L’EPANOUISSEMENT DE LA CONSCIENCE ET SA VALEUR
Au cours des conférences, que celle de ce soir terminera, j’ai parlé de l’existence, dans l’homme, d’une conscience plus haute que celle que nous connaissons actuellement sous le nom de conscience physique à l’état de veille. J’y ai fait allusion maintes et maintes fois, ne m’y arrêtant que quelques instants, ne pouvant interrompre le sujet que je traitais pour vous donner une description détaillée de l'épanouissement de cette conscience et de ses instruments : c’est-à-dire du corps ou plutôt des corps de l’homme.
Tout ce dont je vous ai parlé jusqu’à présent me paraîtrait tant soit peu imparfait, si, avant de quitter les sujets traités ici, je n’essayais de vous soumettre quelques données sur l’épanouissement de cette conscience supérieure dans l’homme, conscience qui existe dans chacun de nous, fonctionnant d’une façon in-
termittente, et qui est aujourd'hui en cours de développement dans l’humanité.
Simultanément avec le développement de la conscience se poursuit, une évolution continuelle des corps à l’aide desquels cette conscience peut s’exprimer. C’est là le sujet que je vais aborder ce soir en essayant de vous exposer, aussi clairement que possible, la théorie étudiée par les théosophes relativement à cette question. Quelques-uns d’entre nous ont pu vérifier cette théorie par des investigations personnelles; déplus, chose beaucoup plus importante, — elle est confirmée par les grandes Ecritures des religions du monde , par les témoignages de voyants et de prophètes de l’ordre le plus élevé et le plus inspiré.
Nous sommes malheureusement trop souvent portés à accorder plus de crédit à l’évidence contemporaine qu’à celle qui nous vient des grandes Ecritures du monde.Pour moi, cela équivaut à placer un écran devant ses yeux pour ne pas voir la lumière du soleil. Il est certain, si l’on veut bien y réfléchir, que les témoignages donnés présentement par des étudiants à demi développés ne peuvent avoir, de par la nature même des choses, une valeur aussi grande que celle des témoignages de
l’épanouissement de la conscience
grands prophètes et voyants de l’humanité, témoignages contenus, bien que sous une forme mystique et allégorique, dans les grandes Bibles de l’humanité.
En fait, les attestations de l’investigateur moderne devraient être plutôt vérifiées et régies par ces révélations bien plus complètes et plus importantes. C’est toujours un sujet de satisfaction pour le voyant moderne, en partie développé, quand il peut constater que ses propres investigations peuvent jeter quelque lumière sur les enseignements donnés par les Ecritures et les Bibles de l’humanité.
Je ne prétends donc nullement vous présenter rien qui soit comparable, en valeur, à ce que vous pouvez trouver vous-mêmes dans les grandes Bibles des religions si vous êtes spirituellement illuminés. Je crois seulement que les investigations actuelles peuvent nous aider à comprendre ces importantes révélations, nécessairement obscures pour nous par suite de l’immense différence de savoir entre ceux dont elles émanent et ceux qui les étudient. Aussi, quelque modeste que soit notre connaissance actuelle, elle peut cependant être suffisante pour déchiffrer ces fameux manuscrits du passé, pour nous aider à pénétrer plus
profondément le sens de ces vérités qui nous ont été léguées par l’antiquité et les Sauveurs du monde.
Tout d’abord, je crois devoir entrer dans quelques détails et définitions préliminaires qui pourront rendre plus accessible ce que j’ai à vous dire sur ce sujet. Si vous voulez étudier la constitution du corps humain, comparativement simple, vous devez d’abord vous rendre compte de la différence qui existe entre un os et un nerf, une artère et une veine, et comprendre la signification de tous les termes, plus ou moins familiers, et employés par le physiologiste, pour expliquer l'anatomie et la physiologie du corps. On ne peut avoir d’idées claires et définies sur un sujet qu’en étudiant la simple nomenclature de ce que l’on désire comprendre ; s’il est possible d’éviter les mots d’une autre langue, il est par contre impossible de ne pas demander un certain effort d’esprit à l’étudiant qui désire être autre chose qu’un simple auditeur superficiel ne possédant aucune notion des sujets qu’il prétend approfondir.
