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Ce doit être là l'œuvre d'une autorité chrétienne reconnue comme, telle. Je suis persuadée qu’un théosophe, mieux qu’aucun autre, saurait se charger d’une œuvre semblable, car il ne s’arrête pas aux formes religieuses et s’attache à relever les points de concordance plutôt que les points de divergence. Mais il est précisément important que ce travail soit entrepris, non par un théosophe, mais bien par un homme qui serait animé de l'esprit de la Théosophie ; en d'autres termes, par un homme dont l'esprit serait imprégné de la Sagesse Divine et pour qui toute forme religieuse serait une expression de la vérité et non pas une source de querelles.
Supposez que cela soit fait partout où il y a des chrétiens ; voyez tous les avantages qui en résulteraient. Cela ne serait pas si difficile à réaliser. Il y a en effet certaines doctrines que vous êtes tous prêts à accepter pour peu que vous soyez chrétiens; vous n’auriez qu'à y adapter une forme rationnelle, intelligible, et à recueillir dans vos Ecritures les versets qui s'y appliqueraient, ce qui leur donnerait ainsi une valeur incontestable sans que ceux, pour lesquels ces Écritures font autorité, puissent trouver à redire. J’ai eu à ce sujet une idée qui
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pourrait probablement être réalisée; je me suis demandée s'il ne serait pas possible d’écrire un catéchisme universel intéressant la religion et la morale, à l'aide de textes empruntés à toutes les Ecritures des grandes religions, à toutes les Bibles de l'humanité, dont l'autorité serait, pour ainsi dire, condensée en une doctrine universelle. De la sorte,on aurait un livre que les chrétiens, l'Hindou, le Parsis, le Bouddhiste, le Musulman pourraient employer. »
Il est d'ailleurs très possible de tirer de ces diverses sources des éléments communs à toutes, ce qui n'empêcherait pas chaque croyance d'ajouter ses enseignements spéciaux à cette grande base ; ainsi, toutes les croyances seraient réellement sœurs. C'est là un rêve sans doute, mais je le crois réalisable.
D'après tout ce que nous avons dit, il ressort que notre éducation ne peut être indépendante des enseignements religieux sans lesquels nous ne pouvons donner de bases solides à la morale.
D’autre part, qu'adviendrait-il si l’on considérait l'Etat comme une grande famille composée d’enfants d’âges divers, de capacités différentes, d'enfants qu'on entraînerait avec égalité? Il en résulterait un système d'éducation dans lequel une grande somme commune
de connaissances intellectuelles et morales serait donnée à chaque enfant jusqu’à l’âge de dix ou onze ans ; puis interviendrait une sorte de classement selon les capacités individuelles de chacun. Vous ne songeriez plus alors, quand un enfant fait montre de dispositions musicales, à ajouter à ces dispositions quelques teintures de trois ou quatre autres arts, si bien que l’enfant n’est bon dans aucun et demeure superficiel en tout. Dès que vous apercevez une aptitude spéciale à la musique, vous devriez abandonner toutes les autres choses pour faire de la musique 1'étude principale de l’enfant. Si vous trouvez un goût pour la couleur et la forme, dirigez alors l’enfant vers les arts plastiques ou vers la peinture. De la sorte, lentement et graduellement, vous vous rendrez compte que la puissance de l’art doit passer entre les mains des artistes de la nation, que la plupart de vos garçons et de vos filles doivent être préparés à en devenir les artisans et cela contre l’avenir même des arts manufac" turiers. A cette condition seulement, vous assisterez au retour de la Beauté dans la vie, vous verrez de nouveau le sens de la Beauté se développer dans la nation.
Si vous apercevez des aptitudes littéraires.
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vous n’insisterez plus désormais, — ainsi que vous le faites notamment pour vos filles, — vous n’insisterez plus pour quelles fassent toutes un peu de musique, qu’elles apprennent un peu le dessin et un peu à chanter; vous laisserez toutes ces dernières choses de côté pour ne vous occuper que de Inaptitude littéraire, quand vous la trouvez, et pour diriger dès lors l’éducation de l’enfant dans ce sens.
S agit-il de dispositions pour la science, faites de celle-ci le point principal de votre enseignement, sans oublier d’y ajouter simplement un peu de littérature et d’idéal, sans quoi votre science risquerait fort d’être vulgaire et empêcherait sa noble adaptation à la vie humaine.
S agit-il d aptitudes pour la mécanique, attachez-vous à les développer, sans jamais oublier que le jeune garçon ne devra pas quitter l’école avant d’avoir appris le moyen d’être utile à l’Etat tout en gagnant sa vie.
fout travail maladroitement fait devrait être désormais,dans tous les départements de la vie humaine, un reste du passé. Il est important que vous spécialisiez l’enfant à l’âge où il est encore capable d’apprendre à fond ce qui, plus tard, est destiné à être un gagne-pain.
Beaucoup (Terreurs sont dues au
Système actuel cTÉducation
grâce auquel le garçon reçoit une instruction beaucoup trop littéraire aux dépens de l'habileté qui lui est nécessaire lorsqu’il se destine à un travail manuel. Il vous faut, dans vos écoles, une méthode d'entrainement plus pratique que celle qui existe actuellement; vous devez désormais éviter de croire que telle ou telle forme de l'activité humaine est plus ou moins noble que telle ou telle autre; celui qui se sert habilement de ses mains est tout aussi honorable que celui qui se sert bien de son cerveau. La seule chose qui soit déshonorante consiste à mal se servir de ses mains ou de son cerveau. Votre principal défaut est de vous écrier : « Oh ! c’est suffisant ! Cela ira 1 » Rien n’ira si ce n’est pas fait aussi bien que vous êtes susceptible de le faire; autrement vous ne faites qu’un gâchis qui salit l’esprit au lieu de l’élever.
Ce n’est pas le genre de travail auquel vous vous adonnez qui est déshonorant ou non, c'est l’esprit que vous y mettez ; c’est aussi la qua lité des œuvres que vous produisez.
Aussi longtemps que dans la nation vous
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n aurez pas rendu au travailleur ses titres d'artiste ; aussi longtemps qu'un charpentier voudra, sans raison, instruire son fils pour en faire un clerc de notaire au lieu d’un artisan, vous mésusez vos forces en encombrant vos emplois; aussi longtemps que vous n'aurez pas rétabli cette balance du devoir humain et du travail humain, vous ne pouvez espérer faire une société qui soit saine et forte.
Passons à d'autres choses, dont le besoin se fait si vivement sentir dans l'éducation : la discipline, le sentiment du devoir dans la vie. Je pense que cela s’apprendra plus particulièrement pendant les récréations plutôt qu’en classe. Il peut paraître étrange de voir se servir, pour cela, de l'influence du jeu sur un garçon. C'est pourtant tout naturel. Lorsqu'un gamin est membre d’un team soit pour le cricket, le foot-ball ou le hockey, peu importe ! ce jeune homme ne sera jamais «un succès » tant qu'il n'aura pas appris à penser à son camp plus qu’à lui-même. Ici, l’idée d’une collectivité s’impose déjà à son esprit et lui apparaît comme étant, en fait,supérieure à ses propres intérêts. C'est au jeu que les garçons et les petites tilles apprennent plus d’une leçon qui les rendra par la suite de meilleurs citoyens. Ils pro-
fitent des leçons telles que celles-ci : le sens de l’ordre et de la discipline, s’acquitter avec honneur de sa tâche, quels que soient le rôle qu’on joue et le terrain qu’on occupe pendant le jeu. Vous pouvez, au cricket ou au foot-ball, être placé à tel ou tel endroit du champ, le devoir du jeune garçon consiste à bien remplir ses fonctions là où son capitaine Ta placé sans désirer être en un autre point du champ. Cette discipline au jeu a plus de valeur que celle de la classe, car elle est volontaire, joyeusement exercée, stimulée par un idéal au lieu de l’être par la crainte d’un châtiment. De là, l’importance du jeu, l’importance quïl y a à apprendre aux jeunes gens à jouer selon les règles.
Le plus grand des dangers encourus par les nations, soi-disant démocratiques, réside dans l’absence du sentiment de discipline, le manque d’ordre, le refus d’obéissance; sans tout cela, pas une nation ne peut grandir.
Lors de mon dernier séjour en Australie, il arriva qu’un jeune mineur déserta son poste à la suite d’un reproche qui lui avait été adressé au sujet de son travail. Toute la mine décréta la grève afin de défendre le gamin contre les attaques qui étaient faites à sa liberté. Ces sortes de choses vous arrivent de temps à autre ;
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tant que ce fait se produira, qu’il se trouvera parmi vous de semblables éléments, vous ne saurez changer le caractère général de la nation ; vous n’aurez à votre disposition qu’un tas de morceaux de marbre sans cohésion. Avec des matériaux dépourvus de ce sentiment du devoir qui relie entre elles les choses, avec des matériaux dépourvus en outre du sentiment de responsabilité : vous ne pourrez édifier un État.
La où manquent discipline, ordre, obéissance, manque aussi la grandeur. Mais tout cela peut s’obtenir si vous basez définitivement l’éducation sur ces idées de fraternité, de réincarnation, de loi.
Laissant ce domaine, portons maintenant notre attention sur une très importante question: la pénalité ,
le Traitement des criminels .
Uu est-ce qu un criminel ?
Les criminels peuvent être divisés en deux classes: la première est celle des âmes jeunes, qui ont besoin d’être éduquées ; la seconde est celle des âmes dont le développement a été
contrarié de telle sorte, que Inintelligence a évolué plus vite que la conscience, au lieu d’évoluer parallèlement à elle. A cette classe appartiennent les criminels les plus dangereux et les plus difficiles à traiter.
L’âme jeune est, pour ainsi dire, celle d’un sauvage ; un tel être, d’un degré d’évolution si inférieur, aurait été, au début de notre race, guidé vers quelque tribu sauvage, dans quelque île ou désert où la rude existence du sauvage l’aurait assoupli. Il serait sans doute devenu grossier, dur, cruel; mais il aurait du moins, et graduellement, habitué sa jeune âme à un sentiment du devoir vis-à-vis de sa tribu. Aujourd’hui, les temps étant changés, l’humanité ayant rapidement progressé, il n'y a plus, dans le monde, suffisamment de lieux qui répondent à ces conditions et qui permettent un épanouissement graduel de ces âmes jeunes. Ce que nous appelons les nations civilisées se sont répandues sur toute la surface du globe, ont chassé hors de leurs domaines les indigènes qu’elles rencontrèrent, se sont emparé de leurs îles, se sont approprié leurs terres après avoir envoyé les premiers propriétaires dans l’autre monde. Qu’est-il advenu de toutes ces victimes ?
LE PRINCIPE DE FRATERNITE
Elles se sont réincarnées, suivant en cela la loi d’évolution ; mais par suite d’une autre loi, tout aussi naturelle que la première, elles se sont réincarnées dans les nations qui ont le plus contribué à les déposséder et à les immoler.
Comme vous devez le penser, rien de plus logique à ce que nous vivions sous le régime d’une loi et non pas au hasard de la chance ; aussi, ceci soit dit avec le plus profond respect, nous ne devons pas nous étonner de voir F Angleterre nourrir dans son sein autant d’anciens sauvages. Dieu en eux n’est pas encore éveillé, ils arrivent à l’existence en sauvages qu’iis sont encore. Vous les appelez des criminels par hérédité. En réalité ce sont des âmes jeunes, sans moralité, au cerveau peu développé, possédant toutefois une certaine force, une certaine astuce et quelques lueurs d’intelligence, mais, malgré tout, fondamentalement très jeunes. En outre, vous trouvez d’autres âmes, incarnées dans ces basses conditions et qui ne sont pas encore tout à fait prêtes à supporter, comme leurs aînées, une société qui les entrave dans leurs actions ; ce sont là des criminels occasionnels que vous avez trop tendance à ranger au nombre des criminels invétérés.
Nous arrivons à la seconde classe dont je parlais tout à l'heure, celle des individus dont révolution normale a été contrariée et que j’ai mentionnés comme étant des plus difficiles à traiter. Ce sont, pour la plupart, des hommes très intelligents qui emploient leurs facultés intellectuelles à voler autrui, au lieu de les employer dans les limites de la loi. Ces sortes d'hommes sont très nombreux. Parfois, ils dépassent à peine les limites des lois, parfois même ils y demeurent, mais au point de vue social, rappelez-vous qu'il existe beaucoup de criminels qui se contentent, ainsi qu'on le dit, de côtoyer la loi, juste de quoi éviter la prison. Ce point se rapporte à l'exemple que je vous présentais l’autre jour à propos de cet homme qui ruina la compagnie de chemin de fer de tout un district, profitant de cette ruine pour s'amasser une fortune considérable. Ce n’est pas là un criminel tel qu’on le conçoit habituellement, les agents ne peuvent l’arrêter comme un voleur mais, vis-à-vis du
Karma , de la Justice éternelle ,
tout en employant des moyens légaux,cet homme qui a volé des milliers de ses semblables en
LE PRINCIPE DE FRATERNITE
les privant de leur gagne-pain, cet homme-là est pire que le voleur qu’on jette en prison pour avoir dérobé le porte-monnaie d’un passant.
Il existe, dans toute contrée civilisée, bon nombre d’autres choses qui sont illégales tout en restant légales au point de vue strict de la loi; beaucoup d’entre elles se déguisent sous le nom de : Compagnies par actions. 11 est souvent très difficile d’en démontrer la fraude; néanmoins, et c’est un fait à constater, on voit toujours ce genre de Compagnies péricliter ; les personnes qui en ont acheté les actions sont volées, tandis que le promoteur en sort indemne, devient même un homme très considéré et fort bien accueilli dans le monde.
Il est certain qu’en nous plaçant au point de vue social, cela est foncièrement immoral; mais nous ne pouvons les appeler criminels au sens propre du mot, bien que la loi soit prête à les attaquer s’ils dépassent trop sensiblement la mesure.
Comment allons-nous maintenant traiter les âmes jeunes ; comment éviterons-nous aussi d’en faire des criminels invétérés ou des récidivistes? Existe-t-il quelque chose de plus triste et de plus honteux que les condamnations s’ac-
cumulant parfois jusqu’au chiffre de cinquante ou soixante pour un même individu avec, chaque fois, des jugements dont la longueur croit proportionnellement au nombre de délits commis, sous prétexte que l’accusé est un criminel invétéré? Mais c’est vous qui l’avez pour ainsi dire obligé à devenir ce que vous l’accusez d’être.
Vous ne devriez pas traiter un homme qui a violé la loi en lui infligeant sept jours, un mois ou un an de prison, peine que vous allongez à chaque récidive. Vous ne traitez pas les malades ainsi! Vous ne verrez pas un seul médecin ordonner huit jours d’hôpital à un varioleux, ou un mois d’hospice pour un accès de fièvre ; les patients sont retenus et soignés jusqu’à ce qu’ils soient entièrement guéris, et c’est ainsi que vous devriez traiter quiconque a des tendances au crime.
Vous ne devriez pas punir, mais secourir; votre devoir serait de vous charger de cette âme-enfant et de la ramener au bien.
Vous ne devriez pas non plus, dans vos prisons, infliger des travaux inutiles sous prétexte de punir. Le criminel dont l’âme est celle d’un sauvage a toujours horreur du travail ; il est toujours paresseux; cela est dû à sa jeunesse.
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Si vous prétendez lui faire faire,à titre de châtiment, des travaux forcés et inutiles, vous n'aboutirez qu’à accroître son dégoût pour tout genre de travail; il le haïra plus à sa sortie de prison qu’au moment de son entrée.
