinning, oui, et je menais la chasse quand le laird de Cessford et ses joyeux cavaliers furent tous renversés à travers les marais. Je portai le cerf sur mon dos à Hounam-Cross lorsque les chiens l'eurent abattu. Je crois voir encore le vieux chevalier, lorsqu'il se plaça sur son superbe coursier tout blanc d'écume^. «Meunier, me dit-il, est-ce que tu veux tourner le dos à ton

' Octic dernière partie tie phrase a éié omise par M. l)ifiiiieoii|)ret , p. 173; il lui siil)stitue la suivante : "J'ai été irieunier avant d'avoir uu moulin. >> — ^ Tout çc passage, depuis «Morebattie,.» a été omis par M. UefaTiconpret. a. m.

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moulin; viens avec moi, je ferai de toi un homme.» Mais je |>i'éierai habiter le monhn ; et ce fut liien heureux , ear l'or- ^ueilieux Percy fit pendre cinq hommes d'armes à Alnwick^ pour avoir brùlé quekpies maisons au delà de Fowberry.»

«Ah! voisin, voisin, dit la dame Glendinning, vous fûtes toujours sage et prudent; mais si vous aimez la chasse, je dois dire que Halhert est le garçon qu'il vous faut; il a tout ces beaux termes de fauconnerie et de chasse aussi promptement à la bouche, que Tom avec sa queue de renard, (pii est le maître de la venaison du seigneur abbé. »

« Se rend-il à la maison à l'heure du dhier? demanda le meunier; car nous nommons midi l'heure du diner à Kenna- (|uhair! »

La veuve fut forcée d'avouer que, même à ce grave instant du jour, Halbert était souvent absent; à cette réponse le meunier secoua la lête, faisant en même temps allusion au proverbe de soies de Mac-Farlane, qui aimaient mieux leur jeu que leur repas'.

Afin que le retard du diner n'augmentât pas la mauvaise disposition que le meunier paraissait avoir contre Halbert, dame Glendinning appela promptement Marie Avenel pour qu'elle se chargeât d'entretenir Mysie Hap])er tandis qu'elle courut à la cuisine se mêler de ce que faisait Tibb Tacket, visitant les ti-anchoirs et les plats, étant les pots du feu, et y plaçant des casseroles et des grils, accompagnant ses actions et son activité d'une liste si continuelle d'injonctions faites à Tibb, que celle-ci perdit enfin patience, et dit: «Voici autant d'embarras pour recevoir un meunier que si c'était pour un banquet donné à la lignée de Bruce.» Mais comme ceci était censé dit à part, dame Glendinning ne jugea pas convenable de l'entendre.

' L'auteur dit dans une note que ces oies sauvantes, qui fréquentaient l'île supérieure du Locb-Lhomond, appelée Inrh-Tavoe, étaient supposées avoir quelques rapports mystérieux avec l'ancienne maison de Mac-Farlane, et l'on n'en a plus revu depuis la destruction de cette famille. J'ignore, ajoute Walter Scott, pourquoi ces animaux aimaient mieux jouer que manger; mais tel est le proverbe. Les Mac-Farlane avaient une maison et rin jardin dans cette même île d'Inch-Tavoe,

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