ET LA MÈEE MISÈRE
OÙ il se commet le plus de crimes contre les propriétés^ c'est-à-dire, le plus grand nombre de vols ;
2o Que, sur 22,000 accusés d'une série d'années, et sur les neuf sortes de classes qui distinguent leurs conditions, les huit premières classes, comprenant tous les individus qui ont des moyens permanents dT existence dans leur intelligence ou leur industrie, comptent pour près de 21,000; tandis que la neuvième et dernière classe, comprenant les gens sans aveu, les mendiants, les prostituées, les misérables^ comptent à peine pour 1,200;
3® Que les libérés^ qui tombent le plus tôt ou le plus fréquemment en récidive, sont ceux qui avaient la plus forte masse de réserve à leur sortie, et qui s'étaient montrés les meilleurs ouvriers^ pendant leur détention;
4* Qu'enfin, le maximum des crimes de toutes sortes, et spécialement les crimes contre les propriétés^ se commet à un âge où le coupable possède, dans la force de son corps, de son esprit et de sa volonté, tous les moyens de gagner honnêtement sa vie, c'està-dire, avant l'âge de trente ans.
Donc, la misère n'est pas la mère du crime, la mère du vol, la mère habituelle du moins ; et, quand elle i le devient, c'est par des causes de fécondation, des 1 eaiises d'immoralité qui ne lui sont pas essentielle- I ment propres, mais qui lui sont communes avec le Ihxe, Taisance ou la richesse.
^ I Cependant, direz-vous, il saute aux yeux de tout le 1 Qonde que le nombre de ceux qui volent, n'ayant I nen, est infiniment plus considérable que le nombre ^^ lie ceux qui volent, ayant quelque chose.
Tout le monde sait, en effet, que la dasse pativt commet infiniment plus de crimes que la classe îichi Nos prisons, d'ailleujfô, ne le prouvent-elles paâ, pei plées qu'elles sont, en majorité immense, d'individu qui appartiennent aux derniers rangs de la société
Cela est très-vrai; mais il ne faut pas perdre de vt: une chose : c'est que ce qu'on appelle les demie rangs de la société compose presquis la société W entière. Du moins, les rangs supérieurs sont si ittl rieurs en nombre, et ceux qui leç' Remplissent si cl^ semés dans l'espace, qu'ils ne foiâflent qu'une mii: fraction dans le tout...
De là, l'immense majorité des prolétaires qui fig rent sur les contrôles du recrutemalt de l'armée, J rapport aux jeunes gens dits de famille.
De là, aussi, conséquemment, l'immense tnajàt des prolétaires qui figurent sur les registres d'écf de nos prisons, par rapport aux gens riches qui comptent pour peu.
La population honnête pauvre, exprimée < moyenne par les jeunes conscrits, est infiniment si périeure en nombre à la population honnête riche;
Dès lors, la population criminelle pauvre, exprinK en moyenne par le chiflre des détenus, doit nécesss rement suivre la même proportion, par rapport à '. population criminelle riche*
La même proportion existe chez les habitants de campagne comparés aux habitants des villes.
Les premiers commettent beaucoup plus de crim que les seconds. La statistique criminelle et la pdpi lation habituelle de nos prisons en ftmt égaleme foi.