AVANT-PROPOS III
veloppement des vertus qu’elle cache; puis qu’elle cherche le Bonheur , qu’elle se recueille -, se reprenne et poursuive ensuite son chemin en mêlant alors un peu plus d* Amour véritable aux idées qu’elle enfante.
Que ce livre l’aide dans cette noble entreprise !
Gaston Rbvbl.
Transportez-vous, en pensée, au bord de l’océan et observez la marée montante ! Voyez les vagues se succéder les unes aux autres, chacune d’elles s’étendant sur la grève plus loin que la précédente, puis se brisant pour faire place à celle qui suit. Cette image peut s’appliquer à Dévolution des races humaines.
Observez maintenant avec plus d’attention cette marée montante. La vague qui s’avance le plus loin sur le rivage n’est pas la plus importante ; elle bouillonne sur les galets, monte et se brise dans un flot d’écume puis se disperse enfin eu poussière d’eau, chantant au vent cette chanson si chère aux poètes.Cette vague est celle qui, arrivée au terme de sa course, cesse d’être.
Soyez plus attentifs encore ! Tandis que nos sens étaient attirés par le fracas et le spectacle de la lame qui s’effondrait, une autre petite vague, silencieusement, presque subrepticement arrivait sur le brisant, pour déferler à son tour, et avancer sur le sable plus loin que la précédente.
Ce tableau, si familier aux enfants qui ont été au bord de la mer, peut nous servir de symbole pour l’évolution des races; les vagues nous représentent alors les races ; l’océan: l’humanité en général. Les vagues plus petites, qui se produisent entre chacune des grandes, sont, elles, les sous-i*aces dérivées de la race-mère.
Ce qui est vrai pour la mer, est vrai aussi pour l’humanité : quand une vague secondaire se brise, une autre apparaît qui domine à son tour, et, pour les yeux qui savent regarder, émerge l’Être puissant que nous appelons :
L’Esprit du siècle.
Les pieds sur les flots, les cheveux dorés de soleil, on l’entend s’écrier d’une voix de ton¬
nerre :
uA RELIGION, LA SCIENCE ET l’aRT
« J’apporte un nouveau ciel et une nouvelle terre où la justice régnera. »
Nous assistons actuellement à pareil spectacle; la vague, ou plutôt la sous-race, à laquelle nous appartenons tous, ou presque tous, déferle et se brise sur le brisant du Temps.Celle qui apporte un nouveau ciel et une nouvelle terre, c’est la race qui naît et va dominer le monde transformé.
Durant des siècles et des siècles, pendant des milliers d’années, la marche lente de révolution se poursuit insensiblement jusqu’à ce qu’un changement survienne. Une race meurt et disparait, une autre la remplace mais précédée par une époque de transition, époque durant laquelle les événements se précipitent. Les catastrophes sont alors plus fréquentes, les transformations se font sentir plus brutalement, les hommes progressent en une année, plus que leurs ancêtres en un siècle.
Le inonde subit actuellement une période analogue.
Pendant de longs siècles, la grande race Aryenne s’est, répandue, sur la surface du globe ; ses vagues successives, c’est-à-dire ses sous-races, ont balayé l’Asie et l’Europe, chacune d’entre elles ayant, chaque fois, traversé
les phases de 1a. naissance, de la croissance, du progrès, de l’apogée et du déclin.
C’est ainsi que, peu à peu, régulièrement, tranquillement, le monde s’est transformé sans trop grands heurts ni trop grands troubles, les roues de notre univers ayant tourné à une vitesse modérée, d une façon continue et sans trop de cahots, jusqu'à ce que soit arrivée la naissance de la nouvelle sous-race destinée à remplacer celle qui va disparaître.
En examinant les choses qui nous entourent, vous ne sauriez manquer de constater, à certains signes, la fin d’un cycle ; vous vous apercevrez que la pensée humaine a désormais atteint un point au delà duquel elle ne pourra s'élever si elle ne s’engage pas dans des voies nouvelles, si elle n'adopte pas d'autres méthodes d’investigation; et vous remarquerez,qu'en tout et pour tout, les activités de l'intelligence, après un développement rapide, se trouvent maintenant engagées dans une véritable im- ,sse.
Les changements, que les plus âgés parmi vous ont pu voir,sont certainement merveilleux, Ces transformations successives ont toujours grandi en importance et la société tout entière semble s'élancer vers un progrès rapide et
incessant. Aussi les hommes s’étonnent-ils d'avance en prévoyant ce que l'avenir leur réserve.
