‹ Le monde avant le délugeChapitre 5 sur 27 · L.tKl'^IC · texte numérisé non relu

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pas ?, 7, il est évident que la densité des diverses couches minérales doit s'accroître en raison de lenr profondeur dans l'intérieur de la terre, soit par suite de la pression qu'elles supportent, soit à cause de la nature de leurs matériaux.

La figure, les mouvements, la densité de la Terre sont d'une grande importance \ comme nous le verrons plus tard, ils décèlent l'origine du globe et retracent son histoire, aussi bien que l'étude de ses roches et de ses minéraux.

La surface du globe est en grande partie couverte par les eaux de la mer. La partie émergée, que l'on évalue é un quart de sa surface environ, et qui

tion une quantité considérable de sel; elle s'évapore sans cesse et donne de l'eau douce par une véritable distillation. La vapeur d'eau, d'abord invisible, se condense dans les régions élevées, où elle prend la forme vésiculaire qui constitue les nuages. Ceux-ci, transportés sur les continents par les courants d'air, y reprennent la forme liquide, tombent en pluie, en neige ou en grêle, et l'eau devenue liquide, coulant sous l'influence de la pesanteur, a creusé le sol pour y former des ruisseaux, des rivières, des fleuves, qui retournent & la mer. Cette transformation incessante de l'eau et cette circulation perpétuelle i laquelle elle donne lieu, est indispensable & l'existence des êtres vivants, et nous verrons que, dans les temps primitifs, elle a donné lieu à des phénomènes qui ont laissé sur le globe des traces profondes.

L'air n'est pas moins nécessaire que l'eau à la constitution du globe. L'atmosphère Penveloppe de toutes parts A une hauteur de quinze à vingt lieues. C'est un Quide invisible, sans couleur, mais qui, cependant, en girandes masses, présente cet azur pale que nous attribuons au ciel. L'air est pesant, et, eu raison de son poids, il repose sur la terre qu'il comprime de tous côtés. Mais comme les couches supérieures pèsent sur les inférieures, celles-ci sont beaucoup plus denses, et plus on s'élève çlus l'air devient lé^er. Pins il est dense, plus il retient la chaleur solaire, plus il conduit le son. L'air contient le premier élément de la vie animale, l'oxi-

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gèae, et celui de la vie v^étale, l'acide cirbonioue.

Oq sait qn» torEgue l'on s'élève «u dessus de la surface du globe, soit eu graTlssant de hantes motitagaes, soit dans une ascension aérostatique, latempâture décroît rapidement ; on nit aussi ijub sut le sonmaet des monts élevés il eiisle des neiges perpétuBllee, méeie bous l'équateur. et qu'tmx p&les de la Terre il y a des glaces qui ne fondent jamais.

Plusieurs physiciens ont fait des Mpériesoes pour déterminer la température des espaces célwes, entre autres U. Pouillet, qui a élé conduit & admettre une température de 142° an dessous de la glace fondante. La plus basse température constatée sur la terre, au pôle nord, par le ca^talne Parry, était de — 57».

Dans l'état actuel de la Terre, c'est au &oial Qu'elle doit ea cbaieur ; ses rayons éclairent et échauffent ea surface, ils font naitre et ils dév^t^pent le germe de la vie dans les êtres organiRés.

La température de la surface du sol varie beaucoup selon les saisons, les climats et la con&gm-ation du sol ; la chaleur solaire se concentre dans les vallées, et la température y est beaucoup plue élevée que sur les montagnes, et plus Ion monte plus le refroidissement augmente.

Cet êchauffement produit par les rayons solaires ne pénètre pas bien profondément la croûte terrestre. Chacun sait que si, en été, on descend dans une cave, on éprouve une sensation de fraîcheur ; tandis que si on y pénètre, en hiver, c'est une impression de chaleur que l'on ressent. Ce double fait tient simplement à ce que la température de la cave est constante, et par conséquent indépendante de réchauffement et du refroitussement de la surface du sol. On peut s'en assurer d'une manière rigoureuse en enfonçant un tbernsomèbre à. demeure dans le sol de la cave, le sommet de la colonne liquide restera invariablement fixé à la même hauteur. C'est ainsi que les thermomètres en expérience dans les caves de l'Observatoire, situés à 28 mètres au dessous du niveau de sol, marquent invariablement, depuis plus de soixante ans, 11*,S2 au dessus de zéro.

