‹ Le monde comme volonté et comme représentationChapitre 24 sur 167 · LIVRE II, LE MONDE COMME VOLONTÉ · texte numérisé non relu

LIVRE II, LE MONDE COMME VOLONTÉ

approfondie de l’ensemble du sujet dont traite ce second livre. *)

Nous savons, grâce au grand Kant, que le temps, l’espace et la causalité, avec toutes leurs lois et sous toutes leurs formes possibles, nous sont connus indépendamment des objets qui s’y représentent, et qui forment leur contenu ; autrement dit, qu’on peut aussi bien les reconnaître en partant du sujet, que de l’objet; de manière qu’on peut avec autant de raison les appeler des modes d’intuition propres au sujet, ou des propriétés de l’objet en tant qu’ objet, (Kant: l’appelle phénomène) ou représentation. On peut envisager aussi ces formes comme la limite indivisible qui sépare l’objet du sujet ; en conséquence, bien que tout objet ne puisse être perçu que dans une de ces formes, le sujet également doit les posséder et les connaître indépendamment de tout objet perceptible. — Or, pour que les objets perçus sous ces formes, ne soient pas de vains fantômes, pour qu’ils aient un sens, il faut que ce qu’ils signifient, que ce qu’ils expriment, ne'soit pas aussi un objet comme eux, quelque chose de relatif et de conditionné par le sujet, c’est-à-dire „une représentation^ , mais une „ chose en soi11. Mais alors se pose la question suivante: ces objets, ces re-

*) Voir ici le chap. 23 du 2d volume, et dans mon ouvrage „La volonté dans la nature," le chapitre „Physiologie des plantes" et l’autre chapitre, d’une importance capitale pour la substance de ma métaphysique, et qui est intitulé: Astronomie physique."

Note de Schop.

L’OBJECTIVATION DE LA VOLONTÉ. 193

présentations, est-ce vraiment là autre chose qu’ objet, ou représentation du sujet? Et qu’est-ce dans ce cas? Qu’est-ce que ce côté du monde qui doit différer toto genere de celui de la représentation? Qu’est-ce enfin que la chose en soi ? C’est la volonté : telle a été notre réponse ; mais pour le moment nous la mettons de côté.

Quoi que puisse être la chose en soi, Kant à très justement conclu qu’elle n’avait pas pour condition le temps, l’espace, ou la causalité (nous savons que ce ne sont là que des modalités du principe de raison, et que celui-ci est l’expression générale des formes du phénomène); ces conditions ne lui appartiennent qu’après, et qu’en tant qu’elle est devenue représentation; en d’autres mots, elles déterminent le phénomène de la chose en soi, et non celle-ci même. Car, du moment que le sujet les connaît et les construit par soi-même, en dehors de tout objet, elles doivent être inhérentes à la „faculté d’être une représentation “ („ Vorstellung sein11) et non pas à la chose représentée elle-même. Elles doivent être la forme de la représentation en tant que représentation, et non les propriétés de ce qui a revêtu ces formes. Elles doivent être données déjà dans le contraste (réel, non pas abstrait) entre le sujet et l’objet, et conditionner particulièrement la forme de la connaissance, dont ce contraste est la condition la plus générale. Ce que le temps, l’espace et la causalité déterminent dans le phénomène, dans l’objet qui ne peut se représenter que sous ces trois formes, c’est la pluralité en vertu de la coexistence et de la succession, puis le changement et la durée en vertu da la loi de causalité, en outre la matière qui ne peut se représenter qu'e dans l’hypothèse de la loi causale et enfin tout ce qui n’est susceptible de représentation que

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