CHAPITRE I. Vy
ekaient-ilsplus instruits dans tout ce qui avait rapport à la culture de ces fiefs \ par conséquent plus riches et plus éclairés que les individus qui composaient la suite ou garde militaire des chefs et des nobles turbulens du voisinage.
Le lieu de la résidence de ces vassaux de l'Eglise était ordinairement un petit village ou hameau, où se réunissaient trente ou quarante familles, pour se servir mutuellement d'aide et de protection. C'est ce qu'on appelait la ville ^, et la réunion des terres appartenant aux diverses familles qui habitaient la ville , était appelée la banlieue ^. Les habitans possédaient ordinairement le terrain en commun , bien qu'en proportions variées, suivant la diversité des concessions. La portion proprement labourable de la banlieue, et qui , pour cette raison, était continuellement soumise à la charrue, s'appelait in-field'*, c'est-à-dire sol intérieur, enclos. Dans ces terrains, l'usage d'engrais abondans suppléait à l'épuisement du sol , et les feudataires faisaient des récoltes passables d'avoine et de mauvaise orge, que l'on semait ordinairement l'un dans un sillon, l'autre dans le suivant, et ainsi de suite alternativement, travail auquel toute la corporation participait indistinctement , le produit élant distribué, après la récolte, selon les droits respectifs de chacun.
H y avait ensuite Vout-field , les terres extérieures, le terrain ouvert, où l'on croyait qu'il était possible de faire de temps en temps une récolte , après quoi on les abandonnait à l'influence des élémens jusqu'à ce que les principes épuisés de la végétation fussent rétablis. Ces portions de terrain susceptibles de culture étaient choisies par tels des habitans qui
I « Petites possessions concédées à des vassaux et à leurs héritiers, pour une petite rente ou une portion modérée du produit. C'était là un mode favori adopté par le clergé pour accroître le patrimoine des couvens. On peut encore trouver plusieurs descendans de ces feudataires, comme on les appelait, qui possèdent des héritages ainsi parvenus de père en fils, dans le voisinage des grands monastères d'Ecosse. » Cette note est de l'auteur anglais. — ^ Le texte dit lown; ce mot s'applique en Angleterre aux petites villes qui ont un marché régulier. Le mot city, ou cité ou ^lille proprement dite, est réservé pour celles qui ont une cathédrale— 3 Ce mot, appliqué à une certaine étendue de pays autour d'une ville et qui eu dépend, nous semble rendre assez bien la towns/iijj, ou territoire d'une ville mot que le premier interprète a cru pouvoir franciser. — 4 Field veut dire chaviii' et in a le même sens que la préposition latine. Out, qui va s'offrir plus bas, signifie dehors : c'est donc le contraire de in. a. m.
t'ii lénioi{>naient le désir, soit dans les lieux où l'on parquait les troupeaux, soit sur les collines, et qui étaient toujours annexés à la banlieue, pour servir à la pâture commune des bestiaux. L'embarras de cultiver ces morceaux de terrain extérieur et la chance très précaire d'obtenir une récolte qui indemnisât les frais, étaient considérés comme donnant droit à tout concessionnaire qui voulait s'aventurer, de s'approprier exclusivement le produit qui en résulterait.
Restaient les vastes terrains marécageux , dont les vallons présentaient souvent des pâturages assez bien fournis, où les troupeaux de tous les habitans en général venaient paitie intlistinctemeut, pendant tout Tété, sous la garde du berger de la ville, lequel était chargé de les y conduire régulièrement chaque matin , et de les en ramener chaque soir, précaution sans laquelle ils seraient bientôt devenus la proie de quelqiu^s uns des maraudeurs du voisinage. Voilà de ces choses qui font lever les mains et ouvrir de grands yeux à nos agriculteurs modernes; et cependant ce même mode de culture n'est pas entièrement tombé en désuétude dans quelcpies cantons reculés, vers le nord de la Grande-Bix'tagne , et on peut le voir en pleine vigueur et conslanuuent suivi dans l'Archipel des îles Shetland.
L'architecture des habitations de ces feudataires de l'église ne s'écartait pas plus du style primitif que leur agriculture. Dans chaque village, ou petite ville, il y avait plusieurs petites tours garnies de créneaux qui projetaient en dehors des murs , et qui avaient ordinairement un ou deux angles avancés, avec des meurtrières pour flanquer l'entrée, qui était toujours défendue par une forte porte en bois de chêne, entièrement garnie de clous, et souvent par une grille extérieure en fer. Ces petits bâtiniens fortifiés étaient ordinairement habités parles principaux feudataires et leurs familles ; mais, à la première alarme de l'approche d'un danger, tous les habitans en masse quittaient leurs misérables cabanes , situées dans les environs, et se distribuaient dans les garnisons des divers points de défense. Ce n'était donc ])as une chose très facile pour un parti ennemi que de pénétrer dans le village; car tous les hommes étaient habitués au maniement des arcs el des armes à feu, et, comme en général les tours étaient