LIVRE II. LE MONDE COMME VOLONTÉ
en effet, la relatiou nécessaire et la dépendance de toutes ces parties entre elles, rétablissent dans le phénomène l’unité de l’Idée. En conséquence toutes ces parties et fonctions de l’organisme, nous apparaissent comme des moyens et des fins réciproques, et l’organisme comme leur but final. Il résulte de là que, d’une part la dissémination de l’Idée, qui en soi est simple, en un certain nombre de parties et d’états organiques différents, aussi bien que, d’autre part, le rétablissement de son unité au moyen de la liaison nécessaire résultant pour ces parties et états de ce qu’ils sont causes et effets réciproques et par suite moyens et fins, ne concernent pas la volonté comme telle, qui se manifeste dans l’Idée, n’affectent pas la chose en soi, mais essentiellement et uniquement son phénomène dans le temps, l’espace et le causalité (qui sont des modalités du principe de raison, des forme du phénomène). Cette sub-division ainsi que ce rétablissement d’unité n’appartiennent pas au monde comme Volonté mais au monde comme Représentation aux procédés par lesquels la Volonté, a ce degré de son objectité, devient Objet, c’est-à-dire Représentation.
Il faut se bien pénétrer de l’esprit de cet exposé, un peu ardu peut-être, et alors l’on comprendra parfaitement la théorie de Kant, que la finalité du monde organique, comme aussi la régularité du règne inorganique, sont introduits dans la nature par notre entendement, et que conséquemment les deux appartiennent au phénomène et non à la chose en soi. Cette admiration, dont nous parlions plus haut, qu’éveille en nous la régularité constante et infaillible du monde inorganique, est essentiellement la même que celle que provoque l’harmonie finale de la nature organique : car dans les deux cas, ce qui nous surprend c’est d’apercevoir l’unité dans l’Idée qui pour se manifester, avait
L’OBJEC TI VATION DE LA VOLONTÉ
revêtu les formes de la pluralité et de la diversité. *)
Nous avons exposé jusqu’ici la finalité intérieure. Pour ce qui concerne la finalité extérieure , qui ne ressort pas de l’économie interne des organismes, mais de l’appui et du secours extérieurs qu’ils rencontrent dans la nature inorganique, ou qu'ils se prêtent entre eux, celle là trouve aussi son explication générale dans ce même exposé, puisque l’ensemble du monde avec tous ses phénomènes est l’objectité d’une seule et même volonté; puisqu’il est lui aussi une Idée qui se rapporte aux autres Idées comme l’harmonie aux voix isolées; l’unité de la volonté doit donc se montrer ici aussi dans la concordance de toutes ses manifestations. Mais ces vues deviendront bien plus claires pour nous, si nous examinons plus attentivement les manifestations de cette finalité extérieure et de cette concondance entre elles des différentes parties de la nature; cet examen jettera en même temps plus de lumière sur l’exposé précédent. Dans ce but nous allons porter notre attention sur l’analogie suivante.
Le caractère de chaque homme, en tant qu’individuel et non compris en entier dans celui de l’espèce, peut être envisagé comme une Idée particulière correspondante à fin acte particulier d’objectivation de la volonté. Cet acte lui-même serait alors son caractère intelligible et le phénomène de celui-ci serait le caractère empirique. Ce dernier est entièrement déterminé par le premier lequel est volonté, volonté sans raison, c’est-à-dire non soumise, en tant que chose en soi, au principe de raison (forme du phénomène). Le caractère empirique doit, pendant tout le cours de la vie, fournir l’image du caractère intelligible, et ne peut prendre
fi Comp. „La Volonté dans la Nature1’’, à la fin de la rubrique intitulée : „Anatomie comparée. “ Note de Schop.