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habitants ; une certaine relation unit l'homme à la
Sierra. De même que dans les paya primitifs, où ominént les schistes, l'ardoise, le granit, les calcaires noirs et charbonneux, les habitations comme le paysage sont tristes et sombres, de même les villes bâties sur les terrains tertiaires empruntent à leurs matériaux d'un ton mat et doré leur aspect riche et gai.
C'est au milieu des bassins tertiaires, arrosés par de larges fleuves, que sont assises les principales villes de l'Europe. Paris, Londres. Bordeaux,Rouen, Tours,Turin, Milan, Florence, sont au centre ou sui les bords de bassins tertiaires.
Nous avons vu, dans ta formation secondaire, les polypes construire des montagnes de plusieurs centaines de lieues d'étendue, les infusoires et tes foraminifères former de leurs testa et de leurs coquilles les terrains crétacés ; ils ne perdent pas lenr importance dansles terrains tertiaires ; tes infusoires continuent à élever des montagnes, entre autres dans l'ile de Rugen. en Belgique et en Angleterre ; les polypes continuent à bâtir leurs Iles de coraux. Au fond des mers se déposent les diatomées que leur cuirasse siliceuse rend indestructibles ; une goutte d'eau en contient des millions, et telle est leur abondance que certaines roches sont exclusivement formées de leurs squelettes ',
Le schiste siliceux de Bihn en Bohême, connu sous le nom de Iripoli, est entièrement formé des enveloppes siliceuses des diatomées. Il forme une couche o'une vaste étendue sur plus de quatre mètres d'épaisseur. Lorsqu'on examine cette pierre sous un microscope très- grossissant, on voit qu'elle consiste en une agglomération d'enveloppes siliceuses de diatomées, irune petitesse telle, que chaque centimètre cube en contient plus d'un milliard. Le ' tripoli est' depuis longtemps bien connu dans les arts par son emploi sous forme dépendre pour le ]]0lissage des pierres et des métaux. Dans le tripoli de Bohême les espèces de diatomées sont d'eau douce, mais dans d'autres dépôts, celui de l'Ile de France, par exemple, les espèces sont marines. Le terrain sur lequel est bâtie la ville de Berhn est
■ Voyez leBSccreti(ItJapIiig«,pag.9ïet»iiT.
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formée d'une couche de diatomées de plus de 25 mktrea d'épaisseur sur une étendue de plusieurs myriamètres carrés.
Les nummulites, petites coquilles du diamètre et de la forme d'une lentille, ont aussi construit pendant l'époque tertiaire des chaînes de montagnes ; le Monte Bolca et les collines de Vérone sont presque entièrement formés de ces petits mollusques qui y sont entassés comme les crains dans un monceau de blé. C'est avec le calcaire nummulitique que sont bâties les pyramides d'Egypte. Chose merveilleuse ! ces infiniment, petits , si insigniOants lorsqu'on les considère isolement, ont produit, ^ leur nrodigieuse multiplication, une action jwus considérabie sur la structure de la Terre, que les masses colossales des baleines et des éléphants, ou les troncs puissants deschénes et desboababs; leura dépouilles acciunulées depuis des millions d'années ont fini par produire des continents, et, actuellement encore, ils préparent lentement, au fond des mers, les matériaux de nouvelles terres appelées A émerger un jour à leur tour du sein de l'Océan,
Ces couches, qui composent l'étage miocène ou falunien. renferment, outre ces innombrables coquilles, d'abondants débris de poissons, de cétacés et de mammifères. On y retrouve en partie ceux de l'étage précédent, paléotherium, authracotherium et une foule d'espèces nouvelles, des cerfs, des daims, des bœufs, des antilopes. On y a également retrouvé des débris d'oiseaux, et, chose remarquable, des œufs et des plumes fossiles d'une parfaite conservation ,
A cette époque se montre dans les grands lacs des environs de Paris et dans beaucoup d'autres localités de France, le grand hippopotame antédiluvien. Ce monstre colossal était d'un tiers au moins plus grand que les plus forts hippopotames actuels, car il mesurait 5 ou 6 mètres oe longueur et 2 m. 50 de hauteur. L'énorme masse de son corps était supportée par des jambes très courtes mais très-épaisses, et son ventre touchait presque â terre. Son organisation indique qu'il avait les mêmes mœurs que l'hippopotame d'aujourd'hui, dont l'espèce unique ne se trouve plus qu'en Afrique ; c'est-à-dire qu'il passait la plus grande partie de sa vie dans l'eau et
se noarrissait des racines et des tif^ee de plantes aquatiques qu'il broyait facilement sous ses dents énormes. Une autre espèce d'hiiipopotame, dont on a trouvé fréquemment les débris à Meudon, était une véritable miniature, comparativement au premier, car il ne dépassait pas la taille d'un cocnon. Enfin, quelquesdentsfossilestrouvées près deBlaye, dans ta Cbarente, indiqueraient une autre espèce encore plus petite que la précédente.
Fig. 79. — Tâls ds rhlDQciroa t ntrinei cloIsonaâM.
