‹ Le monde animalChapitre 79 sur 110 · LE HANNETON · texte numérisé non relu

LE HANNETON

Au reste, tout le monde n’a pas de ces répugnances, et les amateurs d’escargots trouveront peut-être bien que c’est une fort bonne idée qu’on leur donne là.

Ce qu'il y a encore de plus pratique comme remède contre les hannetons, ce sont les labourages fréquemment répétés, et qui amènent à la surface du sol une quantité de vers blancs. « Voyez, dit M. Carl Vogt, l'attention avec laquelle les oiseaux de la race des corbeaux, les corneilles, les choucas et les étourneaux suivent la charrue, picotant à droite et à gauche, et mangeant avec délices les gros vers blancs qui remuent entre les mottes de terre. Voyez les perdreaux et les petits oiseaux aller, quand le laboureur s’est éloigné, grattant les sillons fraichement retournés, vous vous convaincrez de nouveau des riches bénédictions que le cultivateur trouve dans les fréquents labourages du sol. »

Les taupes seront la sauvegarde des prés et des bois.

Les hannetons ont la vie très dure. On sait comment ils supportent les tourments que certains enfants ont le tort de leur infliger. Le fait suivant est raconté par le physiologiste A. Pouchet, qui mit des hannetons sous l’eau et les y laissa quarantehuit heures.

« Tous les insectes, dit-il, semblaient non seulement morts, mais avoir subi un commencement de décomposition, à cause de la fétidité etde la légère coloration que le liquide avait contractées. Les hannetons ayant été retirés de l’eau et exposés à l’action de la lumière et d’une température de 25 degrés centigrades, donnèrent tous, au bout d’une heure, des signes de vie consistant dans des mouvements spasmodiques des tarses antérieurs. Abandonnés ensuite pendant une nuit dans un lieu où la température s’abaisse à 15 degrés, le lendemain les quatre cinquièmes d’entre eux reprirent leur vol. »

Page 1