Ce n'est pas la première fois, certes, qu'une telle période surgit dans le monde ; l’histoire humaine nous confirme le fait. Reportez-vous au passé, au moment où la race qui précéda notre race indo-germanique, était arrivée à son apogée, et voyez combien les esprits étaient alors troublés ! Ce moment coïncide avec la naissance de celui que Ton connaît en Occident, sous le nom de Christ. Ce fut, comme aujourd'hui, une période de transitions brusques, de changements soudains et caractéristiques. Et si, comme je vous le dis à présent, vous vous étiez alors écrié : « Vous vivez à l’une des grandes époques de transition de l'histoire du monde ; la race qui domine est à son apogée mais bien tôt, lente et inévitable, la décadence suivra » ; si vous vous étiez écrié qu'un grand instructeur allait apparaître, pour révolutionner le monde à venir, changer les bases mêmes de la civilisation, donner une nouvelle religion aux races les plus avancées, établir un nouveau Code de morale, qualifier de vertueux ce que Ton avait jusqu'alors méprisé, et tresser la couronne de la plus haute sainteté à l'aide même des matériaux qu'on dédaignait ; si, dis-
je, vous aviez alors, en ce temps-là, prononcé de telles paroles. Ton se serait ri de vous,Ton vous aurait appliqué l’épithète de rêveurs. Ton vous aurait menacés, maltraités et considérés comme de dangereux utopistes. En effet !
Pourquoi le monde changerait-il de route ?
Quel besoin pour les hommes de porter leurs pas vers des sentiers nouveaux et par conséquent inconnus ?
Et pourtant, des âmes sentirent qu’un changement était imminent ; des prophètes et des voyants parlèrent du royaume à venir, de l’instructeur futur, des transformations qui devaient s’opérer ici-bas et bouleverser la face du monde.
Mais à quoi bon regarder si loin en arrière, si vous devez être aujourd’hui aussi aveugles qu’on le fut dans le passé ? Deux mille ans se sont écoulés 1 Les hommes ne sont-ils pas devenus plus sages, leurs yeux ne sont-ils pas dessillés et les signes de
La Fin d’un Cycle
ne leur sont-ils pas plus visibles qu’ils ne le furent pour leurs ancêtres aux derniers jours de Rome ? En ce temps-là aussi, il fut ques-
lion d’importants changements à venir, de l'apparition nouvelle d’un, grand instructeur, de la naissance d’une nouvelle ère, d’un nouveau ciel, d’une nouvelle terre.
Nous vivons actuellement à une semblable époque de transition ; plus d’un, fort probablement, me traitera, comme il l’aurait fait jadis, d'utopiste ou d’insensée,mais je ne m’en appliquerai pas moins, ce soir et les dimanches qui suivront, à vous parler des signes d’après lesquels vous pourrez vous-mêmes prédire de prochains changements et l’avènement d’un nouvel instructeur dans un nouveau royaume ; je ne m’en appliquerai pas moins à vous parler des signes d’après lesquels vous pourrez vous con vaincre de la possibilité, aujourd’hui comme aulrefois, d’une forme nouvelle pour le monde, d’un type plus noble d’humanité sur la terre. Nombreux sont les signes qui marquent la fin d’un cycle, nombreux aussi les signes de l’aurore dont les premières lueurs se distinguent déjà à l'horizon.
Dans cette conférence, comme dans la prochaine, je ne m'étendrai pas sur la race qui doit naître, mais sur celle qui s'en va. S’il vous arrive de trouver ces deux conférences un peu sombres et quelque peu attristantes-, je vous
rappellerai que la nuit précède toujours l’aurore, que le ciel est toujours terne, un peu avant le lever du soleil. Si, au delà de ce ciel terne, nous pouvons apercevoir les premiers rayons d’une aube resplendissante, ne nous attristons donc pas en constatant l'obscurité qui nous entoure ; cette obscurité va bientôt se dissiper et nous assisterons à la glorieus* naissance du jour qui point déjà.
Nous nous occuperons, ce soir, des trois, grandes divisions de la pensée humaine :
La Religion ;
La Science ;
L’Art.
Voyons maintenant si, en examinant les.
mondes religieux, scientifique et artistique, nous arriverons à constater que les méthode > usitées jusqu’à présent nous ont conduits aussi loin qu’elles pouvaient le faire, qu’elles se brisent entre nos mains, et qu’il nous est désormais impossible de nous en servir pour
LA RELIGION, LÀ SCIENCE BT l’àRT
ouvrir à la pensée humaine de nouveaux horizons pleins d'espoir et de promesses.
Il existe partout un sentiment d'inquiétude, d'incertitude, et même d’angoisse ; nous nous demandons où gît la vérité et ce à quoi nous pourrions bien nous fier; nous cherchons un roc où poser le pied au milieu de ces divergences d'opinions, au milieu du doute ou, pour mieux dire, de cette atmosphère de scepticisme et d'incrédulité.