‹ Le monde avant le délugeChapitre 3 sur 27 · L.tKl'^IC · texte numérisé non relu

L.tKl'^IC

LE MOEIDE AVUn LE DÉLUGE . 13

poBé des parties les plus STOgses et les pins légères, se sera le plus éloigné ou soleil, ensuite Jupiter, qui est plus dense que Saturne, se sera moins éloi-

Sié et ainsi de suite pour Mars, la Terre, V^us et BTcnre.

■ L'expérience noua montre journellement, poursuit Bunbn. que si le coup qui sépare d'un coips nnepai-tie de sa masse le Trappe dans une direction oblique, la partie séparée s échappe en tournant surelle-môme.'jusqu'ace que l'attraction l'ait ramenée à la surface du sol. C'est ce qui est arrivé aux Ïlaaëtes ; mais comme la force centrifuge les reent à distance du Soleil, elles conservent, tont en faisant leur révolution autour de cet astre, le mouvement de rotation sur elles-mêmes quinous donne les alternatives du jour et de la nuit. ■

« L'obliquité du coup a pu être telle, ajoute-t-îl, qu'il se sera séparé du corps de la planète principale de petites parties de matière, qui auront coU' serve la même direction que la planète m^e, et, en même temps, elles auront suivi nécessairement celle-ci dans son cours autour du Soleil, eu tournant elles-mêmes autour de la planète, A peu près dans le plan de son orbite. Ou voit bien que ces petites narties que l'obliquité du coup aura séparées sont les satellites. •

Après avoir ainsi expliqué la formation des planètes et de leurs satellites, notre grand naturaliste calcule le temps nécessaire à chacun des corps du système solaire pour passer de l'état d'incandescence où ils se trouvaient au moment de leur formation à. une température qui les rende habitables: Suis il passe à la formation successive des mers et es terres.

Ce système si Ingénieux et si grandiose pécha malhenrensement par la base. Dans l'état actuel de la science, on nepeut admettre que le choc d'une comète sur le Soleil ait pu produire un résultat semblable à celui que suppose Buffon. La densité des comètes est, en eSet, tellement faible, que leur choc, loin de pouvoir détacher du Soleil une partie de sa matière, ne pourrait même la faire pénétrer A travers l'atmosphère de la Terre ; et telle est la ténuité de leur masse, que les étoiles de moyenne grandeur peuvent être aperçues au travers de leur

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noyaio. Kn outre, le peu d'excentricité des orbites des planètes serait contraire à. l'hypothèse de Buffon, parce que la théorie des forces centrales démontre 'que si les olanètes avaient été primitivement détachées du Soleil, elles devraient en raser la snrface à chacune de leurs révolutions -, de sorte que leurs orbes au lieu d'être circulaires seraient fort excentriques.

Malgré ses erreurs, cette théorie de BqUod sera regardée dans tous les temps comme une des plus magnifiques conceptions de l'eaprit humain.

Après fiuflhn vient l'illustre de Laplaca, dont l'hypotlièse paraît plus vraisemblable et eSt adoptée aujourd'hui par tous les savants.

u L'observati. m desmouvements des planètes conduit à penser, dit-il, qu'en vertu d'une chaleur excessive, l'atmosphère du Soleil s'est étendue sndelà des oibes de toutes les planètes, et qu'elle s'est resserrée successivement jusqu'à ses limites actuelles. Elle ii dû, en se refroidissant, abandonner les molécules situées à ces limites successives, et ces molécules abandonnées ont continué de circuler autour de cet astre, leur force centrifuge étant balancée j)ar leur pesanteur. Les Kdaes des vapeurs successivement abandonnées ont dil former, par leur condensation et l'attraction mutuelle de leurs molécules, divers anneaux concentriques de vapeurs circulant autour du Soleil.

Si toutes les molécules d'un anneau de vapeurs continuaient de se condenser sans se désunir, elles formeraient â la longue un anneau liquide ou solide, mais la régularité que cette formation exige dans toutes les parties de l'anneau et dans leur refroidissement a dû rendre ce phénomène extrêmement rare. Aussi le système solaire n'en offre-t-il qu'un seul exemple, celui de l'anneau de Saturne. Presque toujours chaque anneau a dû se rompre en plusieurs masses, qui, même avec des vitesses trèspeu différentes, ont continué à circuler à la même distance autour du Soleil, Mais si l'une d'elles a été assez puissante pour réunir successivement par sou attraciion toutes les autres autour de son centre, l'anneau de vapeurs aura été ainsi transformé dans une seule masse sphérique, circulant autourdu Bolàl, avec une rotation dingés dans le sens de a^

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révolntion. Ce dernier cas a été le plus commun. Maintenant, si nous suivons les chaneements qu'ud refroidissement ultérieur a dû produire dans les

Elanètes eu vapeurs dont nous venons de concevoir L formation, nous verrons naître, au centre de chacune d'elles, un noyau s'accroissant san» cesse par la condensation de l'atmosphère qui l'environne. Dans cet état, la planète ressemblait parfaitement au Soleil à l'état de nébuleuse ; où nous venons de le considérer; le refroidissement adonc dû produire aux diverses limites de son atmosphère des phénomènes semblables à ceux que nous avons décrits, c'est-â-dire des anneaux et des satellites circulant autour de son centre, dans ïe sens de son mouvement de rotation, et tournant dans le même sens sur eux-mêmes. Les anneaux de Saturne sont des Çreuves toujours subsistantes de l'extension primitive de l'atmosphère de Saturne et de ses retraites

successives

» Ainsi, dit de Laplace, les phénomènes Eingnliars du peu d'excentricité des orbes des planètes et des satellites du peu d'inclinaison de ces orbes à l'équateur solaire, et de l'identité du sens des mouvements de rotation et de révolution de tous ces corps avec celui de la rotation du Soleil, découlent de l'hypothèse que nous proposons et lui donnent une grande vraisemblance. •

L'examen approfondi de toutes les circonstances de ce système accroît encore la probabilité de cette hypothèse. La fluidité primitive des planètes est clairement indiquée par l'aplatissement de leur tigure, conforme aux lois de l'attraction mutuellede leurs molécules. Elle est de plus prouvée pour la Terre, par l'augmentation régulière de la pesanteur en allant de l'équateur aux pôle?. Et. comme nous le verrons par la suite, cet état de fluidité primitive, auquel on est conduit pour les phénomènes astronomiques, se manifeste également dans ceux que l'histoire naturelle nous présente. En outre, les études spectrales sur la lumière solaire nous apprennent que laTerrealamêmecompositionqueles autres corps du système dont elle faitpartie.

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