‹ Le monde animalChapitre 12 sur 110 · LE TIGRE · texte numérisé non relu

LE TIGRE

Du nombre se trouve Govind Sing Bahadour, prince de Rervah et de Mankundpore, un lépreux qui néglige le gouvernement de ses États et s’adonne entièrement à sa seule passion, la chasse.

En pleine contrée à tigres, à Govindgurh, au pied des monts Krymores, le roi s’est fait bâtir un palais. Aux environs, des chikaris surveillent constamment le tigre, l’amorcent avec du bétail, et peu à peu l’attirent dans l'endroit où 1l est destiné à tomber sous les balles des chasseurs.

Au milieu de la montagne, dans une sorte d’entonnoir tapissé de verdure et semblable à un ancien cratère, se trouve un lac, seul point où les animaux trouvent de l’eau : c’est le rendez-vous des hôtes de la forêt, et les tigres v sont attirés et par l’eau et par le gibier.

C’est au bord de ce lac qu'est établi l’houdi du rajah, sorte de petite forteresse d’où l’on peut sans aucun danger tirer sur le tigre.

L'houdi se compose d’une chambre et d’une terrasse. Les murs sont crénelés et leurs meurtrières commandent en plein l'emplacement où les animaux sont forcés de venir boire, le reste du lac étant entouré d’une petite muraille qui en défend l’accès.

M. Louis Rousselet, qui a séjourné longtemps dans l'Inde, fut une fois invité à l’une de ces chasses du maharajah.

Nous allons le laisser parler.

« Les chikaris viennent nous prévenir de nous tenir prêts pour le soir. À trois heures passe dans notre camp le rajah monté sur un superbe éléphant et fumant son houka, quan jeune page porte à ses côtés; tout autour se pressent nobles, soldats et suivants de toute sorte. Montant sur notre mukna !, nous rejoignons la troupe et bientôt nous gravissons la montagne.

1. Éléphant mâle, sans défenses, généralement employé à la chasse.

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