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CHAPITRE VII

L'âCORCB MINÉRALE.

Trois canses principales ont doue contribué i former et A modifier la surface du globe dans la suite des siècles ; ce sont.les soulèvements, les émissions de matière ignée et la production de dépûts sédimentaires formes par couches léeuliëres dans le sein des eauj, et provenant de la désagrégation ou de la trituration des roches préexistantes.

Lefea et l'eau, Pluton et Neptune, comme les avaient personniliês les anciens, sont donc les deux grands agents, qui, alternativement et parfois simultanément, .ont présidé Â la formation de toutes ' les masses minérales, et leur action a toujours été incessante; toujours la cause ignée a produit à la surface de nouvelles aspérités par les soulèvements ou par l'entassement de matières vomies, tandis que la cause aqueuse a toujours travaillé à les faire disparaître, en désagrégeant et rongeant ces aspérités poui- combler de leurs débris divers les dépressions du sol. Tels sont les faits généraux qui, en s'accamulant de siècle en siècle, ont fini par constituer l'écorce terrestre telle que nous la connaissons aujourd'hui.

Nous diviserons donc les matériaux qui composent l'écorce minérale du globe en trois grandes classes ou séries distinctes : l"le Terrain primilif oa. ae crislalUsatioQ formé par le refroidissement de la

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LE noms AVANT LE DÉLUGE 4S

matière ignée autour de la matière fluide et incandescente; 2° les rerraina sédimenlaires déposée par les eaux sur cette première enveloppe ; 3" enfin, les produits d'épanchements et d'éruptions, roches de cristailisation comme celles du terrain primitif et ayant une origine commune. Elles se sont formées à toutes les époques géologiques, soit par injection de la matière ignée, soit par éruptions volcaniques, et constituent des amas transversaux ou des accumu- . lations au milieu des terrains des diverses périodes. Partout où a pu pénétrer le marteau du géologue, on a toujours trouvé les couches stratifiées disposées entre elles dans un ordre constant ; c'est-à-dire que celtes gui sont supérieures sur un point ne deviennent jamais inférieures sur un autre. Chaque formation indépendante se distingue de celle qui la précède ou qui la suit par des caractères particuners qui lui sont propres. Quanta l'âge relatif de cliacune d'elles, il est sufdsamment indiqué par l'ordre de superposition, aussi a-t-on très-justement comparé la disposition des couches stratifiées à une pile de livres d'histoire entassés les uns sur les autres et placés de telle sorte, que chaque volume se trouve toujours immédiatement au dessus de celui qui renferme le récit des événements de l'époque précédente.

Il ne faudrait pas croire, cependant, que l'enveloppe minérale se divise en tranches ou en feuillets concentriques, dont le nombre soit égal sur tous les

§ oints, comme le sont par exemple les pellicules 'un oignon; elle est composée de différentes masses ■ de roches stratifiées qui se divisent en couches plus ou moins épaisses. Ces couches, do formes irrégulières et de nature difl'érente, sont placées les unes au dessus des autres d'une manière variable, sans que, cependant, l'ordre des superpositions se trouve interverti; mais il arrive souvent qu'un ou plusieurs terrains manque dans telle ou telle contrée, comme à telle ou telle hauteur de la série. Ainsi, les terrains modernes peuvent quelquefois se trouver posés sans intermédiaires sur lea terrains anciens, et ceux-ci même, n'ayant jamais été recouverts dans certaines de leurs parties, ou ayant été dénudés après coup par les eaux, peuvent se montrer à la suiface du sol.

W LE IfOnDB ATAin LE D&LtCE

Les roches de sédiment se divisent, suiTant la clasai&eation (géologique le plus généralement adoptée, en six périodes ou systèmes, qui sont de bas en haut, suivant l'ordre de leur formation, le primaire, l'intermédiaire ou de transition, le secondaire, le tertiaire, le quaternaire et le moderne.

Chaque période se dwise àson tour en époques ou terrains, et ceui-ci en étages.

