‹ Le monde avant le délugeChapitre 9 sur 27 · L.OO'^IC · texte numérisé non relu

L.OO'^IC

■ Passant oa jour par une ville très-ancienne et prodigieusement peuplée, dit- il, je demandai à l'un de ses habitants depuis quand elle était fondée. — C'est, merépondit-il une citépuissantb,maJ3 pour TOUS dire depuis combien de temps elle existe, cela m'est absolument impossible, et, à ce sujet, nos aocêtres étaient tout aussi ignorants que nous. Cinq siècles plus tard, Je repassai par le même Ueu ; n'y apercevant aucun vestige de la ville, je voulus savoir d'un paysan qui cueillait des herbes BUT son ancien emplacement combien de temps s'était écoulé depuis sa destruction.

— Sur ma foi, dit-il, vous me fait£8-là une étrange question. Ce terrain n'a jamais été autre gne ce qu'il est à présent.

— Mais n'y -eut-il pas anciennement ici une vaste dté? lui demandai-je encore.

— Jamais, répliqua-t-i], autantdumoiQsque nous en puissions juger parce que nous avons vu. Je vous dirai même que jamais nos pères ne nous en ont parlé.

Cinq cents autres années après, je reviug encore aux mêmes lieux. Cette fois la mer en occupait la place. Ayant aperçu des pécheurs sur ses rivages, je leur demandai depuis quand la mer avait envahi ce terrain.

— Un homme comme vous, dirent-ils, peut-il faire une semblable question? Ce lieu a toujours été tel qu'il est aujourd'hui.

Au bout de cinq cents nouvelles années, j'y retournai encore. Cette fois la mer n'y était plus, et je voulus savoir depuis combien de temps elle s'était retirée. Un homme à qui je le demandai me regarda d'un air étonné et me répondit comme tous les précédents, c'est-à-dire que les choses avaient tooiours été ainsi que je les voyais.

Enfin, après nu laps de temps égal aux précédents, j'y retournai wur la dernière lois et je trouvai, en place d'un lieu désert, une cité florissante, plus peuplée et plus richeen monuments somptueux que la première que j'avais vue. Voulant alors connaître la durée de son existence je m'adressai aux habitants qui me dirent : L'origine de cette ville se perd dans la nuit des temps ; nous ignorons depuis quand elle existe, et nos pères, & ce sujet, D'en savaient pas plus que nous. »

T,Co(>'^ic

'38 U nom» AVANT LE DtLUCB

Cette légende arabe du xin* éiëcie, eiprime d'utie manière aussi vraie qu'originale Les cEangements qa^ont éprouvés les contineuts.

■ Ces irruptions, ces retraites successives des eanr, n'ont pas toujours été lentes, et ne se sont pas tontes faites par degrés. De nombreux soulèvements, des dislocations de terraiDs, les ont souvent amenée» subitement ; témoin celle qui, pour la dernière fois, a inondé et ensuite laissé a sec nos continents actuels, ou du moins une f^ande partie du sol qui les forme aujourd'hui. Les déchirements, les redressements, les renversements des couches plus anciennes, ne laissent pas douter que des causes subites et violentes ne les aient mises en l'état où nous les voyons, et, même, la forcedes mouvements qu'éprouve la masse des eaux est encore attestée par les amas de dëbris et de cailloux roulés qui s'interposent en beaucoup d'endroits entre les couches solides.

■ Si des plaines et des flancs des montagnes on s'élève vers les sommets escarpés des grandes chaînes, on voit disparaître tout à fait ces débris d'animaux marins et ces innombrables coquilles qui rempliseaient les couches horizontales ou relevées. Là la roche ne contient plus aucun vestige d'êtres vivants, elle n'est pas en lits parallèles, indiquant nue stratification régulière comme les couches coquilliëres ; mais sa nature est cristalline ou amorphe, et elle s'enfonce toujours sous tes couches de sédiment; ce qui prouve indubitablement qu'elle a été formée avant elles. Telles sont ces fameuses montagnes granitiques qui traversent nos continents en difiéreutes directions et dont les sommets, toujonrs couverts de neige, alimentent les sources des fleuves. Leurs masses tourmentées et déchirées montrent assez la manière violente dont elles ont été élevées, et ces changements violents dans leur position ont dû avoir lieu A une époque postérieurs a celle où ces masses granitiques existaient seuls, puisqu'elles ont souleva avec elles les couchea co- Quiltiëres qui les recouvraient.

L'histoire de la Terre présente donc, d'une part de très-longues périodes de repos comparatif, pendant lesquelles le dépAt de la matière sédimentaire s'est opéré d'une manière aussi régulière que continue ;

c'est ce que nous montrent les couches coqnillières parallèles, et de l'autre des périodes de très-courte QUrêe, pendant lesquelles ont eu lieu de violents paroiysmes causés pai la réaction de la matière Suide intérieure contre l'enveloppe extérieure; révolutions brusques, qui ont interrompu la continuité de l'aclion lenle, comme nous le prouvent les couches redressées et les pics de granit. Chacune de ces époques de révolution dans l'état de la surface de la Terre a déterminé la formation subite d'un

Srand nombre de chaînes de montagnes.Et chacune 'elles a toujours coïncidé avec un autre phénomène, savoir, le passage d'une formation sédimentaire à une autre, caractérisée par la difi'érence des types organiques qu'elle renferme.

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