‹ Le monde chinoisChapitre 12 sur 49 · LIÏDL'CATION ET LES SCIENCES · texte numérisé non relu

LIÏDL'CATION ET LES SCIENCES

ics Owiles accomplissent leur révolution à la dislance de quatre mille milles. Cette mesure se rapproche de celle du rayon terrestre, et Chalmers en a conclu, non sans vraisemblance, qu'elle avait dû Ctrc calculée sur la hauteur variable du soleil à des latitudes différentes. C'est d'ailleurs dans un but exclusivement astrologique, c'est-à-dire politique, que les Chinois observent les phénomènes célestes, en particulier les éclipses et les comètes. On a recueilli dans leurs annales des observations de ce genre remontant à plus de deux mille années avant notre ère.

L'almanach joue, en effet, un rôle considérable dans la politique et dans la vie privée de la Chine. Comme la Gazelle impériale, il est officiel, publié à Pékin par les soins du gouvernement et regardé comme au moins aussi important que la Connaissance des Temps de notre Bureau des Longitudes. C'est le ministère des Rites qui en a la rédaction. Il est interdit, sous les peines les plus sévères, de le contrefaire ou d'en publier des imitations. Les jours et les heures y sont classés en heureux et malheureux, de manière à servir les intérêts ou les fantaisies du gouvernement, qui s'assure sur les esprits, par ce monopole, une action dont il serait difficile d'exagérer l'importance. Des éditions à bon marché de ce livre cabalistique, aux prix de trois A dix sous, sont dans toutes les mains. Pas un Chinois ne s'aviserait de s'en passer et de courir ainsi le risque d'entreprendre quoi que ce soit sous une mauvaise étoile.

Dans l'almanach officiel, chaque jour lunaire a son nom, et les dates favorables ou défavorables à l'accomplissement de certains rites ou à l'exécution de telle on,

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telle entreprise sont notées avTc soin. Par esemple, tel jour se trouve sous l'influence de la conslellation de Kog-Sing, qui consiste en sept étoiles figurant un dra- K gfln. C'est un signe propice entre tous : heureux les ^1 gens qui marient leur flUe, qui achètent une terre, ^M posent la première pieri'e d'une maison, entament ou ^K concluent une affaire commerciale à cette date fortu- ^B née. Mais quiconque enterre ce jour-là un parent ou un ^m ami, ou visite une tombe, peut être certain d'ôtre frappé H de quelque malheur avant l'expiration de la troisième ^^ année. Au contraire, la constellation de Kong-Sing, qui figure aussi un dragon, est réputée un signe défavorable. Acheter une terre, louer une maison ou marier sa fille ce jour-là serait le comble de l'imprudence.

II va sans dire que les comètes, les éclipses et les tremblements de terre exercent, dans l'opinion des Chinois, une influence bonne ou mauvaise, non seulement sur les individus, mais sur les nations et les empires. C'est une habitude générale, pendant les éclipses du soleil et de la lune, de mouler sur les toits et de battre tous les gongs et les tambours disponililes, pour épouvanter les chiens de l'cmpyrée qui vont a manger » l'astre du jour ou de la nuit. Les comètes surtout sont regardées comme ayant une influence néfaste. En 1858, au moment où tout permettait de croire à la conclusion d'un traité durable entre la Chine et les négociateurs anglo-français, une comète fit son apparition : il n'en fallut pas plus pour que dans toutes les villes du littoral les familles riches émigrassent en masse vers l'inté- ^ rieur, convaincues que les hostilités allaient ôtre prises.

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