Mais, il faut bien l'avouer, ces divisions n'existent pas en réalité dans la nature, elles sont artiflcielles et faites pour suppléer aux bennes de notre iotetligence, pour nous aider & coordonner et classer les faits, afin de les mieux comprendre et retenir. On ne peut, en effet, tracer des divisions absolues d^Ds rnistoire de la Terre. Les sédiments n'ont pas discontinué de se déposer au fond der mers et des lacs, les phénomènes ignés ou volcaniques d'apporter de 1 mlérieur de la Terre des roches diverses, des laves, des (jaz, les plantes n'ont jamais cessé de végéter sur un jioint ou sur un autre, les animaux de se reprodujre ou de se remplacer à

Eartir âa premier mbment de leur apparition sur i globe, et tout cela, pas plus que Ce temps, n'a eesfié de marcher.

Personne n'ignore que les parties solides de ta terre consistent en substances distinctes telles que argile, craie, sable, calcaire, granit, etc. Ces matières qui composent la croûte terrestre ne sont pas confusément mêlées ; des masses minérales distinctes occupent des espaces immenses et oiTrent QQ certain ordre dans leur disposition. Pour le géologue, toutes ces masses minérales, qu'elles soient molles ou pierreuses, solides ou pulvérulentes, sont des roches. Ce mol n'impliqne pas nécessairement une masse minérale présentant la condition de matière dure et compacte, c'est-à-dire Sierreuse; le sable et l'argile sont compris sous cette énomi nation.

Trois éléments principaux composent les roches dont est formée la substance terrestre; la silice, ï'alumine et ie carbonate de chaux.

La silice est une pierre très-dure, rayant le verre et faisant feu sous le briquet ; elle est tranalucide, à cassure vitreuse. Pure et cristallisée, eÛe constitue le quartz ou cristal de roche; non cristallisée et

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moins pure, elle forme les agates, le silex ou pierre à fusil, la pierre meulière. Elle est ingoluliie dans l'eau et iofuBibieaufeu le plus intense de nos fourneaux ; mais, mêlée â une petite quantité de soude ou de potasse, elle se combine et se fond en un verre transparent. C'est la silice qui, réduite en grains

{iluB ou moins fins, constitue le sable des dunes, ceui de la mefr, etc.

L'alumine, qui n'est autre chose que l'oxyde d'un métal nouvellement découvert, l'aluminium, offre au feu une résistance encore plus grande que le silice. Pure, elle constitue le corindon ; mélee à la silice et à d'autres matières, elle donne naissance à l'argile, substance plastique, bien connue de tout le monde, et qui sert à la fabrication de la poterie, des tuiles, des briques.

Le carbonate de chaux ou pierre calcaire est de toutes les substances minérales la plus répandue sur la Terre ; elle forme dRs collines et des chaînes entièrss de montagnes. Elle est le produit de la combinaison de L'acide carbonique et delà chaux, se décompose avec effervescence par les acides nitrique et sulfurique, et donne par la calciaation de la chaux vive, en perdant son acide carlx>aique. Elle forme des roches plul ou moins dures et dune texture plus ou moins compacte. C'estde ces roches que sont extraits les moellons et !es pierres de taille, qui servent à la construction de nos édifices. Quelquefois les parties qui constituent ces pierres ont si ' pou de cohésion entre elles, qu'elles se séparent sous la simple pression des doigts ', elles prennent alors le nom de craie.

Les marbres ne sont que du calcaire modifié par la chaleur. En efi'et, si l'on remplit de craie en poudre, bien tassée, un cylindre, et qu'on le bouche hermétiquement, de manière à pouvoir le chaufler sans que le calcaire se décompose, celui-ci fond et donne un produit â structure saccharûïde comme le marbre statuaire.

Combiné avec l'argile, lecarbonatede chaux donne naissance aus marnes. Les grès ne sont que des sables aalutinés par un ciment calcaire. Les co- . quilles des mollusques et la portion solide des polypiers sont du carbonate de cbaus, et leurs débris forment une grande partie des sédimenta calcaires

qne les eaox de la mer déposent sur le fond de celle-ci.

