‹ Le monde chinoisChapitre 20 sur 49 · I. HISTOIRE · texte numérisé non relu

I. HISTOIRE

mande aussi par les vues les plus originaJes. Né en 371 avant J.-C, dans la ville de Tgaou, qui appartient préscntemeat à la province de Chan-Toung, il était le contemporain de Platon et de Socrate et leur ressemble par plus d'un «Mé. Lui aussi , il eut pour premier maître une mère vertueuse et distinguée, qui lui donnait d'excellentes « leçons de choses » comme on dit aujourd'hui. Tout petit, il vit égorger un porc et cournt en demander la raison, 1 C'est pour te le faire manger, » lui répondit sa mère- Puis, réflécUissan t que l'explication ne donnait pas du fait une idée assez juste et précise, elle prit l'enfant par la main, alla acheter aveclui une côtelette du malheureux porc et la fît cuiresans plus tstfder. Ainsi dressé aux réalités pratiques de la vie, Mencius devait naturellement s'attacher aux principes du positivisme de Gonfucius. Il les développa avec un tel éclat que sa réputation le fit appeler de bonne heure dans les conseils du roi de Wei, puis du roi de Tsi. H y eut toujours un rûle purement consultatif; mais, par sa haute probité, son courage et son inflexible attachement à la justice, il conquit le droit de tout dii'e et sut en user. Mencius est dans l'histoire le premier philosophe et le premier homme d'État qui ait ouvertement opposé les droits des peuples à ceux des rois. Un prince lui demandait s'il fallait conquérir le territoire de Yen, qui bordait le sien. « Oui, répondit le sage, ai ce sont les hommes de Yen qui vous appellent. » Il disait qne la volonté populaire est le vrai pouvoir de l'État, et le seul légitime. « Quand un roi gouverne mal, écrivait-il, il faut l'avertir : et s'il continue, le renverser. — Celui qui gagne les cœurs du peuple s'assure le trône; celui qui les perd s'en éloigne. — Cfe'iV.

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un triste pays à régir, qui vous maudit et vous hait. Si la cour demande la morl d'un homme, le prince doit se méfier; si ses ministres la réclament, il peut réfléchir: si c'est le peuple qui la veut, qu'il cède sans scrupule, car il y a mille chances contre une pour que le peuple ait de honnes raisons. » Par ces pensées d'une originalité si haute et qu'il fut sans conteste le premier des hommes à formuler, Mencius a mérité d'être regarde par les Chinois comme le plus grand de leur philosophes, après Confucius; un décret impérial l'a investi aprèi mort du titre de « Saint prince du pays de Tsaouj » sous lequel l'Empire du Milieu le révère encore. Co que l'humanité doit voir en lui, c'est le plus vénérable ancêtre du suifrage universel.

/.ao-rseun'avaitprécédé Confucius que d'un demi-siècle, Il eut même l'occasion de le contredire en personne, au cours d'une entrevue restée célèbre dans les annales philosophiques du Royaume-Fleuri. Son histoire n'en esl pas moins beaucoup plus légendaire que celle des deux autres maîtres de la pensée chinoise. S'il faut en croire la tradition, il naquit en 604 avant J.-C, au hameau do Kou , dans le royaume de Tsou, actuellement province de Ho- Nan.Samèrel'avaitportéqualre-vingtsansdans son sein, et il vint au monde en cheveux blancs (sans doute il était albinos). D'où son nom, qui signifie u l'enfant-vieîllard et son surnom de Lao-Kiun qui veut dire le i vénérable prince, i On ne sait rien de positif sur lui, ses disciples s'étant attachés à entourer toute sa biographie de nm légendaires. Il paraît pourtant certain qu'ii remplit les fonctions de bibliothécaire impérial et voyagea vers l'Occident. Jusqu'où furent poussés ces voyages? C'e^,

ce qui n'est pas étaHi. Mais le caractère rationaliste de son liwe, \e Tao-Teh'King ou «Canon de la Raison et de la Vertu, » est de nature à faire penser qu'il en avait puisé les éléments dans la philosophie persane ou hindoue. Stanislas Julien, Chalmers, Strauss et plus récemment Legge ont traduit cet ouvrage, — do tous les classiques chinois celui qui présente le plus d'analogies avec les formes de la pensée grecque. On a souvent comparé sa philosophie à celle de Zenon.

