NOTIONS PRÉLIMINAIRES
Les animaux forment une série si étendue, qu’on y voit tous les degrés : depuis le singe, qui par sa conformation se rapproche le plus de l’homme, jusqu’au corail qui confine à la plante et à l’être inerte, jusqu’à la monade, simple cellule visible seulement au microscope.
Pour se reconnaître dans cette multitude variée à l'infini, pour grouper ces caractères en apparence si changeants, on a, depuis. que l’on fait de l’histoire naturelle, essayé d'établir une classification : jamais on n’a pu en obtenir une qui fût absolument satisfaisante, universellement adoptée. Bien mieux, plus la science marche, plus lon aperçoit la difficulté, pour ne pas dire l'impossibilité d'y parvenir.
Voici comment Aristote, le premier qui ait essayé cette entreprise gigantesque, procédait avec tous les corps qui existent dans la nature :
Il y faisait deux grandes catégories que l’on a conservées, la première pour les corps vivants ou organisés; la deuxième pour les corps bruts ou sans vie.
Les corps vivants étaient partagés, comme ils le sont encore maintenant, en animaux et végétaux. Quant aux animaux, Aristote y faisait deux divisions : 1° les raisonnables; 2° les irraisonnables.
Nous ne suivrons pas le philosophe grec jusqu’à la fin de sa classification, qui n’était d’ailleurs pas compliquée, car on ne connaissait alors que bien peu d'espèces; mais il est bon de remarquer qu'il avait admirablement trouvé les premières grandes divisions des êtres.
Avec les innombrables découvertes des modernes sont arrivés d'innombrables embarras pour les naturalistes, qui se sont vus obligés de faire de iongues classifications, avec quantité de subdivisions. Chacun a la sienne, qui lui sert plus à diriger ses propres travaux qu’à instruire le lecteur; et un enfant ne saurait s’encombrer la mémoire de la multitude de noms grecs ou latins inventés pour faire face à de nouvelles difficultés.
Il est cependant une classification qui, tout imparfaite et incomplète qu’elle soit, sert de base à toutes les autres : c’est celle de Georges Cuvier. Elle a du moins l’incontestable mérite d’une lumineuse simplicité, qui la met à la portée de toutes les mémoires.
Cuvier partage tout le règne animal en quatre embranchements.
1° L’embranchement des vertébrés réunit les animaux dont le cerveau et la moelle épinière sont renfermés dans une enveloppe osseuse qui se compose du crâne et des vertèbres. Les vertébrés ont tous le sang rouge, un cœur musculaire, une bouche à deux mâchoires placées l’une au-dessous de l’autre, des organes distincts pour la vue, pour l’ouie, pour l’odorat, pour le goût, situés dans les cavités de la face, jamais plus de quatre membres.
2 Les mollusques, qui forment le second embranchement, n’ont point de squelette, et sont par conséquent des animaux à corps mou. Les muscles sont attachés seulement à la peau, qui forme une enveloppe molle, contractile en divers sens, et dans laquelle se produisent en beaucoup d’espèces des plaques pierreuses appelées coquilles. Les masses nerveuses sont éparses dans tout le corps.