l’épanouissement de la conscience
Une des épttres de saint Paul donne de la
Constitution de l'homme
une très bonne et très simple description sous la forme d’une division triple, division parfaitement exacte qui, cependant, doit comporter des subdivisions. Mais pour l’instant, cette triple division, à laquelle nous ajouterons certaines subdivisions,sera suffisante pour vous donner une idée claire et définie de la conscience dans l’homme. Par votre propre expérience, vous pourrez juger ensuite dans quelle proportion votre conscience a pu s épanouir et si les véhicules propres à. l’expression de cette conscience, plus grande,n’ont pas été suffisamment développés pour lui permettre de se manifester dans les mondes en connexion avec le monde physique. Cette division de l’homme, que bien certainement vous connaissez tous, est la suivante :
L’Esprit ;
L’Ame ;
Le Corps.
Je suis vraiment étonnée de constater combien la plupart des chrétiens sont ignorants sur le vrai sens des deux premiers termes: « Esprit
ei Ame », qu’ils emploient indifféremment pour distinguer ces deux principes du corps physique. Vous entendez ainsi certaines personnes parler d’esprits se manifestant de différentes façons, ou dissertersur l’immortalité de «l’Ame». En réalité, elles ignorent le véritable sens de ces deux mots : Ame et Esprit.
Essayons donc de trouver une définition que tout le monde puisse comprendre. Nous ne serons sans doute pas tout à fait du même avis en ce qui concerne la triple division si vous possédez une autre division à laquelle vous êtes plus habitués, c’est pourquoi mon principal objet est-il de vous donner avant tout une claire définition des deux termes en question. Selon vos aptitudes ou vos tendances, vous la modifierez si bon vous semble, mais c’est naturellement sur elle que je m’appuierai ce soir pour tout ce dont je désire vous entretenir.
Qu’est-ce que l’esprit?
C’est un germe divin qui développe graduellement ses pouvoirs au cours de l’évolution humaine en s’enrobant de la matière à tous ses états, matière qu’il façonne, le temps aidant,
l’épanouissement de la conscience
pour en faire un instrument propre à sa manifestation.
Nous pourrions dire, plus succinctement, que 1 Esprit est un germe divin enrobé dans la matière.
Comme son divin Progéniteur, ce germe possède un triple aspect. Dieu, manifesté dans 1 univers, est une Trinité dont les trois attributs se retrouvent dans l’Esprit de l’homme; employant les termes chrétiens qui nous sont plus familiers,je dirai que l’Esprit Pur exprime à la fois :
La Puissance qui correspond au Père ;
La Sagesse — — Fils.
L’Activité créatrice — St-Esprit.
Si vous acceptez ces termes familiers, si vous trouvez qu’ils vous aident à mieux comprendre et voulez bien les garder présents à l’esprit un instant, puis les traduire par le mot : Conscience, — (conscience limitée, les trois aspects n’étant, pas encore pleinement développés chez l’homme ordinaire), — il vous sera dès lors facile de reconnaître, chez l’homme de nature spirituelle, et mieux encore dans cette réflexion inférieure dont je vais parler,
il vous sera facile de reconnaître la triple division de notre propre nature spirituelle et d’en obtenir une image nette.
Ce que dans la Divinité nous appelons : Puissance, volonté par laquelle les mondes existent, se retrouve dans la nature spirituelle de l’homme comme : Volonté.
L’aspect Sagesse qui maintient les mondes, se retrouve,dans l’Esprit humain,comme : Raison pure et la Compassion,cetWe-ci n’étant autre que la Sagesse, le Christ dans l’homme.
Enfin, le troisième aspect, VActivité créatrice se retrouvé dans Y Intelligence, forme la plus élevée, la plus noble de l’Activité créatrice de Dieu.