Faire charger et décharger des boulets d ? un coin de la cour de prison à l’autre coin et viceversa, infliger cette inutile torture du moulin de discipline, ce n’est pas là guérir le prisonnier, c’est en faire un criminel *. Lorsqu’un tel homme se trouve entre vos mains, votre devoir est de prendre soin de lui, de le traiter comme un frère cadet qui ne sait pas encore se conduire; votre titre d’aîné vous y oblige. Il est nécessaire de lui apprendre un honnête métier qui lui fournisse le moyen de gagner sa vie ; il vous faut au préalable le discipliner, non pas cruellement, mais avec fermeté et patience ; faites-lui comprendre cette loi d'après laquelle tout individu qui refuse de travailler n’a pas le droit de manger; apprenez-lui, dans la prison, à mériter chacun de ses repas. Enseignezlui un métier à l’aide duquel, et dans les murs mêmes de son cachot, il gagnera son existence
1. Il paraît que ce genre de condamnations vient d'être aboli dans les prisons anglaises; si cela est vrai, un grand pas en avant a été fait. (Noie de l'auteur.)
en attendant le jour où vous lui fournirez l'occasion de continuer à travailler à Fextérieur de la prison. Si alors, il refuse et revient de nouveau entre vos mains, recommencez à le discipliner jusqu’à ce qu’il soit complètement guéri, cela demanderait-il plusieurs années, car la construction du caractère exige souvent un temps assez long. Vous pouvez éviter de faire de la vie en prison une chose dégradante, ce qui est le cas aujourd'hui; fournissez au prisonnier les moyens de se récréer à l’aide de distractions qui élèvent son esprit au lieu de le laisser s'abattre sous l’influence du lourd sentiment de disgrâce qu'il éprouve entre les murs de sa prison. Vous avez certes le droit de l’isoler pour qu'il ne nuise pas à la société, mais vous devez le traiter comme un jeune dans le grand foyer national, l’entraîner graduellement au bien, et, lorsqu'il consent à vivre d’une vie meilleure, donnez-lui les clefs qui lui rendront la liberté.
On vient précisément, ces derniers temps, de mettre ici à l'essai ce que l'on appelle :
Le système de 'probation.
11 a été inventé en Amérique et a déjà fourni
LE PRINCIPE DE FRATERNITE
d'excellents résultats dans certaines contrées. Unmembre de notre Société, Miss Lucy Bartlett, a eu l’immense privilège d'introduire ce système en Italie où il est maintenant de rigueur.
En quoi consiste-t-il?
Lorsqu'un jeune garçon, — ou une jeune fille, — commet un premier délit, il n'est pas envoyé en prison avant qu'un généreux et honorable citoyen ne se soit présenté en disant : « Je me charge de cet enfant, de cette petite fille, de ce jeune homme, de cette jeune femme... je serai son ami, veuillez prendre soin de lui. » Ce n'est plus, de la sorte, une sentence qui le voue à la réclusion, c’est un simple avertissement; si on échoue, alors et seulement, on intervient plus directement et plus sévèrement, ce qui d’ailleurs se présente très rarement. Un homme, — ou une femme, — appartenant à la classe riche de la société et devenant l'ami d’un frère ou d'une sœur plus jeune, cela seul suffit, dans la plupart des cas, pour ramener au bien. L'aîné se fait un ami du coupable, le promène de temps à autre, lui parle, le traite véritablement comme un frère ou une sœur, et, ne l’oubliez pas, l'amour humain est une force rédemptrice capable de rétablir la conscience morale et le désir d'être loué.
Tels sont les moyens à employer, — qui le plus souvent réussissent, — pour ramener à la vertu celui qui s’est engagé sur le sentier du vice pour la première fois. En outre, l’amitié contractée pendant la période d’épreuves se’continue toute la vie durant entre protecteur et protégé; réconfort, secours, instructions se faisant chaque jour plus efficaces et profitant à l’un aussi bien qu’à l’autre.
Le système est appliqué en Amérique depuis un temps assez long pour que nous puissions juger de sa valeur ; il fonctionne également en Italie depuis deux ou trois ans, ce qui est peu mais des quantités d’hommes et de femmes de la classe riche se sont offerts pou?
devenir les amis des infortunés qui se trouvent sous le coup de la loi.
Il est certain qu’il ne saurait exister de meilleure application de la Fraternité quant au traitement des criminels; c’est accomplir le devoir qui incombe à tous ceux qui sont au-dessus des tentations du vice auxquelles les plus jeunes succombent.
Je ne puis abandonner ce sujet sans dire un mot de
La Peine capitale .
LE PRINCIPE RE FRATERNITE
Quiconque admet le principe de fraternité ne peut vraiment soutenir et défendre ce genre de châtiment. Peut-être quelques-uns d’entre nous se rappellent-ils cette parole d un Français facétieux : « Que messieurs les assassins commencent. » Mais c'est des niveaux supérieurs que doit venir l’exemple et non des niveaux inférieurs. Vous ne pouvez espérer que votre assassin respecte la vie humaine si, d après vos lois, vous lui enseignez que le meurtre trouve son châtiment dans un autre meurtre.
Oui, c est vrai, l’un est passionnel, l autre est légal ; mais si la loi n’apprend pas le respect de la vie humaine, comment voulez-vous que le criminel, esclave de ses passions, soit porté à avoir ce respect? Je ne m’attarderai pas au peu de cas que l’on fait de la vie d’un homme en le supprimant ; j’attirerai plutôt votre attention sur un point beaucoup plus important Vous ne vous débarrassez nullement d’un assassin en le supprimant, vous ne vous débarrassez que de son corps physique et ce corps est la prison la plus pratique que vous puissiez trouver pour mettre l’individu en lieu sùr. En l’incarcérant, vous lui évitez de nouveaux crimes, ce que vous êtes incapables de faire quand, parla pendaison, vous avez libéré l’âme. Vous
ne tuez pas, vous ne le pouvez pas, ce que vous tuez ce n'est que le corps ; quant à l'individu luimeme, vous lui avez simplement ouvert les portes du inonde voisin qui interpénètre le nôtre et dont les habitants nous entourent à tout instant. Vous l'envoyez là plein de pensées de haine, vibrant de colère et j)réméditant déjà de sanglantes vengeances contre ceux qui ont attenté à ses jours. Il devient alors l'instigateur de nouveaux meurtres en stimulant, en incitant d’autres criminels à l’assassinat. N'avez- \ ous jamais remarqué qu'une même espèce de meurtres se retrouve fréquemment dans le même milieu jusqu’à former le même genre d’actes répréhensibles? Je sais que la presse, en donnant les détails de toutes ces horreurs, contribue largement à inspirer les mauvaises imaginations, et s ajoute ainsi aux tentations provenant du monde où vous avez envoyé le condamné. Dans une contrée civilisée, les détails d un crime ne devraient jamais être livrés à la publicité; les hommes devraient enfin se rendre compte qu'en agissant de la sorte, ils ne font que stimuler l'esprit d’imitation et rendre le meurtre plus fréquent.
Il y a une autre raison qui devrait vous retenir d'envoyer si facilement un homme à la
LE PRINCIPE DE FRATERNITÉ
mort. Lorsqu’un criminel est entre vos mains, vous devriez vous rappeler toutes les existences qui l’attendent, vous devriez lui donner quelque chose à emporter avec lui au delà de la tombe, quelque chose qui, dans l’autre monde, soit susceptible de se transformer peu à peu en sens moral ; vous devriez vous rappeler qu’il reviendra dans un corps physique. 11 est alors de votre devoir de lui préparer cette incarnation future, en lui fournissant, dans la présente, tout ce que la pensée et l’amour humain peuvent lui communiquer de bon et de bien. Je le répète, nous avons un grand devoir à remplir vis-à-vis de ces âmes jeunes qui souffrent de notre civilisation alors qu’elles devraient en profiter.
Quel sera le résultat de la Fraternité dans les Questions Économiques ?
La solution de ce problème exigera certainement de fortes intelligences qui soient capables de trouver une juste balance entre la production et la consommation, de façon à ce
que d’un côté ; les hommes aient moins à souffrir de la misère où ils sont plongés, de l’autre, moins inutiles dans le luxe dont ils s'en tourent.
Ce n’est pas
le Socialisme des Rues
qui permettra de résoudre ces grands et difficiles problèmes. Vous ne pouvez les résoudre qu’en prenant en considération tous les problèmes secondaires qui s’y rattachent. Un système de coopération générale, d’intérêts communs, ou quelque chose de ce genre, peuvent être les principes susceptibles d’améliorer les conditions sociales. A moins que vous ne rendiez les travailleurs plus heureux, plus satisfaits de leur sort, vous ne pourrez pas exercer de contrôle sur l’ignorant, car ce contrôle menacera toujours ses moyens d’existence ; c’est donc la ruine. Laissez-moi vous donner un exemple qui vous indiquera plus clairement mes vues à ce sujet.
Depuis plusieurs années, des grèves nombreuses ont éclaté dans ce pays, et nous ne pouvons douter qu’elles furent causées autant par 1 avidité de la classe dirigeante que par un
LE PRINCIPE DE FRATERNITÉ
traitement injuste envers les ouvriers. Quoi qu’il en soit, ces grèves ont le plus souvent, et dans la plupart des cas, rabaissé l’ouvrier à des niveaux plus bas que celui qu’il occupait avant de se révolter.
Je me trouvais l’autre jour à Tyneside ; Newcastle et tous les ports l’avoisinant, comme aussi toute la côte de Sunderland formaient autrefois, en Angleterre, de grands centres de constructions maritimes. Les grèves consécutives paralysèrent peu à peu l’activité de ces centres, dans l’impossibilité où l’on se trouvait de payer les tarifs demandés. La contrée, de ce fait, cessa d’être la grande contrée ouvrière et maritime qu’elle était, le commerce tomba? la ruine s’étendit. Vous ne pouvez blâmer les grévistes qui luttèrent pour leur bien-être ; ils ne comprenaient pas les difficultés auxquelles toutes ces grandes maisons devaient faire face ; iis ne comprenaient pas qu’ils rendaient la construction des navires impossible à leurs patrons en leur demandant des salaires qui n’étaient pas trop élevés, mais que le constructeur ne pouvait accepter, étant données les exigences de la vie commerciale d’alors. Et il en est toujours ainsi.
Une intelligence prudente et un jugement
sain sont de rigueur pour ces questions. Sentant cela, des chambres de commerce proposèrent des élévations graduelles d’appointements, des commissions d'arbitrage, etc... Tout cela est fort bien, mais une difficulté surgit dans vos commissions d’arbitrage, car leurs décisions ne sont pas toujours acceptées. Lorsque les individus en appellent à la commission, c’est toujours avec l’espoir qu’on décidera en leur faveur ; si cela n’a pas lieu, ils ne sont guère disposés à s’y soumettre.
Je reviens une fois de plus à ce dont je fus témoin. Je me trouvais l’an dernier en Nouvelle-Zélande ; une grave collision se produisit entre ouvriers et patrons ; en fin de compte, les deux partis en appelèrent à une commission d’arbitrage. Bien que les arbitres eussent été choisis dans les deux camps, les hommes refusèrent de reprendre le travail lorsque la décision leur fut connue.
Vous ne pouvez employer cette méthode en ce qui concerne les graves questions économiques. Un corps de métier ne devrait jamais considérer son seul intérêt, lorsqu’il s’agit de fixer le taux des salaires que le patron aura à payer, car la question se complique de nombreuses considérations ; il n’y a pas un coin-
LE PRINCIPE DE FRATERNITE
merce,il y a la balance de tous les commerces, et c’est sur cette balance qu’il faut tabler avant de prendre une décision. De là, la nécessité d’une grande habileté, d’une puissante intelligence pour l’étude des questions économiques, étude dans laquelle un ouvrier ne saurait être d’aucun secours. Tel est le point délicat ; c’est là qu’il faut, de chaque côté, un état d’esprit particulier que seul l’intérêt général anime; autrement il en résulte, à la fin, plus de troubles qu’auparavant, et le commerce cesse, là où les conditions lui sont devenues contraires.
C’est ce qui se produit actuellement en Australie : les personnes versées dans les connaissances minières et autres choses analogues fixent les salaires que les compagnies maritimes doivent donner à leurs marins. Aussi, lorsque des bateaux de la Compagnie P. et O. arrivent dans les eaux australiennes,les armateurs sont obligés de rétribuer leurs hommes aux conditions imposées par la situation économique en Australie. —Quel en est le résultat?— Les navires P. et O.ne partent pas; les compagnies ne peuvent se ruiner pour le bénéfice des ouvriers australiens ; les moyens de transport sont supprimés et, quand le mal est fait, le remède arrive toujours trop tard. Voilà ce qui
arrive partout où les ouvriers sont arrivés au pouvoir ; on veut gouverner avant d’avoir appris à le faire ; on veut le pouvoir avant d’en avoir compris les lois.
C’est à peu près ce qui a lieu aussi dans la question du
Travail des femmes .
La femme réclame bien haut le droit de travailler, mais elle oublie souvent que les dirigeants peuvent profiter de certaines caractéristiques qui lui sont inhérentes et que rien ne peut changer, car elles sont fondamentales et naturelles. Lorsque la femme fait abstraction de ses titres d’épouse et de mère pour s’en aller travailler à la fabrique, laissant derrière elle des enfants qu’elle laisse sans surveillance, ou pour la sauvegarde desquels elle rétribue des personnes complaisantes, les appointements baissent immédiatement car on la sait consentante à travailler pour peu, étant donnée la misère des enfants restés au foyer. C’est alors le monde renversé : la femme prend le rôle du mari, le mari celui de la femme. 11 arrive que les enfants souffrent de l’absence de leur mère ; l’homme, lui, court les rues sans situation, la
LS PRINCIPE D2 FRATERNITE
femme ayant été prise à sa place puisqu elle travaille pour un plus faible salaire. Telles sont,parmi bien d’autres, les difficultés résultant d’une chose qui parait cependant si logique : le droit pour la femme de travailler et d’en recueillir les fruits.
L’homme et la femme ne seront jamais égaux devant le travail, car la femme porte les enfants. C’est là que gît la différence; c'est pour la nation une question de santé et d’honneur.
La femme peut-elle en vérité exiger les appointements qu’on donne à l’homme? I n jour que je me plaignais des appointements de famine qu’on donnait à des allumetières, j’entendis cette brutale réponse : « La femme peut toujours, quand elle veut, augmenter son salaire. » Et cela est vrai ! et cela place la femme dans un état d’infériorité quant à la question du travail. Ce qui tout d’abord paraissait promettre pour l’avenir, n’a fait qu’augmenter la crise économique, a chassé l’homme à la rue pendant que la femme travaille doublement, à la fabrique et au foyer. Cet état de choses ne peut durer, un remède s’impose.
Je le répète, il faut, pour s’occuper de ces questions économiques, les meilleurs cerveaux et les cœurs les plus généreux, une connais-
sance très vaste du genre humain et une profonde sympathie pour autrui. Sans ces qualités vous ne résoudrez pas ces terribles problèmes de l’époque ; vous n’y arriverez pas par la rudesse et les moyens violents ; il vous faudra employer la sagesse et l’amour, appuyer sur cette vérité suivante :
La puissance d’une nation dépend de l’intérêt qu’on lui porte ; la lutte des classes entre elles ne peut rien, l’union de tous pour le bien général sera seule féconde en résultats.
Parfait! vous écrierez-vous ; mais...
La 'politique ?
A vrai dire, je ne peux rien vous exprimer là-dessus, car je ne m’attache qu’aux grands principes, ce qui ne m’empêchera pas cependant de revenir un peu en ari’ière pour vous parler encore de cette Liberté dont je vous ai entretenus déjà au début de cette conférence.
Certaines gens s’imaginent que la Liberté se résume dans un vote ; vous ne pouvez faire d’erreur plus grossière. La liberté et le vote n’ont rien de commun. Le vote vous confère le pouvoir de faire des lois pour gouverner, il ne vous procure en aucune façon la Liberté. Je
LE PRINCIPE DE FRATERNITE
l’ai déjà dit, nous n’avons jamais joui de la Liberté sur terre.
jNous avons eu ici, en Angleterre toute espèce de lois mais de Liberté, jamais ! Feuilletez l’histoire, vous y verrez l’époque des rois; grâce à eux l’Angleterre s’édifia en nation ; puis vinrent les Barons, et leur œuvre ne fut pas si funeste puisque, de leur temps, on disait:
« 1 heureuse Angleterre » et certainement personne ne songerait à dire cela aujourd’hui.
Ensuite vint l’Angleterre des Parlements ; à partir de cette époque elle dégénéra de plus en plus ; enfin naquit le Commerce anglais. Et qui nous gouverne actuellement ? Ce ne sont ni le Roi, ni les Lords, ni le Parlement, ce sont, d’un côté :
Le Veau d’or. — La Canaille
de l’autre. Or, ni l’un ni l’autre ne contribueront à la prospérité de la nation.
