‹ Le monde animalChapitre 63 sur 110 · POISSONS · texte numérisé non relu

POISSONS

Le trait le plus frappant des poissons est de vivre normalement dans le sein de l’eau, où nousserions infalliblement noyés en peu de temps et de mourir asphyxiés dans l'air, où nous nous trouvons si bien. Cependant les poissons respirent aussi bien que nous, et, ce qui est plus étrange, ils respirent de Pair comme nous, Seulement, au lieu de prendre lair sous sa forme ordinaire, ils ne peuvent en tirer parti que si cet air est préalablement dissous et incorporé dans l’eau. St l’on met des poissons dans de l’eau froide, mais récemment bouillie, de façon à avoir perdu l'air qu’elle contenait, ils y sont asphyxiés comme nous le serions nous-mêmes.

Pour respirer l'air dissous, les poissons ont, non pas des poumons, mais des organes spéciaux, auxquels on a donné le nom de branchies qu'ils méritent bien, étant essentiellement branchus et ramifiés. Les décrire ici serait du temps perdu, car nous les connaissons tous, n’étant pas sans avoir vu les cuisinières vider les poissons, et pour cela soulever les grandes plaques semi-circulaires des côtés de la tête, les ouies, et arracher d’abord les branchies, qui sont situées sous les ouïes.

Les espèces de poissons sont extrèmement nombreuses; les unes vivent dans la mer, d’autres dans les rivières, et quelquesunes une partie du temps dans la mer et l’autre dans les rivières. Il y en a qui aiment les eaux très rapides et même qui remontent les chutes des torrents, tandis que d’autres ne se plai-

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sent que dans le fond stagnant des lacs profonds. Certains poissons n'habitent que des nappes d’eau souterraines, et plus d’une fois on les a vus arriver au jour dans le jet des puits artésiens.

Malgré le grand nombre de ces espèces et la diversité qu’elles présentent, on sait qu’elles ont des caractères communs si nets qu’on reconnait à premiére vue un poisson pour un poisson. Le corps, en général allongé, est muni de nageoires dont l’animal se sert pour se mouvoir.

La plus importante est le prolongement de la queue, qui constitue un véritable gouvernail; il y en a souvent quatre autres qui répondent à peu près aux quatre pattes des mammifères; on les appelle nageoires pectorales et nageoires ventrales, d’après leur position. Le long du dos se montrent des nageoires dorsales, quelquefois réunies en une seule, qui alors a toute la largeur du corps. Il y a aussi parfois des nageoires dites anales et qui sont situées sous la queue.

Le nombre et Ia position des nageoires fournissent de bons caractères pour la classification.

Toutefois la division principale est fondée sur la consistance du squelette. Vous savez tous, par expérience, combien il est ennuyeux de trier sur son assiette les innombrables arêtes du hareng ou d’une foule d’autres poissons. Or certains poissons, au lieu d’arêtes piquantes, n’ont, comme la raie, que de gros fils très souples qui croquent sous la dent et qui ne font courir aucun danger. Les poissons à arêtes sont dits poissons osseux; les autres, poissons cartilagineux.

Les exemples qui suivent, choisis dans toute la classe des poissons, feront voir dans quelles limites étendues varient les caractères et les mœurs de ces intéressants animaux.

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