Si maintenant vous rapprochez les termes qui vous sont plus familiers de ceux qui vous le sont moins, vous arriverez à pouvoir me suivre plus facilement dans ce que je vais vous exposer.
Pensez, en premier lieu, que l’Esprit, le germe divin, doit se manifester en développant graduellement ses pouvoirs latents, c’est-à-dire les trois attributs suprêmes que vous reconnaissez dans la Divinité même.
Passant alors de ce principe le plus élevé de notre nature au principe que saint Paul
l'épanouissement de la conscience
appelle l'âme, la question suivante se pose :
Qu 9 . l-ce que l'Ame par rapport à l'Esprit ?
C’est la réflexion temporaire de l'Esprit éternel dans une matière plus dense ; c'est l'image de ce qui est impérissable ; c'est la réflexion, dans le miroir du monde, de cette vie éternelle qui évolue en traversant le s mondes, mais ne partage pas le caractère transitoire des univers en voie de perpétuelles transformations.
L’âme humaine n'est autre que l'Esprit à l’œuvre dans la matière grossière. Il en résulte qu’en nous-mêmes, — et nous pénétrons là dans un domaine que la Psychologie étudie et s'efforce de comprendre pour le définir, — il en résulte, dis-je, qu'en notre conscience réside l’Ame, réflexion de l'Esprit dans la matière grossière.
En outre, l’Esprit se reflète comme intelligence pure avec toutes ses activités : imagination, jugement, raison, autant de pouvoirs de l'Esprit,
Nous arrivons ensuite à une partie de nousmêmes que nous appelons nature émotionnelle, réflexion de la pure Sagesse. Cette Compassion, dont je parlais tout à l’heure, se manifeste
dans les mondes inférieurs, comme l’Amour le plus noble, le plus élevé, source de toutes les vertus. Le même principe d’unité que Ton désigne, pour le plan spirituel, sous le nom de Sagesse, s’exprime en effet, dans les mondes inférieurs, comme amour; c’est lui qui rassemble ici-bas les vies séparées, dans un monde où la matière a vaincu l’Esprit, où celui-ci a été obscurci par la matière. L’unité que l’Esprit connaît, l’Ame la recherche par l’Amour qui, comme on le sait, tend à l’union, à l'unité ; c’est cette exquise qualité de l’âme qui tend à élever celle-ci vers le monde spirituel.
Ce que nous appelons : Volonté dans les régions supérieures de l’Existence se reflète comme Désir dans les mondes inférieurs.
Une différence doit être établie entre la Volonté et le Désir.
La Volonté est un sentiment nettementdéterminé dans l’être ; le Désir, au contraire, résulte de l’attirance qu’exerce, sur l’individu, la vue des objets extérieurs à la conscience.
Vous obéissez au Désir quand vous reculez devant une douleur, quand votre activité s’exerce selon l’attraction ou le sentiment de répulsion que vous éprouvez pour des objets extérieurs à vous. D autre part, vous obéissez
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à la Volonté , — attribut spirituel, — quand toute votre nature intérieure, concentrée sur un point nettement déterminé, vous dirige en toute liberté vers le but choisi, vous laissant indifférent devant la joie ou la peine, le gain ou la perte que vous pouvez éprouver dans le monde inférieur en poursuivant ce but.
La Volonté émane du « Moi spirituel », le Désir est provoqué et stimulé par les objets des régions inférieures.
Or, ce qui, dans l'Esprit, est Volonté, se manifeste donc comme Désir dans T Ame. Vous pouvez, de la sorte, représenter l'Ame par la simple énumération de ses trois attributs :
Le Mental, avec tous ses pouvoirs, L’Emotion, racine de l’Amour,
Le Désir, réflexion dans le monde inférieur, de la Volonté, principe déterminant.
