HUITRES ET PINTADINES
Extérieurement, les deux valves qui enferment lhuître sont rugueuses, grisâtres, désagréables d'aspect. Ouvrez-les, vous les voyez polies, blanches, nacrées à l’intérieur. Mangez la bête, c’est un mets délicieux, si recherché qu’une douzaine d’huitres vraiment bonnes se paye 2 fr. 59. Une fois de plus le proverbe a raison : il ne faut pas se fier aux apparences.
Une autre coquille, la pintadine, a avec l’huître tant d’analogie, qu'on la désigne presque toujours sous le nom d’huitre à
perles; comme son surnom vous en prévient, celle-ci a un bien autre mérite que celui de fournir à la table des gourmets
HUITRES ET PINTADINES. 203 un aliment savoureux : les perles, blanches, chatoyantes, à reflets d’opale, de formes si agréables, qui produisent un si charmant effet enchâssées dans Por dun bracelet ou d’une bague, ou bien encore enfilées, pressées les unes contre les autres autour d’un cou blanc, — les perles sont des produits sécrétés par les pintadines. Si, à la dernière Exposition, vous avez eu la patience de faire la queue autour de la vitrine des joyaux de l’État, vous avez pu y voir une collection de 408 perles représentant une valeur de 500 000 francs. Lesparures qu’elles composaientétaient véritablement ébloutssantes.
La nacre, de teintes si pures, d’un poli si brillant, d’une substance si fine, qui est employée à orner une foule d'objets, que l’on incruste, par exemple, dans le bois des coffres pré-. cieux, le cadre de certaines glaces, qui sert à faire des boutons, des boucles de ceinture, des poignées d’épée, des manches de couteau, l’huitre perlière.
la nacre est le revêtement interne de
Les huîtres ordinaires sont fixées au fond de la mer sur des rochers, et souvent les unes sur les autres. Ainsi accumulées, elles forment ce qu’on appelle des banes.
Une huître produit quelquefois un million d'œufs, qu ’elle garde jusqu’à ce qu’ils éclosent entre les lamelles de ses branchies. Les jeunes huîtres, qui n’ont aucune ressemblance avec leur mère, ont la faculté de se déplacer : et il le faut bien pour qu’elles puissent choisir le lieu où s’écoulera leur paisible existence; une fois qu’elles l'ont trouvé, elles s’y attachent forte- - ment, subissent des métamorphoses profondes, et ne bougent que lorsque la drague du pècheur vient les en arracher par la violence.
Par suite de la consommation toujours croissante, la culture des huîtres a donné lieu à une industrie qu’on appelle lostréiculture. Elle était connue des Romains.
Son principe est celui-ci : recueillir les huîtres et les placer
dans des parcs, bassins remplis de 1 mètre et plus d’eau, dont le fond est recouvert de sable et de galets, et communiquant