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UN PIGEON PORTEUR DE DÉPÈCHES

« Le pigeon voyageur belge de bonne race est de taille moyenne, dit M. le Perre de Roo, mais il a une grande enveroure. Il a les formes élégantes et les mouvements vifs et gracieux; la tête petite, le bec court, les caroncules nasales et les membranes charnues qui encadrent les yeux peu développées la poitrine ample et souvent ornée d’un jabot, les ailes vigoureuses, serrées contre le corps et s'étendant par les rémiges jusqu'aux 3/4 de la longueur de la queue, qui est très étroite chez les oiseaux de belle race. Il a en général le plumage très serré, un aspect coquet, et ses yeux saillants et vifs lui donnent un cachet très distingué.

« Il ya diverses nuances de plumage; mais les couleurs dominantes sont le bleu, le bleu étincelé, le rouge étincelé, le fauve, etc. Le pigeon blanc uni est le plus rare. »

La vitesse du vol d’un pigeon voyageur est à peu près celle d’un train express; elle atteint toujours 4 kilomètre à la minute et dépasse quelquefois cette mesure. On a vu des pigeons parcourir 925 kilomètres en 430 minutes, il en est qui sont capables de traverser la Méditerranée, mais ils s’arrêtent pour boire et pour manger sur les côtes d'Espagne ou d'Italie.

Quand les pigeons voyageurs partent, ils s'élèvent jusqu’à ce qu’ils trouvent la couche d'air la plus favorable à la rapidité de leur vol.

Une foule de précautions sont à prendre dans l'élevage de ces intéressan{s oiseaux. Une des principales consiste à ne pas les surmener pendant leur jeunesse. Ceux que l’on a fait travailler beaucoup avant d’avoir atteint leur développement, déclinent dès l’âge de cinq ans, tandis que les pigeons qui ont été ménagés les deux premières années durent au moins dix ou douze ans comme messagers. On cite même des exemples de vingt campagnes.

Nous sommes ici dans l’ordre des passereaux. De cet ordre, comme de celui des grimpeurs, on peut dire avec Cuvier que leurs caractères semblent d'abord purement négatifs, car ils embrassent tous les oiseaux qui ne sont ni nageurs, n1 échassiers, ni rapaces, ni gallinacés.

Les passereaux n’ont « ni la violence des oiseaux de proie, ni le régime déterminé des gallinacés ou des oiseaux d’eau; les insectes, les fruits, les grains fournissent à leur nourriture: les grains, d'autant plus exclusivement que leur bec est plus fort; les insectes, qu’il est plus grêle. Ceux qui l'ont fort poursuivent même les petits oiseaux ».

C’est parmi les passereaux qu’on trouve les oiseaux chanteurs; c’est parmi les grimpeurs que se classent les perroquets,

dont plusieurs’ imitent la parole, véritables singes de la classe des oiseaux.

Les passereaux forment un ordre très nombreux; nous avons cho'si parmi eux, pour vous les présenter, les merveilleux oiseaux de paradis.

Quand les anciens voyageurs européens arrivèrent aux Moluques en quête de la muscade et du girofle, on leur présenta des peaux d'oiseaux si belles, qu’ils furent transportés d’admiration. Pour les trafiquants malais, c’étaient les Manouk dewla (oiseaux de Dieu); les Portugais, qui ne leur voyaient ni ailes ni pieds, et qui ne purent rien apprendre d’authentique sur leur compte, les appelaient « oiseaux du soleil ». Ge furent les Hollandais qui les baptisèrent du nom « d’oiseaux de paradis ».

Les paradisiers sont un peu moins grands que nos corbeaux ; mais leur plumage est énorme. De grands faisceaux de plumes délicates et brillantes qui sortent de dessous les ailes forment des manteaux, des éventails, des boucliers; les pennes médianes de la queue s’allongent souvent en filets fantastiquement tordus, ou étincelants des teintes métalliques les plus vives. Dans une certaine variété, ces plumes accessoires se dressent sur le dos, la tête ou les épaules, tandis que l'intensité de leur couleur et le luxe miroitant de la robe ne sont égalés par aucune autre des créatures ailées, si ce n’est par le colibri, qui ne les surpasse point.

À la moindre cause d’excitation, les ailes de l’oiseau se redressent verticalement, la tête se penche en avant, les longs panaches se relèvent, se déploient et forment deux splendides éventails d’or, rayés de rouge foncé à la base et passant de teinte en teinte au brun pâle de leurs pointes finement divisées et ondulées légèrement. L'oiseau disparaît presque sous sa riche parure; le corps se déprime, et le jaune de la tête, la nuance émeraude de la gorge, ne servent qu’à faire ressortir le nimbe d’or qui rayonne au-dessus. |

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