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CHAPITRE XIV

Après la grande convulsion dont noue venons da décrire les priocipauz effets, se déposèrent de nouveaux sédiments de nature diverse, et l'on a donné le nom d'époque tertiaire à Teûsemble de toutes les couches qui se sont formées entre ie terrain crétacé et les terrains modernes ou da formation récente.

Quoique très-complexe et très-puissant, ce terrain présente cependant moins d'étendue et d'é- Eaisseur que le précédent sur lequel il s'appuie. es diverses formations qui le composent n'ont pas U grande continuité des terrains antérieurs ; elles sont disposées en bassins isolés et indépendants, préaenteut entre elles uoe composition sensiblement différente et ne se rapportent les unes aux autres que comme dépAts parallèles et équivalents.

Souvent une période de tranquillité plus ou moins longue a été interrompue par des oscillations, des exoaussements du sol, dont le contre-coup, déplaçant les eaux, a fait disparaître toute une création â'étres ensevelis sous de nouvelles couches de sédiments. Les parties émergées à. leur tour, comme autant d'ilôts, se couvraient de plantes qui y végétaient, se peuplaient d'animaux terrestres, possédaient des lacs ou des courants d'eau douce, et les ctioses persistaient dans cet état jusqu'à ce qu'une

LE H(HtDB AVANT LE OtlVGZ

fines se superposaient A ces forniatiDiifi iltiviatileB et terrestres. Ainsi s'explique l'alternMice, si Iréquente dang le terrain tertiaire, de couches déposées dans les eaux marines ou dans les eaux douces, caractérisées par ta préBence des fossiles que l'on y rencontre. Elles offrent d'ailleurs un intérêt tout particulierpar la prodigieuse abondanceet la grande Tariété de débris qu'ils recèlent et dont la nature organique commence pour la première fois à présenter des espèces analogues à celles de l'époque actuelle.

Vers la fin de la période précédente, près des deux tiers de la surface actuelle des continents et des Iles étaient émergés. L'étendue des terres s'était graduellement accrue et le domaine des eaux superficielles avaitproportionnellementdiminué. Une des conséquences de cette extension progressive des terres fut le développement des animaux organisés pour respirer l'air en nature, pour vivre loin des grandes masses d'eau, et l'on voit le nombre des lespèces, la variété des types et la perfection des organes augmenter à mesure que s'accrott le sol qu ils devaient peupler et que les conditions nécessaires à. leur existence deviennent plus favorables. Aussi le nombre des espèces appartenant é. cette

Eériode l'emporte de beaucoup sur celui de toutes 3s époques qui l'ont précédée.

Outre cette extension des terres émergées, le relief de celles qui l'étaient auparavant devient plus Ïirononcé et plus accidenté ; chaque soulèvement eur donne des formes de plus en plus accuséps. Les amas d'eau douce, et, par suite, les sédiments lacustrestrësrestreintsdans les époques antérieures, prennent, en raison de la plus grande étendue des terres, une importance qu ils n avaient jamais eue. Pendant l'époque qui va suivre, des roches analogues aux précédentes, mais d'une texture de moins en moins cristalline, continuent à se déposer. Les calcaires sont moins compactes, les grés d'un grain moins serré, les conglomérats, les amas de cailloux roulés atteignent une épaisseur beaucoup plus considérable que par le passé. Un voit l'action puissante des eaux qui ont labouré le sol, et qui, sans

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doute précipitées par lee soulëTemeiits de très hautes montagues le long des pentes et des côteanz, ont entraîné dans les vallées des masEes énormes de détritus.

L'époque tertiaire a été divisée en trois groupes ou étages : l'inférieur ou eocène, le moyen ou miocène elle supérieur ou pliocène '.

L'étage inférieur auquel on donne aussi le nom d'étage parisien est composé de diverses coucbea d'argile plastique, qui doit son nom à la propriété

Fig. Tî. ~ ForamluirèreB du calcaire grosiier.

dont eUeiouil de faire pâteavec l'eau et de prendre ensuite facilement les formes qu'on lui donne.

