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II. — LA SALAMANDRE

Moins nombreuses que les grenouilles et que les crapauds, les salamandres sont tout aussi intéressantes et ont également donné lieu aux fables les plus absurdes. Chez les Romains, Pline a fait leur histoire naturelle d’une étrange manière. Qu'on en juge :

« La salamandre a la forme d’un lézard; son corps est étoilé. Elle ne paraît jamais que dans les grandes pluies et disparait avec le beau temps. Elle est si froide que, par son contact, elle éteint le feu, comme ferait la glace. Le liquide blanc comme du lait qu’elle rejette par la bouche fait tomber le poil de toutes les parties du corps humain qu’elle touche, et laisse une tache blanche sur la partie touchée.

« Des animaux venimeux, la salamandre est le plus dangereux. Les autres ne frappent qu’une seule personne; en tuer. plusieurs à la fois leur est impossible ; et même on dit que dès qu'ils ont mordu un homme, la conscience de leur forfait les mène peu à peu à la mort et que la terre les repousse; mais la salamandre peut tuer à la fois toute une population impru-

dente. Si elle rampe sur un arbre, elle empoisonne tous les fruits, et tous ceux qui en mangent succombent à un poison non moins énergique que l’aconit; si on cuit du pain avec du bois qu’elle a touché rien que de la patte, le mal est le même. L'eau du puits où elle tombe est de même empoisonnée, etc. » Et Pline continue tranquillement à raconter ce que, s’il ne fallait être poli avec les Romains, on appellerait un tas de bêtises.

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