Parmi les monuments connus et certains des trois premières dynasties chinoises, il faut noter dis tambours de pierre ou chi-koxi, présentement déposés datis le temple de Coufucius à Pékin. Ce sont des espèces de piliers cylindriques hauts de soixante à quatre-vingtdix centimètres, larges de soixante-dix, sur lesquels des inscriptions presque effacées, mais encore visibles, perpétuent le souvenii' des grandes chasses de Suen-Wang, en 827 avant notre ère.

La dynastie des Tsîn eut pour fondateur Houang-Tî, le Napoléon chinois, qui du rang de petit prince féodnl arriva au pouvoir supriîme ; il repoussa les Huns et bâtit en dix ans la Grande Muraille pour arrêter leurs incui-sions. Cette entreprise colossale illustra dans toute l'Asie le nom de sa dynastie, d'où les Hindous firent Tsina, les géographes romains Sinenses et leurs successeurs Chine, Chinois. Entre autres exploits mémorables. Houang-Ti ordonna la destruction de tous les livres anciens et spécialement des couvres de Confucius et de Meucius; il fit m(5mQ mettre t mort, en les brùlaut vifs, cinq ou six cents lettrés soupçonnés de savoir ces livres par cœur. Les historiens se sont époiséa en con^eO.'m^g.

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sur le motif de ces actes de vandalisme. Do QuigaeSfi donne comme raison les comparaisons défavorables çpj les sujets de Houang-Ti faisaient entre ses prédécesseun et lui. Puthier veut que son hut fût de réduire tous la Chinois à l'ignorance et à la stupidité, pour les gouver-ner plus aisément. De Mailla estime que la dcterinination du despote fut sans doute causée par le contrasH qu'il apercevait lui-même entre les préceptes de ( livres et sa propre conduite. Fréret convient ingénuement que le motif de cette destruction est inconnu* Wells Williams pense que le chef de la dynastie d îfsin avait surtout en vue d'abolir la trace du système ■ (filial des Ghaou, exposé dans le Cku-King. Cette hypo- ■ thèse est d'autant plus vraisemblable, que la politique d'IIouang-Ti était tout entière tournée vers la centrali* sation et l'unité. Quoi qu'il en soit, son entreprise échoua, comme celle d' Alexandre, comme celle de Napoléon. Les livres classiques survécurent à l'incendie e l'empire des Tsin ne dura que quarante ans. Le propre fils du conquérant fut renversé par Liu-Pang, un soldat de fortune qui commandait la plus grande partie de s forces.

Sous le nom de Kaou-Tsu, Liu-Pang devint alors le fondateur de la dynastie des Han (206 avant notre ère). C'est de son avènement que les Chinois font dater leui histoire moderne. Encore aujourd'hui, ils aiment à se désigner sous le nom de Han^-Tsé, a fils de Han a. Cette expression de la gratitude nationale e une large mesure par le caractère général des prîncea de cette race. Leur temps doit être considéré comme l'ère organique de l'Empire du Milieu. C'est de cett^

période que datent la plupart des institutions de la Chine et notamment l'admission de tous les citoyens aux emplois publics, par voie de concours. Sous Kouang- Wu, l'un des Han, la capitale de l'Empire fut transférée — do Chang-An à Loh-Yang. Sous un autre, Ming-TÏ, qui étendit ses lois jusqu'aux confins de la mer Caspienne, une mission fut euTOyûe dans l'Inde pour obtenir des copies authentiques des livres bouddhiques. La religion du Bouddha avait déjà d'assez nombreux sectateurs dans l'Empire du Milieu, mais c'est de ce voyage (en l'an 65 lie notre cre) que date son admission offlcielle au nombre dos cultes de l'Etat. Les historiens chinois constatenl ipie vers cette époque la renommée de l'Empire Koatà^ arriva jusqu'aux habitants du Royaume-Fleuri ; les soieries de la Chine, transmises par les caravanes de l'Asie centrale, avaient aussi" apporté aux géographes latins la notion vague du peuple qui les fabriquait. Mais où vivait ce peuple et quelles étaient ses mœurs? c'est ce qu'oQ ne songeait même pas à se demander.