Considérant votre vie de chaque jour, il vous est désormais facile de conclure que ces trois attributs ne sont autres que la Conscience à l’état de veille, laquelle se manifeste dans la matière dense du cerveau. Vous pouvez, en outre, dans votre conscience à l’état de veille, vous rendre compte des rôles respectifs du mental, de l’émotion et du désir, et vous arriverez à voir que, si limitée, si conditionnée que
puisse être cette conscience inférieure que le cerveau de votre corps physique limite, elle n’est autre cependant que cette conscience, plus haute, qui/dans les mondes subtils, se traduit par le mot : Ame, et, dans le monde spirituel, par cet autre mot : Esprit.
Si vous saisissez bien ce schéma et ses subdivisions, vous serez amenés à admettre que la conscience est une et que ses différents aspects sont dus bien plus aux différences de la matière dans laquelle elle s’exprime, qu'à sa nature elle-même.
Que vous l’observiez dans le cerveau, dans le corps subtil ou dans la région de l’Esprit pur, la conscience est une ; elle manifeste partout ses trois modes,ses trois qualités, mais c’est une chose une, c’est nous-mêmes, ou plutôt, c’est ce qui, en nous, est seul réel.
Et maintenant.
Qu’est-ce que le Corps?
Car, dans la définition de l’homme telle que la donne saint Paul, intervient un troisième xx facteur . Tout comme la conscience, le corps se trouve être naturellement soumis aux trois mêmes différenciations.
l’épanouissement de l/ conscience
De même que nous possédons un corps spi rituel qui revêt l’Esprit dans les mondes supérieurs de la conscience, nous possédons également ce que saint Paul appelle un corps naturel .
« Il y a, dit-il, un corps naturel et un corps spirituel. »
Mais ce corps naturel se divise iui-même en deux corps:
Le corps subtil dans lequel Pâme travaille, Le corps dense dans lequel travaille la conscience à l’état de veille, réflexion, nous le savons, de la conscience plus haute.
Ces deux corps sont, bien entendu, inséparables et peuvent être considérés comme ne formant qu’un seul corps naturel, éphémère, appartenant aux trois mondes transitoires, soient : les mondes :
physique,
astral,
mental (ou céleste).
11 vit un certain temps dans ces trois régions de l’univers, puis les abandonne, restituant à chacune d’elles les éléments qu’illeur emprunta.
Le corps spirituel étant relativement permanent, subsistant durant toute 1 existence d un
individu,ne connaissant de par sa nature même ni la naissance ni la mort, phases qu’il traverse sans en être affecté, il s’ensuit que l’individualité, 1 homme spirituel, l’homme réel,
est eternelle et revet une enveloppe permanente faite de matière empruntée au monde spirituel Elle développe alors ses pouvoirs, laçonne la matière sans varier dans son essence, sans que la conscience cesse de demeurer dans les régions où elle réside, sans même qu il en résulte, pour la matière, un changement d état, celle-ci s’organisant simplement et peu à peu, d’une manière plus définitive.
C est dans le Corps spirituel que se conserve ia mémoire de toutes les expériences faites au cours de vos nombreuses incarnations, c’est en lui que demeure votre réelle individualité que les lois de la naissance et de la mort n’atteig nenfc pas. En ce corps que vous possédez encore actuellement, résident toutes vos expériences du passé ; une partie de ces expériences détermine, à chaque naissance, ce que seront les corps nouveaux que l’âme devra revêtir pour recueillir de nouvelles expériences et exercer de nouveaux pouvoirs.
Ainsi donc, 1 Esprit, dans le corps spirituel, est la partie de vous-mêmes qui subsiste; au
l’épanouissement de la conscience
contraire, l’Aine, dans son corps temporaire, ou plutôt ses corps temporaires subtils et physiques, est soumise à des changements successifs.
