CHAPITRE XIV
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« Qu'il me soit permis d'avoir des aiuis qui inaiij;;eiit « mon dinei! Qu'ils soient aussi varies que les mets! Le « festin n'est rien quand un large plat ne s'y fait pas dis- « linguer. Un ample morceau de bœuf représentera John <i Plaintext; un dumpling ' au beurre le digne alderman ; i< les deux porte-étendards avec leurs favoris, la fraise M et autres fanfreluches , et leur ami le dandy ou pelil- « maître, seront figurés par une jeune oie à la saute. M Ainsi, la table est dressée, le tout suivant le mêmeprin- « cipc , la variété. » Nom elle comédie.
«Et quelle brave fille est-ce ci?» dit Hob le meunier lorsque Marie Avenel entra dans l'appartement pour remplacer la dame Elspetb Glendinning pendant sou absence.
«La jeune dame d'Avenel, mon père, » dit la fille du meunier faisant une aussi profonde révérence que ses manières rustiques le lui permettaient. Le meunier, son père, ôta son bonnet, et salua non tout-à-fait aussi bas que si la jeune dame eut paru dans tout l'orgueil de son rang et de sa fortune, cependant assez pour rendre bommage à la baute naissance; cbose à laquelle pendant longues années les Ecossais tenaient scrupuleusement.
Ayant eu durant long -temps l'exemple de sa mère sous les yeux, et par un sentiment de convenance et de dignité qui était inné dans elle, Marie Avenel avait acquis une prestance qui forçait le respect et arrêtait toute familiarité de la part de ceux qui étaient comme amis avec elle, dans sa situation présente, et qui cependant ne pouvaient être nommés ses égaux. Par nature elle était douce, pensive et contemplative, d'un caractère égal et porté à pardonner, quand parfois on l'offensait; elle était aussi très réservée et se plaisait dans la solitude; elle évitait de se mêler aux divertissemens ordinaires, même lorsque l'occasion si rare d'une foire ou d'une fête la mettait à même de se trouver avec les jeunes filles de
' P"s[)èco de pouding cuit dans uuc serviette, composé de farine, de grai.sse de boeiil, d'œtifsct de raisins dcCorinthe. Ilest moins soignécjucle pluui-pudding. a. m.
son âge. Si on la voyait qiielquePois témoin de semblables scènes , elle paraissait les regarder avec la tranquille indifférence d'une personne pour qui les plaisirs n'ont aucun intérêt, et qui |)araît désirer de quitter le lieu d'amusement aussitôt qu'il lui sera possible.
On parlait aussi de sa naissance, qui avait eu lieu la veille de la Toussaint , et du pouvoir qu'on supposait que cette circonstance lui donnait sur les esprits. Et à cause de toutes ces particularités, les jeunes gens et les jeunes femmes du canton avaient couluuie de la distinguer par le nom de l'Esprit d'Avenel, comme si sa taille haute et délicate, son beau visage un peu décoloré , ses yeux d'un bleu foncé, et sa longue chevelure, eussent appartenu plutôt au monde immatériel qu'à l'autre. La tradition répandue généralement d'une dame blanche que l'on croyait protéger la famille d'Avenel , donnait un certain poids à cette saillie villageoise, qui cependant offensait beaucoup les deux tils de Simon Glendinning, et lorsqu'en leur présence on apostrophait ainsi la jeune Marie, Edouard avait coutume d'arrêter, par la force de ses argumens la pétulance de ceux qui employaient cette épithète , et Halbert recourait à la force de son bras. Dans cette circonstance Halbert avait toujours l'avantage, car il ne pouvait soutenir l'argumentation de son frère , et quand les occasions demandaient qu'il agît en personne, il était sûr de trouver Edouard, qui jamais. Il est vrai , ne commençait une dispute, mais qui, au besoin, ne témoignait auciuie répugnance pour se mettre de la partie, s'il fallait se battre en faveur de son frère.
Mais l'attachement sincère des deux jeunes gens, qui étaient eux-mêmes, à cause de l'éloignement de leur demeure, pres- (jue étrangers dans le district, ne pouvait mdlemeut altérer l'opinion des habitans envers la jeune dame, qui semblait être tombée parmi eux d'une autre sphère de vie. Cependant on la regardait avec respect, si l'on n'avait point d'affection pour pour elle , et l'attention du sous-prieur pour la famille, en ne faisant point mention du nom formidable de Julien Avenel , que chaque nouvel événement de ces temps de troubles tendait à rendre plus fameux, donnaient à sa nièce une certaine importance. Plusieurs par orgueil aspiraient à sa connais-