‹ Le monde chinoisChapitre 9 sur 49 · L AGRICULTURE ET L\ TENDRE DES TERRES · texte numérisé non relu

L AGRICULTURE ET L\ TENDRE DES TERRES

le secouant, soit en le dépouillant d'un trop grand nombre de feuilles à la fois; puis, ces feuilles elles-mûmes doivent ôtre traitées délicatement pour ne pas perdre Jeur précieux arôme. Les jeuues filles chargées de ce lîavail ont toujours soiu de se laver les doigts avant de \ mettre à la besogne; elles prennent les feuilles une à ,ime et les déposent ea do iines corbeilles de la plus grande propreté. Il est rare qu'une bonne ouvrière puisse en faire, dans sa journée, plus de dix à douze livres. Si Von négligeait pendant une saison de procéder à la cueillette, les feuilles deviendraient aussitôt grossières et impropres à l'usage habituel : il ne resterait plus qu'à arracher l'arbuste dégénéré.

Le thé de la première cueillette, le plus recherché de tous, s'appelle pe-koe, ou e chevelure blanche», à cause du léger duvet qui couvre la feuille encore incomplètement développée. Dans le commerce, on distingue les .diverses sortes de thé par les noms de Congou, Sou- 'Chong, pekoe-fleuri, ou-long, pekoe-orangé et thé ..■vert. Ces désignations n'indiquent pas des provenances :idistinctes, comme on le croit généralement, mais des modes de manipulation différents. Le cong-ou, par exemple, se compose de feuilles ordinaires séchées d'abord au grand air, puis laissées h l'humidité de la nuit bous de Jarges pièces de toile, de manière à subir un commenceinent de fermentation analogue à celle dos foins coupés. Cette fermentation a pour effet do les noircir en quelàues heures. C'est dans cet état qu'elles sont reprises par les ouvrières, froissées et brisées dans la paume de leurs aaains, séchées de nouveau et enfin soumises au grillage la-deasos d'un feu de braise. Ce grilUgc, u'sa'^â^iœs ,

s'opère dans d^ sas qu'on agite constamment sur le feu. Quand les feuilles t'ont subi, on les crible, en ayant soin d'enlever à la main toutes les nervures qui résistent à ce traitement, et enfin on les met en caisses doublées de papier. Le sou-chong se prépare par des pi-océdés analogues, mais la couleur en est plus rougeàtra et les feuilles en sont beaucoup plus irrégulières. Le pekoe-Qeuri se compose de bourgeons qu'on fait simplement sécber au grand air, puis griller sur un feu très doux. L'oul-ong est alternativement mouillé, sécbé et grillé à trois reprises différentes avant d'être mis en caisse. Le pekoe-orangé est d'abord séché et grillé légèrement, puis mêlé à des fleurs de jasmin et gardé pendant plusieurs mois en caisses avant d'être séparé de cas fleurs, et soumis A un grillage déflnitif. Le tbé vert se prépare en soumettant d'aborf les feuilles, à peine cueillies, à la cbaleur d'un feu de charbon, pendant deux ou trois minutes, dans dos bassines de fer; on les froisse alors dans les mains, puis on les remet au feu pour deux ou trois heures, mais en ayant soin de les agiter constamment, et même de les r;ifraichir à l'aide d'un éventail.

Exemple curieux des changements de valeur auxquels sont soumis les produits du soL par l'effet des prélèvements parasites, des frais de transport et des droits de douane : la livre de thé cotée 3 ou 4 francs en Europe feat payée que 10 centimes au producteur chinois. Quand arrive au consommateur français ou anglais elle a

iQC vu son prix originel multiplié par 30 ou 40.

La cultuj-e du milrier est, avec celle du thé, une des ua anciennes de la Cbiao, d'où elle nous est iucoiiï)

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