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TROUPEAU DE RENNES EN

éloigner ces rusés carnassiers au moyen de pieux fichés en terre, auxquels pendent des morceaux de vêtements; mais leur vigilance redouble quand il survient quelque violent orage, car c’est alors que le loup est aux aguets pour tomber sur le timide troupeau. Les précautions sont d'autant plus nécessaires que le renne apprivoisé est très doux et, ‘au contraire du renne sauvage, incapable de la moindre défense.

La principale nourriture des rennes en hiver est un lichen blanchâtre. Dans les forêts, l'animal est obligé, pour arriver jusqu’au lichen, de déblayer le terrain de la neige qui le recouvre, et c’est ce qu'il fait d’une manière très adroite et très expéditive avec son pied. L'été, il se nourrit d'herbe.

C’est surtout comme bêtes de trait que les rennes sont utiles aux peuples septentrionaux.

Selon son degré de fortune, chaque Lapon met à son traineau un, deux ou plusieurs rennes. Ce n’est pas sans peine que ces pauvres ruminants se laissent atteler; quelques-uns même ne se résignent pas à cette pénible besogne, et le Lapon se venge en les mangeant.

Les guides sont attachées aux bois de animal. Le traineau a exactement la forme d’un canot, et est fait de manière que l’eau ne puisse entrer dedans. Les Lapons ont jusqu’à quatre espèces de traineaux, qui leur servent ou de calèches ou de chariots, selon l’occasion.

Lorsqu'un Lapon entre dans son traineau, ilcommence par mettre ses gants, qui sont fourrés en dehors ; puis il saisit la bride, la tient de son pouce droit, et, pour partir, la secoue avec violence. $e sentant frappé, le rennese porte en avant avec la plus grande vitesse. Le conducteur dirige la course de Panimal presque toujours en zigzag, en tirant la bride du côté où il veut le conduire. Quand un renne est rétif, son maitre donne la bride au conducteur du traîneau qui le précède, lequel la lie au sien, ce qui maitrise facilement le rebelle.

Il y a des Lapons qui sont de véritables nomades, perpétuel-

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LES PHOQUES. 71 lement en route, voyageant toute l'année des montagnes à la côte, transportant avec eux leur famille, leurs tentes, leurs troupeaux, leurs bagages. L'ordre qu’ils suivent dans ces marches est toujours le même : le mari est dans le premier traineau comme chef de file; il est suivi de sa femme qui est dans le second, qu’elle conduit elle-même; si elle nourrit, elle a son enfant dans un berceau placé à côté d’elle et garni d’une bonne fourrure dont l'enfant est tout couvert, de manière à ne lui laisser qu'une petite ouverture au devant de la bouche, par laquelle il puisse respirer et recevoir le sein. Dans ce dernier cas, la mère est obligée d'arrêter le traineau pour se courber sur le côté, et donner ainsi à teter à l'enfant. Le reste de la famille, enfants et serviteurs, suit à pied les traineaux qui portent les bagages et la tente, et s’occupe à guider les rennes qui les tirent.

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