‹ Le monde comme volonté et comme représentationChapitre 37 sur 167 · LIVRE IL LE MONDE COMME VOLONTÉ · texte numérisé non relu

LIVRE IL LE MONDE COMME VOLONTÉ

telle, n’est pas soumise au principe de raison, c’est-àdire qu’elle n’a pas de cause („grundlos“). Elle est située en dehors du temps; elle est partout présente et semble, pour ainsi dire, être dans l’attente perpétuelle de l’arrivée de circonstances, à la faveur desquelles elle puisse se manifester et s’emparer de quelque matière déterminée, en en chassant la force qui y régnait jusque là. Le temps n’existe que pour son phénomène, pour elle-même il n’a aucune signification : les forces chimiques sommeilleront des milliers d’années au sein d’une matière, jusqu’à ce que son contact avec les réactifs voulus vienne les mettre en liberté; alors elles apparaissent, mais le temps n’est arrivé que pour leur manifestation, et non pour elles-mêmes. Pendant des milliers d’années le galvanisme dormira dans le cuivre et dans le zinc, qui reposeront tranquilles auprès de la feuille d’argent; que les conditions nécessaires se présentent, et celle-ci devra s’enflammer. Dans le règne organique lui-même, nous voyons une semence desséchée garder pendant 3000 ans la force qui repose en elle, et, quand les circonstances favorables se seront présentées, pousser comme plante *).

*) Le 16 septembre 1840, dans l'Institut littéraire et scientifique de London City, à l’occasion d’une conférence sur les antiquités égyptiennes, Mr Pettigrew a montré des grains de blé que Sir Gf. Wilkinson avait trouvés à Thèbes dans un tombeau dans lequel ils doivent avoir séjourné 30 siècles. Ils étaient renfermés dans un vase hermétiquement clos. 11 en avait semé douze, et avait obtenu une plante qui atteignit une hauteur de cinq pieds et dont la semence était à ce moment, parfaitement mûre. („Times“ du 21 sept. 1840). — De même, dans la Société médico-botanique de Londres, Mr Haulton présenta en 1830 une racine bulbeuse, trouvée dans la main d’une momie égyptienne, probablement quelque pieux témoignage, et

L'OBJECTIVATION DE LA VOLONTÉ

Si les présentes considérations nous ont rendu évidente la différence entre une force naturelle et ses manifestations ; si nous avons bien saisi que celle-là est la volonté elle-même, à ce degré précis d’objectivation; que celles-ci, ses phénomènes, sont seules susceptibles de multiplicité, en vertu du temps et de l’espace, et que la loi de causalité n’est que la détermination de la place qui revient aux manifestations isolées, dans ces formes de l’intuition ; nous reconnaîtrons aussi la parfaite vérité et le sens profond de la théorie de Mallëbranche sur les „causes occasionnelles". Il est utile de comparer cette doctrine, telle qu’il l’expose dans ses „ Recherches de la vérité", surtout dans le 3me chapitre de la 2de partie du livre VI et dans les éclaircissements annexés à ce chapitre, avec l’exposé que je viens de faire, et il est intéressant de trouver la plus entière concordance entre les deux théories, malgré la grande divergence dans la marche des pensées. Je dois admirer

qui devait par conséquent être vieille au moins de 2000 ans. Il l’avait plantée dans un pot à fleurs; elle y avait pris racine et la tige verte montait déjà. Ce fait, extrait du Medical Journal de 1830, est rapporté par le Journal of the Royal Institution of Great Britain, Octobre 1830, p. 196. — „Dans le jardin de Mr Grimstone, du Jardin des plantes, Highgate, Londres, une tige de pois se trouve actuellement en pleine fructification; elle provient d’un grain de pois pris par Mr Pettigrew et les employés du Musée Britannique dans un vase trouvé, dans un sarcophage égyptien, où il devait être enfermé depuis 2844 ans“. (,, Times du 16 août 1844) - On a même trouvé des crapauds vivants, emprisonnés dans des pierres calcaires; ce qui permet d’admettre que la vie animale elle-même est. susceptible d’une pareille suspension séculaire, quand celle-ci a commencé par l’hibernation et a été entretenue par des circonstances particulières.

Note de Schop.

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