La période qui va de la chute des Han à l'établissement de la seconde dynastie des Tsin, en 264 de Tère vulgaire, est une des plus agitées de l'histoire de la Chine. Elle est connue sous le nom de période des « Trois Etats », parce que les discussions iutestines et les invasions avaient amené le démembrement de l'empire en trois royaumes, celui do Wei, celui do Chou, et celui l-iie Wuh- Les Huns jouaient alors dans les destinées du I Royaume-Fleuri un rôle prépondérant, et les Chinois, W déjà parvenus à un haut degré de civilisation, retomfilaient peu à peu dans la barbarie.

Ils n'en sortirent guère sous les Tria de l'Orient., ainsi

noniruoa parce ijue l'un d'iïax, Ïesaeii-Ti, transporta h Nan-Kinla capitale del'empire [317 ap. J.-G.).La dynastie des Soung, qui succéda aux Tsin, celles des Tsi, des Liang et des Tchin, qui se suivirent jusqu'à la fin du sixième siècle, n'ont laissé que des souvenirs de luttes sanglantes, de crimes et de massacres. Sous celle des Soui, la paix se rétablit enfin et la civilisation chinoise reprend son cours.

C'est le fondateur de cette maison, Yang-Kien, qui rétablit Tunité de l'Empire, détruite depuis quatre siècles; il institua la division en dépaitemeuls irrondissements et districts, telle qu'elle isubsiste encore. Sa mort, sous le couteau de son propre fil'', fut pourtant Iffsignal de nouveaux troubles. Mais a 1 accession de la dynastie des Tang, en 614, commence pour les fila dç Han une ère de prospérité qui dure trois siècles et fait de la civilisation chinoise la plus florissante que le monde eût encore connu.

A ce moment, l'Occident chrétien est plongé dans les plus sombres ténèbres. L'ignorance et la brutalité y régnent sans partage. 11 n'y a pas dans la nuit de l'Europe un point lumineux ou seulement crépusculaire. Pour ranimer ce cadavre, il faudi'a, — dans cinq ou six cents ans , — l'étincelle de hasard retrouvée par les croisés sous les cendres de Constantinople. La Chine, elle, est en pleine Renaissance et n'en a emprunté les éléments qu'à eUe-mùme. Ses écoles s'ouvrent de toutes parts; ses codes sont refondus; ses lettres et ses arts témoignent d'une Técondité sans exemple. Elle a des poètes, des dramaturges, des musiciens, des peintres, des sculpteurs, — et jusqu'à des soldats illustres. Tal-

Tsoung, ï le grand soldat-lettré n pousse ses frontières jusqu'il l'Altaï, jusqu'à la Sogdiane et à l'flindou-Eousch. Le Népaul, la Perse et l'empire grec lui envoient dos ambassades. Le christianisme pénètre pour la première fois en Chine avec les Nestoriens : Taï-Tsoung a ai peu de préjugés, qu'il se fait expliquer leur doctrine, traliuire leurs livres sacrés et les laisse librement pratiquer leur culte à Chang-An, où il a replacé sa capitale. Sous les Tang, en 72'2, la Chine compte déjà 52 millions d'halîitants.

