‹ Le monde de demainChapitre 5 sur 28 · I. — LA RELIGION · texte numérisé non relu

I. — LA RELIGION

Quelle est, aujourd’hui, la situation du monde religieux ?

Disons tout d'abord que, durant de longues années, certaines forces se sont plu à saper la religion de l’époque, — (par religion, j’entends celle de l’Occident, puisque je m’adresse à des occidentaux). — Il est certain qu’il me serait possible de vous montrer que ces forces sont aussi à l'œuvre en d’autres parties du monde; elles ne s'exercent pas d’une manière aussi sensible, mais elles sont cependant, dans une certaine mesure, arrivées aux mêmes résultats.

Je ne vous demanderai pas d'accepter, sans discussion, le témoignage, que la théosophe que je suis peut vous donner au sujet des difficultés en présence desquelles le monde reli gieux se trouve être aujourd' hui, difl>cultes dont je me propose d'aborder les points principaux. Lorsque j'aurai attiré votre attention sur les forces destructrices qui se sont attaquées à la religion, je vous citerai des évêques, et autres ecclésiastiques, dont vous pourrez lire les œuvres.

Les principales forces auxquelles je viens de faire allusion sont au nombre de trois ; elles sent toutes destructrices. Nous savons démolir mais nous sommes incapables de reconstruire ; c'est là l'un des signes de la fin d’un cycle.

En premier lieu, — vous ne l’ignorez pas, — il y a eu des savants en matière religieuse qui, sous le prétexte de haute critique, ont mis en pièces les documents sur lesquels reposait l’histoire du Christianisme. Ils s'emparèrent successivement de ces documents,les examinèrent, les analysèrent, les scrutèrent, comparant, les uns avec les autres, les textes originaux et leurs diverses traductions. Ils prouvèrent que ce que l'on attribuait à un

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seul auteur présentait* au contraire, les* signes d'époqnies différentes; et r ayant placé, en? regard les unes des autres, les versions diverses qu'ils avaient rassemblées r iis* montrèrent rpie celles ci s'annulaient réciproquement, La chose prit des proportions'telles que, récémanent, le- chef reconnu de T Église Romaine mit ces* travaux a (index. Haute critique 1 , méthode historique appliquée à l’enseignement et à l'Histoire de l'Egliee, esprits d’analyse, d'inwstigatàon, de recherche, tels qu'on les comprend de nos jours, tout cela’ fut condamné, il est mainteuant interdit d’en faire usage dans toutes lés écoles catholiques romaines. Les résultats de la critique historique sont donc proscrits, et, politique- dés plus funestes, on les cac he à ceux qui se proposent de devenir lés éducateurs des générations' à venir.

Cela doit-il nous étonner quant au point de vue extérieur T

Si l’on fait de la religion une question* d r a\rtorité, de textes, de chronologie, d'événements historiques, la critique sera toujours et fatalement destructrice. En effet, la forme change ; elle ne peut être stable dans xm monde où tout est transitoire. Les anciens documents’perdent fa valeur qu'on leur attribuait autrefois;

l’on en mesure l'inspiration en s'attachant à la lettre plus qu’à l’esprit, et cette inspiration est impuissante à résister aux critiques de l’heure présente. De plus, comme des enfants abandonnent sur la plage des châteaux de sable qu’ils rêvaient de voir résister aux vagin s. Ton abandonne successivement ses réquisitoires, contre ou pour l'Eglise, à mesure que s’avance la marée montante du progrès. De tous côtés, vous le savez, s’élèvent des doutes concernant les documents; la chose serait décourageante si la religion n’était réellement qu’une question de livres et de mots, si elle ne dépendait pas de l’Esprit vivant et divin dont tout homme est animé. Cet Esprit-là, aucune critique ne le détruira, puisqu’il est lui-même, la source de la pensée et, par conséquent, du sens critique. Cependant, il faut bien convenir que, par suite du discrédit jeté sur ces documents, la religion se trouve avoir du plomb dans l’aile.

Désirez-vous maintenant connaître la seconde des forces destructrices ? Cherchez-la dans l’archéologie, dans ce que l’on appelle la mythologie comparée, science édifiée à l’aide des recherches archéologiques. On a fouillé le sol où l’on trouva des villes, des bibliothèques,

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des tombeaux qui nous révélèrent des secrets demeurés longtemps cachés, secrets qui ne tardèrent pas à devenir des armes contre la religion de l'Occident. Les dates adoptées jusqu'alors ont été rejetées, les centaines d’annees se transformèrent en millions d’années.

L'archéologie, la géologie, l'étude de l'antiquité sous toutes ses formes, les recherches qu'on fit sur les races disparues, tout amena un résultat identique, en ébranlant ce que l’on s’imaginait, à tort, être les bases mêmes de la religion.

De toutes ces attaques, de cette incessante destruction, de ce perpétuel esprit de critique, naquirent le doute, l’incertitude, le demi-scepticisme. Seule l'espérance a remplacé la connaissance, le désir de connaître s’est substitué à la foi vivante.

Outre les détails secondaires donnant prise à la critique, on a jeté les idées maîtresses de la religion au

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