‹ Le monde chinoisChapitre 27 sur 49 · LA LANGUE ET L ECRITURR · texte numérisé non relu

LA LANGUE ET L ECRITURR

rées, modifiées, combinées, au point de devenir méconnaissaijles ; elles so sont grossies d'un grand nombre do signes conventionnels;niais elles n'en restent pas moins la base du système, qu'elles éclairent et expliquent encore pour le philologue.

Au surplus, on ne saurait prendre de meilleurs guides que les Chinois eux-mêmes dans l'analyse de leur écriture, sujet constant des études dulettré.TIs rangent leurs caractères en six classes.

La première de ces classes se compose des symboles primitifs, dans lesquels on retrouve une sorte d'esquisse grossière de l'objet représenté. Ces symboles, fort réduits en nombre présentement, ne forment plus qu'un total de C08 signes. Encore faut-il une extrême bonne Tolonté pour y démêler la ligure linéaire de « l'enfant », du u vase », de « l'œil », de la « tortue », do « l'éléphant », dont ils expriment les noms, tszé, hu, muh, houei, stang. Pour se rendre compte de l'altération graduelle qu'ont subie ces images, il sufEtpourtantde se rappeler qu'elles étaient originairement tracées par un style, plus propre au dessin qu'à l'écriture, et qu'elles le sont, depuis quinze ou vingt siècles au pinceau, avec d'autres signes purement conventionnels, dont elles ont fini par prendre l'allure générale.

La deuxième classe comprend 107 caraclëres, symbQr^ liques non plus d'un objet, mais d'une idée abstrait»,.' évoquée par cet objet. On y trouve, par exemple, un soleil levant, signifiant le malin, une lune au bord de l'horizon, signifiant le soir.

La troisième classe comprend 740 caractères idéograc'est-à-dire reptésenVauV mû& \ô

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Les Chinois attachent beaucoup d'importance â la netteté et à l'élégance de leurs caractères. Ecrire une lettre ou un billet sang y apporter loua ses soins leur paraît le comble de l'impertinence et de la mauyaise éducation. On se sert ordinairement pour ces messages de petites bandes de papier de couleur, ornées de devises ou d'emblèmes et expédiées sous enveloppe : lamode exige qu'en écrivant à un ami on ne signe pas de son nom, mais par une devise, un emblème, une allusion quelconque, intelligible seulement aux initiés.

L'écriture chinoise se trace ordinairement en colonnes verticales, se succédant de droite à gauche. Lorsqu'une phrase doit être exprimée sur une ligne horizontale,^© se lit également de di-oile à gauche.

Quant aux règles que donnent les Chinois pour tracer leurs caractères et les cinquante-six éléments dont ils les composent, elles sont au nombre de huit, d'après le Ïoung-Tsen-Pa-Fa, traduit parEémusat :

La première de ces règles s'appelle tsé, oblique; elle sert à former quinze traits ou groupes de traits obliques.

La seconde se nomme lé, abaisser; elle apprend à écrire dix groupes de traits horizontaux ou perpendiculaires.

La troisième, appelée nou ou raide, dirige l'écritui-e de six traits ou variétés du trait perpendiculaire.

La quatrième, qu'on nomme h, sauter, donne la manière d'écrire di.\-sept groupes composés do traits crochus et que la main trace en saulant,

La cinquième, tseu, stratagème, sert à écrire les ca-

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