La Liberté est une grande déesse, au ciel, elle est forte, bienfaisante, austère ; mais elle n’obéira jamais aux hurlements des foules qui 1 appellent, elle n’obéira pas davantage aux arguments dictés par les passions débridées, m à la haine des classes entre elles. La Liberté
ne descendra jamais ici-bas, dans les affaires du monde, avant qu’elle ne soit d’abord descendue dans les cœurs des hommes, avant que l'Esprit, libre au fond de ces cœurs, n’ait dominé la nature inférieure, les passions, les désirs insatiables et la volonté de se frayer un chemin pour soi-même en marchant sur ses frères.
Vous ne pouvez édifier une nation libre qu’à la condition d’avoir des hommes et des femmes qui soient libres ; — mais aucun homme, comme aucune femme, n’est libre, quand il est dominé par l’appétit, le vice, l’alcool, quelle que soit enfin la forme malfaisante qu’il est impuissant à dompter.
Le contrôle de soi-même est la seule base sur laquelle vous pourrez élever la Liberté.
Sinon c’est l’anarchie et non la Liberté. Chaque fois que l’anarchie des temps présents fait un pas en avant, votre bonheur en est le prix. Mais quand la Liberté viendra, elle viendra dans une nation où les hommes et les femmes auront appris à se contrôler, à être maîtres d’eux-mêmes. Alors, mais alors seulement, dans une nation composée de tels hommes et de telles femmes qui seront libres, forts, justes, maîtres d’eux-mêmes, prêts à se servir de leurs forces pour l'accomplissement de hauts et nobles
LE PRINCIPE DE FRATERNITE
desseins, dans une pareille nation vous pourrez jouir alors de cette politique libre qui résulte de la liberté individuelle, liberté qui n’est nullement le produit des haineuses passions de l’homme.
LA RACE DE DEMAIN
Ceux qui parmi vous ont assisté à cette série de conférences, ont pu observer, qu’en parlant des nouvelles portes ouvertes sur la Religion, la Science et l'Art, je ne me suis que très sommairement étendue sur les changements destinés à survenir dans l’organisme humain et sur révolution de la conscience. Je promis alors de revenir à cette question lorsque j’arriverais à traiter de « La Race de demain ».
La nature, le caractère de cette évolution de la conscience, les changements que celle-ci apporte dans le corps humain et qui permettront aux pouvoirs de la conscience de se manifester dans notre monde physique, telles sont les questions se rattachant spécialement, et logiquement, au sujet qui fera l’objet de ma conférence, soit : « La Race de demain ».
Les grandes transformations du type humain formeront donc aujourd'hui mon principal thème.
LA RACE DE DEMAIN
Afin de vous y préparer et de vous y amener progressivement, sans efforts et sans une trop grande surprise de votre part, je vous inviterai à vouloir bien, pendant quelques instants, porter avec moi votre attention sur certaines grandes méthodes d’étude que nous trouvons continuellement employées par les mystiques du passé, et adoptées, de nos jours, presque couramment, par la science moderne.
La raison pour laquelle cette dernière les adopta, est la même raison qui incita les mystiques à les préconiser. La science de notre époque s’est trouvée en présence d'une période de croissance si importante et si vaste, que l’homme de science se trouve dans l’impossibilité d’observer ; il est obligé de chercher un principe général à l’aide duquel, après avoir observé ce qui lui tombe sous les sens il peut, par induction, se rendre compte de l’enchaînement des causes et des résultats. Telle est la raison qui fit adopter cette méthode appelée encore :
Principe des correspondances .
Les mystiques de toutes les écoles du passé
ont Je le répète, utilisé ce principe. Le célèbre mystique Swendenborg, en Suède, basa en grande partie ses théories sur ce système des correspondances ; il essaya de prévoir l'avenir en étudiant ce qu'il avait à sa portée, quelque insignifiant que pût paraître l’objet de cette étude, comparativement aux importantes déductions qu’il en tirait. De nos jours, la science emploie les mêmes moyens, et j'attire tout d’abord votre attention sur ce point, pour vous bien persuader qu’en utilisant, nous aussi, cette même méthode, nous demeurons sur un domaine ferme, stable, admis et reconnu. G est la méthode que l’on emploie journellement dans les recherches s'appliquant particulièrement aux successions d'événements, aux lois sérielles.
La science a surtout fait bon emploi de ce système des correspondances dans les deux branches suivantes : celle de l'évolutionnisme, aidée en cela par l’étude de l’embryologie ; puis celle de l'évolution delà conscience dans l'humanité en général, aidée cette fois par l'observation et l'étude de la conscience humaine dans l’enfance, l'adolescence et la maturité.
Si nous nous arrêtons un peu sur les grandes séries évolutives du passé, nous nous ver-
LA K ACE DE DEMAIN
rons, dès l'abord, obligés le convenir que l’observation ne peut s'appliquer que dans une faible mesure. 11 est vrai certes, que, grâce à la géologie, de nombreux squelettes du passé ont pu être exhumés, examinés, ce qui éclaira d’une vive lumière les differentes classes auxquelles appartenaient les animaux des périodes pré historiques. Les fossiles peuvent encore, dans une large mesure,nous aider à reconstituer l’histoire et l’évolution de notre globe, mais, — et tous ceux qui se sont intéressés à la classification géologique ne l’ignorent point, —cette classification présente souvent des lacunes. La géologie est à cet égard très imparfaite, nullement satisfaisante, et cependant l’on est bien obligé de se contenter des quelques aperçus qu’elle donne pour retracer l’évolution, trouver dans les fossiles le principe de vie qui s’est graduellement développé sur terre. Étant données ces difficultés dans la reconstitution du passé, les évolutionnistes se sont tournés vers l’étude du présent, vers la croissance de l’individu tel qu’il se présente à leurs yeux, vers les stades successifs traversés par l’organisme, — spécialement durant J a période pré-natale, — et c’est en grande partie l’embryologie qui permit d’éclairer les vérités contenues dans les théo-
ries évolutionnistes. On a effectivement observé, en examinant la croissance pré-natale du corps humain d’un individu, que celle-ci passe par une série de stades nettement déterminés.
L’une de ces périodes présente les caractéristiques du poisson, période des plus intéressantes en ce qui concerne l’anatomie de certains nerfs ; on trouve ensuite la période du reptile, puis celle du mammifère et ainsi de suite, jusqu’au plus haut spécimen des mammifères :
l’homme.
Au point de vue de l'observation pure et simple voilà une constatation de peu d’importance, si l’on n’applique pas le raisonnement à cette invariable succession de périodes déterminées. Mais si l’homme ne se contente pas d’observer cette série de phénomènes, s’il utilise la puissance de la raison pour chercher le pourquoi de ces phénomènes invariables dans leur succession, il s’aperçoit que, dans le corps d’un seul et même individu, se retrace et se répète toute l’évolution de la nature ; il s’aperçoit que, dans le plus haut produit actuel de la nature, — la forme humaine, — se retrouve, nettement indiquée, toute l’histoire de l’évolution des formes du passé. Quoique, certainement, les détails n’en soient pas observables,
LA. RACE DE DEMAIN
la succession de phénomènes n'en est pas moins là ; cette série se répète invariablement dans la forme la plus haute et la plus noble. Travaillant dès lors par régression, à la lumière de ce fait, la science put reconnaître, très clairement, les périodes sur lesquelles la géologie base son imparfaite classification des fossiles ; elle retrouve là la grande période des poissons dans laquelle aucune autre classe supérieure de vertébrés n'existe ; elle retrouve la période des reptiles, celle des mammifères et finalement celle de l'homme.
Reconstituant ainsi le passé en se basant sur l’observation de certains phénomènes actuels,la science reconnaît donc la vérité de cet antique principe des correspondances qui sert de elef pour les domaines hors de notre portée, là où l'observation nous est impossible; il nous rend susceptibles, en utilisant la loi d'analogie* de tracer notre chemin dans ces labyrinthes du passé.
Ce n'est pas seulement pour l'étude de l'évolution éonienne des êtres et l'embryologie que la science adopta ce
Principe des correspondances.
Elle s'aperçut aussi qu’il s’appliquait à l’in-
tellect aussi bien qu'au corps physique et que, là encore, il permet de ne pas s'égarer dans les méandres du passé. Elle reconnut que les stades de la conscience humaine peuvent être suivis à partir de son point de départ, au moment où s'affirme la volonté de vivre , passant ensuite au développement de la conscience chez l’enfant pour arriver à l'époque des passions juvéniles, jusqu'au moment enfin où la mentalité domine, c'est-à-dire à l'age mûr. Et elle poursuit dans cette voie avec force détails, nous montrant comment l’enfant nous représente, à un moment déterminé, la conscience du sauvage; comment, un peu plus tard, la conscience monte d’un degré tout en demeurant au stade passionnel et grossier, pour pénétrer ensuite dans le domaine de rémotion où l’art et la beauté commencent à intéresser la nature humaine, et arriver, plus tard encore, à cette merveilleuse intelligence qu'elle considère comme le couronnement de la conscience humaine.
Cette méthode, familière aux plus réfléchis et aux plus instruits parmi vous, a conduit la science à faire de nouvelles découvertes, à mettre à jour beaucoup des choses cachées de la nature.
LA RACE DE DEMAIN
Si cela est incontestable, il y a cependant un point que la science se refuse continuellement à dépasser. Elle utilise les correspondances pour dévoiler le passé, mais il ne lui vient pas à l'idée de s en servir pour
Prévoir l'avenir.
Cela n'a rien qui puisse nous étonner puisque, d’après la science, il est pratiquement impossible de prévoir l’avenir. La science procède par induction,non par déduction; elle rassemble quantité de faits, les arrange, les classifie, les compare; cela accompli, elle s'efforce, par une induction logique, de trouver le grand principe qui les régit et les explique ; c’est ainsi qu'on découvre une nouvelle loi.
Mais l'induction ne nous conduit pas plus loin ; elle ne peut nous entraîner au delà des faits observables. Il n’est rien dans les faits observés qui puisse nous faire prévoir ce qui surviendra par la suite; il faut, pour cela, utiliser l'autre méthode qui est tout aussi logique,non pas celle de l'induction que la science préconise, mais celle de la déduction que nous retrouvons dans toutes les grandes philosophies de l’antiquité, dans la seule science parfaite • les mathémati-
ques, dans la méthode de Platon contre celle d'Aristote. C’est seulement grâce à elle, que nous pourrons, non seulement expliquer le passé, mais prédire
Ce que sera l'avenir.
Ce n’est qu'en employant ce processus logique et plus noble, que la science occulte a toujours été en mesure de prévoir le futur en considérant les principes qu'elle trouve dans l’univers et la graduelle évolution de celui-ci.
Je désire maintenant, si je le puis, vous montrer comment cette méthode peut s'appliquer; comment, connaissant la nature de l'homme, il nous est possible d'indiquer non seulement l'histoire de son passé, passé grâce auquel nous nous sommes élevés loin au-dessus de ce que nous voyons de plus haut dans l’histoire, mais d'éclairer aussi la route que l’homme doit parcourir dans l'avenir, de désigner les sommets qu'il est appelé à gravir en manifestant les pouvoirs qu'il ne possède actuellement qu'à l'état latent, son évolution n'étant pas encore terminée.
Il existe encore une autre chose susceptible de n ous servir de clef, tout aussi bien que le prin-
LA RAGE DE DEMAIN
cipe des correspondances,et qui, je le crois du moins, n'a pas encore été adoptée par la science ; si je n’en suis pas absolument certaine, c'est que la science progresse si rapidement de nos jours qu'il n'est pas possible de se tenir au courant de toutes les découvertes récentes avec tous leurs détails.
Cette autre chose, cet autre grand principe c’est
La Loi de Réflexion .
Vous pouvez voir une montagne se refléter dans un lac; toutes ses particularités, ses contours, sa végétation, se reproduisent dans la nappe liquide et tranquille qui baigne ses pieds, en sorte que la cime se trouve réfléchie dans l'eau au point le plus bas, que toute la partie intermédiaire a son image renversée, le point supérieur devenant le point inférieur, et ainsi de suite. Vous arrivez enfin au point de jonction, à la ligne qui sépare l’eau de la montagne ; là, ce qui sera le plus près de nous sur la montagne sera aussi le plus près de nous sur l'eau. De même, notre étude de l'homme sera-t-elle facilitée si nous considérons celui-ci comme une réflexion du divin, manifestation du triple aspect de la vie divine dans l'homme.
\ ous voici en droit de me demander ce que j'entends exactement par réflexion .
C’est la reproduction des caractéristiques divines dans une forme de matière plus dense et plus grossière . Voilà ce que j'entends par réflexion. Comme la montagne, baignant dans l'atmosphère, se reflète sur l'eau plus dense que l'air* les attributs spirituels se réfléchissent sur la matière grossière. En d’autres termes, la même qualité, ou plutôt une qualité analogue, s'incorpore dans une matière plus grossière, où elle se trouve naturellement plus limitée dans ses pouvoirs, avec des facultés par conséquent moins puissantes.
Tel est l’usage que nous faisons du mot réflexion dans notre littérature théosophique. Les caractéristiques sont les mêmes, mais la matière plus dense limite et, dans un certain sens, obscurcit leur manifestation.
Ainsi, la volonté suprême qui amène l'univers à l'existence, se reflète, dans l'homme, comme
La volonté de vivre .
Celle-ci étant d'un côté la plus haute manifestation de la divinité, elle apparaît au stade
LA RACE Di? DEMAIN
le plus inférieur de révolution lorsqu'elle est reflétée dans l'homme ; c'est alors la caractéristique principale de la conscience humaine naissante. Cette volonté de vivre est, chez le nouveau-né, le seul véritable signe de conscience ; elle se traduit par des mouvements, indiquant qu’elle s'efforce de prendre contact avec le monde extérieur et de se rendre compte de ce qui Tentoure.
Apparaît ensuite le second grand aspect de la divinité : « Sagesse-Amour », que nous retrouvons chez les chrétiens dans la seconde personne de la Trinité. Il se reflète dans la nature humaine sous forme d’émotions pures, nobles, désintéressées qui constituent le second grand stade de la conscience humaine, laquelle abandonne ainsi les degrés inférieurs de la passion, pour s élever graduellement et sans interruption jusqu'à la plus glorieuse manifestation de rémotion.
Suit enfin le troisième aspect, « l'Activité créatrice » qui, dans le Christianisme, est l'Esprit créateur ; il se manifeste chez l'homme comme le seul pouvoir créateur, le pouvoir de la pensée, dont l'une des expressions, l'imagination, possède le don de créer avec le concours de la force intellectuelle inhérente à l'homme.
La correspondance est donc parfaite, ainsi que vous pouvez le constater. Mais combien limitée est cette manifestation comparativement à la manifestation sur les plans de la divinité ! De là résulte cette reproduction imparfaite que nous appelons: Loi de Réflexion.
Nous la rencontrons souvent avec la Loi des correspondances , ce qui nous donne une clef de plus pour nous guider au travers des difficultés et des obscurités, là où la vision directe nous fait défaut.
Revenons maintenant à l’être humain. Procédant ainsi par déduction, et considérant l’homme comme l’image du Suprême, rien ne peut interrompre notre étude, constatation faite de ces trois grands points :
La volonté de vivre, se traduisant par l’activité ;
Le stade de la passion et de l’émotion ;
Le stade de l’intelligence.
En effet, nous pouvons voir qu’au delà de ces stades, ces mêmes attributs de la divinité se présentent sous une forme plus noble, plus subtile, dans ce que nous appelons l’âme humaine. Cette âme, cet Esprit humain, en reproduisant les trois grands aspects, peut donc nous
LA RACE DE DEMAIN
indiquerFavenir, comme les réflexions inférieures nous indiquent le passé.
C'est ainsi que nous pouvons,non seulement suivre révolution de la conscience dans les grandes périodes du passé, ainsi que le fait la science, mais nous pouvons regarder en avant, dans le futur, où se répète, à un degré supérieur, la manifestation du divin qui évolue graduellement en nous, et prépare les qualités destinées aux périodes ultérieures de notre évolution humaine.
Il est maintenant indispensable de reconnaître que cette théorie est incomplète et imparfaite à moins que vous n’admettiez
La Réincarnation ,
vérité fondamentale sans laquelle vous ne saurez vous rendre compte du développement de FEsprit divin dans l’homme. Pour cela en effet, il vous faut compter avec le temps et avec F ambiance qui rendent possible la succession de ces différentes périodes dans une évolution humaine.
