CHAPITRE Vm
TBBRAnt rnuuTir ou tOL pruohdlUi.
L'enveloppe terrestre commence par de giganteagnes assises de granit qui en forment comme les InéËraalables fondations. Ces rocbes, dues au premier refi-oidissement de la surface du globe sont cristallines, massives ; ce sont elles qui formèrent les parois des premiers bassins océaniques, et la base de fooB les dépôts de sédiment. Cette croûte envelopps le globe de toutes parts ; c'est la carapace qui enceint la masse incandescente et qui aujourd'buî est assez puissante pour neutraliser A l'extérieur la
Sresque totalité de ses effets caloriflgues. La solidication du terrain primitif s'est opérée de haut en bas, â l'inverse de ce qui est arrivé pour les terrains Bédi ment aires qui le recouvrent. Quand nous voyons cette roche granitique à la surface, nous devons supposer quelle y a été poussée par celles de la même classe qui se sont formées successivement au dessous, ou qu'une cause quelconque a fait disparaltre les couches plus récentes qui la recouvraient.
Ce premier terrain éruptif, sillonné, déchiqueté
Sar les eaux diluviennes, donna lieu aux premiers ëpôts sédimentaires. Les bloca arrachés violemment (k la roche massive furent entraînés et roulés par les eaux ; les plus gros s'arrêtèrent en cbemin ; les moins lourds entraînés dans leur course vag^t
LE MONDE ATAtrr LE DELUGE 51
bonde, choqués, broyés, pulvériBée, finirent par se réduire en poudre. Ainsi se formèrent les premiers Bédiments au milieu des eaux. Ces matériaux se dépoaëient oaturellement BUivant leur pesanteur, les pltia gros fragments réunis, soudée entre enz par un ciment d'argUe et de fer, sont ce qu'on nomme les . conglomérats. Les-sables grenus gui se déposèrent ensuite sont les grès; les particules les plus tenues formèrent les argiles. Quant aux calcaires qui vinrent ensuite, ils résultèrent de la combinaison de l'acide carboniqne de l'air et du chlorure de calcium de la mer. Ces métamorphoseE successives n'ont pas cessé de s'opérer à la surface de la terre ; elles se continuent même de nos jours, et nous en voyons les eSets dans la destruction lente des roches les plus dures, qui passent graduellement à l'état d'argile. Seulement les actions ont perdu beaucoup de leur énergie \ les phénomènes sont devenus aussi lents qu'ils devaient être rapides aux époques où ils étaient si puissamment favorisés par une haute température et rabondance de l'acide carbonique.
An contact des roches éruptives, ces premiers dé- I)ûts de L'antique Océan ont éprouvé des modifications profondes ; le feu les a cuits, fondus, fendillés, il en améme profondément changéla composition; les bancs d'argile sont devenus des schistes, des ardoises ; la roche s'est feuilletée ; les calcaires cristallisés se sont transformés en ce beau marbre blaoe qu'emploie le statuaire. Ces premiers terrains sédimentaires ainsi transformés ont reçu le nom de métamorphiques, à cause du changement que le feu ou les eaux thermales leur ont fait subir.
Le gneiss est la plus ancienne de ces roches : celle qui se trouve au dessous detoutea les autrei, et qui nous représente les premiers sédiments déposés au fond des premières eaux. La teinte de la roche est grisâtre ou brunâtre, et l'accumulation des paiLlettes de mica gris ou noir, posées à plat, lui communique une texture imparfaitement feuilletée. On y trouve disséminés des pyrites, du gi-aphlte, dn corindon, des saphirs, des grenats, etc. C'est là le gisemeiit originaire de diverses pierres flnes qu'on retrouve dans les alluvions. On estime que le gneiss constitue à lui seul le cinquième. de l'écorce fionsolidée. Ces couches puissantes présentent ordi-
nai rement une stratification très-tourmentée: sonlerées par la Torce expansive de la masse Quide intt^rieure, elles forment, dans pres^^e toutes les régions du çlobe, des montagnes et des dép&ts iramenses. Si l'ëtage da gneiss est stérile et ingrat pour l'agriculteur, c'est, en revanche, un des plus ricoes pour le mineur. On y trouve un très-grand nombre de fllons métallifères : de l'or, de l'argent, de l'oxyde d'étain et de cuivre, du fer, du cobalt, etc.
Le micaschitte, qui forme l'étage suivant, est composé de micaenlames et de quartz en grains. Il offre beaucoup d'analogie avec le gneiss, mais sa texture est pltu feuilletée et sa surface souvent luisante et satinée. Moins puissant que le gneiss, il occupe cependant encore des étendues considérables, et présente, sur certaine points, jusqu'à mille mètres d'épaisseur. Le micascbiste est également riche en minéraux.
Après les schistes viennent des bancs de conglomérats, d'ardoises, de calcaires passant au marbre. Les masses ou des Slons de roches cristallines, telles que le granit, interrompent la continuité de ces couches schisteuses sur des espaces plus ou moins COQBidérables. Leurs teintes sont blanch&tres, grisâtres ou ros&tres, suivant la couleur et la proportion du feldspath, du quartz et du mica qui les composent.
Vers la fin de cette première époque, le globe entier était couvert d'eaux peu profondes, du sein desquelles émei^eaient les pics granitiques uns ou recouverts des premières couches schisteuses, et dont l'ensemble formait comme un vaste arcbipeL
Les pays où se montrent à découvert les dépAts primitifs sont : en France, la Bretagne, la Vendée ; en Angleterre, le pays de Galles ; en Allemagne, le Eartz et l'Erz^ebirge, pays des mines ; la Scandinavie, une partie del'Espagne, certaines portions de l'Amérique du Nord et du Brésil riches en métaux précieux. Ces pays émergeaient au dessus des eaux à. cette époque. Les roches primitives impriment aux pays dont elles forment le relief un aspect particulier. L'apreté, la temte sombre et l'allure tourmentée du terrain, donnent au paysage un as-
pect sauvage et énergique qui semble înâuer enr le caractère de ees habitants. Le baaque, le breton, le corse, t'aragoaais, le eallois, l'écossais, le saxon doivent à la rudesse de leurs contrées montagneuses quelques-uns de leurs traits distinctifs.
Les rochea primitives et métamorphiques présentent dans leur état cristallin, comme dans leur composition, un aspect tout différent de celles qui constituent tes autres terrains. La température à laquelle elles étaient soumises, était telle, qu'aucun végétal, aucun animal, ne pouvaient encore exister ; aussi les désigne-t-on bous le nom de terrains azoïques ou sans vie. Ce n'est que dans les premiers terrains sédimentaires qui vont suivre, que nous rencontrerons ces catacombes mystérieuses, où sont ensevelies les dépouilles confuses de la plusancienne organisation connue.
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