‹ Le monde avant le délugeChapitre 8 sur 27 · L.OO'^lk · texte numérisé non relu

L.OO'^lk

LB HONDE AVANT Lt DÉLUGi îi

indéchiffraMe à noaprédioesseurB, est devenue pour noua pleine de précieux enseignements et de preuves eauB nombre des événements qui ont cbangé la surface du globe.

Lorsqu'on regarde avec attention les parois d'une trancbée profonde, d'une falaise à pic, d'un puits de mine, etc., on remarque facilement que le terrain est composé de couches horizontales, plus ou moins épaisses, placées les unes sur les autres. La Terre n est donc pas, cotùme on pourrait le croire, une masse solide de matière de même composition. Les terrains les plus bas, les plus unis, ne nous montrent, même lorsque noue y creusons â de Xr^-, grandes profondeurs, que des coucbes horizontales qui enveloppent presque toutes d'innombrables produits de la mer, des os et des dents de poissons, des coquillages, des plantes marines, etc. Des couches pareilles, des produits semblables, composent les collines jusqu'à d'assez grandes hauteurs. Quelquefois les coquilles sont si nombreuses, qu'elles forment à elles seules toute la masse du sol ; elles s'élèvent à des hauteurs supérieures an niveau de toutes les mers, et où nulle mer ne pourrait être portée aujourd'hui par des causes existantes. Elles ne sont pas seulement enveloppées dans des sables mobiles, mais les pierres les plus dures les incrustent souvent et en sont pénétrées de toutes paris. Toutes les parties du monde, tous les hémisphères, tous les continents, toutes les Iles un peu considérables présentent le mémephénomëne. Tout prouva que ces coquilles out vécu dans la mer, que c'est elle qui les a déposées dans les lieux où. on les trouve, et que, par conséquent, la mer a séjourné dan* ces lieux assez longtemps et assez paisiblement pour y former ces dépôts si épais et si vastes que remplissent ces dépouilles d'animaux aqriatiques.

Les dépote qui se sont accumulés par couches dans le sein de cet océan priinitif, renferment nonseuleoient des coquilles en quantités innombrables mais encore les débris des nombreuses familles de plantes et d'animaux vivant dans ces eaux ou entraînés dans leur sein par les grands courants.

Une et dfli yiciBBÎtudsB qu'elle ft épraDTAes avaDt l'appuitlon d«

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C'est précisément à l'aide de ces restes que les

féologues parviennent à. retracer l'hietoire des poguee du inonde antérieures à toute tradition hamaine. On désigne ces restes d'êtres organiques renfermas dans les coucbes de l'écorce terrestre sous le nom de fossiles, c'est-â-dire enfouis dans la terre, et leur présence dans un terrain est un indice certain de sa formation par sédiment dans le sein des eaux.

Si les couches qui composent l'écorce terrestre étaient continues, partout les mêmes, conservant la même épaisseur, la même composition mineralogique et renfermant des corps organisés semhlables, on pourrait croire qu'elles se sont déposées tontes en même temps et sans interruption, mais il n'en est pas ainsi-, ces couches sont de nature diverse, plus ou moins solides, formées d'éléments différents, et cliacune d'elles a ses fossiles caractéristiques, propres et spéciaux. Il s'en suit donc que ces couches ont été formées les unes après les autrra, et que les plus anciennes sont nécessairement celles qui sont placées le plus profondément. Ces diverses coucbes de la terre sont comme les pages du grand livre de la création elles pétriiications, les fossiles sont les caractères au moyen desquels nous dédiiSïons les événements géologiques. Ces pages sont parfois, il est vrai, plus ou moins déchirées ou altérées, et les caractères que la nature y a tracés plus ou moins efTacés. Il faut donc les restaurer souvent par la pensée, comme les papyrus et les palimpsestes de rantiquité humaine, relativement si moderne.

Lorsque des plaines on se transporte sur les montagnes ; lorsqtron voit leurs sommets hérissés de pics, couronnés de glaces et de frimas ; leurs Sancs escû^és nus et stériles, déchirés et sillonnés par une infinité de torrents ; la terre couverte de rochers confusément entassés, il semble que l'on ait devant les yeus l'image du chaos. Ces bouleversements emffechent de reconnaître, au premier coup d'ceil, le plan régulier que la nature a suivi dans ses opérations i mais, lorsqu'à travers les ruines causées par le temps, on pénètre dans le sein des montagnes, il est facile alors d'apercevoir l'uniformité constante de leur structure intérieure. Des couches parallèles

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dévoilent le travail paisible de l'agent qai les a formées.