En examinant l’humanité, nous voyons que bien des hommes disparurent étant encore à Fétat sauvage, état dans lequel le stade rudi-
mentaire de la conscience est seul manifeste ; d’autres s’élevèrent au-dessus de cet état sauvage mais esclaves encore de leurs passions et de leurs émotions fortes et égoïstes ; d'autres, supérieurs à ces derniers, témoignèrent plus tard de qualités intellectuelles, le mental commençant à prédominer en eux. Si vous n'admettez pas un développement continu de la conscience individuelle, vous vous verrez entourés de difficultés nombreuses et ardues, lorsque vous tenterez d’expliquer révolution humaine. Si, en effet, vous suivez plus loin ces différentes consciences, avec la certitude qu’elles ne reviendront jamais à l’école de la vie pour y apprendre les leçons qu’elles n’ont pu apprendre dans la classe préparatoire qu’est la vie du sauvage, il vous faudra vous imaginer un ciel, ou plutôt des cieux dont l’un est rempli de ces âmes n’ayant traversé sur la terre que l’état sauvage, un autre rempli de ces âmes ayant atteint le stade émotionnel sans toutefois avoir développé la raison et qui, par conséquent, ne sont pas encore sorties de leur sauvagerie ; puis un troisième ciel pour les hommes doués d’une certaine intelligence, mais dépourvus de la volonté de vivre spéciale au sauvage et du côté émotif caractérisant l’homme
LA RACE DE DEMAIN
à demi cultivé. De la sorte, vous faites de l'audelà un monde plus fantastique que rationnel et,de ce fait meme, vous en arrivez à poser le principe d’une
Evolution post mortem .
Dès lors que vous admettez ce principe, vous adoptez forcément le principe de la réincarnation, même en plaçant cette évolution sur d’autres mondes que le nôtre l . Certes, ici encore, surgissent de nouvelles difficultés, mais je ne m’y attarderai pas, n’ayant pas Fintention de m’étendre en ce moment sur la réincarnation.
Mais supposez que vous l’acceptiez : tout vous devient alors compréhensible ;vous vous représentez désormais, très bien, une intelligence spirituelle évoluant par degrés successifs,chacun d’eux ayant été préparé par celui qui le précédait.
Appliquant ce processus à l’évolution de
1. Ce principe de la réincarnation est admis, dans ce sens, par do nombreux spiritualistes qui ne croient pas au retour de l’homme sur la terre. Pour leur prouver la nécessité de la réincarnation, telle que nous la comprenons, d’autres arguments que ceux que nous employons ici, devraient être présentés (Note de l'Auteur).
l’humanité, vous distinguerez nettement les périodes de l’enfance, de l’adolescence et de l’adulte ; arrivés là, vous attendez celle du développement de l’homme spirituel. Si vous préférez appliquer ce même processus aux vastes époques du passé, vous vous trouverez en présence de « l’homme-animal », de l’homme esclave de la passion, puis de l’homme intellectuel ; et vous ne vous arrêterez pas là. Vous ne pourrez vous retenir de penser qu’un quatrième état, celui de l’homme spirituel, doit suivre. Tels sont les quatre stades qu’il vous est possible de retrouver en vous aidant du principe de déduction que je préconisais tout à l’heure. En l’appliquant, nous voyons la vie divine nous conduire loin en avant, vers un stade que nul n’a encore atteint, sauf quelques glorieux êtres humains.
Or, lorsque dans les limites de votre propre champ visuel, vous aurez personnellement constaté la présence complète des trois premiers stades, auxquels s’ajoute un quatrième, naissant et encore caché en vous, —(ce sont là Jes quatre stades visibles à notre degré actuel d’évolution) — ; quand, dans l’existence entière d’une individualité en réincarnation, vous aurez constaté la présence de ces mêmes trois
LA RACE DE DEMAIN
stades et l'apparition imminente du suivant ; quand, pour l’évolution, en général, vous aurez fait semblable constatation, vous ne serez pas surpris d'en arriver finalement aux races, telles que la Théosophie les indique. Il vous sera, en outre, aisé de distinguer, dans Thumanité primitive, la première de ces races à laquelle on puisse ajouter le qualificatif d’humaine, — les précédentes ne se rapportant qu'à l’homme semi-animal, — et vous assisterez à la naissance de l’humanité telle que vous la connaissez aujourd’hui. Nous appelons Lémurienne la première de ces races. Il est intéressant de noter que Haeckel parle du continent perdu de la Lémurie comme ayant été le berceau de l'Humanité ; la science moderne en arrive donc peu à peu à corroborer ces antiques enseignements. Dans la race lémurienne se manifeste fortement la volonté de vivre. La race atlantéenne lui succéda : ce fut celle qui vécut sur ce vaste continent de l’Atlantide dont l’existence se trouve être admise de plus en plus par la science, nécessité logique dont elle ne peut se passer pour expliquer certains faits géologiques et archéologiques, la plus grande partie du continent ayant été engloutie sous l'Océan Atlantique. Les recherches archéologi-
ques nous prouvent, malgré tout, l’identité de caractéristiques raciales en des lieux séparés maintenant par l'Atlantique.
L’archéologie, en effet, nous montre que les tableaux, les symboles, et les reproductions de quelques types humains de l'Égypte ancienne correspondent exactement avec les symboles, les types humains, la philosophie et la religion qu’on retrouve au Mexique méridional, dans une civilisation depuis longtemps disparue, chassée par les Astèques qui étaient eux-mêmes corrompus et voués à la décadence, lorsque les Espagnols s'emparèrent de Mexico. Dans ces deux grandes et lointaines parties de la croûte terrestre séparées par l'Atlantique, nous retrouvons chez l'une ce que nous avons découvert chez l'autre. Je pourrais vous en donner de nombreux exemples, mais,jugeant qu’il est inutile de m’étendre davantage sur ce sujet, je vous rappellerai seulement les similitudes entre là faune et la flore et les frappantes ressemblances architecturales en des contrées que les mers séparent aujourd'hui. Toutes ces observations conduisirent les hommes de science à admettre l’existence du grand continent de l'Atlantide.
Si les Lémuriens, sous des formes grotesques,
LA RACE DE DEMAIN
ne manifestèrent que la volonté de vivre, les Atlantes, eux, manifestèrent la passion, l'appétit sensuel, le désir. Toute leur civilisation fut imprégnée d'une nature passionnelle. Nous ne faisons d’ailleurs que retrouver là, en fait, ce que nous avons découvert théoriquement tout à Theure.
Ce qui se produit invariablement pour le type humain passionnel et dépourvu d'intelligence, se produisit aussi pour la race atlantéenne, ce qui revient à dire que celle-ci développa
Les formes inférieures dn Psychisme .
Nous appliquons ce terme lorsque nous voyons se préciser les facultés rudimentaires concernant la vision de l'invisible, l'audition de l’inaudible, etc... Nous les rencontrons chez quelques espèces du règne animal; elles sont largement répandues dans beaucoup de tribus sauvages ; elles se rencontrent encore parfois chez les montagnards et dans les lieux où l'air est pur, où la nature se trouve avoir encore sa primitive virginité. Ces facultés ne sont ni indépendantes ni précises; elles ne sont pas sous le contrôle de la volonté et paraissent au con-
traire s'éveiller sous l'impulsion des passions, des émotions et très rarement, pour ne pas dire jamais, sous l'influence du mental.
Or, en examinant ce grand peuple des Atlantes, nous y voyons les individus manifester ces mêmes formes de psychisme que nous trouvons dans l'animalité supérieure et au degré inférieur de l’évolution humaine, avant que le mental ne soit entré en jeu, avant que le système nerveux cérébro-spinal (caractéristique de l'homme moderne) n'ait dominé le système sympathique, prépondérant chez ranimai.
Nous arrivons ensuite à une période où nous pouvons voir comment naît une nouvelle race, ce qui nous aidera beaucoup pour l'étude de la nouvelle race de demain.
En jetant nos regards sur ce lointain passé de l'histoire du monde, nous découvrons qu’une sélection s'opéra parmi les Atlantes ; et nous remarquons que cette sélection ne s'opéra nullement parmi ceux qui contribuèrent à mener le type atlantéen cà son plus haut point de perfection, mais au contraire dans une subdivision de cette race, ce que nous appelons une sous-race. Les qualités qui avaient amené les Atlantes à l’apogée, étaient absentes dans cette sous-race; en revanche celle-ci possédait des
LA RAGE DE DEMAIN
germes que ne possédaient pas les types atlantéens les plus parfaits, c’est-à-dire les germes du développement mental.
Certains parmi vous ont probablement entendu parler de la race Toltèque : c’est dans cette race, ou, plutôt, dans cette sous-race, que la civilisation atlantéenne atteignit son apogée. Ce n’est pas elle qui fournit les premiers éléments de la race aryenne ; ce fut la sousrace qui lui succéda et dans laquelle, je le répète, certaines qualités mentales commencèrent à poindre, entraînant avec elles un résultat inévitable : la disparition des facultés psychiques qui, graduellement, se retirèrent à l’arrière-plan et disparurent.
Regardez autour de vous ! Vous vous rendrez compte combien cela reste vrai, de nos jours, pour les individus de peu d’intellectualité,pour les psychiques non entraînés. Combien leur mental est peu développé! Un faible pouvoir de pensée accompagne toujours cette forme inférieure de psychisme. C’est pourquoi ceux qui devaient être les germes de notre propre grande race, ne furent pas choisis parmi les types les plus avancés et les plus admirés de la civilisation altantéenne mais, bien plutôt, chez ceux qui ne possédaient pas ces facultés
que l’on considérait alors comme les plus dignes d’attention. Ceux qui se trouvaient être inférieurs aux Toltèques triomphants furent au contraire choisis ; c’est dans ce petit peuple de peu d’apparence que se trouvaient pourtant renfermées les promesses de l’avenir. On rassembla les individus, on les isola du reste du monde civilisé d’alors, on en fît des types déterminés. Tous les archétypes de l’espèce humaine existent dans le Mental du Logos avant d’être manifestés dans la matière de notre globe terrestre. L’idée précède toujours la manifestation. Les sept grands types humains destinés à évoluer sur notre planète dans le cycle actuel, existèrent d’abord comme idées, ce mot étant pris dans le sens que lui donnait Platon. Ce furent donc les types vers lesquels les grands Êtres dirigèrent l’évolution de l’humanité et, au moment où la quatrième race atteignait son Zénith, naquit la cinquième.
Les mêmes grandes lois, à un degré bien inférieur, sont employées par les horticulteurs ou les éleveurs de bestiaux lorsqu’ils s’efforcent de créer une nouvelle espèce qu’ils conçoivent d’abord mentalement. Ne l’oubliez pas, les pétales d une fleur nouvelle, ou la chair et le sang d’un nouvel animal, ne peuvent être
LA RACE DE DEMAIN
obtenus, par l'horticulteur ou l'éleveur, que grâce à ces lois qui, pour de plus hauts et plus grandioses desseins, furent utilisées par le grand législateur de la nouvelle race, afin de constituer le type idéal de ce que nous connaissons maintenant sous le nom de type Aryen.
Si vous comparez un homme du Cachemire, dans Tlnde septentrionale, avec votre meilleur type caucasien, vous trouverez entre eux une étrange ressemblance, une copie l’un de l'autre. Je chosis intentionnellement l'homme du Cachemire qui possède la peau délicate des races blanches; étant donnés le climat tempéré dans lequel il vit, et son isolement, — privé qu'il est de toute communication avec les autres contrées ; — étant donnée encore la difficulté qu'il a de se joindre à ses semblables, ce type d'homme est ainsi plus pur là, que partout ailleurs sur terre. Peau délicate, yeux bleus ou violets, cheveux bruns aux ombres variées, les traits nettement accusés, les lèvres minces, le nez fin et bien formé, vous avez là l'un des plus beaux types de la beauté humaine que vous puissiez trouver ici-bas. Vous le trouvez reproduit partout, avec différentes modifications à mesure que les sous-races évoluent, mais le type primitif est partout reconnaissable. La
forme de la tête, le front largement découvert, —ce qui permet au cerveau de manifester toutes les facultés intellectuelles, — ce type est bien celui enfin d’une mentalité supérieure et s’adapte parfaitement à la race, dont le rôle sera de conduire Fintellect humain à ses plus hautes possibilités.
Revenant un peu en arrière et en envisageant les sous-races, vous remarquerez que ce qui vous frappait à propos de l’Atlante psychique et de la sous-race très peu psychique qui donna naissance à la nôtre, vous frappe encore ici. Comparez le pur type romain, séduisant, bien pris, cultivé, avec le Goth qui donna naissance à la sous-race teutonnique, là encore vous constatez le même fait : le contraste frappant entre le type prédominant et celui, apparemment inférieur, qui, lui, possède la possibilité de s’élever beaucoup plus haut que son prédécesseur.
En procédant par analogie et en suivant ce principe, nous verrons immédiatement, aujourd’hui, que le type de la race de demain ne sera pas celui de ceux qui triomphent et sont à présent les plus beaux spécimens de la race, mais bien celui des individus chez qui les grandes caractéristiques actuelles sont, il est vrai, moins développées, mais possèdent le germe de ce qui
est appelé à se développer plus glorieusement, plus divinement dans l'avenir. Ainsi donc, lorsque nous cherchons.
Les germes de la race de demain ,
ne cherchons pas parmi les Aryens d'aujourd’hui qui présentent les plus hautes facultés mentales, la plus grande intelligence, la plus grande puissance de pensée : le rôle de ceuxlà est d'amener la civilisation actuelle à son zénith. Qui donc, sinon eux, peut remplir ce rôle ? Ils ont développé le mental, la grande caractéristique de cette cinquième sous-race teutonne ; à eux la mission, à eux le privilège de guider cette sous-race à son plus haut degré de perfection. Ceux-là seulement dont l'intelligence est puissamment manifeste, sauront conduire la civilisation présente à la gloire qui l’attend, et ce sont eux les « leaders » du type humain le plus accompli qui soit aujourd'hui; ce sont eux que la race considère comme devant amener l’intelligence à sa plus splendide expression. Nous ne chercherons donc pas là les germes de la race de demain qui doit être et sera y car, en utilisant notre loi des correspondances, nous nous rendons compte que la
connaissance de l'homme spirituel doit suivre celle de l’homme intellectuel. Ce qui est audessus de l’intellect, ce qui est supérieur à l’esprit scientifique, les qualités des grands instructeurs religieux du passé, les vertus qui caractérisent un Bouddha,un Christ, telles sont les qualités spirituelles qui se distinguent de celles du mental, et c’est leur germination qui marquera le début de la race à venir.
Nous pouvons voir dès à présent, dans la race actuelle, des signes de ces changements dans l’évolution, signes qui indiquent peu à peu le typedeconsciencequi préparera graduellement les corps à une manifestation plus complète des qualités appelées à se développer. Quel est en effet ce qui caractérise le plus ces types spirituels de l’humanité, quelle qualité brille avec le plus d’éclat partout où elle apparait sur terre? c’est celle que nous nommons aujourd’hui :
Fraternité !
C’est la reconnaissance de Y unité de vie d’où résultent une infinie comparaison et le perpétuel sacrifice de soi-même. C’est là ce que nous rencontrons chez les grands Êtres de notre
LA RAGE DÈ DEMAIN
race, Eux qui ont atteint la nature spirituelle, Eux qui rayonnent la gloire de l'Esprit divin. C'est un fait remarquable qu’en chacun des grands Fondateurs dans le passé, cette qualité est celle dont l’éclat fait pâlir toutes les autres; elle est celle qui permet de les reconnaître entre tous ceux parmi lesquels ils sont nés.
L'amour de l’infortuné et du faible, leurs efforts pour encourager les vaincus de la vie et les opprimés, pour partager tout ce qu’ils possèdent, pour élever l'idéal, en un mot pour rendre heureux, pour sauver, telle est la grande caractéristique spirituelle de tous les Sauveurs du monde. Et c’est pourquoi ceux qui, de nos jours, partagent leur croyance et pratiquent la Fraternité universelle, s’attachent dès lors avec ardeur à leur perfectionnement moral, pour former les bases de la race de demain. Ils peuvent être d’une intelligence moyenne, peu importe, ce n’est pas là ce qui leur est demandé pour le moment : ils peuvent ne pas contribuer aux victoires triomphantes de l’intelligence, peu importe, ces victoires ne leur sont pas nécessaires pour constituer le noyau de la nouvelle race. Ce sont les qualités supérieures de l’esprit que le Guide de la race recherche, pour qu’il puisse graduellement préparer le moule
du type humain qu’il a conçu et faire de ces possibilités, de ces germes,
L'homme de demain .
