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rapport avec les qualités intellectuelles qu'on lui suppose ou qu'on lui souhaite; par exemple: a Mérite naissant », « Écriture élégante », a Olive qui va milrir », « Encre parfaite », etc. Quant au nom de faiiiille, naturellement il ne change pas; mais ce nom s'énonce toujours avant le prénom, au contraire de ce qui a lieu en Europe, et le titre honorifique les suit tous deux. Ainsi un Fils de Han, ayant le rang de Sien-Sang, c'est-à-dire « professeur d, le prénom de Wan-Taï, c'est-à-dire « Rempart des lettres », et te nom de Liang, c'est-à-dire a Millet », énoncera ces qualifications Liang, Wan-Taï, Sien-Sang.
Les filles n'ont qu'un « nom de lait », comme Fleur, Petite Sœur, Pierre précieuse, qu'elles échangent en se mariant contre un surnom comme Fleur de Jasmin, Lune argentée. Parfum suave, etc. Mais en parlant d'elles on les désigne dès lors par le nom de famille de leur mari, suivi de leur nom de famille propre, comme on dit chez nous Mme X... née Z. D'autre part, ce mari lui-même a pris à l'occasion de son mariage un troisième prénom, qui sert désormais à le désigner, à moins qu'entrant au service de l'Etat il n'en prenne un quatrième. EnQn, s'il est négociant, il en adopte un cinquième ou u nom de commerce » ; et, en tout cas, il en reçoit un dernier à sa mort.
La naissance d'une flUe est généralement considérée comme un malheur, au moins dans les classes déshéritées. Est-il vrai que l'infanticide soit un crimo plus fréquent dans l'Empire du Milieu qu'en Europe? C'est ce qui n'est pas démontré. Mais il est certain qu'il s'y applique spécialement au-ï enfants du sexe féminin. La coutume de [ leur atrophier les pieds en les comprimant à l'aide de ban-
delettcs ne semble pourtant pas avoir pour but de maintenir les femmes dans un étal d'infériorité et d'e comme on le croit communément, Elle est plutôt un signe distinctif de la race chinoise proprement dite etu développement de l'idéal esthétique de celte race. Comme nous, les Fils de Han pensent que le pied d'usé femme doit otre petit : logiques jusqu'au bout, ils l'atro* phîent pour lui assurer cette qualité. Nous déformons bien le foie de nos filles avec des corsets qui lui donnent l'aspect d'une gourde! Les deux procédés se valent. Aux yeux d'un Chinois, le pied-bot de sa belle est un symbole do grâce, de touchante faiblesse et d'élégance. Il le CQtapare h une fleur de lis (|ui va s'ouvrir. C'est un jonc ouj un roseauque nous prenons pour terme de comparaison^
Le mariage est entouré d'une solennité qui ne h pas de surpendre, étant donné qu'elle s'associe avec la plus large polygamie. C'est que la première femme, lalégitime, a chez les Chtiiois, comme autrefois chez Ira Romains, une situation à jiart. Elle assure la continuitff do la race. \ ce titre, sa fonction a quelque chose de sacré et la dislingue des concubines. Aussi est-ce pres(^< toujours la famille assemblée qui se charge delà choisir.' Ce chois s'effectue 1res souvent par l'intermédiaire d'u classe particulière de personnes appelées mei-jin, véritables agents matrimoniaux qui ontpour profession âetHiif registre des partis disponibles. D'autres fois, le mariâg* a été axiaâgé de très longue date entre les familles, alors que les deux futurs conjoints étaient encore àlftl, mamelle. Quoi qu'il en soit, quand il est arri^té, les céi^ momea commencent. Tout d'abord, le père et le frère i& 'Saocô envoient officiellement un de leurs amis à la
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familte de la jeune fille, pour s'enijuérir de son préoon; et de la date de sa naissance: on pourfa alors, yar l;i comparaison des horoscopes, s'assurer que l'union projetée promet d'être heureuse. Gespréliminaires accomplis, si tous ]es signes sidéraux sont favorables, le messager vient demander dans les formes la main de la future épouse. La réponse est naturellement affirmative : mais elle est encore verbale. La famille du fiancé réclame un engagement écrit. Ce contrat signé, elle envoie aux parents de la jeune fille des présents en rapport avec sa fortune. Il ne reste plus alors qu'à prendre jour pour le mai-iage, non sans avoir consulté l'almanach. Ce jour venu, le fiancé envoie ses amis, avec accompagnement de musiciens et de lanternes, chercher sa jeune feramo, qui lui est aussitôt amenée en pompe. Il y a quelquefois alors des surprises pénibles, résultant de ce que les charmes de l'épousée ne sont pas au niveau de ce qu'on attendait. Gray coûte une scène de ce genre doal il a été témoin ii Canton. Le mariage avait été célébré chez la mère du fiancé, déjà fort avancée en âge et on train de mourir. Cette circonstance avait même fait hâter la cérémonie, les pères et méros chinois tenant beaucoup à ne pas quitter ce monde sans avoir marié leurs enfants. La pauvre femme gisait donc dans le ves- Itiule de sa maison, les pieds vers la porte, afin d'être tonte prêle au grand voyage, quand les amis do son fils amenèrent la jeune épouse, enveloppée selon l'habitude des voiles les plus épais. Aussitôt oir^procède à sa toilette de bienvenue, on la débarrasse de ses voiles pour qu'elle puisse s'asseoir enlre des flambeaux devant la petite table nuptiale et s'exhiber le visage découvet