■ CSB noms imposés par le géologue angUis Lyell Indiquent la pToporllDn de cuquillea toBsilea appartenant à des espaces eneore ïiïantei ; ninfil le pri^mier (de M» aurore) en contient le moins, environ 3 pour 100: le deuiiâme (de neion iiioia«) en contiMità peu près 1B pour 100. et le iroiaième (de pteion plus nombreux) en contient Kpour 100, i:eB dénominalionB, qui ont prévalu, onllouteroia le tort d'SIre fondées sur un csratLère qui n'eat nullement eonaunt danB tous tes dépats ; nous préférons celles de terrain "-uiiieii, [Uunien et tubapennin adoptéea par quelques gAologuaa

Mrisieii, Ci fran^ti.

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Cette argile qui présente des teintes très-variéea, alterne souvent avec des sables, des grè3, des conglomérats et des lignites qui, dans le Soissonnais, constituent des lits assez puissants pour être exploités avec avantage. Sur cette argile plastique, qui forme l'assise inférieure du terrain parisien, la mer déposa des bancs épais de ce calcaire grosster dont sont construites les maisons de Paris et qui renferme une quantité si considérable de co(niilies et surtout de foraminifëres, que dans un seul fragment de pierre pesant moins de lûO gram* mes on a pu compter plus de 10,000 de ces tests microscopiques. On y trouve aussi engrand nombre des dents de requins.

Ce calcai^ grossier, ainsi nommé i cause de la rudesse de son grain, donna une pierre de taille et un moellon de premier choix. Notre Dame est construite tout entière du calcaire tiré des carrières d'Ivry. Ce sont ces mêmes matériaux que les Romains, ces grands bâtisseurs, ont mis partout à contribution dans le Midi de la France ; les arènes d'Arles et de Nîmes, le théâtre et l'arc de triomphe d'Orange, celui de SaintRemy, le pont du Gard avec ses trois rangs d'arches étaeées, et cent autres monuments qui ont défié les siècles, sont bâtis de ce rude calcaire.

Les calcaires marins furent recouverts dans le bassin de Paris, par les eaux d'un immense lac qui déposèrent une couche épaisse de calcaire lacustre puis de gypse dans lequel ont été ouvert^a les nombreuses carrières à plâtre de MontmartrOj Pantin, Livry, etc. Avec ce dépôt de gypse, qui couronne l'étage parisien, alternent des couches de marnes et d'argiles de diverses couleurs et des dépôts de meulières, qu'on exploite surtout A la Ferté-sous- Jouare pour en faire d'excellentes meules de moulin,

Kn Angleterre et en Belgique l'étage parisien est représenté par des sables et des argiles Dienreconnaissables pour appartenir à cette formation puisqu'ils contiennent une partie des coquilles du calcaire grossier parisien.

Pans et Londres sont tous deux placés au milieu des terrains de cet âge; c'est la même assise qui le» porte, celle de l'argile plastique : mais il existe

entre les deux villes une dlflérflQce géologigce essentielle; dans le baasia parisien, l'argile plastique est surmontée du calcaire grossier qui mancrue dans le bassia de I^ondres. La capitale de l'Angleterre est sortie avant sa voisine du sein des eaux, et voilà pourquoi Paris est une ville de pierre et Londres une ville de brique.

ITngrandnombre de dépôts salifëresappartiennent ' A cetétage; ils sont répandus dans toutes les parties du monde. Les bords des grandes plaines de la mer Caspienne, la Russie d'Euro pe et d'Asie en sont extrêmement riches; en Perse il s'en trouve également' de grands dépôts; sur les bords du désert de Sabara et au Fezzan, dans les plaines mêmes du désert, il. en existe des dépôts souvent considérables. En Es-' paKne, près de la ville de Cardonne (Catalogne), s'élève une montagne, du volume de celle de Montmartre, entièrement formée de sel gemme de diverses couleurs. Nous avons cité déjà celles du Wurtemberg et celles de France, dans la Meuse et laMeurtbe. Mais aucun de ces dépôts n'a l'importance des fameuses mines de sel de Wieliczka,' auprès de Cracovie, que l'on eiploite depuis six siècles. On estime que ce dépôt forme une masse de 400 kilom. de longueur sur 125 kilom. de largeur. Il y est déposé par couches stratifiées sur des lits d'argile et de grès. Les galeries d'exploitation y descendent jusqu^à 240 mètres de profondeur, s"'étendentà 3,000 mètres en longueur et à 1,600 mètres en largeur. On y trouve des salles taillées carrément, soutenues par des piliers de sel et qui ont centmètres environ d'élévation. L'intérieur de ces souterrains si extraordinaires présente des chapelles ornées d'autels, de colonnes, de statues, de banCa en substance saline. Des écuries habitées par des chevaux, un escalier de plus de mille degres sont égaleiaent taillés dtns le sel. On y trouve plusieurs lacs d'eau salée, sur lesquels on peut se promener en bateau. Douze à qumze cents ouvriers, 40 à 50 chevaux restent dans ces singuliers souterrains pendant plusieurs années sans en paraître incommodés, À l'époque où se forma l'étage parisien dont le soulèvement donna à la France, encore reliée à l'Angleterre, à. peu près sa conflguralion actuelle, la vie végétale et animale prit un large développement.