Arrêtons-nous un instant pour considérer maintenant quelles doivent être les caractéristiques spéciales à la conscience et au corps.
Pour la conscience, c’est évidemment la conception de l’Unité, chose essentielle, car là où l’intelligence divise, l’Esprit rassemble, tendant sans cesse à l’unité. Voir la même vie dans chaque être plutôt que des formes séparées, voir le même « Moi » chez tous plutôt que des « Moi » séparés et matérialisés en des corps, telle sera la grande caractéristique de la conscience, tel sera son développement partout où cette Unité sera reconnue ; c’est là un des signes distinctifs de la race de demain.
Parallèlement à ce développement, — résultat inévitable,—un souffle de libéralité et de tolérance animera ceux chez qui le sentiment d’unité sera éveillé. Tout ce qui est étroit et exclusif, tout ce qui tend à séparer, qui provoque des différences au lieu d’unifier, est contraire à la conscience qui reconnaît YUn chez tous, la Divinité partout. Grâce à cet épanouis-
LA RACE DE DEMAIN
sement de la conscience s’édifiera un corps spécialement organisé dont nous voyons parmi nous aujourd'hui les premières caractéristiques.
Lorsqu’un changement doit survenir et qu’un nouveau type doit commencer à évoluer, il est à remarquer que ceux qui doivent contribuer à ce changement sont, selon l’expression accoutumée, instables. L’instabilité est un signe de progrès ou de dégénérescence ; il existe une instabilité résultant de la santé comme il y a celle de la maladie et, avec la transformation du système nerveux, vous trouverez cette instabilité sous ses deux formes. Quel est en effet aujourd'hui ce qui nous frappe le plus en ce qui concerne les corps des races les plus avancées sur terre ? Ce sont
Les troubles nerveux,
troubles de toutes sortes que Ton rencontre notamment chez les êtres les plus développés. Il est inutile d'attirer votre attention sur ce point que nul d'entre vous n’ignore.
Une trop grande tension du système nerveux se manifeste de bien des manières ; la plus triste est l'accroissement des cas de folie dans
les nations les plus civilisées du monde. Les asiles d’aliénés se multiplient, à peine l’un est-il achevé qu’il devient nécessaire d’en construire un autre. C’est là le pénible spectacle auquel nous assistons lorsque nous cherchons, autour de nous, les signes précurseurs de la nouvelle race. Les divisions, les compétitions, les luttes, la concurrence efférnée, — commerciale et individuelle, — de la race actuelle, qui d’ailleurs s’est elle-même imposé ses conditions présentes d’existence, sont autant de choses funestes au système nerveux de l’homme.
L’ambiance est intolérable, toutes les choses qui nous entourent sont désastreuses pour le développement d’une organisation nerveuse, plus délicate, plus sensible, plus vibrante ; pourtant la force irrésistible de la nature pousse la race humaine en avant, et il est impossible de s’opposer au courant de l’évolution sans courir le risque d’une complète destruction.
Puisse cela nous servir de leçon et contribuer à nous guider dans la vie ordinaire !
Nous vivons dans une ambiance qui est contraire à l’évolution supérieure ; un grand danger nous menace si nous persistons à ne pas nous inquiéter de cette évolution au moment où la prochaine race doit naître.
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Si nous voulons progresser,nous aurons à nous adapter à de nouvelles conditions; cette adaptation est de la plus grande importance actuellement. Déjà naissent des enfants dont Forganisme nerveux est d’un type supérieur ; ils ne sont pas pour cela maladifs; la plupart au contraire sont le plus souvent en excellente santé, mais leur organisme est si délicatement constitué qu'il est fréquemment sujet à des troubles. Plus d’un parmi vous, en tant que parents, savent par expérience que des enfants naissent maintenant avec un système nerveux d'une sensitivité «telle, que ces jeunes créatures sont facilement désorientées ; lorsqu’ils souffrent, ils souffrent d’une manière anormale.
Il est donc absolument nécessaire, pour les parents, de ne pas oublier que les enfants qu’ils ont sous leur protection, qu'ils éduquent et aident, possèdent des organismes tels, que les petits êtres éprouvent la peine ou la joie d'une façon beaucoup plus intense que ceux dont les corps 11e sont pas aussi merveilleusement constitués et équilibrés. Un tel enfant éprouve de la peine là ou un autre, d'une nature moins élevée, sera insensible, ne se rendant pas même compte de ce qui peut causer cette peine. D'un autre côté, une joie intense, chez un tel être,
est toujours suivie d’une période de dépression extrême. Ges enfants devraient être, autant que possible, préservés de tout ce qui peut leur nuire et les troubler. Il est inutile de chercher à les acclimater à un milieu dont vos systèmes nerveux, à vous, ne souffrent pas. Bien au contraire, le devoir des parents est de chercher à les placer dans une ambiance douce et harmonieuse, sans laquelle leurs délicats instruments seront gravement atteints, désaccordés, et, par suite, incapables d’exprimer les ravissantes mélodies qu’ils auraient pu nous faire entendre, car ces instruments ne tardent pas à se briser et sont voués dès lors à la mort.
Pensez un instant aux conditions actuelles d’existence dans Londres. Durant ces dix dernières années
Londres est devenu presque intolérable ,
avec son vacarme assourdissant, sa perpétuelle agitation, les hurlements et les crissements de ses rues, les trépidations du sol lui-même sous les lourds véhicules qui le parcourent.
Londres est tel que, pour vivre dans le calme, il faudrait du coton dans les oreilles, des lunettes noires sur les yeux et aussi un mou-
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choir sur le nez, afin de ne pas respirer ces odeurs infectes dont les rues sont empestées.
En réalité le remède suivant s’impose : tous les gens les plus délicats et les plus évolués déserteront ces énormes capitales pour les abandonner à ceux qui les aiment, et ces derniers ne manquent pas; quantité de gens recherchent le bruit, le tumulte, le vacarme des rues de Londres ; la vue de cette ville transporte les paysans de joie et d’admiration. Par contre, si vous envoyez un Londonien à la campagne, il ne cessera de vous dire combien celle-ci est profondément ennuyeuse et triste.
Pourquoi ne pas laisser ces énormes capitales à ceux qui s’y plaisent et qui peuvent y évoluer ? L’intelligence, celle qui est préjudiciable à un système nerveux délicat, est au contraire le stimulant nécessaire à l’évolution d’un système nerveux d’un type inférieur et grossier. Je ne désire pas le moins du monde la disparition de ces grandes capitales, mais je dis à tous ceux qui souffrent de leur vacarme, de leur cohue et de leur fièvre : « Votre place n’est plus ici, et, par-dessus tout, vos enfants ne peuvent en retirer aucun bien. »
Plus le système nerveux du père et de la mère sera délicat, plus délicate aussi sera l’organi-
sation nerveuse de l’enfant ; si celui-ci souffre de la grande ville, emmenez-le loin de Londres à la campagne ; c'est là un devoir pour les parents ; qu'ils songent à se placer, eux et leurs enfants, dans une ambiance meilleure et plus calme.
Non seulement la vie, telle qu’on la mène dans ces grandes villes, enlaidit et avilit l'Angleterre, tout en créant un milieu impropre à la race de demain, mais le régime d'alimentation devra, lui aussi, être changé, de façon à ce que vous puissiez vous adapter aux nouvelles conditions d'existence. Le régime carné, habituel à la plupart, est absolument contraire au développement du système nerveux ; vous devez d'ailleurs remarquer que les sensitifs s'en écartent instinctivement. Il arrive souvent que certains enfants, en apprenant que la viande provient d’animaux qu'on a tués, s'en détournent avec répugnance et refusent d'y toucher. Get instinctif dégoût est un sentiment qui se répand dejourenjour davantage chezles enfants, et ils se révolteront de plus en plus contre l’usage du régime carné. Vous ne devez pas seulement constater ce fait, il vous faut, vous aussi, éviter pareil système d’alimentation si vous désirez préparer vos corps pour la race future.
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Du jour où la conscience supérieure se sera manifestée, tout corps que la chair animale et l’alcool, sous ses formes diverses, auront nourri, sera un corps voué à une inévitable destruction. Les troubles nerveux proviennent fréquemment de ce que la conscience supérieure s’efforce de s’exprimer en des corps viciés par l’alimentation carnée et intoxiqués par l’alcool.
Laissez-moi vous indiquer un point extrêmement important se rattachant de près à ce que nous venons d’envisager.
En même temps que les corps supérieurs se développent, le système nerveux devient plus parfait et le corps astral s’organise d’année en année plus complètement. L’organisation de ce corps immédiatement supérieur à notre corps physique, et composé d’une matière moins dense, s’effectue très rapidement en ce moment sous l'influence de la pensée que toute personne instruite et cultivée emploie dans une certaine mesure. Ce corps devenant plus parfait, les sens qui lui sont inhérents sont mis en activité et nous avons alors ce que nous appelons
Le véritable psychisme .
Celui-ci n’est plus produit par l’intermédiaire
d'un corps astral mal organisé vibrant sous le choc d’une émotion quelconque ; il est dû, au contraire, à la haute organisation d’un corps dont les sens sont développés et cherchent à s'exprimer dans le corps grossier du plan physique ; or, il existe dans le cerveau un organe, celui de notre sixième sens,organe par l’intermédiaire duquel les expériences et les émotions du plan astral, pourront être transmises dans la conscience à l’état de veille. Cet organe, qui a si souvent et si fort troublé plus d’un médecin et plus d’un homme de science, est
Le corps pituitaire .
Ce n’est pas là simplement, ainsi que beaucoup de docteurs en médecine le prétendent avec raison, le vestige d’un organe ayant fonctionné dans le passé ; c'est en outre celui à l’aide duquel,par une subtile différenciation interne, se construit un sens pour le libre exercice des pouvoirs psychiques supérieurs de la race future. C'est un fait bien connu de l’étudiant en occultisme qui s'aperçoit que ce phénomène s'opère en lui, bien connu aussi de tous ceux qui s'intéressent aux mêmes questions. De plus, à mesure que les expériences du corps astral se
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transmettent davantage au cerveau,il constate l’activité du corps pituitaire, et il peut alors se rendre compte des transformations qui, en lui, se succèdent les unes aux autres. Ce corps, d’après les récentes découvertes de la science, est très rapidement affecté par les vapeurs d'alcool ; c’est, parmi toutes les glandes du corps humain, celle qui s’intoxique le plus rapidement et la plus petite quantité d’alcool entrave son évolution supérieure. Si donc, vous désirez faciliter celle-ci ; si vous désirez activer votre évolution en infligeant une légère contrainte à vos corps de la cinquième race, le seul bon conseil qu’on puisse vous donner est celui-ci: N'absorbez jamais cValcool sous quelque forme quil se présente . Les vibrations qu’il provoque interceptent tout moyen de communication entre les corps astral et physique, entravent les progrès de ces corps, alors que leur développement vers de plus hauts sommets doit être l’une des principales caractéristiques de la race de demain appelée à voir le monde astral devenir perceptible à la conscience physique. Tel est le conseil que vous donnera toute personne ayant l’expérience de ces choses. N’abandonnez pas seulement le régime carné mais renoncez aussi d’une façon
absolue à toute espèce d’alcool. Ce sont là des lois de nature que vous ne pouvez transgresser. Si vous ne vous sentez pas disposés à renoncer au régime d’alimentation de la cinquième race, résignez-vous alors à demeurer dans la cinquième race sans espoir de progrès. Nul ne peut vous obliger à avancer plus loin que vous ne le désirez, mais sachez que les conditions d’avancement sont absolues, que plus vous en serez convaincus, mieux vous vous en trouverez. Par-dessus tout, et j'insiste sur ce point, ne forcez pas les enfants à suivre votre exemple en leur faisant absorber des aliments qui causeraient un énorme préjudice à leur système nerveux en voie de développement, paralyseraient dans le cerveau cet organe qui leur servira à transmettre les expériences du plan astral dans la vie ordinaire.
Permettez-moi de vous donner quelques indications au sujet de cette transmission.
Supposons que vous ayez le désir de hâter la naissance de la race future : supposons que vous ne soyez pas disposés à suivre le lent processus de la nature, lequel peut durer des milliers et des milliers d'années ; supposons que vous vous décidiez au contraire à coopérer avec elle, — ce que nous devrions tous faire
LA RACE DE DEMAIN
aujourd’hui, ayant désormais atteint un degré d’évolution où l’intelligence humaine permet d’activer le processus de la nature, — pratiquez alors, et sans tarder,
La Méditation ,
chose essentielle et indispensable à votre vie journalière.
La méditation comporte trois degrés :
1° Le contrôle du mental, la caractéristique de celui-ci étant une extrême activité, sans compter l’habitude qu’il a d’effleurer successivement quantité de sujets sans les approfondir.
2° La concentration du mental ainsi contrôlé sur un seul objet.
3° La contemplation de cet objet, pour que celui-ci se reproduise en vous.
Grâce à ce genre de méditation, l’évolution de la conscience sera stimulée d’une façon définie, et il n’y a pas pour cela de moyen plus efficace et plus sûr. Le fait de fixer chaque jour votre mental sur un idéal quelconque ou sur la vertu que vous désirez acquérir, développe la conscience supérieure et vous fait envisager le monde sous un tout autre aspect.
Laissez-moi prendre un exemple.
Il peut vous arriver de vous trouver en présence d’un homme de mauvaise foi; celui-ci réussira, pendant un certain temps, à vous induire en erreur; vous faites alors appel à votre intelligence, jusqu'au moment où des preuves établissent enfin la mauvaise foi de l’individu. C’est, là un processus très lent mais c’est celui qu’on se voit cependant obligé d’adopter à notre stade présent d’évolution.
Quel sera le processus pour confondre l’individu de mauvaise foi, lorsque la nature spirituelle,grâccàlaméditation, se sera développée ?
Tout d’abord, vous aurez chaque jour médité sur la vérité ; ce faisant, vous mettez en vibration votre corps subtil qui, peu à peu, devient éminemment sensible à la vérité ; ainsi lorsque vous vous trouverez en présence d’un homme de mauvaise foi, il ne vous sera plus indispensable de raisonner ou de chercher des preuves; par intuition, vous saurez qu’un tel individu ment, car vous serez immédiatement choqués, autant que votre oreille peut l’être à l’audition d’une fausse note, en musique. Plus de discussion, plus de preuves à accumuler, plus de raisonnements à soutenir, vous sentirez et verrez que l’individu est réellement un
LA RAGE DE DEMAIN
menteur; rintuition se substitue alors aux raisonnements.
J'ai vu, aux Indes, un exemple de ce fait, et j'ai tout lieu de supposer que vous n'imiterez pas mon ami hindou, car il s'agit d'un homme qui, depuis son enfance,et durant quarante ans, a médité chaque joui* sur la vérité. C’est, là une période de temps qu'un Occidental trouverait passablement longue. Cet homme est aujourd'hui juge de paix,et cette situation lui a permis de constater l'effet suivant, résultat de sa longue méditation : il est si parfaitement sensible à la vérité que nul ne peut le tromper, si plausibles que soient les excuses qu'on lui fournit ; il reconnaît un menteur par le malaise qu’il éprouve devant le mensonge.
Je ne mentionne ce fait que comine un cas spécial, pour vous indiquer comment la méditation peut développer les pouvoirs internes, remplacer ainsi les lents procédés auxquels nous sommes accoutumés en vous permettant de connaître immédiatement, par l’intuition, le caractère de la personne qui se trouve être en votre présence.
Je pourrais de la sorte considérer successivement toutes les autres vertus ; le principe reste le même pour toutes.
Outre la méditation, il vous faut encore adopter une méthode spéciale d’entrainement en vous exerçant tous les jours à montrer la sympathie la plus grande que vous puissiez témoignez ; exercez-vous, volontairement, délibérément à éprouver de la sympathie pour tout homme que vous rencontrez : efforcez-vous d’éprouver ce qu’il éprouve, de vous mettre à son diapason. Habituez-vous surtout à cela avec ceux qui sont d’un degré d’évolution inférieur au vôtre ; l’amitié que vous provoquerez en eux sera un grand bien, et l’habitude de se placer à leur niveau vous rendra capables de mieux les aider, de les amener peu à peu, et plus facilement, à votre propre niveau.
