II. — LA SCIENCE
Abandonnant pour l'instant l'impasse où la religion est engagée, impasse dont nous essaierons de sortir dans une autre conférence,portons maintenant notre attention sur la science qui, à l'heure actuelle, est arrivée à un point extrêmement intéressant.
En Occident, comme ailleurs, la science consiste essentiellement dans l'observation, la mesure, l'évaluation des quantités, l'étude des analogies et elle se trouve avoir atteint dans cette voie, d’une façon très nette et très eu-
rieuse, la limite de ses pouvoirs. Ses appareils sont arrivés à la précision la plus haute, ses balances sont des merveilles capables d’apprécier des poids infinitésimaux. Rien en effet de plus étonnant que la délicatesse et la sensibilité de certains appareils scientifiques. Et cependant ceux-ci ne suffisent plus au savant dont les observations deviennent, de jour en jour, de plus en plus difficiles.
Considérons l'atome.
Chimiste et physicien peuvent-ils suivre l’atome et l’observer? Ne sont-ils pas obligés d’avoir recours au mathématicien pour lui demander de leur trouver un atome qui réponde aux exigences de la science, celle-ci se voyant incapable de le découvrir ? Remarquez que toutes les récentes données reposent sur des formules mathématiques, et que les savants ne peuvent observer l’atome qui leur échappe en raison de sa ténuité, de son infinitésimale petitesse. Ils éprouvent un embarras non moins grand vis-à-vis de l’atome du chimiste, —lequel est de quatre degrés au-dessous de l’ultime atome physique, — et ils ne peuvent que discuter, sans plus l .
1. La Théosophie reconnaît, pour le plan physique, l’existence de sept états de matière solide, liquide, gazeux, puis
LA RELIGION, LA SCIENCE ET l’aRT
Mais une science qui discute sur des faits que l'observation n'a point relevés, n'est plus la science telle que l'Occident la comprend ou l’a jusqu'à présent comprise. Tous les raisonnements scientifiques sont censés reposer sur l'observation, mais, lorsque celle-ci devient impossible et que les savants se voient contraints d’employer le simple raisonnement ou les spéculations intellectuelles, il devient dès lors nécessaire de chercher d'autres méthodes et de s'engager dans des voies nouvelles. Je ne prétends pas dire qu'il n’y a pas d'autres méthodes et de nouvelles voies, mais ce ne sont pas celles de la science actuelle.
Et alors survient cette difficulté : l’infiniment petit échappe à la science, par sa petitesse même ; le subtil est devenu trop subtil pour ses recherches, Si la chose est vraie, — et elle l’est pour la physique et la chimie, comme aussi, jusqu’à un certain point, pour l'électricité, — nous nous verrons obligés de convenir que les sciences ont atteint leurs limites, que les méthodes employées jusqu’ici ne son* plus d’aucune utilité, les organes des sens ne
quatre éthériques. L’atome appartenant au plus haut état éthérique est appelé : atome ultime du plan physique et se trouve aux confins du plan astral, voisin du nôtre (N.D. T.).
répondant plus à la délicatesse, à la subtilité des ondes qui, de l’extérieur, viennent les frapper. Les sciences ont vaincu et conquis la matière dense et grossière, mais l’autre leur
échappe ; ni les instruments de cuivre, de verre,
ni même les aiguilles les plus sensibles, rien n’est plus assez délicat pour la continuation des recherches entreprises.
Les mêmes difficultés se rencontrent dans les autres domaines scientifiques comme celui, par exemple, de la
Psychologie.
Tous les faits que relate la Néo-Psycholo-
dans l’homme, Tous ces phénomènes, qu'on emprunte à des gens si peu respectables, s'accumulent sans que la science parvienne à les expliquer. Certes, elle a beau jeu poux* se vouer à de nouveaux travaux de classification, pour débaptiser et rebaptiser, appeler le mesmérisme : hypnotisme ; appeler la clairvoyance : autoscopie. Ses travaux de classification et ses nouvelles étiquettes ne nous empêchent nullement de constater ce fait évident : elle ne possède aucune théorie qui puisse s'adapter à ces phénomènes et permettre de les classer dans un ordre logique. En psychologie donc, comme en physique, en chimie et en électricité, l'on se trouve engagé dans une véritable impasse.