Après leur chute, en 907, nouveau démembrement de l'empire. Les Tartares recommencent à jouer un rôle prépondérant dans ses affaires. Cinq dynasties, neuf empereurs, se succèdent en quarante-deux ans. Puis la race des Soung, portée au pouvoir suprême par do véritables prétoriens, (en la personne de son chef Chaouliouang-Youn, que ses soldats trouvent ivre quand ils lui apportent la soie jaune), réussit à refaire l'unité de l'empire et se maintient sur le trône pendant un siècle et demi. L'ancienne législation refleurit et la prospérité renaît. On voit même se former dans les conseils de l'Etat deux grands partis constitutionnels, véritables whigs et tories de la Chipe, qui substituent la discussion à la force, pour arriver au pouvoir, et l'occupent alternativement. A la vérité, celte période n parlementaire n se termine par le triomphe des conservateurs et la déportation en masse des radicaux : mais l'ère de Hbro examen et de haute critique politique qui a marqué la fin du douzième siècle n'en reste pas moins une des plus curieuses de l'histoire de la Chine, une de celles qui ont laissé la plus profonde impression sur l'eaçrLt

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de ses lettrés. Mais si les arts de la paix mntinuent à fleurir, le pouvoir central s'affaiblit de plus en plus; les enapereurs sceptiques et philosophes dédaignent de quitter leur capitale pour prendre le commandement de leurs troupes, qui ont pourtant devant elles un redoutable ennemi dans l'envahisseur mongol. Il faut bien ■ qu'ils s'y décident, quand Gengis-Khan s'empare de Pékin, eu 1235. Ils émigrent alors à Nankin, et sous le nom de Soung du Sud, y traînent pendant quelques années une existence humiliée. Enfin ils disparaissent' avec leur dernier représentant Ti-Ping, qu'un de ! fidfeles force à se noyer avec lui; et les chefs mongolsfr^ de la dynastie des Youen restent seuls maîtres de l'empire.

Comme il arrive toujours aux conquérants, leur génie' propre est aussitôt absorbé par le génie du vaincu; l'ei vahisseur adopte les mœurs et les idées chinoises. Kou- Blai-Khan, celui-là même qui eut Marco-Polo pour témoin et pour historien de sa magnificence, se montre protecteur éclairé des arts et des lettres, administrateur habile autant que malheureux dans ses entreprises contre le Japon. C'est à lui que la Chine doit son Grand. Canal et sa belle porte de Ku-You^-Eouan, percée dans la Grande MuraiUe. Mais son esprit politique i pas à ses héritiers, qui s'entourent d'une camarilla mon-. gole, gouvernent au profit de cette coterie et foulent aux pieds les traditions les plus chères du peuple chinois, — notamment le système des concours pour le recrutement des fonctionnaires puhlic

Alors surgit des couches profondes de la population' un agitateur de génie, le plébéien Ch ou-Youen-Cfaang

n-Changi

l'htstoirk. iSy

qui lève contre l'usurpateur mongol l'étendard de la révolte, groupe toutes les forces insurrectionnelles et après une lutte sanglante parvient à chasser l'étranger. (1368, ap. J.-C.) La reconnaissance de la nation chinoise confie le pouvoir suprême à celui qui vient de l'afFranchir, et Chou-Youen-Chang inaugure sous le nom de Houng-Wu la dynastie Ming ou a. Brillante, » 11 transfère sa capitale à Nankin, et après un règne de trente ans transmet la couronne à son petit-fils Kiea-Ouan. Ce jeune homme ne règne que cinq ans : il est renversé par son père Young-Loh, qui reprend Pékin pour capitale, en 1403, et donne aux anciennes lois chinoises, refondues par ses ordres, la forme qu'elles ont gardée jusqu'à ce jour. C'est sous Kia-Tsing, un de ses successeurs, que les Portugais établissent, vers 1526, les premiers rapports commerciaux de l'Europe avec la Chine, et sous Ouan-Ley, vers 1580, que les Jésuites pénètrent dans le pays. La dynastie des Ming prend fin en lf)44' : elle succombe aux divisions intestines dont les Mandchous, massés de longue date sur la frontière du Nord, proûtenl pour envahir la Cliine, s'emparer de Pékin et êtabUr au Palais Défendu, la dynastie des Tsing, ou « Très Pure », qui règifc encore.