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la curiosité de l'assistance. désenchantement! Laïualheai'euseest atteinte de la lèpre!... Les sœurs et les cousines du fiancé éclatent en larmes ou en cris d'indignation. On fait pleuvoir sur la tôte de Tinfortunée jeune femme une grcle d'invectives, qu'elle reçoit pâle de honte et de douleur. Un ami commun s'inlerpose. On la renvoie sur l'iieurc â sa famille, qui consent bien à la reprendre, mais refuse de restituer la somme envoyée à titre de présent de noces. Pendant ce drame, la mourante, immobile sur sa couche, n'avait même pas la force d'exprimer les sentiments qui l'agitaient intérieurement. On aurait pu croire qu'elle avait déjà exhalé le dernier soupir, tant ses yeux étaient fixes, sa face blanche et ses lèvres blêmes. La mort ne vint, pourtant qu'à la fin de la nuit la délivrer de ce qui devait être pour elle, dans les idées chinoises, la plus atroce des humiliations.
Dans l'Empire du Milieu, la parenté la plus éloignée est une cause d'empêchement du mariage. Un homme ne peut pas épouser une femme qui porte le même nom de clan ou de famille que lui. Si cela lui arrive, il est condamné à recevoir soixante coups de bambou. Au cas où il épouserait une de ses cousines ou une tante, la peine édictée par la loi est la mort par strangulation. Les gens de police, les bateliers, les acleui-s et les esclaves n'ont pas le droitdesemaiier hors de leur classe; «t il est formellement interdit de procéder à la cérémonie nupliale pendant qu'on est en deuil. La saison considérée comme la plus convenable pour les mariages va du quinzième jour du huitième mois au quatrième mois de l'année suivante. Cette saison est même si hlen
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consacrée par l'usage que les libraii'es publient, quand elle approche, toutes leurs nouveautés en fait d'épithalames. Par contre, le neuvième mois est j'egardé comme spécialement défavorable à la consécration d'un mariage, et il faut, pour se résoudre à l'adopter, un cas de force majeure. En certaines provinces, la cérémonie a toujours lieu le soir, sans doute pour que la procession aux flambeaux ait plus d'éclat. Cette procession est en effet la grande afTaire et en quelque sorte le signe extérieur de l'union qui se contracte. Tous les parents ou amis des deux familles y figurent avec leurs tablettes honorifiques, leurs écussons, des emblèmes variés et autant de bannières, de lanternes, de gongs qu'il est possible d'en mettre en ligne.
Un, Chinois peut prendre tel nombre de femme qu'il juge à propos, mais la première a toujours le p;is sur les autres; c'est elle qui gouverne le ménage et qui est considêi'ée comme la véritable mattresse du logis, devant laquelle les concubines ne peuvent même pas s'asseoir sans sa permission. Si le mari est titré, occupe un rang dans la hiérarchie civile ou militaii'e, elle seule participe à ces honneurs et les partage avec lui. Même dans le cas où elle meui't, les épouses inférieures ne sortent pas de leur condition, qui est essentiellement servile. Il faut qu'elles aient donné des enfants au maître pour être jugées dignes de rendre le dernier soupir sous le même toit que lui. En général, quand une concubine est gravement malade et en danger de mort, on la transporte hors do la maison. La raison de ce traitement barbare gît sans doute dans le fait que cette catégorie , d'épouses appartient souvent k la classe des esclaves et
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même des filles publiques. Chose singulière, les cérémonies du mariage s'accomplissent dans leur cas à peu près de la miîme manière que pour 1;» première .femme, quoique avec moins de pompe. Leurs entants sont légitimes comme ceux du premier lit. Mais, sauf en certains cas exceptionnels, elles restent dans la maison sur le pied de simples servantes.
au surplus, la première femme elle-même n'est guère autre t±08e qu'une servante en chef. Dans les classes les plus élevées, et quasi prîncières, elle va à la cour, sort en litière à visage découvert et mène une vie qui rappelle à' quelques égards celle d'une dame européenne. Mais, dans les classes moyennes, la femme chinoise ne sort pas du gynécée, et son existence est tout entière vouée aux soins du ménage. La qualité de mère d'un ou plusieurs fils lui confère seule une autorité positive, qui devient une véritable dignité quand ces fils sont mariés et l'entourent de brus soumises à ses lois.