Que dirons-nous de
La Médecine i
Les médecins commencent à douter, de plus en plus, de l'efficacité des remèdes qu'ils ordonnent. Dans mon jeune temps, un docteur digne de foi me raconta un jour qu'il donnait parfois de l'eau colorée et des pilules de mie de pain à des malades qui, — il en était certain, — ne se seraient pas bien portés sans ces pseudo-médicaments. Ils tenaient à ce
point aux drogues, qu'il se voyait dans l'obligation de leur donner quelque chose à prendre et prescrivait des choses anodines.
Cette idée s'est propagée et les médecins perdent la foi en ce qui concerne les médicaments ; ils reconnaissent déjà que leur médecine est une science empirique, peu sûre, ne reposant sur aucune saine théorie et quelle est tout expérimentale, ainsi qu'ils le disent eux-mêmes. Désespérant de trouver le moyen de guérir, ils se sont engagés dans un terrible à-côté ;
La Vivisection .
Ils ont essayé, en torturant leurs frères inférieurs, les animaux, d'arracher à la nature les secrets qu’ils ne parvenaient pas à découvrir autrement. C’est là une voie dangereuse : au lieu de faire de la médecine une science qui guérit, elle en fait une science qui intoxique.
La médecine devient effectivement l’art de contrebalancer un poison par un autre poison et l'on tente, entre ces deux poisons,de recouvrer un semblant de santé. Lorsqu'ils découvrent un élément dont ils ne connaissent pas l'emploi, les médecins s'écrient aussitôt: « Ex-
LA RELIGION, LA SCIENCE BT I-’aRT
périmentons sur uu animal, c’est toujou* s mieux que d'expérimenter sur l'homme. » C'est juste ! mais si l’effet n’est pas le même? Si ce qui est, pour l’homme, un poison, n’en est pas un pour l’animal, les résultats de l’expérience consisteront alors dans une intoxication générale Involontaire qui s’ajoutera aux intoxications volontaires des temps présents. Il y a donc là un. danger qui, dorénavant, empêchera peutêtre d’accepter, aussi volontiers, les découvertes des vivisecteurs. Au fait, prenez la jusquiame I Les chèvres en mangent impunément et cette plante entraînerait notre mort. Si, au moment où l’on désire connaître les effets de la jusquiame sur l’organisme humain, on avait au préalable essayé celle-ci sur des chèvres, d’innombrables décès auraient été la conséquence de cette application, à l'homme, de la méthode expérimentale.
Et dites-moi! Qu’obtient cette science erronée et aveugle, avec tous ses sérums, ses toxines et tout ce qu'elle fait ingurgiter ? Elle diminue la vitalité de la race et le pouvoir qu'a le mental de résister à la maladie . Je ne dis pas qu’il ne soit pas possible d’immuniser un homme, pendant un certain laps de temps, en l’empoisonnant progressivement pour que
le poison, absorbé ensuite en grande quantité, n’ait plus d’effet sur lui. On peut faire cette expérience avec l’arsenic. Me direz-vous qu’il s’agit là de santé?
Non I il ne peut s’agir que de maladie, et toutes ces méthodes, je le répète, abaissent la vitalité du corps, en faisant de ce dernier une proie facile pour toutes les autres maladies, sous prétexte de le sauver de quelques-unes.
La santé ne s’obtient pas à l’aide de poisons, si savamment dosés qu’ils soient.
La santé s’obtient par une vie pure,par une nourriture saine, par la maîtrise de soi ; on l’acquiert en devenant son maître et non pas en demeurant l’esclave de ses appétits et de ses passions.
La voie prise par la science conduit à la mort et non à la vie ; elle n’a de raison d’être que pour ceux qui veulent mener mauvaise vie et se préserver ensuite des conséquences de leur conduite, en absorbant les produits empruntés aux animaux qu’on a, pour cela, martyrisés.
Nous voici donc, une fois de plus, dans une impasse, et d’ailleurs les partisans de la vivisection commencent eux-mêmes à s’effrayer des résultats qu’ils obtiennent.
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S’il y a des solutions à ces problèmes de la souffrance, elles ne seront pas trouvées sur les chemins qu’on a poursuivis jusqu’à présent.