Cette conquête de l'Empire du Milieu par les Mandclioua avait été l'oeuvre de plus d'un quart de siècle. Depuis trente ans, le chef de ces peuples guerriers annonçait qu'il on voulait aux Ming, et les renverserait, avec l'aide du Ciel, Il n'y parvint qu'à grand'peine et après avoir, comme il l'avait promis, immolé deux cent mille Chinois aux mânes de son père. Aussi sa victoire prit-elle le caractère d'une ocGU.i>'i.\.\.Q^ TCiS\!\VK«ft,

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d'un véritable état de siège, et après deux cents ans, ce caractère est encore très netlement marqué.

Non seulementla capitale de l'empù'e, mais toutes les places fortes sont exclusivement occupées par des « troupes de bannière » c'est-à-dire par des soldats d'origine mandchoue. Des concessions de terre lurent à l'origine attribuées à cette féodalité conquérante, analogue à celle que Guillaume de Normandie implanta il y a huit siècles sur le sol anglais. Le vainqueur alla jusqu'à exiger que les vaincus se fissent à son exemple raser toute la tiîte sauf la région occipitale : et des milliers d'hommes préférèrent se la laisser trancher que de se soumettre à cette humiliation. De nos jours encore, les habitants du Fokien se couvrent le front d'un bandeau pour ne pas montrer le signe de la défaite. Aussi les Tsing ont-ila eu depuis leur accession i lutter contre de terribles révoltes. Le vieil esprit national couve toujours sous, la .soumission appai'ente des Fils de Han, et se traduit j de fréquentes explosions. Une des plus curieuses de l'histoire est l'insurrection des provinces maritimes du Sud, sous le commandement du héros Koxinga : il ne fallut rien moins pour la réduire que la déportation en ' masse, en IGtiS, de toutes les populations de la côte & trois lieues dans l'intérieur des terres. Encore KoxingS* ' ne pouvant plus agir sur elles, prit-il le parti de se rejeter sur l'ile Formose, d'en proclamer l'indépendance et de s'y rendre inexpugnable. Aujourd'hui encore, c'esÇ' dans les innombrables sociétés secrètes de l'empire que' s'abrite et s'entretient la haine du conquérant mandchou ; l'insurrection des Taï-Ping en a été la manifesta- ^on récente el rien ne dit que ce sera, la dernière.

Des neuf empereurs de la dynastie des Tsing, Rang- Hi et son fils Young-Chingsoal ceux qui ont ie plus marqué dans les annales de la Chine. Kang-Hi était contemporain de Louis XIV; comme lui il occupa le Irùne pendant plus d'un demi-siècle. Il doit surtout sa célébrité en Europe aux éloges des Jésuites, qu'il protégea coustaïuuidut. Par contre, son fils Young-Uiiing, qui les chassa, passe pour avoir assassiné son frère, quoique toute sa conduite politique et privée démente cette accusation. Kien-Loung, son successeur, se distingua par un amour désordouné de la magniticence et des grosses armées. Le règne de Kia-King, qui suivit, fut constamment troublé par des révoltes. Celui do Taouk- Ouang vit la guerre de l'opium et le commencement de l'insurrection desTaï-Ping. Celui d'Hien-Fung, la prise de Pékin par une armée anglo-fi'ançaise. Tung-Chi, l'a vaut-dernier empereur, mourut en ia75, peu de temps après la lin de sa minorité. Kouang-Su, qui occupe actuellement le trône, est un enfant de quatorze ans.

Ainsi se résume h grands traits l'histoire des vingtcinq dynasties qui depuis cinq mille ans ont présidé aux destinées de l'Empire du Milieu. La récapitulation nominative des 238 souverains dont se composent ces vingt-cinq races souveraines serait ici hors de saison. On se contentera de donner comme repfcres historiques les noms officiels des empereurs apj-arlenant aux deux dernières dynasties, celle des Ming, renversée en llj-i4 et celle des Tsing, ou dynastie Mandchoue, « Très Pure «, présentement régnante.

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