Les Tégétaui, qni jueques-lâ avaient convert le sol, appartenaient en majorité â des espèces inférieures, cryptogames ou monocotylédooes : des algiws. des mousses.des fougères, des éguisétacées,desiiaïadëes; les plantes dicotylédones n'y étaient encore repré-

Fig. 74. — Palmiers fossiles.

eentées que par quelques conifères. Ici, les fougères arborescentes, les zamias, les cycas de la période précédente disparaissent pour faire place à des palmiers qui forment de véritables forets, même dans les régions aujourd'hui tiès-tempérées, ce qui

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prouve qu'un climat méditerranéeD, sinon tropical, régnait alors sur toute l'Europe. Dana les formations d'eau douce du bassin de Paria oa a trouvé de nombreux troncs de palmiers, dont quelquesuns d'une grosseur considérable. Un fait remarquable, c'est que tous les palmiers fossiles de celte époque appartiennent â des genres dont les feuilles sont en éventail, tandis que le plus grand nombre des espèces actuelles les ont pennées. On trouve avec ces feuilles très bien conservées, dans certaines localités, des fruits assez semblables aux noix de coco et aux fruits des Pandanées, Parmi les conifères oa y trouve des pins, des cyprès, des ifs, des thuias, des araucarias ; c'est la résine concrétée de certains conifères de cette époque qui a produit l'ambre jaune ou succin. Cette substance, qui ressemble beaucoup d la résine copal qui découle de plusieursarbres de l'Inde du genre Ga~ niire, se rencontre en ro-

» gnons dans toutes les parties du monde, mais surtout sur les côtes de la Baltiijue et du Japon.

Quelles Immenses forêts d'arbres produisant cette substance ont dû être en- Fig.T&. — Ambre ou BucuiD. sevelies dans les mers du uord pour que, depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours, on en ait pu retirer une quantité si prodigieuse d'ambre ! On trouve dans l'ambre de nombreux débris, soil végétaux, soit animaux, mais surtout des insectes, qui nous sont ainsi parvenus dans un état de conservation parfaite et que nous ne connaîtrions sans doute pas autrement. On comprend en eflet que lorsque cette substance découlait de l'arbre, l'insecte qui venait à la toucher de l'aile ou de la patte s'y engluait et était bientôt enveloppé parelle. un retrouve ainsi des mouches, des blattes, des libellules, des hyménoptères, des coléoptères, des araignées et des myriapodes analogues à ceux qui vivent actuellement. Les papillons y sont très rares : ou y a trouvé cependant quelques chenilles.

Dans ce temps-là, pour la première fois, appa-

tK itONDÉ AVAKt LE hhvct idà

rureot des plantes dicotylédones angiospermes, c'est-à-dire des arbres plus ou moins analogues a nos chênes, à nos hêtres, à nos ormes d nos peupliers, saules, érables, etc. Les arbres et les arbustes se couvrent de fleura et de fruits, et dès lors paraissent les oiseaux chanteurs qui se nourrissent de baies et de graines et les insectes ailés qui recueillent dans les corolles parfumées le miel, dont ils se nourrissent.