11 est nécessaire aussi, dans votre vie de chaque jour, de vous exercer à combattre en vousmêmes
Le sentiment de la séparativité.
C’est la chose la plus difficile qu’il nous soit donné de faire, pour nous qui appartenons à cette sous-race teutonne. Le sentiment que nous avons de notre personnalité est si grand, que pour toutes choses nous disons : « mon », « le mien », « ma propriété », « mes livres »,
LA RACJ3 DE DEMAIN
« mon chez-moi », « mes amis », utilisant en tout le pronom possessif. Il faut vous débarrasser de cette habitude, vous devez combattre ce sentiment qui vous incite, instinctivement, à établir une ligne de démarcation entre ce que vous appelez votre bien et ce que les autres possèdent. Je le répète, la tâche est des plus ardues et les premières tentatives sont des plus désagréables car elles heurtent vivement l'esprit de notre cinquième sous-race. Mais essayez malgré tout de supprimer en vous ce sentiment personnel de la possession pour les choses qui vous appartiennent. Que de fois n'entendezvous pas un homme s'écrier dans un faux accès de générosité : « Oh ! je lui aurais volontiers donné cet objet, mais il ne me l'a pas demandé et, s’il avait accepté, je n'en aurais pas été très satisfait. » D’où vient cette façon de parler? du sentiment de séparativité, de tous ces « moi », « lui », « le mien », « le sien ».
Cette caractéristique ne sera pas aussi sensible dans la race future ; et si vous désirez prendre part à l’édification de cette race, le plus tôt vous vous débarrasserez de ce sentiment, mieux cela vaudra pour vous. Apprenez à ne plus vous préoccuper de ce que l’on peut vous demander ou vous prendre. Voilà, je le
sais,qui sonne étrangement à vos oreilles, peu accoutumés que vous êtes à entendre un pareil langage ; mais la chose est communément admise aux Indes.
Les premiers amis que j’eus là-bas s’étonnaient beaucoup lorsque je leur disais .-«Voulez-vous me permettre d'utiliser telle ou telle chose ?» — « Certainement ; puisque vous le désirez, pourquoi le demander? », me répondait-on invariablement. J’en arrivai enfin à me dire que c’était là une très noble attitude, plus noble certes que l’affirmation de la possession.
Aux Indes encore, si vous avez un jardin, quiconque le désire, peut y entrer, s’asseoir sous vos arbres, allumer du feu et préparer son repas si le cœur lui en dit. Un jour, au début de mon séjour là-bas, et avant que je ne me fusse rendu compte de ces choses, je demandai : « Vous est-il indifférent qu’on pénètre ainsi dans votre jardin sans votre autorisation ?» — « A quoi donc servirait un jardin si ce n’était pour y entrer?» me fut-il répondu.
Tel est là-bas le sentiment des Hindous ; il résulte de cette vie où toutes choses sont communes, vie qui remonte à des millions d’années en arrière.
LA RACE DE DEMAIN
On pense autant à l’usage qu’on peut faire d’un objet qu’à celui qui peut l’employer cette pensée suffit pour laisser à chacun la liberté d’en user. Nous voici loin des coutumes de notre cinquième sous-race en ce qui concerne la propriété.
Pratiquons cette vertu afin de supprimer entièrement le sentiment exagéré de la séparativité qu’on trouve si fréquemment dans la vie sociale de notre époque. Cette habitude du sacrifice de soi-même, de ne pas tenir compte de vos caprices, de vos désirs, de vos besoins, dans le but de rendre la vie plus facile autour de vous, ce sera là une des caractéristiques de la race de demain. A mesure qu’elle vous deviendra plus familière, vous finirez par vous apercevoir que vous devenez en même temps moins susceptibles, que le plaisir de rendre quelqu’un heureux vous sera bien plus agréable que de posséder pour vous-mêmes, vous vous apercevrez que les paroles du Christ :
« Mieuxvaut donner que recevoir » sont vraies. Que ce ne soit pas là un devoir à remplir ; semez le bonheur autour de vous, attirez les bénédictions, que la joie de partager emporte et dissipe au loin tout sentiment de séparativité !
Nous vivrons tout cela dans la race future.
Envisagez les résultats que peuvent avoir sur notre vie actuelle les caractéristiques de cette race à venir 1 Ceux qui veulent se préparer à ces prochaines transformations dans l'humanité, doivent commencer par se construire un caractère, contrôler leurs émotions et leurs pensées avec le secours de la méditation journalière, développer leur conscience en s’entraînant à vivre un idéal élevé.
Cetierace future est déplus destinée à édifier
Une religion universelle,
religion d’après laquelle le rôle d'un missionnaire sera de partager avec son frère ce que chacun possède de vérités. Cette race apportera une civilisation dont la Fraternité sera la note dominante, dans laquelle le bien-être de tout homme sera proportionnel à ce qu’il aura fait pour autrui, dans laquelle l'autorité et la puissance d'un individu ne dépasseront pas la somme de responsabilités qu'il sera capable de supporter.
Tels sont les grands changements qui sur viendront ; et vous, si vous le désirez, pouvez y contribuer ; vous tous, même au cours de la présente civilisation, pouvez prétendre à un
LA RACE i)Ë DEMAIN
plus grand idéal, et tenter de le faire accepte» à vos semblables.
Mais notre espoir se fonde plutôt sur les jeunes, sur ceux dont le caractère n'a pas encore été aigri par la concurrence sociale et commerciale de notre époque. Sur les jeunes gens et les jeunes filles, malléables encore, susceptibles encore de s’enthousiasmer pour de grandes idées, sur ces enfants au système nerveux beaucoup plus sensible que le nôtre, au cœur chaud, et que les expériences de la vie n’ont pas eu le temps d’endurcir, c’est sur ces enfants, dis-je, que nous fondons le plus d'espoir pour l’avenir. Ils forgeront des idéaux, ils les forgeront d'abord dans le monde mental, puis du domaine de la pensée les répandront dans le monde de la matière ; ils prépareront pour les races futures une civilisation, où tous seront heureux, glorieux, beaux et libres ,où l’on verra aussi la Liberté se joindre à l'Esprit de Sacrifice.
LE CHRIST FUTUR
Si nous jetons un regard vers le passé, nous verrons émerger, au-dessus de la masse des êtres humains, quelques puissantes et grandioses figures : ce sont des hommes s’élevant bien haut au-dessus de leur génération, ce sont des géants, vérit ables géants au milieu des pygmées qui les entourent. Si loin que nous regardions en arrière, nous les distinguerons toujours, jusqu’au moment où des brumes viendront nous cacher ces grands visiteurs de l’Antiquité ; et pourtant, même au travers de la brume, nous pourrons encore apercevoir les silhouettes de ces êtres merveilleux, venus ici-bas pour enseigner et bénir FHumanité.
Pour la plupart, ces instructeurs paraissent se ressembler étrangement. Ce n’est pas leur sagesse ni leur pouvoir qui les distinguent les uns des autres : ils sont si loin au-dessus des hommes de leur époque, si loin devant les plus avancés de l’humanité actuelle, quil paraît
LE CHRIST FUTUR
impossible de leur assigner quelque rang que ce soit, ou même de comprendre à quel degré de quel grand ordre ils peuvent appartenir, de comprendre les liens qui les y rattachent et de se rendre compte de la place qu'ils occupent dans la Hiérarchie surhumaine. Mais, lorsque l'étudiant en occultisme se tourne vers le passé il y trouve certaines indications dont il peut se servir pour saisir le rôle immense de ces grands Etres. 11 entrevoit, dans le monde, de grands cycles dont la durée varie, et il se voit en mesure d'établir des rapports définis entre ces Etres et les cycles, tout en tenant compte des époques auxquelles ces Instructeurs apparurent et se manifestèrent.
En étudiant ainsi le passé, aidé en cela par les méthodes occultes, on trouve de frappantes concordances se rapportant à ces périodes mondiales et à l'apparition de ces Instructeurs.
Il nous est possible de considérer ce passé sous quatre aspects différents, chacun d'eux représentant une période très déterminée, un stade dans l'évolution du monde.
Lorsqu'on parle de ces époques lointaines, on en parle souvent comme du temps de la mythologie, et cependant, ces époques se distinguent essentiellement les unes des autres
tout en divisant très nettement l'histoire du globe.
Nous pouvons en outre constater qu'au début de chaque grande période, une grande figure apparaît ; cette venue semble répondre à une nécessité pour le monde qui, en entrant dans une nouvelle phase de sa vie, paraît avoir besoin d’une bénédiction spéciale et d'une nouvelle lumière pour le guider. Lorsque nous demandons quels sont ces grands Etres qui marquent ces importantes transitions, on nous répond qu'ils ont appartenu à des univers disparus, à des planètes autres que la nôtre, et à des mondes plus avancés dans leur manifestation que notre propre monde. On nous répond encore qu'en évoluant, Ils ont passé par toutes les luttes de la vie ; qu’ils font partie d’une humanité disparue en d'autres régions de l’univers, et qu'ils sont désormais trop avancés pour continuer, au milieu de nous, leur évolution. Ils ont atteint
La Surhumanité
en passant par la simple humanité, pour fondre finalement leur conscience avec la conscience du Logos qu'ils partagent, avec la nature
LE CHRIST FUTUR
de Dieu, sans perdre pour cela leur centre d’individualité, résultat de leur évolution depuis Fhumanité jusqu’à la sur humanité. Ayant conservé ce centre dans la Vie Divine elle-même, il leur est possible de se circonscrire en un cercle dans lequel Ils peuvent se manifester sur n’importe quel monde et dans n’importe quelle race.
Partout où un semblable centre existe, peut exister aussi une circonférence, et, autour d’un tel centre divin, — Fils, un avec son Père, — un nouveau cycle de vie humaine peut être établi. Un tel Etre, puissant dans Sa Divinité et voilé cependant par un corps humain, peut apparaître pour éclairer et bénir le monde.
Chez les Hindous, que les Instructeurs ont fait avancer très loin en occultisme et dont les Écritures sacrées sont remplies d’indications occultes, un nom spécial « Avatar » est donné à ces glorieuses manifestations ; ce mot sanscrit vous est sans doute connu et signifie : « ceux qui descendent ».
Je m’attache moins au mot lui-même qu’à sa signification.
Ces grands Etres ont gravi féchelle du progrès jusqu’à ce qu’ils aient atteint l imité en Dieu ; Ils descendent ensuite dans Fhumanité
pour l’aider et la protéger. Telles sont ces grandioses ligures qui apparaissent à certains moments, au cours de la longue évolution d'un monde ou d’un globe.
L’Égypte avait pour ce mystère un nom spécial ; elle l'appelait: « la naissance d’Horus ». Le Christianisme le nomma : « l'incarnation divine » ; aussi le chrétien vous dira-t-il, — avec juste raison quant au point de vue spirituel, mais s’égarant parfois en ce qui concerne la définition de la vie, — que la seconde Personne de la Trinité descend sur la terre, et il considère le Christ de Judée comme étant précisément une semblable manifestation du Seigneur. Une pareille incarnation divine dans le corps d’un homme est un fait d’une vérité spirituelle fondamentalement vraie. On ne devrait pas oublier,— et toutes les grandes religions Pont dit, —que, de cet aspect du Logos, proviennent ces manifestations du ciel sur la terre.
Le Christianisme n’admet qu'une seule manifestation ; l’Hindouisme en admet neuf et ajoute qu'une dixième aura lieu; le Zoroastranisme s'exprime de même.
Les religions, les mortes comme les vivantes, ont toujours cherché à justifier cette suprême vérité, mais il ne faut jamais oublier que l'Àva-
LE CHRIST FUTUR
tar, la plus haute des manifestations divines, fut autrefois, en un autre cycle de vie, un homme parmi les hommes et que, c'est grâce à ce passé et à l'expérience qu'il en a retirée, qu'il lui est possible de retourner, de temps à autre, à l'humanité.
Abandonnons pour l’instant cette question pour porter notre attention sur une autre de ces grandes physionomies dont l’éclatante splendeur rayonne sur toute la masse humaine environnante. Il n'y a pas de nom pour cet être auquel je fais allusion, sauf pourtant en Orient où il est appelé « l'Illuminé », « le Bouddha ». En Occident, on fait constamment de ce dernier l'une des dernières grandes manifestations, et l'on appelle Bouddha ce grand Être venu au monde environ six cents ans avant l'ère chrétienne. Mais chez le peuple dont la religion est précisément celle que Bouddha donna au inonde, on croit qu'avant lui, il y eut beaucoup d'autres Bouddhas, qu' après lui il yen aura plusieurs autres, qu’en réalité il est simplement détaché de la cohorte des Révélateurs du Divin. Pour P Hindou, un tel révélateur apparaît dans chaque monde à la naissance d'une grande racemère, si bien que, pour chaque monde, il y a sept de ces grands êtres, un par race-mère.
Mais, sa mission terminée, il disparaît du monde terrestre et il a dès lors terminé l’évolution surhumaine elle-même ; il s’en va, comme ceux que je mentionnais tout à l’heure, en d’autres mondes, en d’autres temps : c’est le Fils allant rejoindre son Père ; c’est Lui encore qui, dans le monde qui succédera au nôtre, pourra revenir, en tant qu’Avatar : «c Celui qui descend.» Notez pourtant que le Bouddha, puissant comme 11 le fut, atteignit Sa grandeur en passant par l’humanité de notre globe, en gravissant, degré par degré, l’échelle de la vie humaine.
Peu à peu II entra dans l’évolution de la vie supra-humaine et atteignit le dernier degré de l’échelle en naissant, dans l’Inde, sous le nom de Gautama il y a vingt-cinq siècles. Là, ayant terminé son rôle, il passa en ce que l’on nomme là-bas : le Nirvâna, la plus haute condition à laquelle puisse prétendre un être surhumain, celle qui consiste à s’unir au Divin, sans pour cela perdre ce centre d’individualité dont j’ai parlé au début de cette conférence.
Considérons maintenant ce que fut ce grand instructeur, avant d’être le Bouddha qui abandonna le monde terrestre lorsqu’il eut achevé son rôle d’instructeur.
Avant de passer la dernière grande initiation
LE CHRIST FUTUR
sur le sentier qu'il suivait, il se manifesta plusieursfois sur terre,au cours de la même grande race, la race aryenne, à laquelle nous appartenonstous ici avec tant d’autres.Avant de passer cette dernière initiation, il eut, pendant des milliers et des milliers d'années, une autre grande fonction à remplir.
Je ne tiens pas à vous troubler en employant des termes qui ne vous sont pas familiers, et pourtant il m’est difficile de les éviter car j’ai besoin d’un terme qui contienne, à lui seul, toutes les manifestations successives. Notre cinquième sous-race, la Teutonne, est apparue depuis si peu de temps sur terre, en Occident, qu’elle n’apas encore créé ce terme général que nous emploierons pour désigner d’un mot toutes ces manifestations du passé. Ce terme, en Orient, lorsqu’on le traduit, signifie : « la Vérité et la Sagesse », Boddhisattva en sanscrit. Ce nom importe peu, pourvu toutefois que, pour l’instant, vous lui attribuiez son exacte signification: il désigne un office ,une fonction particulière, et cet office est celui de l'Instructeur suprême qui non seulement est l’Instructeur des hommes, mais aussi, comme on le di rait aux Indes, l'Instructeur des dieux. Vous pouvez substituer ici au mot : dieux, ceux d'an-
ges et d’archanges. Vous devez en effet vous souvenir que
Les Etres brillants de V Orient
sont ce que vous appelez ici les anges et les archanges, mais ces mots n’ont pas tout à fait là-bas le sens que vous leur attribuez en Occident; ils désignent simplement : « les êtres brillants » ; ici, on les traduit par : Dieu ; de là résulte une grande confusion de pensées en ce qui concerne les grandes croyances de FOrient. Pourtant, tout comme le Christianisme, ces croyances proclament F unité de Dieu, la vie universelle pénétrant et animant toutes choses, et ceux qu’ils appellent les êtres brillants, les Dévas , ne sont autres que les manifestations de cette Lumière centrale, anges et archanges du Christianisme ou de l’Islamisme.
Or, Lui, l’Instructeur suprême, instruit les archanges et les anges aussi bien que les hommes ; Il est Celui qui instruit tous les êtres. Dans son corps de chair, comme en dehors de ce corps, il n’y a pas, dans le ciel ou sur la terre, d’autre Instructeur, en dehors de l’Etre toutpuissant qui remplit cet office.