Les rhinocéros, beaucoup plus nombreux dans l'ancien monde qu'ils ne le sont aujourd'hui, présentaieat, entre les diverses espèces, des diSérences bien plus marquées que celles (jui s'observent entre les espèces actuelles. De nos jours, les rhinocéros ne se trouvent plus que dans les parties chaudes de l'Asie et de l'Afrique; et les espèces ne diËlërent guère entre elles que par la taille et le nombre des cornes qu'elles portent sur le nez ; celui de l'Inde
n'a qu'une corne et sa peau est pliaaée, celui d'Afrique a deui cornes et n'a point de plis à la peau; il est uQ peu plus grand que le précédent. A l'époque tertiaire, deux espèces de rhinocéros foulaient le aol de la France et même le territoire de Paris. L'un, le rhinocéros à narines cloisonnées, avait les narines pourvues d'une cloison osseuse qui, servant â'appui â la voûte du nez sur laquelle porte la corne, lui donnait plus de solidité. Sa tête était plus longue et plus étroite que dans les espèces actuelles et 11 manquait de dents incisives ; il avait sur le nez deux cornes, dont celle de devant fort grande. Ses membres étaient fort courts et très-gros. Sa peau ne formait aucun pli et était couverte d'un poil épais et crépu. En 1771, des pécheurs trouvèrent enseveli dans la glace, sur les bords du Wilhoui, en Sibérie, le cadavre d'un de ces animaux parfaitement conservé en chair et en poils. Depuis combien de siëdes était-il là?
Le second rhinocéros à narines simples était moins grand que le précédent et ses formes moins massives le rapprochaient de notre rhinocéros d'Afrique. Il avait deux cornes comme le précédent. Plusieurs autres espèces de rhinocéros habitaient d'autres régions du globe ; tel est le petit rhinocéros dont la taille ne dépassait pas celle du cochon ordinaire. Il était donc quatre ou cinq fois plus petit que le rhinocéros à narines cloisonnées.
C'est  cette époque que parut aussi le mastodonte, précurseur des éléphants, qu'il surpassait en grandeur. Ses formes générales étaient les mêmes ; mais sa trompe était un peu plus courte et ses défenses, très-longues, se dirigeaient d'abord horizontalement en avantj pour se recourber en dehors. Les molaires qui, chez nos éléphants, sont formées de lames verticale», ëtaientchez le mastodonte, comme dans l'hippopotame, couronnées de grosses protubérances coniques. Ces dents énormes, de lorme carrée, pèsent jusqu'à 5 et 6 kilog., et l'on se demande comment l'animal aurait pu supporter un semblable poids si le nombre de ces machelières avait élé de seize, comme le croyait Bufibn ; mais il devait arriver pour ces dents ce qui a lieu pour celles de l'éléphant ; elles ne pouaserft que successivemeut, se remplaçant l'une l'autre et il n'y en a
jamais plus de deux i la fois de chaque cAté en eiercice.
C'est dans les terrains tertiaires des Etats-Unia
Îuel'on trouveenpluBgrande abondance les débris u mastodonte, surtout sur les bords de l'Obio. ce oui lui a fait donner d'abord le nom d'animal de rOhio ; on les retrouve également en Europe, mais beaucoup moins fréquemment. Plusieurs autres espèces de mastodontes vivaient â cette époque ; tels sont : le mastodonle â dents étroites, d'un tiers plus petit que le précédent, et dont les restes se trouvent dans presque toute l'Europe ; le masto-
Fig.so,-uutodoDte.
doute des Gordiliëres, le mastodonte de Humboidt, le petit mastodonte ; ce dernier, dont ou trouve les restes en France, avait tout au pins la taille du tapir d'Amérique .
L'un des animaux les pins extraordinaires de cette époque, est le Dinotherium (animal terrible). C'est A Ëppelslieim, en Allemagne, que l'on découvrit, en 1836, une tête complèle de cet animal singulier. Cette tête, qui avait 1 m. 30 de longueur sur ï m. de largeur, devait appartenir à un mammifère plus volumineux qu'aucun de ceux qui vivent aujourd'hui, si l'on en excepte les baleines. Cet énonne quadrupède, intermédiaire entre le tapir et le mastodunte, devait
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avoir au moins 6 mètres de longueur. Le caractère le plus remarquable de cette espèce est la présence de deux énormes défenses courbées vers la terre comme celles des morses; mais non point placées  la mâchoire supérieure comme chez ces derniers animaux etles éléphants. Ces défenses sont implantées à l'estrémité ne la mâthoire inférieure qui, à cet effet, se recourbe en bas en décrivant un quart de cercle, disposition qui ne sa retrouve dans aucun autre animal. L'énorme cavité destinée à recevoir les os du nez semble indiquer que l'animal portait une courte trompe comme le Tapir ou, tout au moins, un grouin puissant propre â fouiller la vase. L'attache des muscles de la mâchoire inférieure et du cou indique une force prodigieuse, bien néces-
Fig.Sl, — DîDoiharium
saîre en effet pour supporter un poids aussi considérable. H faut remarquer, d'ailleurs, que te dinotherium, très-voisin des tapirs, devait avoir les mêmes habitudes aquatiques, et ce poids énorme gui eut été si embarrassant et si pénible pour un quadrupède vivant sur la terre ferme n'offrait plus ce désavantage pour un animal de grande taille destiné à vivre dans l'eau. Le dinotherium n'avait de terrible que l'apparence /fcar son organisation indique qu j1 se nourrissait de végétaux, et ses énormes défenses devaient être employées comme une Îiioche â déraciner du fond des eaux et à ramasser es plantes aquatiques qu'il broyait sous ses puissantes molaires. Cet animal trouvait sans doute encore dans ses défenses un autre avantage pour