II est bien facile, en eCet, de se convaincre cme les montagnes les plus élevées ne sont point formées par une accumulation pins considérable des dernières couches, mais bien par un redressement de tontes les coaches qne leur élévation comporte. Ces coucbes se redressent obliquement, qûelgnefois presque verticalement, au lieu que dans les plaines et les collines plates il fallait creuser profondément pour conn^tre la succession des couches; on les voit ici par leur liane, en suivant les vallées produites

rieurs déchirements. De sorte que la connaissance la composition d'une montagne élevée de 5 à 6,000 métrés au dessus du niveau de la mer, est équivalente  celle que l'on acquerrait, en examinant, an moyen de fouilles artihcielles, les différentes coacbes dont le terrain est formé jusqu'à la pro* tondeur de 5 à 6,000 mètres.

En outre, ces couches redressées qui forment les crêtes des montagnes secondaires, ne sont pas posées sur les couches horizontales des collines qui leur servent de premiers échelons; elles s'enfoncent au contraire sous elles. Ces collines sont appuyées sur leurs pentes. Quand on perce les coucher bori- Eontales dans le voisinage des montagnes à couches obliques, on retrouve ces couches obliques dans la profondeur, elles sont donc plus anciennes que les couches horizontale qui les recouvrent ; et comme il est impossible qu'elles n'aient pas été formées horizontalement, puiaqu'eiles sont dues au dëp6t des eaux, il est évident qu'elles ont été relevées et qu'elles 1 ont été avant que les autres s'appuyassent Bnr elles.

Ainsi donc, la mer avant de former les couches horizontales en avait formé d'autres, que des causes quelconques avaient brisées, redressées, boule' versées de mille manières.

Dans le but de concilier les phénomènes géologiques avec la narration de Moïse, des esprits plus zélés qu'éclairés crurent devoir attribuer la formation de toutes les couches terrestres au déluge de Noé, et. dans ces accumulations de coquilles marines et d'autres fossiles, ils ne voulurent voir que te résultat et la preuve du grand cataclysme bibuque.

D'autres, dans la crainte puérile d'une preuve

Quelconq^ae du déluge, nièrent l'existence réelle de oea coquillee marines but les flancs des montagnes ou faienirent de n'y voir que quelques ëcailleB tombées la par hasard du manteau des pèlerins.

L'existence des corps marins dans l'intérieur des continents, aussi bien vers le sommet des plus baatas montagnes que dans les vallées les plus profondes, prouve sufQsamment la présence de l'Océan A une époque quelconque et pendant un temps plus ou moins long sur la partie de la Terre que nous babitons. Mais ce séjour n'a pas été l'effet d^unecrue subite des eaux, par suite de laquelle la met. entraînant avec violence tous les produits qu'elle renfermait dans son sein, les aurait transportés pèle- mêle dans les lieux envahis par elle. Car, en admettajat que la mer eut pu entraîner ces énormes amas de coquilles, qui forment parfois des bancs de plusieurs centaines de lieues d'étendue, comment aurait-elle

§u les faire pénétrer à l'intérieur du sol et jusque ans les pierres les plus dures où nous les trouvons?

D'un autre côté, si ces amas de coquilles, si ces plantes marines et ces squelettes d'animaux avaient été tumultueusement emportés par les eaux, ilg devraient avoir été brisés par les chocs, usés par le frottement ; on ne les rencontrerait que par mor- . ceanx et entassés pêle-mêle dans le plus grand désordre ; or, c'est précisément le contraire qui a lieu ; la plupart des coquilles se sont conservées dans un état d'intégrité si parfait, qu'on les retrouve encore avec leurs angles les plus aigus, leurs arêtes et leurs épines les plus fines ; les plantes mannes sont souvent briséea ; mais toujours couchées A plat et jamais roulées ou repliées sur elles-mêmes. Le séjour de la mer a donc été tranquille, et l'on doit chercher ailleurs les preuves du déluge. Le séjour de la mer a été très-long, puisqu'il a permis à des dépôts si considérables de se former, et il a même été assez prolongé pour que les produits organiques qu'ils renferment se soient modifiées de la manière la plus sensible, par suite du changement de température ou de composition des

En examinant plus attentivemeot encore les débris

LE KÔNDB AVANT LE BfiLVGB 9$

oi^nigaea fossQea, on reconnaît que certaines couches renferment, non plus des produits marins, mais des restes d'animaux et de piantee de la terre et de l'eau douce; et que ces couches sont de nouveau recooTertes pax des dépôts et des productions de la mer. Donc, le bassin des mers a. non-seulement diminué d'étendue, mais il s'est déplacé en plusieurs Sens. Il est arrivé plugieura fois que des terrains mis à sec ont été recouverts par les eaux, puis desséchés de nouveau, et de nouveau envahis, tantôt par des eaux douces, tantôt par la mer.

