LA NATION CHINOISE ET SON GOUVERNEMENT
OU Office-Colonial, a le gouvernement des provinces vassales, règle les émoluments des fonctionnaires de ces provinces, leurs visites à leur cour, leurs récompenses et leurs punitions, « de manière à déployer la majesté et la justice de l'État. » C'est une importante section du gouvernement, de laquelle relèvent toutes les tribus nomades ou non de la Mongolie, de l'Hi, du Kokonor et du Cobdo.
La Tung-Ching-Szé, ou « Cour de Transmission d, est un corps de sL\ foncLionnaires qui a pour mandai de recevoir, d'enregistrer et de soumettre à qui de droit les requêtes des autorités provinciales ou les appels de leurs justiciables.
La Ta-Li'Szé est une véritable cour d'appel et de cassation des causes criminelles ou autres qiai n'ont pas leur dernier ressort aux chefs- lieux provinciaux.
La Han-Lin-Yuen, ou Académie impériale, a pour mandat de n libeller les documents officiels de l'empire, les annales et autres ouvrages ». Elle comprend des profes» seurs et des élèves qui se préparent aux fonctions publiques. Sir John Davis la compare à notre ancienne Sorbonne, parce qu'elle explique et commente les livres sacrés ; mais c'est en même temps une école des hautes études politiques où l'on s'initie au droit, à l'histoire et à la diplomatique. Elle est dirigée par deux présidents ayant sous leurs ordres vingt agrégés de quatre classes différentes et un nombre indéterminé de gradués. Ces divers fonctionnaires sont formés en collèges distincts, qui se consacrent à des spécialités et se partagent la besogne. La dignité de membre de l'Académie est des ^Itis considérables; elle assure au titulaire des émolu-
le LE MONDE CHINOIS.
mentg sérieux, avec de grandes facilités d'information, et le conduit aux hautes charges : c'est là surtout que le gouvernement se recrute.
Un des services les plus importants est celui du King- Pao ou B Bulletin métropolitain », communément appelé en Europe « Gazette officielle de Pékin », le plus vieux journal du monde, car il a été fondé en 911 de l'ère présente et compte près de mille ans d'existence. C'est à peu près la seule source où les patriotes chinois de l'intérieur puissent venir s'abreuver quand ils veulent connaître les affaires de l'État. Sur le littoral, quelques journaux en langue mandarine se sont récemment fondés. Mais ces feuilles ne pénètrent guère dans les provinces. La « Gazette de Pékin » les remplace jusqu'à un certain point. Chaque matin , ce journal sur papier jaune est placardé dans une des cours extérieures du palais. Il est exclusivement composé de documents officiels : rescrits impériaux, extraits de rapports des censeurs, nominations, révocations, mises àrordredujour. Des courriers en emportent des exemplaires dans toutes les provinces ; mais ces exemplaires sont réservés aux représentants de l'administration centrale. Pour l'usage du public, certains imprimeurs sont autorisés à reproduire sur papier rouge tout ou partie ânBulklin officiel et à en faire le service à leurs abonnés, mais sous la condition formelle de ne jamais ajouter le moindre commentaire ou introduire le moindi'e changement. En dépit de ces restrictions, la Gazelle de Pékin est universellement lue dans tout l'empire, au moins par les classes lettrées, et très vivement commentée quand elle apporte quelque renseignement intéressant. Des milliers de personnes vivent de la reproduction et de la distribu-