II. — LE CAMÉLÉON
Les lézards, qu’on appelle aussi sauriens, ce qui en grec veut dire li mème chose, sont généralement pourvus de quatre patles, mais non pas tous, car l’orvet, confondu quelquefois avec les serpents, n’en a pas du tout. Nous avons dans nos climats le lézard gris etle lézard vert, qui s’apprivoisent facilement. Dans les pays chauds, le plus remarquable est à coup sûr le caméléon, connu de toute antiquité pour ses changements de couleur.
Bien qu'aujourd'hui l’on ait fait justice des fables auxquelles il avait donné lieu, le caméléon n’en reste pas moins un animal fort singulier.
Il à quatre paltes; sa peau est mince et souple. Il est d'un naturel doux et paisible, et ne se nourrit que d'insectes.
M. Paul Bert a remarqué que lorsqu'on met le caméléon en présence d’une proie vivante, d’une grosse saulerelle par exemple, on le voit s'approcher, la regarder d’un œil, bâiller fortement pour dégager sa langue renfermée dans une poche spéciale ; puis, lorsqu'il se trouve à une distance de 10 à 15 centimètres, darder une langue tubuliforme et saisir Panimal en l’attirant avec une telle rapidilé, qu'on ne peut se rendre compte de ces derniers mouvements.
Le savant physiologiste s’est assuré que la langue est propulsée par un mécanisme analogue à celui par lequel s'échappe un noyau de cerise pressé entre les doigts : les bandelettes musculaires qui entrainent la langue font ici le même office que les doigts qui pressent le noyau.
Golberry, auteur d’un très intéressant Voyage en À frique, dit qu’en liberté les caméléons, pour chasser, demeurent immobiles sur une branche ou dans l'herbe; alors ils laissent pendre leur langue glutineuse, qui ressemble à un ver de terre, et qui se recouvre bienlèt de petits insectes qu'ils
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avalent avec une rapidité prodigieuse. Ce manège esl sans cesse répété, et toujours avec succès, parce que l’insecte, trompé par la couleur du lézard qui se confond avec celle des herbes et des feuilles, s'approche sans méfiance et se prend de lui-même au piège.
On prétendait autrefois que le caméléon se parait de la couleur de tous les objets qu’il touchait. C’est une erreur. On peut