Dans le vaste lac qui couvre le bassin de Paris nagent une foule de poissons ; des mormvres, des truites, des cyprins, des brochets, mais d'espèces distinctes de leurs congénères actuels et ne leur ressemblant que par les formes générales. Les mers sont également babilées par des légions de poissons herbivores dont l'accroissement excessif est tenu en échec par la voracité des espèces carnivores ; d'énormes raies, des torpilles, des squales. Les grands Soissons ganoïdes et placoïdes des périodes précéentes sont disparus pour faire place aux cténoïdes et aux cycloïdes qui forment limmeose majorité de la population maritime actuelle. Dans les eaux douces vivent des tortues, des émydes et des trionyx. Les reptiles monstrueux qui ont vécu pendant répoque précédente n'existent plus et leurs débris seuls survivent pour attester leur présence dans les terrains anciens. D'énormes crocodiles vivent encore, mais ils se rapprochent de ceux qui peuplent actuellement les rivages d'Afrique. Les espèces de mammifères, bornées jusque-la â quelques didelphes et à quelques petits rongeurs, apparaissent d'une manière continue et à. tous les étages et le caractère le plus tranché de cette époque est le développement extraordinaire des mammifères. Ce sont d'abord d'énormes cétacés: baleines, rorquals, marsouins, dauphins, qui remplacent tes reptiles gigantesques de la période secondaire ; des ziphius qui tenaient à la fois du cachalot et de l'hyperodon. Puis viennent des lamantins et des

Eboques, qui mènent des cétacés aux mammifères irrestres, d'abord tous herbivores ; ensuite viennent les carnassiers auxquels ceux-ci devaient servir de proie.

Ainsi se manifeste d'une manière évideate la progression continue dans la création des êtres orga-

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nisés. Peu abondant relativement dans les couches inférieures leur nombre s'accroU dans ces couchea à mesure qu'elles deviennent plus récentes, et à une organisation relativement plus simple s'ajoutent des types organiques de plus en plus compliqués.

C'est dans ïe gypse ou plâtre parisien qu'ont été découverts les nombreux débris des mammifères terrestres à l'aide desquels l'illustre Cuvier, le créateur de l'ostéologie fossile, est parvenu à déduire la forme et la proportion des autres parties de ces animaux et à reconstruire leurs squelettes avec une

Srécision telle, que les découvertes postérieures 'autres fragments de ces mêmes anmiaux soot venus confirmer tout ce que sou génie avait pressenti.

Avant Cuvier, quelques savants s'étaient en vaia occupés de jeter la lumière sur ces restes d'animaux éteints.

Les uns n'y araient vu que des monstres engloutis par quelques grands cataclysmes de la nature, les débris de ces dragons, de ces sphynx dont l'antiquité avait peuplé sa mythologie. Les autres croyaient y reconnaître des restes humains ; tels sont ceux que l'on lit passer pour ceux du géant Teutobochus. roi des Gimbres défait par Marins, ou ceux de l'homme témoin du déluge, Homo diluvii teslis, qui, au siècle dernier, donnèrent lieu â de si longues et si vives discussions. En un mot la géologie positive n'était pas née.

Enfin Cuvier parut, et, le premier, créa la paléontologie, après avoir fondé l'anatomie comparée par la découverte de cette belle loi de la corrélation des organes.

« La moindre facette d'os, dit-il, la moindre apophyse, ont un caractère déterminé, relatif â la classe, à l'ordre, au genre et â l'espèce auxquels ils appartiennent, au pomt que toutes les fois que l'on a seulement une extrémité d'oa bien conservée, on peut, avec de l'application et en s'aidant avec un peu d'adresse de l'analogie et de la comparaison effective, déterminer tomes ces choses aussi sûrement que si l'on possédait l'animal entier. .

Lorsqu'il se vit entouré d'innombrables fragments d'animaux inconnus extraits des carrières de Montmartre d'où étaient déjà sortis des rail-

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liera d'ossements détruits avant qu'on eût songé à les éludier.

