LE VER A SOLE
tendres sur le papier, et pendant quelques jours on en nourrit les vers nouvellement éclos. Quant les larves ont atteint un pouce de longueur, on les transporte sur des buissons de jeunes chènes, à feuilles très tendres.
A sa première mue, le ver perd sa couleur noire, et sa nouvelle peau est d’une belle nuance verte. A l’époque qui précède immédiatement le tissage, la chenille a le corps d’un vert éclatant, la tête brun clair, et mesure en tout cinq pouces et demi. Le corps est formé de douze anneaux, dont huit portent chacun une paire de grifles.
Lorsque le ver commence son cocon, il choisit deux ou plusieurs feuilles de chêne en regard les unes des autres, et sur la face inférieure de la branche. L’insecte les réunit par un tissu de fils de soie qui sortent continuellement de sa filière, pendant qu’il porte sa tête d’une feuille à l’autre. En même temps, il se retient à la branche par les griffes de derrière. Lorsque les fils, qui vont d’une feuille à l’autre, forment une sorte de corbeille suspendue, le ver lâche prise et se laisse choir dans le logement qu'il vient de se préparer. Alors ses sept derniers anneaux sont repliés sur eux-mêmes, l'arrière du corps demeure dans la plus complète inaction, et l’insecte ne s’en sert que comme d’un sac d’où il tire la matière première de la soie. Le travail est accompli par la tête de l’animal et la partie supérieure du corps. Il commence par s’entourer de la soie légère et glacée qui forme la partie extérieure des cocons, enveloppe au travers de laquelle son petit corps teinté de vert s'aperçoit longtemps. Ensuite l’insecte fabrique la partie plus dense, assez dure, qui compose l’intérieur du cocon.
Le rendement de la récolte de printemps passe pour être de beaucoup plus faible que celui de la récolte d'automne; mais la soie qui en provient est, dit-on, de qualité supérieure.
Les Chinois, gens fort économes, emploient comme comestible les chrysalides étouffées dans les cocons.