Ce séjour réitéré des eaux sur nOs continmits, bien constaté, il faut donc supposer ou que le niveau ' de l'Océan s'est abaissé, on que les roches solides, autrefois couvertes par les eaux, se sont élevées au dessus de la mer. La première opinion est inadmissible ; car on se pourrait expliquer la disparitloa d'une masse d'eau aussi considérable de la surface du giobe i ou est donc obligé d'avoir recours à l'autre alternative, savoir, à la doctrine d'après laquelle la terre solide aurait été successivement exhaussée ou abaissée, de maoiëre à chaaeer plusieurs fois de niveau relativement â la mer. Diverses raisons militent en faveur de cette conclnsion : d'abord elle peut rendre compte delà disposition de ees couches qui sont disloquées, brisées, inclinées ou verticales. En second lieu, elle eet d'accord avec les expériences, qui nous démimtrent que la terre s'élève graduellement dans quelques endroits et qu'elle «^abaisse dans quelques autres. De pareils mouvements ont lieu, même de nos jours, soit accompagnés de commotions violentes, soit d'une manière si lente qu'on n'a [)u les constater qu'au moyen des recherches scientiâques les plus minutieuses. Certaines parties de terrain s'exhaussent, tandis que d'autres s'abaissent sur un autre point dans ie même temps. L'Océan, au contraire, ne pourrait baisser sur un point sans que son niveau fût modifié en même temps sur toute la surface da globe.

Sur les Gâtes de la Norwëge, on trouve, à un niveau de beaucoup supérieur à celui des plus hautes marées, des restes d'animaux eatièremest identiques à ceux qui vivent encore dans les eaux de la même mer ; tandis que le long des plages de

la Scanie, des villageB entiers, b&tie, gans ancon doute, dans une position convenable pour être à l'abri d'une invasion de la mer, sont aujourd'hui submergés. Dans le pays de Galles, on rencontre d'anciens fonds de mer portéa à une hauteur considérable, et dont la végétation terrestre s'est déjà emparée ; tandis que dans le comté de Lincoln des forêts entières, qui jadis étendirent leur ooibre hospitalière sur les ancêtres des habitants actuels, se trouvent maintenant sous les eaux.

Les restes du temple de Sérapis que l'on voit près de Pouzïoles , dans le royaume de Naplea , nous offrent un exemple remarquable de ces soulèvements et de ces auaissements alternatifs du sol. Ce temple, d'une architecture très- riche, et qui parait avoir été construit dans le siècle d'Auguste, avait très-certainement éte bâti assez loin de la mer, pour ne pas être exposé à ses inondations. Les colonnes restées debout portent les témoignages d'une immersion prolongée dans les eaux de la mer survenues postérieurement ; leur partie infé-' rieure, jusqu'à une certaine hauteur, est rongée et trouée par des mollusques marins appelés Phoiades ', et le terrain environnant offre, À un même niveau, d'autres traces évidentes du séjour de la mer. Tout cela fournit donc une preuve cerlaûne que tout le terrain sur lequel est construit le temple de Sérapis, de nouveau à sec de nos jours, fut submergé pendant de longues années. Un fait encore plus singulier, c'est qu'une roule située à quelque distance du temple, â un niveau plus élevé, et qui était à sec au siècle dernier, est maintenant submergée. A Baja, non loin de Pouzzoles, la mer recouvre les ruines d'anciens édifices.

Dès les temps les plus anciens, ces changements à la surface du sol avaient été remarqués et constates, et sans en rechercher les preuves nombreuses dans les écrivaios de l'antiquité, nous nous contenterons de citer ce passage curieux d'un auteur arabe du xm" siècle, Mohammed Kaswini. Il met en scène un personnage fantastique, qui. comme le Juif-Errant de la légende chrétienne, parcourt la terre sans payer le tribut à la mort :

■ UoDSultez Im Seereli de la plage, page 70 et loiv.

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