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des peaux de bouc, de dattes, de pain et quelquefois de raisins secs.
La chasse ne commence qu’après une assez longue course, vers trois heures de l’après-midi. Les cavaliers, arrivés sur le terrain, se disséminent, battent les broussailles, les touffes d’alfa, pour faire lever le gibier, qu’on rabat vers celui qui tient le faucon. Aussitôt qu’on aperçoit le lièvre ou tout autre animal, on enlève le capuchon de l'oiseau , qu'on lâche en lui indiquant du doigt le gibier, en lui disant : Le voici!
Pendant que son maître prononce la phrase sacramentelle : ÇAu nom de Dieu, etc. »,le faucon s’élève à perte de vue, tout en suivant le lièvre de son œil perçant, puis s’abat sur lui et le frappe, soit à la tête, soit à l'épaule, d’un coup de ses serres fermées, assez violent pour l’étourdir ou même le tuer.
Les cavaliers qui l’ont vu descendre accourent de tous côtés, l'entourent et le trouvent ordinairement occupé à manger les yeux de animal.
Pour qu’il abandonne celui-ci, le maître tire de son burnous une peau de lièvre qu’on jette un peu plus loin, et sur laquelle l'oiseau se précipite.
Ce n’est qu’une fois rentré au douar qu’on donne la curée.
Il n’est pas rare, avec deux ou trois faucons, de tuer dix ou quinze lièvres.
Le faucon fait alliance et amitié avec trois êtres seulement : l’homme, le cheval et le chien.
Dans le Sahara, petit et grand, riche et pauvre, tout le monde aime et caresse l'oiseau de race.
« Et comment en serait-il autrement? disait un noble de la tente au général Daumas; nous estimons le faste, l’éclat, la magnificence, et il faudrait n'être pas Arabe pour ne passe réjouir, s’exalter à la vue de nos guerriers revenant d’une chasse au faucon. Le chef marche en avant; il porte deux faucons, l’un sur l’épaule et l’autre sur le poing. Le capuchon de ces oiseaux est enrichi de soie, de maroquin, d'or et de:
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LA POULE. 93 petites plumes d’autruche, tandis que leurs entraves sont brodées et ornées de grelots d'argent. Les chevaux hennissent, les chameaux porteurs sont chargés de gibier, et leurs conducteurs murmurent sur un ton mélancolique l’un de ces chants qui savent si bien trouver le chemin de nos cœurs. »