L'expérience prouve donc qu'à une certaine pro-

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fohdear, Tariable suivORt les régionBiiu globe, et qui ae dépasse pas trente mètres, l'influence solaire ne se manifeste plus et que la température du terrain se maintient en tout temps invariable et mnatante. MaiB, si l'on descend au dessous de cette limite de la tCTnpérature constanle, on remarque que la chaleur augmente à mesure que l'on s'enfonce plus profondément dans le sol.

Quelques puitsderainesdescendentà'une profondeur assez considérable par rapport à l'homme, bien qoe ces excavations ne représentent qu'une fraction bien faible du rayon de notre globe. C'est ainsi qaeiea mines de houille du nord de la France, celles de cuivre de GomouaiUes, atteignent 700 mètres de profondeur, c'est-à-dire plus de dix fois la hantear des tours de Notre-Dame de Paria.

Si l'on descend un thermomètre dans ces mines: on reconnaît qu'il indique une température d'autant plus élevée qu'il est placé â. une profondeur plus grande, et l'on voit que la chaleur augmente assez régulièrement de 1 degré par chaque 30 métrés de profondear, Gn aura donc pour des mines de 600 mètres un accroissement de 20 degrés, et, en effet, dans certaines mines profondes, malgré les procédés de ventilation et le froid produit par l'évaporation de l'eau qui suinte le long dès roches, la chaleur est telle que les ouvriers sont obligés d'y travailler à peu près nus. Et que ces mines soient «tuées sous le ciel torride du Mexique, ou dans le soi glacé de la Sibérie, elles offrent ce même résultat de l'accroissement de la température à partir de la couche invariable.

Ces observations répétées avec soin sur un grand nombre de pointa sont en outre d'accord avec celles que fournit l'eau des puits artésiens, qui nous apporte la température des couches profondes qui la fournissent. Le puits de Grenelle qui a 548 mètres de profondeni', donne l'eau â 28 degrés, et le puits de Passy fournit un résultat analogue. Or, 1» température de la couche invariable étant d'environ 12 degrés, il en résulte un accroissement A peu près égal à 1 degré par 30 mètres. Le forage le îilus profond que l'on ait pratiqué jusqu'à ce jour, Ist celui que l'administration de la marine vient de faire exécuter A Rocbefort. lia donné l'eau 4 825

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mètres, et celle-ci a nne températare de 42 degrés. Cette chaleur soiiterraine que noue coostatons,

3ae nous arrivons mémB à mesurer, n'émane paa u Soleil, ni d'aucuneautre cause extérieure à notre globe ; car, dans ce cas, elle devrait être de moins en moins considérable à mesure qu'on s'éloiene-davaatage de la surface. La cause de cet échaan'ement réside donc nécessairement dans l'intérleai méôu de la Terre.

Les eaux thermales et les déjections volcaniouei semblent prouver que la chaleur continue à raccrottre à mesure que l'on s'éloigne en descendant de la surface du sol. Nous possédons en France, dans les Vosges et les Pyrénées, des sources dont la température dépose 50 et 60 degrés. Celles de Hamman Meskoutine, dans la province de Gonstantine, sont à 95», m-esque la température de l'eau bouillante. Les sofflotu ou jets de vapeur des environs de Volterra, en Toscane, ont une température de plus de 100 degrés, et tout le monde a entendu parler de ces fameuses sources chaudes de l'Islande, le Geyser et le Strok, qui s'élancent en bouillonnant à trente mètres de hauteur, et qui ont la chaleur de l'eau bouillante, tandis que la moyenne de la température extérieure est an dessous de zéro. Les flots de laves incandescentes que vomit le cratère des volcans, et qui s'écoulent comme un torrent le long des flancs de la montagne volcanique, possèdem souvent une température de plus de mille degrés, et noua apportent une nouvelle preuve de la chaleur qui existe dans les réservoirs profonds d'où elles sortent.

Tout ee qui précède noua donne donc le droit de supposer que la température continue i croître — au moins jusqu'à une certaine profondeur — dans la mâme proportion que nous l'indiquent -les expériences faites dans les mines i l'aide du thermomètre, c'est-à-dire de 1 degré par 30 mètres.

Partant de ces données, nous aurons déjà 100 degrés ou l'eau bouillante a 3000 mètres, 400 degrés ou fa chaleur rouge à 12,000 mètres; 1000 degrés ou le verre fondu a la profondeur de 30,000 mètres ; enfln, en supposant même que cet accroissemeut de température diminue on cesse même tout à fait à une profondeur qui ne serait que la centième

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Ïartie du rayon terrestre, c'est-à-dire environ 66 ilomètres, on obtiendrait une température de pins de 2000 degrés, à laquelle aucune des substances minérales qui peuvent se trouver dans les profondenrs ne conserverait l'état solide.

