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LA TAUPINIÈRE

ment construit. D’ordinaire il est situé dans un endroit abrité, sous une haie, un mur ou entre les racines d’un arbre, à la profondeur de trois pieds au-dessous du sol. Au milieu se trouve une chambre bien lissée à l’intérieur, affectant la forme d'une bouteille; elle est rembourrée de mousse et de tiges d'herbes fines que la taupe recueille la nuit sur le sol. La chambre a différentes issues : vers le bas un conduit en forme

de siphon devient plus loin horizontal et débouche dans le tube de sortie commun; en haut, trois conduits courts mènent dans un chemin circulaire à quelques pouces au-dessus de la chambre. De ce cercle supérieur cinq à six petits tubes conduisent à un second chemin circulaire qui entoure la chambre et est à peu près au même niveau. Du grand chemin de ronde inférieur rayonnent en tous sens souvent jusqu’à douze conduits qui, après un petit parcours, se courbent et débouchent tous dans le tube de sortie commun : de cette façon la taupe a de tous côtés, dans sa chambre, des issues qui lui permettent de se sauver dans toutes les directions sitôt qu’un danger la menace. Le tube de sortie est un chemin large, bien battu et lissé en dedans, qui a souvent 100 et 150 pas en direction horizontale, et c’est à son extrémité que commence en réalité le terrain de chasse reconnaissable aux buttes soulevées. La taupe ne chasse jamais dans le voisinage immédiat de sa demeure. Elle va s’y reposer quand elle à fini son repas. Au moins trois fois par jour, elle court chercher son gibier, et quand on connaît le conduit de sortie, indiqué par une teinte plus jaune du gazon, on peut facilement observer l'entrée et la sortie de la taupe, et la grande rapidité avec laquelle elle se meut dans son tube; il suffit d'y introduire des pailles très minces armées de pelits pavillons qui, en remuant, indiquent sa marche. Malheur à la pauvre soucis ou à la musaraigne égarée dans un semblable conduit ! elle est perdue sans ressource. € Au bout du tuyau de sortie commence le terrain de chasse, ui se compose de chemins sans régularité, creusés tout en chassant, car la taupe pousse la terre devant elle et, en la rejetant dehors, forme des buttes de distance en distance. A chaque chasse elle creuse de nouveaux chemins, rejette de nouvelles buttes, et il est rare qu’elle repasse dans le même endroit. Les taupiers habiles savent très bien cela; aussi placentils leurs pièges dans le tube de sortie même où la taupe passe au moins six fois par jour, au grand étonnement des profanes

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