‹ Le monde animalChapitre 65 sur 110 · PT · texte numérisé non relu

PT

AN

LES DIPNÉS. 145

« Deux protoptères, dit-il, revenus à l’état deliberté par suite du ramollissement lentement obtenu des mottes où ils étaient logés, donnèrent, après un mois d'existence active dans un aquarium, la preuve que le moment était venu pour eux de chercher dans la terre molle que l’eau recouvrait, l'abri qui, dans les conditions ordinaires de leur vice, est indispensable durant la saison sèche : agitation, sécrétion abondante de mucus, efforts pour fouir, tout annonçait un irrésistible besoin de trouver un milieu autre que celui dans lequel ils étaient plongés.

« Je n’efforçai donc de les placer dans des conditions analogues à celles qu'ils rencontrent lorsque le sol, abandonné par les eaux, se dessèche et finit par se durcir. L'eau de l’aquarium fut peu à peu enlevée dès que les animaux eurent creusé la vase. Trois semaines environ étaient à peine écoulées, el déjà la terre dureie formait une masse fendillée sur plusieurs points par la dessiccation. Ce sont ces ouvertures qui permettent l’arrivée d’une petite quantité d’air pour les besoins de la respiation.

« Au bout de soixante-dix jours, j’explorai le sol et je pus constater que les deux animaux avaient trouvé des conditions favorables pour traverser sans danger la saison de sécheresse artificiellement produite, car ils étaient enveloppés dans des cocons et pleins de vie, comme le prouvaient leurs mouvements provoqués par les plus légers attouchements.

« Le cocon est donc un étui protecteur produit par la sécrétion muqueuse. La mucosité, abondamment sécrétée, recouvre d’abord et agglutine les parois du sol que le protoptère traverse; aussi les parties du canal souterrain qu’il s'était creusé, et qui resla béant, étaient-elles, après la dessiccation, lisses et comme polies; puis, dans le lieu où il s'arrête, la sécrétion devenant plus active encore, la mucosité se dessèche et acquiert la consistance d’une enveloppe membraneuse remar-

quable par sa structure. »

Dans le cocon, l'animal est enroulé sur lui-même, la queue ramenée au devant de la tête; la bouche est hbre; c’est par cet organe que pénètre l’air nécessaire à la respiration, qui est, on le comprend, exclusivement pulmonaire, tandis que dans l’eau l'animal respire par des branchies.

Page 1