* Je me trouvai, dit le grand naturaliste, dans le cas d'un homme i. gui Toa aurait donné pêlemêle les décris mutilés et incomplets de quelques centaines de squelettes appartenant â vingt sortes d'animaux; il fallait que cuaque os allât retrouver celui auquel il devait tenir ; c'était presque une résurrection en petit, et je n'avais pas à ma disposition la trompette toute puissante ; mais les lois immuables prescrites auï êtres vivants y suppléèrent, et, à la voix de l'anatomie comparée, chaque os. chaque portion d'os reprit sa place. Je n'ai point d'expression pour peindre le plaisir que j'éprouvais en voyant, à mesure que je découvrais un caractère, toutes les conséquences plus ou moins prévues de ce caractère se développer successivement ; les pieds se trouver conformes à ce qu'avaient annoncé les dents ; les dents à ce qu'annonçaient les pieds; les 03 des jambes, des cuisses, tous ceux qui de* valent réunir ces deux parties extrêmes, se trouver conformes comme on pouvait le juger d'avance j en un mot, chacune de ces espèces renaître pour ainsi dire d'un seul de ces éléments. •

Sur les bords du grand lac qui couvrait le bassin' de Paris, vivaient de nombreux mammifères. Une chose fort remarquable, c'est que l'une des familles qui, aujourd'hui, occupe le moins de place parle nombre de ses espèces, est justement la plus généralement répandue à cette époque antédiluvienne sur la surface du globe ; c'est celle des pachydermes. Toutes les espèces qui la composent manquent de clavicule et ont les doigta encroûtés dans une peau calleuse et n'apparaissant au dehors que par les ongles attachés sur le bord de cette espèce de sabot. Tous vivent de végétaux ; mais les uns ruminent et les autres ne ruminent pas.

C'est d'abord le grand paléolherium, qui parait offrir une grande analogie de formes et sans doute aussi de mœurs avec le tapir d'Amérique. Gomme ce dernier, il avait une grosse tête dont le nez se terminait en une courte trompe musculeuse et charnue. Son œil était très petit comme celui du cochon. Son corps lourd et trapu était porté par des jambes courtes etmassives terminées par un pied à.

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troïE doigts encroûtée dans des sabots. Sa taille égalait celle des plus grands chevaux.

•Il y avait plusieurs espèces de ces singuliers pachydermes, ne différant guère les unes des autres

Fig. 16. — PâlèDllierluni.

que par la taille; le paléotherium large, de la taille du cochon, avait des formes encore puis lourdes et massives que le précédent; le paléotherium moyen,

Fig. 77. — ADophotlieTilun.

au contraire, avait des formes élancées et des jambes

Êrèles ; ses proportions étaient celles du chevreuil, e petit paléotherium avait avec la taille du lièvre, ses jambes et sa légèreté. Tous étaient herbivores

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et broutaient l'herbe des prairies, ou arrachaient les racines charnues des plantes aquatiques.

A côté des paléotherium vivaient les Anoplolhe~ rium. Le plus grand, de la taille d'uu cheval ordinaire, avait la tête lourde, le corps trapu, les extrémités plus grosses et plus courtes ; maia, ce qui le distinguait, c'était une énorme queue. Sa démarche lourde et traînante à terre, devait être assez vive daus l'eau, où il passait sans doute la plus grande partie de sa vie comme l'hippopotame. Ainsi que ce dernier il vivait des racines et des tiges succulentes des plantes aquatiques. Une autre espèce, l'anoplothérmm léger, avait la taille, les formes élancées et les jamues grêles de la gazelle. Léger comme un chevreuil il devait courir rapidement autour des marais et des étangs où nageait la première espèce. Il devait y paître les herbes aromatiques des terrains secs, ou brouter les pousses des arbrisseau. Une troisième espèce avait la taille et les proportions du lièvre, deux autres avaient seulement celles du cochon d'Inde. Ces trois dernières espèces forment le genre Dichobvne, â cause des collines disposées par paire que présentent les

Suatre dernières molaires. Au bord des eaux ou ans les marécages vivait encore le Cliœropotame, très-voisin des cochons, dont il avait la taille et probablement les habitudes.

L'Adapis, dont les dents semblent indiquer un genre de vie omnivore, devait rappeler la forme générale du hérisson, mais sa taille était d'un tiers plus forte.

h'Anlhracotherium oSrait quelques rapports avec l'hippopotame, dont il avait probablement les habitudes. 11 atteignait au moins la taille d'un âne et se nourrissait des racines et des plantes aquatiques.

Les Lophiodons vivaient également au bord des eaux. C'étaient de grands pachydermes, offrant de nombreux rapports avec les paieotherions.