Un tel Etre, le suprême Instructeur des
LE CHRIST FUTUR *227
mondes, se manifeste, comme homme, au début de chaque sous-race.
Je vous ai parlé déjà de races et de sousraces, et ces termes doivent vous être familiers à présent; laissez-moi seulement vous rappeler que nous appartenons tous à une grande race-racine : la race aryenne, à laquelle se rattachent la première sous-race dans l'Inde ; la seconde qui, dans l’antiquité, peuplait le bassin de la Méditerranée; la troisième dans la Perse d’autrefois; la quatrième qui donna naissance aux Grecs et aux Romains de l'histoire et qui se répandit vers l'Ouest, à travers l'Espagne, la France, la Bretagne, jusqu'au Nord de l’Ecosse puis en Irlande où se forma la puissante sous-race celtique, enfin la cinquième, la race Teutonne, qui peuple maintenant l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Amérique et leurs dépendances.
Si vous gardez présentes à l’esprit toutes ces grandes divisions d'une seule grande race-mère, vous vous sentirez alors capables de suivre les manifestations de l'Instructeur suprême.
Comme cela existe pour les plus grands cycles des manifestations de cesjgrands Êtres, à chaque sous-race correspond l’apparition de ce puissant Instructeur comme homme : Il lui
donne la Religion sous l’autorité de laquelle la civilisation doit se développer, 11 lui donne 1a, bénédiction qui marque le début de son évolution dans le monde.
Si nous tournons nos regards en arrière,vers les sous-races qui précédèrent la nôtre : la race teutonne, à laquelle appartiennent la plupart d’entre nous ici présents, il nous est possible de constater, pour chacune de ces sous-races, l’apparition de l’Instructeur suprême sous des noms chaque fois différents, mais c’est toujours la même Individualité immortelle sous le voile du nom qui La recouvre.
Un nom connu de vous tous, qui étudiez le passé, est le nom qu’il prit quand II conduisit du fond de l’Asie centrale la seconde des grandes émigrations qui passèrent vers l’Ouest, donnant à un grand nombre des peuples de l’Arabie, de l’Afrique septentrionale et du bassin de la Méditerranée, les caractères distinctifs de la race aryenne. Il portait alors le nom d’Hermès, nom familier à tout étudiant de l’histoire ancienne, et spécialement aux étudiants de la pensée égyptienne, car ce fut en grande partie à cette civilisation que se rattacha cette puis" santé manifestation. Puis vous rencontrez le nom d’
LE CHRIST FUTUR
Hennés le Trois fois Grand ,
dans ce que Ton appelle communément : la littérature hermétique.
Arrêtons-nous pour éclaircir un point obscur qui, peut-êfre, a déjà surgi dans Fesprit de ceux d'entre vous qui s’occupent de l’histoire du passé. Vous voyez le même nom apparaître d'époque en époque pour une seule et même tradition dont les enseignements se perpétuent et se propagent de siècle en siècle. 11 en a toujours été ainsi dans le passé.
Le nom du grand Instructeur Lui-même a toujours été pris par ses successeurs qui rajeunissaient son enseignement et répandaient les traditions qu’il laissait. C’est ainsi que dans les immenses intervalles qui s’écoulèrent après l’apparition d’Hermès I er de la deuxième sousrace de la race-mère aryenne, d’autres Hermès continuèrent la tradition, répétèrent renseignement et, chaque fois, le même nom se retrouvait. ( -^i O» 'Mni y
C’est là la manière orientale. Aucun disciple ne pense à enseigner sous son propre nom; c’est sous le nom de son Maître qu’il répand la sagesse dans le monde. Il ne s’agit pas ici d’évi-
ter toute responsabilité en se cachant sous un autre nom que le sien, mais c'est parce qu’il est d’usage que tout ce que le disciple peut répandre, c’est à son Maître qu’il le doit; et ainsi, en témoignage d’humilité, de vénération de gratitude,envers le plus Saint, ceux qui succèdent au Maître, écrivent sous le nom de Celui qu’ils vénèrent ; ils propagent Sa sagesse parfois jusque dans les générations qui surviennent longtemps après que le Maître a quitté la scène du monde. Une grande confusion et de grosses difficultés surgissent lorsque la critique historique d’Occident s’exerce sur ces Ecritures de l’antiquité, lorsqu’elle applique les formules d’interprétation de ces Écritures à des personnalités appartenant à des époques bien antérieures à ces formules elles-mêmes.
Ce qu’on appelle la critique historique est compris en Orient d’une tout autre façon qu’en Occident.
Ici, la critique historique 1 s’attache à une suite de noms, de dates, de personnages, cela étant considéré comme les seules choses importantes. En Orient, au contraire, on voit le dieu évoluant dans les types les plus variés qui puis-
1. « Historical sense » que nous traduisons par : critique historique par analogie avec : critique scientifique (N. D. T.).
LE CHRIST FUTUR
sent apparaître dans l’humanité, et Tonne s’intéresse pas exclusivement au personnage spécial qui a écrit telle ou telle chose, mais bien à renseignement, à la tradition transmise d’âge en âge, marquée toujours du sceau de son premier Révélateur,faite toujours au nomde Celui qui, le premier, apporta la connaissance à Thoinme.
Laquelle des deuxmôthodes estla meilleure?
Peu m’importe quant à présent ; je tiens surtout à vous exposer la différence entre les deux, pour que vous puissiez vous rendre compte que les similitudes de noms ne sont pas faites pour troubler les étudiants, mais bien pour indiquer la continuation de la tradition.
Or, au début de la seconde sous-race apparut Hermès. Les siècles s’ajoutèrent aux siècles. Puis vint le temps où la troisième sous-race allait naître et où l’émigration devait fonder cette sous-race, vers l’Ouest, en Perse. Une fois de plus,«la Vérité et la Sagesse » ,\eBoddhi$attva , conduisit cette émigration, et cette fois ce fut le grand Être connu alors sous le nom de Zarathustra, plus souvent appelé, parmi nous, Zoroastre. On connaît quatorze Zoroastre dans l’histoire ancienne de Perse, mais c’est le premier, l’aîné de tous, qui, seul, fut l’unique Instructeur su-
prême, descendu parmi ses disciples pour instituer le gouvernement de la Perse, et transmettre à ses successeurs la tradition qui naquit sous son nom. C’est ainsi que tout haut prêtre de cette religion, digne de porter le manteau du grand Être, est connu dans l’histoire sous le nom de Zoroastre. Comme je l’ai dit tout à l’heure, il existe, dans les littératures, quatorze de ces prêtres.
Nous arrivons à la naissance de la quatrième sous-race, la race celtique ; le même grand >
Être revint sous un autre nom, celui d’Orphée^X A J tamilier aux étudiants de la Grèce antique.
Mystères Orphiques ,
tradition orphique, ce sont là des termes auxquels sont accoutumés tous ceux que l’histoire de la Grèce antique intéresse.
En général, les étudiants diront d’Orphce ce qui fut dit pour Hermès : que ce n’est pas là le nom d’un personnage mais celui d’une succession de grands êtres. C’est vrai, car il y a en 1
réalité succession. L’erreur consiste à croire qu’une telle succession n’eût pas d’auteur originel. Le premier, et le plus grand des instructeurs auquel tout revient, n’est pas nécessai-
LE CHRIST FUTUR
rement un my the sous le prétexte, trop simple, qu’il fut si grand.
Ceux qui propagèrent le mythe du soleil firent beaucoup de mal en recouvrant d’épais nuages l’histoire du passé. C’est seulement au fur et à mesure que les fouilles archéologiques faites par les savants actuels nous apportent les vestiges du passé, que nous nous apercevons enfin que ces soi-disant mythes solaires furent de puissants instructeurs et de puissants rois divins dans l’humanité-enfant. Et cela devient de plus en plus indéniable à mesure que les fouilles sont plus profondément poussées, qu’on découvre des civilisations remontant à une antiquité toujours plus éloignée, si bien que ceux dont on fit des mythes, finissent par prendre une apparence d’humanité, mais une humanité si grande, si divine qu’il semble pour ainsi dire impossible de croire que de tels Êtres puissentavoir vécu,comme hommes,sur la terre.
Vous pouvez suivre cette tradition orphique à travers tout ce qu’il y eut de plus grand et de plus beau en Grèce ; vous pouvez la suivre dans les mystères que je mentionnais il y a un instant, dans les noms mêmes des génies grecs qui déclarèrent avoir puisé leur inspiration à cette tradition.
Nous arrivons enfin à la dernière des incarnations du grand Etre au moment où II apparut comme Gautama, devint le Bouddha, et disparut, en tant qu'instructeur des mondes.
J'ai parlé avec intention de ces Êtres puis sants du passé : sans quoi, de semblables possibilités eussent été aujourd'hui considérées comme des chimères.
Je vous ai indiqué les quatre dernières apparitions de Celui qui est Sagesse et Vérité ; je vous ai indiqué la dernière de ses quatre manifestations avant qu'il ne fût Bouddha et ne quittât le monde pour devenir le Fils uni au Père, abandonnant désormais son rôle d'instructeur, de Guide de notre humanité.
Il n'y a pas de solution de continuité dans sa succession ; dans cette grandiose série d'instructeurs religieux, la chaire de l’Instructeur ne reste jamais inoccupée; il y a toujours un Sage pour s’en charger et c'est le plus Sage parmi les sages de la terre. Lorsque F un d'eux abandonne son sceptre, symbole de sa loi, un autre est là encore, attendant sur les marches de la chaire de Sagesse le moment de succéder au suprême Instructeur qui le précède et va abandonner le monde terrestre. L’humanité n’est jamais laissée sans instructeur, elle
LE CHRIST FUTUR
ïx’est jamais orpheline ; un Être puissant est toujours présent pour la guider et la sauver, et dès que l’un a terminé son rôle et s’en va, un autre prend sa place et continue l’enseignement.
Lorsque Celui qui devint le Bouddha — Gautama — se retira, un autre apparut que j ’ai appelé : Boddhisatva : « la Vérité et la Sagesse. » Sa première manifestation sur terre coïncide avec la sous-race suivante. Comme vous pouvez vous en rendre compte, — et c’est pourquoi je vous indique les noms correspondant à chacune des sous-races, — il vous sera facile d’étudier les rapports entre la nouvelle ère de la vie humaine et la manifestation du divin Instructeur.
A la naissance de la cinquième sous-race, à une certaine période de la naissance des Teutons dans les forêts de la Germanie, lorsque les germes, les semences de cette nouvelle sous-race furent semés dans l’Europe septentrionale, alors se manifesta de nouveau l’Instructeur suprême ; une fois de plus, Il vint dans le monde fonder une nouvelle Religion et bénir, une fois encore,la civilisation naissante. Et la religion qu’il fonda, la civilisation qu’il bénit, lui donnèrent le nom grec de
Christ .
Arrêtons-nous sur ce nom, celui encore d'une fonction.
Ce ne fut pas là le nom de Bouddha : ce ne fut pas non plus le nom d’un personnage.
Si nous considérons la pensée dominante de la Grèce au temps dont nous parlons, nous trouvons que cette pensée incarnait sa plus haute expression dans une certaine institution connue sous le terme de : « Mystères ». Il y eut des mystères dans l’Égypte ancienne, en Perse, aux Indes et dans toutes les contrées de l’antiquité. Chez les Grecs, il y avait aussi des mystères : les mystères orphiques dont j ai déjà parlé, et plusieurs autres encore connus des étudiants sous les nombreux noms que nous donnons aux dieux, aux déesses de la Grèce, et aux instructeurs du passé.
Il existait dans ces mystères un certain grade appelé Christos, réflexion sur notre terre et sur l’imparfait miroir de notre monde, des grandes initiations concernant la hiérarchie occulte qui guide les destinées religieuses des hommes, pâle reflet de ces grandes initiations sur le miroir de notre petite humanité. C'est un peu ce qui eut lieu, selon les témoignages chrétiens, lorsqu’il est dit que Moïse, le grand guide des Juifs, fit toutes choses conformé-
LE CHRÎST FUTUR
ment aux modèles qui lui furent montrés sur le sommet de la montagne ; qui ne se rappelle :
Le Mont de VInitiation ?
Ce fut là une indication pour ceux qui le suivirent comme législateur ; le temple dont il dressa le plan et qui, pendant un certain temps, fut imité dans le tabernacle qui accompagna les Juifs dans leurs pérégrinations, reçut son plus somptueux symbole dans le temple du roi Salomon, qui, lui-même, fut construit, diton, d’après les modèles des choses divines.
Ainsi le divin et le terrestre sont reliés l'un à l'autre puisqu’ils sont le reflet l’un de l'autre : les grandes Initiations de la hiérarchie se reflétèrent, ici-bas, dans les mystères du passé. C'est par les épreuves nombreuses de ces mystères, leurs nombreuses et difficiles méthodes d'entraînement et disciplines,que les hommes les plus avancés dans les civilisations antiques furent guidés sur le sentier de la surhumanité. Or, en ces mystères existait le grade de Christos , « l’oint » ; c'était le grade de l’Initié qui avait triomphé de la souffrance, de l'Initié qui avait porté la croix dans des vies passées, de l’Initié maître de la vie et de la mort, ce qui le
désignait comme étant sur le seuil de la surhumanité, prêt à franchir ce stade supérieur de la vie manifestée. Il était par conséquent naturel, inévitable, qu’au moment où la Grèce avait un terme pour exprimer la condition la plus haute que puisse atteindre un homme sur terre, il était naturel, dis-je, que ce terme grec ait précisément été choisi pour désigner l’Etre puissant qui se révélait comme Instructeur sur la terre. Et quel plus noble nom aurait-on pu choisir? quel titre plus significatif? quel symbole plus instructif que l’adaptation de ce mot Christ à l’Instructeur qui apparut et fut martyrisé sous ce nom ?
Aux premiers jours de la chrétienté, ainsi que plusieurs d’entre vous doivent le savoir, on faisait une différence, — (différence qu’on s’efforce de faire à nouveau comprendre de nos jours), — entre Jésus l’Hébreu et le Christ : l’Instructeur oint. Reportez-vous à toutes ces écoles de philosophes et de savants, au début de l’ère chrétienne, alors que l’ignorance triomphait après la décadence de Rome et de Constantinople, reportez-vous à ces savants qui furent brûlés comme hérétiques et qui n’étaient autres que ceux qu’on appelait gnostiques : « ceux qui savaient », dénomma-
LE CHRIST FUTUR
tion significative. Et si vous parcourez Origine, l’un des plus grands savants de l'époque et de l’Eglise primitive, vous trouverez dans son exposition de la chrétienté maint passage où il dit qu’il est nécessaire que l’Église chrétienne ait dans son sein beaucoup de gnostiques qui puissent établir une base sur laquelle on pourrait construire des piliers qui soutiendraient l’édifice. Dans un passage célèbre, Origène déclare que, s’il est vrai que la chrétienté est îaite pour les ignorants, qu’elle n’est qu’un remède pour les pécheurs, ce ne sont cependant ni ces ignorants, ni ces pécheurs qui contribueront à l'édification de l’Eglise chrétienne, et il ajoute : «S’il est vrai qu’il y a un remède pour le pécheur, l’Église doit être soutenue par les gnostiques, par ceux qui savent et nullement par les ignorants et les pécheurs. »
Cela fut parfaitement prévu. En effet, dans les premiers siècles, le Christianisme eut ses mystères comme les religions qui Eavoisinaient. Consultez les œuvres de ces premiers évêques et docteurs chrétiens de l’Église, celles de Clément d’Alexandrie, canonisé à cause de son savoir et de sa sainteté ; feuilletez au hasard ces premiers instructeurs chrétiens qui puisèrent leurs connaissances chez ceux qui
i lf l'if liîi ti nÿ i iiriii^i iiiiwi'iV i iriiri ii ii i iihii if t'iiVî îîi
avaient reçu l’enseignement des continuateurs du Christ lui-même, et vous verrez qu’il est à chaque instant question du :
Mystère de Jésus .