La paix règne-t-elle toujours entre ces quatre ou cinq épouses? On peut en douler, si l'on se rapporte au proverbe chinois d'après lequel « neuf femmes sur dix sont jalouses B. U semble pourtant que les gynécées du Royaume-Fleuri ne soient pas plus bruyants ni plus orageux que ceux de l'Occident. L'habitude a, dans ces sortes d'affaires, une influence souveraine. Accoutumée à considérer son mari comme un être supérieur et un roi absolu, l'épouse chinoise supporte sans doute le partage plus aisément que ne le feraient ses sœurs d'Europe. En certains cas, elle est la première à conseiller au maître d'introduire dansle ménage telle jeune femme, esclave d'un voisin ou autre, dont elle entend vanter
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l'activité, les talents culinaires, la douceur ou môme la beauté. Elle considère que cette adjonction rehausse son propre prestige, en élargissant son action. Ce sont des mœurs que nous avons quelque peine à comprendre. Mais peut-ôtre, après tout, sont-elles plus logiques et plus sages que les nôtres, comme elles sont iucontestablemect moins hypocrites. Etant donné que la plupart des hommes sont polygames, le législateur chinois, avec tous les législateurs orientaux, a jugé qu'il était préférable de régulariser les choses et d'endiguer un instinct irrésistihle. Les enfants, qui importent surtout, bénéficient assurément de ce système, et la bâtardise y est chose h peu près inconnue. Qn^md il n'aurait pas d'autre mérite, celui-là suffirait à balancer les plus graves inconvénients. Sans doute, un ménage à quatre ou cinij ne réalise pas l'idéal qu'un européen cultivé se fait du foyer domestique. Nous trouvons volontiers aussi la condition de la femme chinoise, internée dans sa prison conjugale, étrangère à toute activité intellectuelle, fort au-dessous de celle que nous avons faite à nos compagnes. Mais n'y a-l-il pas beaucoup à dire sur le convenu et le décousu de nos mœurs, sur l'absurtlilé de certaines fictions légales ou mondaines, disons le mot, BUT l'amère hètise de la plupart de nos coutumes matrimoniales? La meilleure preuve que le mariage est très mal compris chez nous, c'est qu'on s'y marie de moiqs en moins. En Gliine, au contraire, un vieus garçon Ç une vieille fille sont des phénomènes tout à fait tiCi tionnels.
Du reste, dans les grandes villes du littoral, une révolution s'opère déjà dans les mœurs, mCme pour les .
femmes. Les filles de riches marchands sont maintenant élevées à l'européenne, comme leurs frères. Elles ont des maîtres, des répétileurs qui les instruisent à domicile; et, devenues grandes, elles se montrent en public, vont même au théâtre, où elles arrivent, des fleura au front, nonchalamment soutenues par le bras d'une suivante.
La loi chinoise reconnaît sept motifs légitimes de divorce: la stérihté de la femme, l'inconduite, la jalousie persistante, le bavardage excessif, le vol, l'insubordination, la lèpre. Il n'y a pas de cas de divorce contre le niari. Mais, s'il garde sa femme après l'avoir convaincue d'adultère, il est passible de peines rigoureuses; et, s'il l'abandonne, elle peut se remarier aprOs trois ans avec l'autorisation d'un magistrat. La femme iXtii se fait enlever par un amant et qui est reprise peut litre vendue comme esclave par le mari. Si elle se rend coupable de bigamie, elle est condamnée à mort et étranglée. Est-elle surprise en flagrant délit d'adultère, son mari a le droit de la tuer, mais à la condition formelle qu'il tue aussi le complice. S'il se contentait de mettre à mort l'un des deux coupables, il serait poi*suivi et jugé comme meurtrier. Une autre prévision formelle de la loi, c'est qu'il doit procéder lui-même à sa vengeance sommaire et ne pas se faire aider, sous peine de se voir condamné pour assassinat. Il va sans dii'e que sur ce point la loi est fréquemment éludée. Le mari place ses amis en embuscade pour se faire prêter main forte au besoin, et il s'arrange pour que leur concours ne puisse être établi. L'afl'aire faite, et le cas soumis au magistrat, non seulement le mari est acquitté, mais il