Le lophiodon géant égalait en grosseur le rhinocéros ; venaient ensuite le lophiodon d'Issel, dont la taille était celle du plus grand bœuf, le lophiodon tapiroïde de La grandeur du tapir d'Amérique, et deux autres espèces dont l'une pouvait avoir les proportions du mouton et l'autre celles du lapin.

Dinliii-invGoO'^lt:

Le Xipkodon grêle, qui habitait les c&teaux secs et peut-être les bois, comme les chevreuils et lea cerfs auxquels il ressemhlait, était monté sur de longues jamhes grêles qui devaient le rendre trèsléger â la course.

Tous les animaux pachydermes de celte époque BOnt non- seule ment éteints, mais encore Us Q'ODt laissé après eux aucun animal analogue auquel on puisse les comnarer. Cette abondance d'herbivores s'explique par le manque de grands carnassiers, la rareté des petits, et surtout l'absence de l'homme.

Quelques autres, quoique difl'érant beaucoup de ceux qui vivent â présent sur la terre, y ont pourtant leurs analogues ; tels sont le sanglier d'Auvergne qui diflérait peu du sanglier de nos jours,

FIg.îS.— XiphoiJon grêle.

mais était d'une taille beaucoup plus forte ; un cerf, un lagomys, un rat, un écureuil, une marmotte, etc. Peut-être tous ces animaux herbivores jouirentils d'aliord d'une tranquillité parfaite, au moins sur le territoire parisien ; car on n'y trouve que dans les dernières couches, les débris d'animaux carnassiers. Maisbientôtparurenlles espèces sanguinaires qui devaient vivre aux dépens des phytophages, comme ceux-ci vivaient aux dépens des végétaux. Le plus fort, le plus cruel, le plus terrible de ces animaux de proie était une sorte de raton dont la taille égalait celle du loup, mais qui. d'après la forme lie ses dents, devait surpasserde beaucoupce dernier en férocité et en vigueur. Une espèce de chien, mais qui n'appartenait à aucune des races

actaellement existantes, devait vivre aussi du produit de sa chasse ; il avait sans doute le naturel et les habitudes du loup . Un carnassier du genre des genettes, un autre du genre des martres, figurent parmi les animaux redoutables de ce temps-lâ, ainsi qu'un coati de la taiile d'un grand cliien.

Un didelphe carnassier, le sarigue parisien, vivait SUT les arbres et recherchait sans doute les nids des oiseaux dont il mangeait les œufs et les petits. Ses ossements, trouvés dans le gypse do bassin de Paris lui ont fait donner sou nom. Pour complÈter cette nomenclature de la faune fossile de l'élage parisien, noua citeronsunrenard,unloup, une chauve-souris. Parmi les oiseaux, on a retrouvé les restes d'un busard,d'unhibou, d'une caille, d'une bécasse et d'un pélican q^ui, sans doute, vivait aux dépens des nomcreux poissons du grand lac parisien.

Le mouvement qui souleva le terrain parisien eut une action très-circonscri le, puisqu'une ut guère que combler les deux grands golfes où la mer recouvrait le sol occupépar Paris, Londres et Bruxelles d'unepart, et par une partie delaGuyennederautre; mais, en même temps, s'aQaissait au dessous du niveau de la mer, une partie de la Touraine, de la Provence et du Languedoc. Ces contrées, de nouveau submergées, furent recouvertes par des couches de sables et des bancs de grés dont Fontainebleau nous Oflïe en quelque sorte le type, et dans la Touraine la mer déposa des couches de coquilles brisées et empâtées dans un ciment calcaire, qui forment ces roches friables connues sous le nom de faluns, dont on se sert pour amender les terres dans la Touraine et le Bordelais.

Les calcaires et les molasses (grès marneux) de cet étagefournissentd'excellentsmatériaux de construction qui, associés en Italie aux marbres de la période secondaire, ont servi âla construction des plus beaux monuments. Ces élégantes cités qui ont nom Florence, Pise, Sienne, Lucques, Livoume, Gènes, doivent tous leurs édifices aux rocbes des terrains tertiaires encore plus gu'auxmarhrea des collinesde Carrare et de l'Apennin.

Comme nous l'avonsdéjâfait remarquer à propos des terrains primitifs, la nature du sol influe considérablement sur le caractère et les aptitudes de ses

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