Cette triple division de la nature de l’homme étant admise, il vous sera facile de distinguer la conscience supérieure de la conscience inférieure, la conscience épanouie de la conscience en voie d’épanouissement. Vous adopterez, comme point de départ,cette grandiose conception d’après laquelle l’Esprit vivant involue dans une matière de plus en plus dense pour s’en revêtir et l’approprier à ses desseins. En empruntant cette matière, l’Esprit s’enveloppe, temporairement, en un voile qui tout d’abord l’aveugle, mais c’est un voile qu’il ne tardera pas à transformer en un instrument,instrument par l’intermédiaire duquel il connaîtra tous les mondes, par l’intermédiaire duquel il entrera en contact avec l’univers tout entier. C’est dans ce but qu’il rassemble autour de lui de la matière de chaque monde; c’est dans ce but qu’il s’enrobe de vêtements matériels. En exerçant son activité sur les matériaux dont il s’entoure ainsi, il approprie ceux-ci à ses desseins, les pétrit selon ce qu’il désire en faire, les arrange selon les résultats qu’il désire obte-
nir, soit un contact toujours plus parfait avec la Matière, condition nécessaire pour devenir maître des mondes. Et il poursuit ainsi son œuvre jusqu'à ce qu'il ait asservi la Matière jusqu’à ce qu’il s’en soit fait son instrument ; alors, mais alors seulement, tous les mondes s'ouvrent devant lui et il peut agir en toute liberté dans chacun d'eux, ce que l’Esprit Pur est incapable de faire. Et en effet, l’Esprit Pur ne peut agir que dans les mondes spirituels auxquels il appartient, hautes et merveilleuses régions où la Divinité elle-même demeure et se manifeste, sans être limitée par la matière dense dont nous subissons les liens. La Divinité émane ces formes grossières de matière pour que les germes divins puissent y être semés et y acquérir les expériences nécessaires à l'éclosion de leurs pouvoirs ; c’est ainsi que la Divinité se manifeste dans la matière, c’est ainsi que les germes divins, après s'être élevés haut au-dessus de la matière où ils auront été semés, devront être devenus maîtres de cette matière comme l’est le Père de Lumière d'où ils émanent.
Considérant ainsi le développement de la conscience et l’organisation graduelle des corps, nous serons à même de déterminer le but de
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ce long développement, lequel consiste à faire de FEsprit un maître de la matière, capable d’agir dans tous les mondes. Et si nous pouvons nous faire seulement un aperçu de ce projet grandiose, nous nous rendons compte de la perfection de ce projet comme de l’éclatant triomphe dont nous devons être les héros.
En premier lieu, si nous examinons les aspects inférieurs de la Conscience en nousmêmes, nous remarquerons qu’il existe une certaine relation entre la Matière et FEsprit qui, lui, avons-nous dit, subsiste, et qui, par conséquent est sans cesse présent sur le sentier qui le conduit au monde spirituel supérieur. Les étudiants avancés dans leurs études théosophiques découvrent tous l’existence de cette relation, au fur et à mesure qu’ils pénètrent successivement dans ces mondes divers qu’ils arrivent finalement à dominer. Il s’agit là d'une sorte de communication ininterompue entre la conscience et la forme, entre FEsprit et la Matière; en d’autres termes : chaque changement dans la conscience provoque une vibration correspondante dans la matière; réciproquement, toute vibration dans la matière provoque un changement dans la conscience. Or, il est dit que cette relation est imposée par le
Logos Lui-même au moment où II confère à la Matière de Son univers, les qualités qu’il désire y voir ; Il donne aux atomes un mode vibratoire tel, que ceux-ci doivent répondre, avec un synchronisme parfait, au moindre changement dans Sa propre conscience. De la sorte, cette correspondance est invariablement établie et sans cesse constatée dans son univers tout entier, grandiose royaume d’Esprit- Matière qu’il régit et où, je le répète, tout changement de la conscience provoque dans la matière un mode vibratoire déterminé et viceversa .