La partie solide da globe aurait donc au plus soixante et quelques kilomètrea d'épaisseur, c'eat-à-dire une croûte si faible pKT rapport à la grosseur du globe, qu'elle serait à peine comparable à la coquiUe d'un œuf. L'on voit combien notre existence est précaire , c'est ce que viennent nous rappeler de temps en temps des tremblements de terre, des éruptions volcaniques et des soulèvements de terrains comme oeujc qui ee sont produits récemment BOUS nos yeux à Santorin et dans le . ^ ,

m existe encore sous mèlradalaTOTre.

nos pieds et notre

(flobe est comme une énorme bombe chargée de feu liquide. D'un signe. Celui qui a créé les mondes peut bnser cette fragile enveloppe et eu précipiter les fragments dans l'abîme du feu souterrain.

Est-ce là le sort prédit par les prophètes? Espérons que non.

Quoi qu'il en soit, jusqu'à ce que la volonté de Dieu se manifeste, la Terre sera en progrès continuel de refroidissement, et un jour viendra où la matière interne, encore en fusion, sera complètement figée et le feu éteint. Mais notre globe, ainsi refroidi peu à peu. est-il donc condamné, comme le pensait Buffoa, à n'être plus dans la suite des

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Siècles qa^ine masse glacée, roolant sans vie autour d'un soleil, dont la chaleur dimiunant aussi peu & peu ânira par se dissiper entièrement? — On en a appelé de cette sentence efirayante, et le célèbre matnématicien Fonrier afort beureusementprouvé que, dans l'état actuel des choses, la chaleur interne du globe n'entrait pas pour plus d'an trentième de degré dans la température de sa surface ; de sorte que le refroidissement total du gîàbe n'entraînerait aucun changement appréciable dans les saisons de chaque climat. D'un autre côté, rien ne prouve que la chaleur fournie par le Soleil ait dimmué depuis les temps les plus reculés. En ad-, mettant d'ailleurs la dispersion complète de la chaleur centrale et l'encroûtement du Soleil, cet événement ne pourrait arriver qu'à une époque tellement reculée, qu'à peine UimaKication peut se reporter jusque-là.

De tout ce qui précède, nous pouvons donc conclure qu'à son origine la Terre a dû passer de l'état gazeux à. l'état liquide ou pâteux. Or, tout corps liquide libre et qu'aucun obstacle n'arrête prend la forme perlée ou globaire; c'est là un résultat de la force d'attraction que l'on a constaté

Sartout et dans toutes les dimensions. Supposons onc une masse fluide ou semi-fluide à laquelle on imprime un mouvement régulier de rotation , comme celui d'une roue sur son axe ; les molécules placées aux deux extrémités de l'axe ou aux pôles ne perdront rien de leur poids, parce qu'elles ne seront pas soumises à la force centrifuge: tandis

a ne, au contraire, celles qui seront le plus écartées es points extrêmes de l'axe ou situées sur l'éqnateur, en vertu de cette même force centrifuge, tendront à s'éloigner et à former un renflement qui entraînera nécessairement la dépression des points les plus rapprochés des extrémités de Taxe, La boule pâteuse sera donc renflée à l'équatenr et aplatie aux pôles, et c'est justement là ce qui existe dans le globe terrestre, et dans la proportion prescrite par le rapport de sa masse avec la vitesse de son mouvemenx de rotation. Nous retrouvons une figure semblable dans les autres planètes, et l'aplatissement de ces globes vers leurs pôles est d'autant plus conaidérahle, que leur mouvement de rotation

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est plus rapide; preuve évidente qu'elles ont été oiiginairement fluides comme laTerre.

Diin autre coté, les matières liquides ont dû se ranger dans l'ordre de leurs densités, les plus lourdes au centre ; ce qui explique encore cette observatien faite depuis longtemps par les physiciens, que la densité moyenne du globe terrestre est i peu près double de celle des substances qui composent sa surface solide.De telle sorte que ta masse interne doit être formée de matières infiniment plus lourdes que le granit, les. porphyres, les marbres, qui pèsent à peme trois fois autant que l'eau, tandis que le calcul donne pour la terre un poids égal à six fois environ celui de l'eau, ce qui indiquerait que, en effet, la densité des couches concentriques irait eu augmentant progressivement de la auiiace vers le centre.

C'est eiir ces données que nous allons essayer de tracer l'histoire hypoUiétique des premiers Ages de la Terre.

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