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VA TENS'AULON

Le saumon, également un malacoptérygien abdominal, a cela de particulier qu’il tient le milieu entre les poissons d’eau douce et les poissons de mer. Il nait dans les fleuves et y passe la belle saison; pendant l'hiver, il se réfugie dans l'océan.

Ce poisson, délicieux entre tous, se rencontre pour ainsi dire partout : du pôle à l'équateur, dans les deux hémisphères. On le trouve dans les mers intérieures et dans les grands lacs. La Méditerranée seule fait exception, de sorte que les Romains, ces gourmands émérites, n'avaient pas la joie d’avoir des saumons tout près d’eux, et Pline ne parle que de ceux qu'on prenait dans les Gaules.

Les saumons parcourent avec facilité toute la longueur des

LE SAUMON. 155 plus grands fleuves, parviennent jusqu’en Bohème par l'Elbe, en Suisse par le Rhin, et auprès des hautes Cordiliéres de l'Amérique méridionale par l'immense Amazone.

On a prétendu qu'on trouvait dans la mer Caspienne des saumons du golfe Persique, reconnaissables aux anneaux d’or et d'argent dont les habitants de ces contrées les avaient parés.

La vitesse du saumon est considérable : il peut faire en moyenne huit mètres par seconde. Il a dans sa queue une rame puissante, dont les muscles ont une si grande énergie que des cataractes élevées ne sont pas pour ce poisson un obstacle insurmontable. Il s'appuie contre de grosses pierres, rapproche de sa bouche l'extrémité de sa queue, en serre le bout avec les dents, en fait par là une sorte de ressort fortement tendu; puis, débandant avec vivacité | l'arc qu'elle forme, en frap- LE SAUMON FRANCHIT LES CATARACTES pant avec violence contre l’eau, il s’élance ainsi à une hauteur de plus de 4 ou 9 mètres, et franchit la cataracte. Il retombe quelquefois sans avoir pu s'élancer au delà des roches, ou résister à la chute de l’eau; mais il recommence bientôt ses manœuvres, et finit presque toujours par réussir.

La queue du saumon est un excellent moyen d’attaque et de défense ; mais 11 a des armes non moins efficaces dans les dents nombreuses et pointues qui garnissent ses deux mächoires et son palais.

On suppose les saumons âgés de deux ans lorsqu'ils pèsent de 3 à 4 kilogrammes. Agés de cinq ou six ans, ils pèsent 5 à 6 kilogrammes ; il en est qui se développent au point d’atteindre la taille de 2? mètres, etle poids de 40 kilogrammes.

Les saumons vivent d’insectes, de vers et de jeunes poissons ; ils saisissent leur proie avec beaucoup d’agililé, surtout quand il s’agit d'attraper les moucherons, les papillons, les sauterelles et les autres insectes que les courants charrient ou qui voltigent à quelques centimètres au-dessus de la surface des eaux.

Ils ont eux-mêmes à craindre un grand nombre d’ennemis. Ils sont poursuivis par les requins, par les phoques; les gros oiseaux aquatiques les attaquent aussi, mais aucun de ces animaux n’est aussi redoutable pour eux que le pêcheur.

Dans les contrées tempérées, les saumons quittent la mer vers le commencement du printemps, en partant avec Île flux.

Quand les chaleurs de l’été deviennent trop fortes, 1ls se réfugient dans les endroitsles plus profonds, où ils peuvent jouir, à une grande distance de la surface de la rivière, de la fraicheur qu'ils recherchent, et qui leur fait aimer les eaux douces dont les bords sont ombragés par des arbres touffus.

Ils redescendent dans la mer à la fin de l’automne. Plusieurs restent néanmoins pendant l'hiver dans les rivières qu'ils ont parcourues, bloqués quelquefois par les glaces qui se forment à l'embouchure.

Ils voyagent en troupes nombreuses, disposées avec une grande régularité. Le plus gros, qui est ordinairement une femelle, s’avance le premier; à sa suite viennent les autres femelles, deux par deux, et chacune à la distance d’un ou deux mètres de celle qui la précède; les mâles les plus grands paraissent ensuite, observant le même ordre que les femelles, et sont suivis des plus jeunes.

Ils nagent ainsi au milieu du fleuve et près de la surface de l’eau; et, comme ils sont très nombreux et qu’ils agitent l’eau

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