Cela étant, envisageons ce qu’une personne disposant de la clairvoyance verrait, dans la partie inférieure de l’aura d’un individu, soit par conséquent, dans la matière éthérique ou astrale de cette aura. Choisissons de préférence la partie astrale. La personne clairvoyante verrait un grand nombre de couleurs changeantes traverser l’aura. Ainsi que vos études vous Dont enseigné, chacune de ces couleurs est une vibration déterminée de la matière, vibration d’une longueur d’onde définie ; or, en examinant ces changements de couleurs dans une aura, vous constaterez, — si vous êtes clairvoyants, — qu’ils sont dus à des états de
l’épanouissement de la conscience
conscience ou qu’ils provoquent ces derniers.
Voyez une personne plongée dans un état dévotionnel du par exemple à la prière, spectacle familier à tous ceux qui fréquentent les Eglises chrétiennes ; en observant l’aura d’une telle personne, vous la verrez vibrer et prendre la couleur bleue; le bleu prédominera, l’aura tout entière en sera colorée.
En outre, si vous observez le corps astral d’un indifférent, entré dans l’église sans éprouver de sentiment dévotionnel, vous remarquerez qu'il ne tardera pas à être affecté par les vibrations des corps astrals qui rentourent; ces vibrations qui lui sont imposées de l’extérieur provoquent en lui une disposition dévotionnelle.
En résumé, ou c’est l’état de conscience qui détermine des vibrations données dans les corps, ou c’est la vibration qui détermine l’état de conscience.
Etudions la question sous un autre aspect.
Lorsque vous vous sentez de joyeuse humeur, n’avez-vous jamais ressenti l’influence produite sur vous par la vue d’une personne en colère ? N'avez-vous pas remarqué que, peu à peu, vous vous irritez aussi, même si vous n’avez aucun sujet de vous irriter, mais simplement parce
que la mauvaise humeur du voisin réagit sur vous?
Un rigoureux contrôle sur soi-même et sur le corps astral s’impose si l’on veut éviter de pernicieuses influences qu’exercent, sur une disposition d’esprit calme et pacifique, des vibrations particulières.
Si vous n’avez jamais observé ce fait, pensez-y pendant quelques jours et vous vous rendrez compte de votre tendance à reproduire en vous les sentiments qui animent les personnes de votre entourage.
En somme, que se produit-il ?
Le corps astral d’un homme irrité vibre selon l’émotion qu’il éprouve ; les vibrations de celle-ci provoquent dans votre corps astral des vibrations analogues, produisant ainsi, en nous, une disposition analogue à celle de celui qui vous approche. La chose est absolument mécanique, et la colère vous empoigne vous aussi. C’est pourquoi fut conseillé ce précepte de morale bien connu et enseigné par tous les grands instructeurs :
« Rends le Bien pour le Mal. »
En réalité, il s’agit là, par un effort délibéré de la conscience, de se mettre dans une disposition d’esprit totalement opposée à celle du
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voisin. Ce faisant, vous neutralisez les vibrations qui vous parviennent de l'extérieur, votre corps astral vibre sous l’influence de votre bonne émotion au lieu de vibrer sous l’influence des mauvais sentiments extérieurs. De plus, si vous êtes suffisamment exercés, vous pourrez modifier les vibrations néfastes du corps astral de la personne mal disposée, en les harmonisant avec les vôtres. De cette façon vous aurez produit chez votre voisin une émotion supérieure à celle qu'il éprouvait au lieu de vous être laissé influencer par une mauvaise.
Telle est la science des émotions que tout aspirant à la vraie vie devrait connaître pour diriger sa conduite. Tout d'abord, on lui en enseigne la théorie pour qu’il comprenne mieux ce qu'il doit faire; il met ensuite cette théorie en pratique afin de vérifier, par lui-même, la loi que son instructeur lui a apprise.