Vous trouverez les règles auxquelles on devait se soumettre avant de pouvoir être admis à ces mystères. Vous pourrez lire, dans Clément d'Alexandrie, la proclamation de l’hiérophante auquel les candidats se présentaient, hiérophante qui possédait la clé du royaume des cieux. Vous verrez qu’au moment où ces candidats étaient devant lui, il leur disait que ceux-là seuls qui, pendant longtemps, étaient certain de n’avoir pas péché, pouvaient entrer et apprendre l’enseignement que Jésus donnait en secret à ses disciples. Tels étaient les mots de passe avant que la porte du ciel ne fût ouverte ; des hommes et des femmes n'étaient admis aux mystèi^es qu a la condition de n’avoir pas transgressé les lois. Une fois reçus, ils étudiaient les enseignements secrets intérieurs, ceux mêmes qui sont indiqués dans l’Évangile où, vous le savez, on dit du Christ : « qu’il ne leur parlait qu’en paraboles ». Vous vous rappelez aussi ce qu’il répondait à ses disciples
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lorsque ceux-ci l’interrogeaient : « Il vous est permis à vous, de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; aux autres, je ne parle qu en paraboles. » — Vous pouvez vous rappeler encore qiRau moment où il se trouvait avec ses disciples II leur disait des choses^ qu’il se refusait à révélera la multitude du dehors ; vous pouvez vous souvenir aussi de la promesse qu 11 fit en voyant approcher la fin de sa carrière terrestre : « Il me reste encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne sauriez les entendre maintenant . » La tradition chrétienne des mystères déclare que ces choses furent dites plus tard, lorsque les disciples furent prêts à les recevoir, quand les élèves furent devenus plus dignes de Renseignement qui leur était destiné.
Origène nous apprend que tous ces enseignements étaient gardés dans les mystères chrétiens et constituèrent les enseignements secrets de l’Église, donnés seulement à ceux qui en étaient dignes.
A cette époque, alors que beaucoup savaient , que beaucoup comprenaient , une distinction était établie entre
Jésus et le Christ .
Ms Monde de demain
J’ai déjà fait allusion à ce sujet au début de mes conférences et, si je Fai fait si délibérément, sans préciser beaucoup, c'était avec l’intention d’y revenir, après avoir traité des questions intermédiaires, jusqu’au moment de cette conférence sur le Christ futur.
Vous ne pouvez définir la venue du Christ, la consécration de l’Instructeur suprême, si vous n’établissez pas de différence entre le corps humain du grand disciple Jésus, né à Bethléem, et le divin pouvoir qui illumina ce corps lors du Baptême, à propos duquel il est écrit « que l'Esprit de Dieu descendit sur Lui et L’habita ».
Vous trouverez cette distinction dans les Épîtres, bien que plus loin, dans les Evangiles, l’attention ne soit pas spécialement attirée sur ce point, cette distinction suggestive et saisissante une fois faite. Mais, si pourtant vous prenez les Epltres de saint Paul, vous vous trouverez dans une atmosphère tout autre que celle de l’histoire du Christ telle que la contiennent les Evangiles : vous trouvez là le Christ avec un sens différent, un sens mystique du plus profond intérêt. Lorsque saint Paul déclare qu’il ne demande pas à Le connaître dans la chair, c’est le Christ intérieur qu’il
T E CHRIST FUTUR
cherche ; vous le voyez parlant, de ce Christ mystique qui doit naitredans 1 àmc du croyant, déclaration qui, jamais, n’aurait pu s’appliquer au corps physique de Jésus. Vous 1 entendez affirmer que cette naissance mystique du Christ dans les âmes humaines doit être suivie par l’évolution du Christ mystique chez le croyant, jusqu’à ce qu’enfin celui-ci ait atteint la stature et la plénitude du Christ. Cela revient a dire qu’il doit vivre la vie mystique chrétienne, que le Christ doit naître dans son àme et développer ses divins pouvoirs, pouvoirs qui apparaissent à mesure que le chrétien croit en sagesse et en amour, à mesure qu’il se manifeste davantage et que sa vie humaine s’approche de la vie divine, jusqu’à ce qu’enfin le Christ parfait apparaisse, jusqu’à ce qu’enfin le Fils de Dieu soit, de nouveau, manifesté sur terre.
Cependant, cette antique idée mystique disparut des préceptes de l’Église, demeura dans le Nouveau Testament, très nette, mais incomprise. Et c’est ainsi que Lui, 1 influx spirituel, le suprême Instructeur, la vie animatrice de son Eglise, devint le Sauveur extérieur qui, par suite d’un sacrifice physique, réconcilia, dit-on, l’homme avec Dieu. Mais vous n avez;
là qu’une réconciliation arbitraire, une substitution au lieu d’une entière identité de nature, grâce à laquelle le Christ et le croyant sont un .
Telle fut la transformation qui apparut dans l’enseignement chrétien, durant ces longues périodes d’obscurité qui succédèrent à la disparition des mystères qui avaient alimenté et gardé la flamme de la connaissance, jusqu’à ce qu’il n’y eût plus de candidats désireux d’être instruits ; cette absence de candidats causa le retrait des instructions des Maîtres.
A l’heure actuelle, le fait de ressusciter l’enseignement mystique, de reconnaître qu’il existe dans le Christianisme une vie nettement caractérisée par le plus saint des noms, le fait de voir les Eglises chrétiennes revivifiées par un nouvel afflux de vie, de croire à nouveau, pour l’humanité, à une croissance possible vers le Divin, c’est là un des signes de
f&Venue du Christ . ÇY j
C’est le présage de Sa prochaine manifestation sur la terre, car il n’eût vraiment pas été nécessaire de vous intéresser pendant une heure à l'histoire du passé, si cette histoire ne s’appliquait pas au temps présent et à l’avenir, à la
LE CHRIST FUTUR
répétition de cette antique et universelle histoire :1a nouvelle manifestation de ce puissant fils de Dieu.
C'est pour cette raison que je vous ai parlé des manifestations antérieures (chacune d'elles correspondant à une sous-race), c'est afin aussi de rétrécir le gouffre qui sépare la pensée moderne de la pensée de l'occultiste. Si vous avez suivi la ligne que je vous ai tracée chaque dimanche, si vous avez saisi le point d évolution auquel se trouve le monde à l'heure actuelle, si vous comprenez la période de transition dans laquelle nous nous trouvons, si vous voyez la période qui s'en va, la nouvelle ère qui apparaît, tous les signes qui indiquent la fin de l'une et ceux qui indiquent la naissance de l'autre, vous comprendrez alors, sans heurt et sans combat, cette manifestation de l'Instructeur, de l’Instructeur suprême des mondes qui, en dernier lieu, fut le Christ de la Palestine.
Voyons ce que ces dernières paroles peuvent signifier.
A moins que tout ce que je vous ai dit durant ces cinq dernières semaines ne soit un rêve, à moins que tous les faits sur lesquels j'ai porté votre attention n'aient aucune espèce
de signification, vous devez avoir senti vousmêmes le point où je désire vous amener maintenant:
Le début d'une ère nouvelle ,
et vous devez avoir pressenti l’apparition prochaine du grand Instructeur parmi les hommes.
Dire cela au premier venu ne peut que faire rêver.
Mais nous 1 pourquoi cela nous étonnerait-il?
C’est là une interrogation que les Juifs auraient pu se poser la dernière fois qu’il vint. Qu’une chose si grande, si inaccoutumée, si hors de la pensée puisse se voir sur terre à certaines époques déterminées pendant quelques petites années d’une vie humaine, voilà qui paraît trop étrange, trop beau pour être vrai. Et pourtant, Il vint autrefois ! pourquoi ne reviendrait-Ii pas? Puisqu’il apparut au début de la cinquième sous-race, pourquoi ne réapparaît-11 pas à la naissance de la sixième?
Certains d’entre nous seront ici-bas pour assister à cette manifestation ; une génération d’hommes et de femmes est appelée à naître autour du Christ futur,et aucun de nous ne peut donner de raison valable, pour laisser croire que nous ne pouvons vivre à une pareille
LE CHRIST FUTUR
époque, que nous ne sommes pas appelés à devenir des canaux pour le nouvel épanchement de vie spirituelle.
Cela peut paraître étrange, étant donnée la rareté du fait; mais cela est , car dans l’histoire du monde la même chose se présente aux périodes de crises analogues à celles que nous traversons, et son étrangeté ne doit pas vous porter à nier le fait, alors que vous pouvez constater autour de vous les signes de 1ère nouvelle si vous avez des yeux pour distinguer leur réelle signification.
Partout, les hommes sont dans 1 attente de la venue de quelque grand Instructeur; ici et là, sur la terre, cette venue a son messager, que dis-je ? elle a toujours eu un messager humain et un héraut pour la proclamer.
En Perse, un pareil messager est apparu sous le nom de
Bab
annonçant la venue du grand Etre, suivi d’un autre plus grand encore, puis d’un troisième, PAbbas Effendi des temps présents, grand instructeur spirituel, après lequel un autre plus puissant viendra pour unir l’Orient à l’Occident.
Cette attente de la venue du Christ ne se constate pas seulement de ce côté, elle se constate aussi chez les peuples de l'Islam et sous une forme étrangement combative, naturelle d’ailleurs, étant donné le tempérament guerrier de ces peuples, dont l'espérance et l'attente se traduisent par la certitude qu’ils ont de vaincre dans les combats qu’ils livrent ou livreront.
Vous pouvez constater aussi cette espérance chez le Mahdi, en Afrique, qui provoque tant de troubles aujourd’hui.
Je vous indique tout cela pour vous montrer que cette pensée s’est partout répandue, que l’attente est partout, et que l’impatience du monde va croissant en attendant le grand Être qui doit se révéler sur terre.
Telle est la venue du Christ que le monde occulte attend. C’est le même grand Être qui apparut en Palestine car II est toujours l’Instructeur suprême, c’est la même Individualité.
Qui peut dire le nom qu’U portera?
Ce qui importe avant tout, c'est de nous demander si nous Le reconnaîtrons quand II viendra, ou si nous serons aussi aveugles, aussi durs de cœur, que le furent les Juifs au sein desquels sa dernière manifestation eut lieu?
Il nous est facile, en regardant en arrière, à travers les siècles qui virent le grand Maître chrétien à la tête du Christianisme, homme parfait auréolé de la gloire du Christ, — (car l’Eglise n’a fait aucune distinction entre les deux toutes ces dernières années), —il nous est si facile, dis-je, de jeter les regards sur les siècles passés en disant que nous L’aurions reconnu si nous avions été là.
Il ne fut pas toujours reconnu, et n’est-ce pas le reproche qu’il adressa à son peuple :
« Vos pères égorgeaient les prophètes et vous leur creusez des sépulcres. »
Il y a toujours beaucoup de gens prêts à élever des tombes en l’honneur et au nom d'un prophète du passé, mais combien peu ont reconnu,depuis que le monde existe, combien peu ont reconnu le prophète de leur époque !
Et cela n’est pas vrai seulement pour l’Instructeur suprême, mais pour tous ceux qui se trouvèrent dépasser un peu le niveau intellectuel et les pouvoirs de la masse ; Ils ont toujours été haïs; la société Les a toujours chassés, torturés ou lapidés.
Qui nous porte à croire que nous serons plus sages de nos jours ? Pourquoi la cinquième grande race-mère, la plus combative de toutes,
la plus critique, la plus sceptique, la moins prête à reconnaître ce qui lui est supérieur, la plus orgueilleuse, aurait-elle des yeux capables de voir une splendeur qui ne fut jamais reconnue dans le passé?
C’est là un problème qui doit nous inquiéter assez pour que nous tentions de développer en nous les qualités grâce auxquelles nous pourrions Le reconnaître s’il venait de notre vivant, car dans la nature existe cette grande loi; « Nous ne pouvons comprendre que ce qui éveille en nous un écho. » Elle est vraie en toutes choses, pour le côté extérieur comme pour le côté intérieur, et par conséquent aussi pour nos yeux physiques. Nous nous voyons les uns les autres parce qu’il y a, dans la rétine de l’œil, l’éther qui vibre en réponse aux vibrations des rayons lumineux de l’extérieur ; par analogie, au point de vue moral et, par-dessus tout, au point de vue spirituel, nous ne percevons que proportionnellement à nos facultés d’entendement, d’assimilation. Si nous sommes ouverts à la spiritualité, si nous possédons un peu des qualités qu’il nous montre si glorieusement, si nous avons en nous un peu de cette nature qui, en Lui, a grandi jusqu’à la Divinité, oh ! alors quelque chose en nous vibrera
LE CHRIST FUTUR
à son approche quand II viendra, caché, ainsi qu'il le fut toujours, sous le voile d'un corps humain.
Pour qu’il en soit ainsi, il nous faut dépasser la pensée moderne pour atteindre celle des temps futurs ; il nous faut abandonner la combativité de la cinquième sous-race, pour que la compassion de la sixième puisse, à son tour, habiter nos coeurs.
Si l'on en juge d’après le passé, 11 peut, lorsqu’U viendra, être de nouveau méprisé et chassé, car l’idéal spirituel n'est pas un idéal auquel les cœurs de notre époque soient des plus sensibles. Vous pourrez reconnaître cet idéal dans les caractéristiques qui furent celles du Christ: quand II était injurié, Il n'injuriait pas en retour ; quand II souffrait, Il ne se révoltait pas. Voilà qui parmi vous ne prouverait que de la faiblesse d'esprit. Ne pas répondre aux injures prouve, d'après la pensée moderne, que les injures sont justifiées. C’est là l'esprit de l’époque. Si vous êtes calomnié, diffamé, trompé, il vous faut aller au tribunal et y traîner le coupable, sans quoi c'est vous avouer coupable vous-même. C’est là l’opinion moderne.
Il arrive que celui qui suit l’exemple du Christ et qui, devant ses accusateurs,ne répond rien,
est condamné par l’opinion publique de notre temps. Oui,je le sais,il répondrait s’il le pouvait, car on répond toujours lorsqu'on le peut, mais la stature du Christ n’est pas la stature de ceux qui portent son nom dans cette civilisation querelleuse. C’est pourquoi, lorsqu’il reviendra, calomnié et diffamé, comme II le sera certainement s’il dépasse de beaucoup notre savoir et notre entendement, le verdict ne sera encore pas en sa laveur, tout comme autrefois. Nous n’assassinerons pas, ce moyen étant,de nos jours, trop dégradant pour nous; nous préférerons garder, vivante, la victime pour la torturer, plutôt que de la vouer à une mort prompte qui la délivrerait.
Ainsi, à en juger par le monde actuel, rien ne nous invite à croire qu’il sera le bienvenu lorsqu’il viendra. Tout comme autrefois, un petit nombre d’individus Le reconnaîtra, et il peut se faire (comme les caractéristiques de la race qui vient seront celles de la spiritualité) que ce petit nombre se trouvera quelque peu augmenté pour Lui souhaiter la bienvenue car, je le répète, la vie spirituelle tend chaque jour à se déverser davantage dans le monde, et tous ceux qui auront pénétré dans le domaine de l’Esprit connaîtront ses lois.
LE CHRIST FUTUR
Je voudrais ce soir, avant de me séparer de vous, vous persuader que tout cela est absolument vrai, qu’avant peu le suprême Instructeur sera de nouveau incarné sur terre, de nouveau manifesté comme Instructeur, qu’une fois de plus II ira et vivra parmi nous, comme II vécut jadis en Palestine.
Si beau que soit l’Esprit, si grandes que puissent paraître nos aspirations, il n’est rien de trop glorieux à quoi l’Esprit évoluant sans cesse puisse prétendre. Aussi, notre espoir aujourd’hui consiste-t-il à souhaiter, en dépit des caractéristiques de l’époque, que les hommes deviennent plus impartiaux, plus tolérants, plus enclins à reconnaître ce qui est juste et bien. Il peut, de la sorte, arriver que nous atteignions un degré d’évolution tel, que le niveau actuel de la masse se trouvera dépassé par un grand nombre d’individus spiritualisés ; en ce cas, lorsqu’il viendra. Il sera en mesure de pouvoir rester parmi nous, plus de trois années, temps qu’il demeura sur terre, lors de Sa dernière apparition.
C’est sur ces derniers mots que je désire prendre congé de vous ce soir, éveillant en vos esprits le désir de développer en vous l’Esprit du Christ, pour qu’à son re-
tour vous puissiez reconnaître Sa grandeur !
Soyez compatissants, tendres ; voyez le bien chez autrui plutôt que le mal, apprenez à être bons avec les faibles, sachez respecter et révérer ceux qui vous sont supérieurs. Si vous savez acquérir ces qualités,le Christ alors pourra vous compter parmi Ses disciples et le souhait de bienvenue que la terre Lui adressera, ne se traduira plus par une crucifixion.