Combinée avec l'acide snlfurique, la cham donne le plltre ou eypse et l'alb&tre ', elle est combinée avec l'acide pLosoborique dans les os des aaimaox.

Ontre les trois elémeats, siliceux, argileux et calcaire, gui forment la matière dont la Terre est pria* cipalement formée, ilexiste encore an grand nombre de substances résultant de la combinaison de ceuxci ; tels sont : le feldspath et le mica, qae l'on peut ranger. A, cause de leur grande abondance, parmi les principaux composants de l'écorce terrestre.

Le feldspath forme la base de presque toutes les rocbes igiaées. 11 résulte de la combinaison chimique de ht silice avec l'alumine et la potasse ou la soude. C'est une substance cristalline, naturellement blanche, quelquefois coLorëe, moins dure que le quartz. Sous l'action de l'air et d'autres agents, les feldspaths sont sujets à. se décomposer ; ils perdent leur potasse et se convertissent en une substance terreuse, dans laquelle on voit prédominer les qualités de l'alumine. C'est à cette décomnosition qu'est dû le kaolin ou terre à porcelaine. Il est même probable que toutes les argiles n'ont pas eu d'autre mode déformation.

Le mica est une substance éminunment lamelleuse, divisible en feuillets minces, élastiques, transparents et nacrés, comme le feldspath, c'est un composé de silice, d'alumine et de potasse, avec de l'oxyde de fer et de la magnésie. On trouve des micas de toutes les couleurs, et très-souvent eu paillettes dans les sables sëdimentaires. Il est très-abondant dans la plupart des roches d'ori^e içnée, surtout dans les granits, les gneiss,lesmicascnistes.

Le granit, une des roches les plus répandues et les plus importantes, en raison du rôle qu'elle joue dans ta nature, se compose de quartz et de mica agglutinés par une pâte feldapalhique à base de poisse ; le plus souvent de couleur grise ou rose. •

Le quartz s'y présente ordinairement en grains plus ou moins arrondis et le mica en paillettes, souvent de couleur noire. Quand ces substances semblent former des feuillets assez niiQces,la rocbe prend le nom de gneiss.

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Le granit est d'ane dureté extrême et susceptible d'un Èeau poli. Cette roche a fourni de tout temps d'excellentes pierres de construction, mais elle

Sréaente rarement des masses d'une certaine éten< ue dépourvues de fissures, et c'est ce qui rend si remarquables les monuments del'aocienne Egypte, ces obélisques, ces colonnes, ces sphyni, tous ces monolithes énormes dont la pierre est si parûiîtetement homogène.

Les porphyres sont comme le granit des masses féldspathiques, masses à base de soude. Ces roches, mii ont été de tout temps fort recherchées pour la décoration des monuments, ont une grande dureté, et sont susceptibles d'un beau poli. On les distingue

Sar les couleurs qu'elles doivent à la présence de ivere oxydes métalliques en porphyre rouge antiqae, vert antique, brun, bleu.

La granit et les porphyres, ainsi que les autres roches d'origine ignée, se distinguent des roches calcaires par un caractère important. Toutes les roches calcaires se composent de strates, c'est^-dire de bancs superposés et souvent môme séparés les uns des autres par des couches de sable ou d'argile. Le granit et les porphyres, au contraire, affetîtent constamment la structure massive, et ne présentent jamais rien qui puisse donner l'idée de couches ou de bancs.

Parmi les roches éruptives se distinguent encore l'ophiolite ou serpentiue qui présente de nombreuses variétés ; leur couleur verte souvent bigarrée, rappelant l'aspect d'une peau de serpent, leur a fait donner leur nom, et les basaltes auxquelles se rattachent les laves de nos volcans actuels. Ces dernières roches, de couleur noirâtre, ou bmnltre, affectent souvent par le retrait la forme colomnaire ou prismatique.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur les caractères spécillaues des roche", n'ayant pas â écrire ici un traite de minéralogie; mais nous donnerons les détails intéressants qui se rattachent à chaque roche à mesure que nous la verrous apparaître dans la formation successive des terrains.

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