Il arrive quelquefois qu'un moraliste se contente de prescrire des préceptes : « Aimez vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous haïssent. » A cela, l’auditeur non-spiritualisé vous dira : « Pourquoi répondrais-je à la haine par de l'amour? » La Connaissance, le pourquoi des choses, peut seul vous aider à comprendre a sagesse d’un tel précepte dicté par tous les
grands Instructeurs du passé. S’exprimant à une époque où l’autorité possédait encore une certaine valeur, à une époque où le peuple était disposé à suivre les conseils de ceux qu’il jugeait supérieurs à lui, les instructeurs se contentèrent de proclamer la loi ; l’auditeur docile obéissait alors de son mieux. Par contre, en notre siècle de critique et de raisonnement, il devient indispensable de justifier la sagesse des préceptes de morale en expliquant, sans phrases, les vérités scientifiques qu'ils contiennent.
L’étude de cette science des émotions est nécessaire si vous désirez obtenir une organisation plus parfaite de vos corps, et des états de conscience supérieurs. Ce travail peut être fait graduellement; peut-être feriez-vous sagement de lire, à ce sujet, l'œuvre d'un penseur théosophe 1 ; elle vous apprendrait à apprécier la science des émotions à sa juste valeur et vous deviendriez, pour le monde, une source de bonheur, de paix, de réconfortantes émotions, vous deviendriez un soutien pour les faibles que vous aideriez alors de vos connaissances et de votre force, hâtant ainsi leur acheminement vers le triomphe définitif.
1. Voie The Science of ihe Emotions , par Bhagavân Dâs, Theosophical Publishing Society.
l’épanouissement de la conscience
De ce fait, nous acquérons le pouvoir de dompter la matière et de la faire vibrer ainsi que nous voulons qu’elle vibre. Mieux encore, nous pouvons en faire des organes d’expression pour la conscience qui se développe en nous.
Ces lois une fois comprises, nous nous rendons compte que, nos corps étant plus parfaitement organisés, nous puissions prendre plus réellement contact avec tous les mondes qui nous entourent.
Afin de rendre la chose plus claire, Jaissezmoi vous exposer à nouveau la méthode.
Quand, au début, le germe spirituel descend et s’enrobe dans la matière qui lui est nécessaire pour son évolution, cette matière n’est pas organisée, elle est nuageuse, informe; et elle garde encore cet état dans les régions supérieures ou la matière n’a pas encore été travaillée par l’Esprit. Dans les trois mondes inférieurs, tout au moins en ce qui vous concerne presque tous r vous qui devez vous compter parmi les plus avancés dans les races actuelles, elle s’organise au point de devenir de véritables instruments pour la conscience.
Si nous portons un instant notre attention sur
Le corps physique ,
vous pourrez saisir exactement le sens de cos mots : organisation du corps.
Le corps physique est maintenant pour vous un précieux instrument qui vous permet tout d’abord de connaître le monde extérieur et d’agir ensuite sur ce monde en appliquant les connaissances que vous avez déjà acquises. Comme vous le savez, le corps possède un système nerveux qui se subdivise en deux parties :
Les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs.
Grâce aux premiers vous apprenez à connaître l’extérieur ; par l’intermédiaire des nerfs moteurs vous agissez sur ce monde extérieur, utilisant la connaissance que vous avez acquise pour amener les résultats que vous désirez obtenir. Le corps physique est parfaitement organisé pour ce travail.
Par l’évolution des sens, par la croissance graduelle de tout le système nerveux, par le développement de votre cerveau, vous êtes arrivés dans une large mesure à maîtriser le monde physique avec lequel vous êtes en contact. Tout ce qu’il reste à acquérir ultérieurement n est comparativement qu’une faible évolution, une évolution de moindre importance, car il ne s’agit pour l’instant que du dévelop-
l’évanouissement de la conscience
peinent des deux autres sens et de la conquête du royaume de l’éther auquel la science arrive actuellement. Jusqu'ici donc, vous possédez un instrument, celui de votre conscience à l'état de veille. Grâce à lui, l’Esprit et Tâme travaillent parallèlement, car les pouvoirs de l’âme peuvent toujours s’exercer autant que la densité de la matière le permet. Involuer dans la matière grossière équivaut à placer une lumière derrière des plaques de verre de plus en plus épaisses. La lumière reste lumière, mais celle-ci devient plus ou moins perceptible selon l’épaisseur et l'opacité du verre à travers lequel vous la regardez.
