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LA PÊCHE DES PERLES EST DES PLUS FATIGANTES

avec la mer par un conduit à l’aide duquel on fait entrer et sortir l’eau à volonté. Là on peut entourer les mollusques des conditions les plus favorables au développement de leurs qualités

HUITRES ET PINTADINES. 205 comestibles. C’est grâce à l’ostréiculture que nous pouvons manger encore des huîtres, car les draguages par trop énergiques des pêcheurs auraient fini par les détruire entièrement.

Ce qui distingue surtout la pintadine de l'huître, c’est qu’au lieu d’être adhérente au roc par sa coquille, elle y est amarrée par un byssus ou sorte de càble. Quand l’animal veut se fixer, il allonge son pied, appendice charnu qui n’a rien de commun, maleré son nom, avec le membres des mammifères. Après avoir cherché pendant quelques minutes une place convenable, il le rentre dans sa coquille: mais une forte fibre, ayant la forme du sillon longitudinal dont le pied est creusé, reste attachée par une da ses extrémités à la base du pied et par l’autre au roc. Ce petit manège est répélé plusieurs fois, jusqu’à ce que le byssus se soit formé. L'animal peut reproduire un nouveau byssus lorsque celui qui l’amarrait a été rompu, soit par un déplacement, soit par un accident quelconque.

La mer des Indes est la productrice par excellence des huîtres perhères; c’est de là que les anciens, qui aimaient beaucoup les perles, tiraient les leurs. Le banc qui avoisine Cevlan n’a pas moins de 10 lieues de longueur. On trouve aussi des huitres perlières dans le golfe du Mexique et-dans la mer Vermeille.

La pêche des perles est des plus fatigantes, et aussi des plus dangereuses, à cause du voisinage des requins. Elle est faite par des plongeurs exercés depuis l’enfance à ce rude métier. Des barques les conduisent dans le voisinage des bancs. Ils se partagent en deux groupes de cinq hommes chacun, qui alternativement restent à bord pour hisser ceux qui plongent. Au cou des plongeurs est suspendu un petit panier ou un sac en filet destiné à recevoir la récolte. Chacun saisit une corde lestée d’une grosse pierre, met ses pieds sur la pierre, remplit sa poitrine d’une grande quantité d’air et donne un signal. On laisse filer la corde, que l’on fait remonter immédiatement. De la sorte, l’homme est resté à peu près une minute et demie

sous l’eau, et souvent, lorsqu'il arrive dans la barque qui le recueille, il rend le sang par la bouche et par le nez.

Pour retirer les perles de la coquille on emploie deux méthodes : ou bien on ouvre la coquille avec le couteau et on cherche en écrasant le mollusque entre les doigts; ou bien, et c’est ce qui se fait dans l’Inde, on laisse l’huître se décomposer et l’on recueille les perles qu’elle peut contenir.

Les perles sont soumises ensuite à un grand lavage, puis polies avec de la nacre, enfin perforées avec des poinçons de différentes tailles et réunies par grandeurs en chapelets ou masses.

La nacre est difficile à travailler. On la taille à l’aide de petites scies, de limes fines et d’acide sulfurique affaibli; on la polit à l’émeri et on achève sa toilette avec le colcolar.

Une grande quantité de nacre est importée en France, et comme la consommation va toujours croissant, les prix suivent la même progression.

La pêche des coquilles à nacre est une des principales industries des Canaques dans la Nouvelle-Calédonie. L’exportation annuelle produit environ 7 à 800 000 francs. Les plus belles huitres se trouvent dans le sable et dans les courants à une assez grande profondeur. L'animal sert de nourriture aux plongeurs.

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