11 en est de même pour la lumière de l’Esprit, brillant à travers l’âme et le corps.
Le travail qu’il importe maintenant de faire est celui qui comporte l’organisation d’un corps de matière plus subtile :
Le corps astral .
Dans ce corps, agissent les émotions, les pensées. Dans une large mesure, les corps astral et mental, — le premier étant aussi appelé le corps émotionnel, — sont dès maintenant constitués. Mais ici interviennent certaines différen-
dations ; chez quelques-uns d’entre nous le corps astral est si bien constitué qu’il est susceptible de se séparer du cors physique pour agir dans le monde auquel il appartient c'est-à-dire dans le monde astral ; chez d'autres,ce corps est plus suffisamment développé en ce qui concerne la conscience, mais pas assez cependant pour recevoir complètement les impressions du monde astral lui-même. En d'autresmots, votre conscience agira dans la matière subtile de ce monde, mais elle n'a pas encore suffisamment organisé le corps astral pour permettre à celuici de recevoir les impressions de l’extérieur.
Graduellement, au fur et à mesure que l’évolution s’avance, l’organisation du corps astral progressera en chacun de nous; mais on peut, comme je vous l'ai dit il y a quelques semaines, hâter cette évolution et faire du corps astral ce qu’il devrait être, c'est-à-dire un instrument qui soit aussi parfait pour le contact avec le monde astral, que l’est le corps physique pour le monde physique. C’est là ce qu’ont fait un grand nombre de personnes qui peuvent agir dans ou en dehors de leur corps physique. Nous reviendrons dans un instant sur ces deux cas.
Prenonsd'abordlapartieplussubtile du corps
l’épanouissement de là conscience
mental. Chez la plupart d'entre vous, ce corps est complètement organisé mais il n’est organisé que pour agir en vous-mêmes et non pour recevoir du monde mental extérieur tout ce qu'il sera capable de recevoir pour l'utiliser ensuite. Mais bien peu nombreux sont ceux d’entre vous qui peuvent quitter les corps physique et astral pour vivre dans le monde mental, en pleine conscience, et y agir aussi délibérément que dans le monde physique.
Quels sont les signes par lesquels vous pourrez juger des progrès obtenus dans l'organisation des corps astral et mental, en supposant toutefois que vous cherchiez à hâter cette organisation ?
Prenons d’abord le travail effectué dans le corps physique. A mesure que les formes supérieures de la conscience commencent à se coordonner avec le corps physique et à lui transmettre plus parfaitement les impressions qu'elles reçoivent, le corps mental se perfec tionne dans une grande proportion. Chez les hommes de science, prompts à saisir les principes scientifiques et doués d'un grand pouvoir d'observation, capables de tirer des déductions des observations qui ont été faites, chez de tels individus l'organisation du corps men-
tal fait de rapides progrès. Les savants modernes possèdent donc un corps mental très hautement développé, en ce qui concerne du moins F utilisation de la conscience à Fétat de veille, car ce corps mental est trop imparfait encore pour recevoir directement les impacts des plans supérieurs.
Le développement du corps astral se manifestera par Famour de Fart et des émotions élevées, et si celles-ci atteignent plus facilement la conscience, c’est qu’alors votre corps astral s’organise d’une façon définitive.
Quand le corps mental, ce corps permanent qui attient au corps spirituel, s’organise, le progrès se manifeste par des facultés de haute métaphysique, par une grande profondeur de pensée philosophique, par une attirance spéciale vers les conceptions les plus élevées de l’idéal artistique et vers les plus belles œuvres de l’idéal littéraire.
Telles sont les facultés qui apparaissent au début de l’organisation du corps spirituel de l’homme qui s’élève au-dessus des choses tran sitoires, commençant à modeler l’instrument permanent de l’Esprit. Chez l’artiste, le véritable artiste, le corps mental est complètement organisé. Chez les plus grands génies, le